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  • : Cheap Games, le blog des joueurs radins
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21 janvier 2009 3 21 /01 /janvier /2009 10:11
Il fallait que le tout premier article de cette nouvelle année porte sur quelque chose d'important et symbolique. Alors, autant que ce soit ça.

Voilà. Merci. A demain pour un test de jeu.
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30 décembre 2008 2 30 /12 /décembre /2008 16:15
Longtemps promis, jamais livré, le fameux guide pour francophones amateurs de catch et de la série Total Extreme Wrestling est enfin publié sur les autoroutes de l'information multimédia de l'an 2000. Mais ce n'est pas moi qui l'ai écrit, parce que je suis un gros branleur j'ai énormément de travail à faire pour un magazine de jeux vidéos très connu, c'est l'excellent NitroG42, un p'tit gars motivé. C'est pas encore fini parce que c'est très long à faire, mais comme c'est sur un forum, l'avantage c'est que vous pourrez y poser vos questions en espérant des réponses rapides. A condition d'être inscrit évidemment, mais ça coûte rien.
Bref, ça se trouve à cette adresse et ça sera enrichi régulièrement au fil du temps, vous êtes donc invités à y repasser souvent.
J'en profite pour ajouter que les jeux de la série sont en promotion à -10% jusqu'à demain en les commandant sur la boutique en ligne de Grey Dog Software et en utilisant le code GDS-10OFF-ALL lors de la commande. Ca nous met la version 2008 aux alentours de 25 € et la 2007 pour à peu près 18 €, soit une bonne affaire donc dépêchez-vous de profiter !
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3 novembre 2008 1 03 /11 /novembre /2008 08:42


Même si en cours de route, la série a plus ou moins abandonné son idée de départ originale, "la série sur un parrain de la Mafia dépressif qui fait une psychanalyse", pour simplement devenir "la série sur la Mafia où Tony Soprano il casse la tête des gens pour leur extorquer des sous", on ne peut pas vraiment dire que Les Soprano soit une série d'action. Du coup, l'adapter en jeu vidéo sur console était casse-gueule, voire très con, mais les éditeurs  de jeux, vous les connaissez : pour eux, il n'y a aucune raison valable de ne pas profiter de la popularité d'un nom connu, et encore moins si ça permet au passage de surfer sur une mode, comme celles des jeux de gangsters dans le cas qui nous intéresse aujourd'hui.

A la différence de son vilain cousin The Shield, que je testais en parallèle et dont vous avez pu lire le test hier car vous êtes, à n'en pas douter, un fervent habitué du site, The Sopranos s'éloigne de la trame principale de la série  et ne cherche pas à coller au matériau d'origine à tout prix, même s'il en utilise évidemment les protagonistes et les décors. Le héros est ici un  personnage imaginé pour l'occasion, Joey LaRocca, fils illégitime du gros Pussy, la balance exécutée par Tony, Paulie et Silvio à la fin de la saison 2. Voyou minable, Joey intègre l'équipe de Tony au bas de l'échelle et va devoir prouver au gang qu'il vaut mieux que son défunt père.

Ici donc pas de succesion de saynètes hyper courtes avec un gameplay qui s'éparpille dans tous les sens, mais un jeu de baston teinté d'aventure, assez similaire à Yakuza. Certes le jeu est ici clairement découpé en niveaux utilisant chaque fois un nouvel environnement, plutôt qu'en chapitres se déroulant dans diverses zones d'un même grand environnement "ouvert", mais à part ça, on en retrouve les principaux ingrédients, à savoir une action centrée autour du combat au corps-à-corps, avec recours important à divers instruments contondants jonchant le sol et aux éléments du décor pour pimenter les bagarres (on peut ainsi éclater le pif d'un adversaire contre un urinoir ou lui mettre la tête dans une machine à laver pour lui claquer le hublot dessus) ; la possibilité d'explorer divers lieux pour y ramasser ce qui traîne, discuter avec des PNJ, jouer à des jeux d'argent et passer du temps avec diverses filles en petite tenue ; une intrigue développée au travers de nombreux dialogues et scènes cinématiques. Pourtant, malgré des similitudes évidentes, aucune des critiques que j'ai lues n'a fait la comparaison entre les deux jeux, et alors que le titre de Sega a généralement été bien accueilli, celui de 7 Studios s'est fait copieusement conchier. Et s'il est vrai que dans l'ensemble, Yakuza est meilleur, et que The Sopranos n'est pas une franche réussite, ce dernier ne mérite à mes yeux pas tant d'opprobre, et l'écart entre les deux n'est quand même pas si énorme...

Le jeu reproduit assez fidèlement quelques lieux emblématiques de la série.
On voit ici le Bada Bing et ses danseuses seins nus.


L'intrigue vous place dans la peau de Joey LaRocca, accepté par pitié au sein de la Famille par Tony Soprano et travaillant comme exécuteur des basses besognes non seulement pour Paulie et Silvio, mais aussi pour Christopher et Anthony Jr. qui abusent de sa position de faiblesse pour l'impliquer dans leurs plans foireux. Joey obéit car il veut coûte que coûte prouver sa loyauté au clan, même  quand c'est son propre ami Reggie qui se retrouve dans le collimateur des parrains... L'auteur de la série, David Chase, a apparemment bossé sur le scénario du jeu et pour une fois, je suis tenté de croire que ça ne s'est pas limité à encaisser un chèque de la part du développeur pour que son nom apparaisse au générique du jeu pour lui donner une pseudo-légitimité, car l'histoire et les dialogues (doublés par les acteurs de la série qui, pour une fois et contrairement à ceux de The Shield, reprennent tous leur rôle, de James Gandolfini à Vincent Pastore en passant par Tony Sirico, Stevie Van Zandt et les autres...) sont de bonne qualité et plutôt fidèles à la série. J'irai jusqu'à dire qu'ils sont ce qu'il y a de plus réussi dans The Sopranos: Road to Respect, ce qui pourra faire plaisir aux fans, mais pas forcément à ceux qui espèrent un bon jeu...

En cours de jeu, on apprendra une poignée d'attaque spéciales permettant de
mettre fin plus rapidement aux combats, telles que le broyage manuel de roupettes.

Sur le plan ludique en effet, il faut reconnaître que Road to Respect est très basique et devient vite monotone. Un niveau démarre généralement au Bada Bing, à la charcuterie Satriale ou au Vesuvio ; il faut chercher Silvio, qui vous envoie parler et péter la gueule à quelqu'un, puis à Paulie, qui vous envoie parler et péter la gueule à quelqu'un, et enfin à Tony, qui vous confie une mission plus importante et "en extérieur", qui sera l'occasion de visiter un nouveau décor, dans lequel vous devrez parler et péter la gueule à d'autres gens. Bon des fois c'est vrai qu'il faut remplacer "Silvio" par "Vito" ou "Tony" par "Christopher", mais dans l'ensemble c'est à peu près toujours comme ça que ça se passe : de la parlotte, du pétage de gueules. Pour ce qui est des dialogues, souvent c'est automatique, mais parfois vous pouvez choisir votre attitude, aggressive, neutre ou diplomate, ce qui amènera des résultats plus ou moins positifs selon les cas.  C'est simple mais pas désagréable comme système, après tout on n'est quand même pas dans un jeu de rôle. Pour la baston malheureusement, on aurait aimé un peu plus de variété parce qu'il faut bien reconnaître que Joey n'a malheureusement que fort peu de coups à sa disposition, malgré la possibilité de débloquer quelques "finishers" (étranglement, bras cassé, balle dans la tête à bout portant...) et d'utiliser comme arme un peu tout ce qui traîne. Du coup les très nombreux combats se ressemblent beaucoup, encore plus que dans Yakuza. D'autant que les ennemis se battent tous pareil et que les armes sont tellement efficaces qu'on en viendrait presque à ne plus utiliser que ça (sauf le flingue qui, paradoxalement, est assez nul).

Les dialogues sont uniquement en anglais sous-titré anglais,
ce qui en rebutera peut-être certains.


Histoire de suivre la mode, le jeu permet également de jouer au Texas Hold'em avec les collègues, mais ça n'a guère d'intérêt puisque vous êtes autorisé chaque fois à jouer tout ce que vous possédez, tandis que les autres joueurs n'ont que 1.000 dollars chacun à disposition, ce qui à moins d'être très mauvais au poker vous permettra de tous les niquer par la seule force de votre pognon. Celui-ci s'accumule par ailleurs très facilement en ramassant un peu partout la multitude de téléphones, PDA, lecteurs mp3, drogues et autres objets de valeur qui traînent et, en dehors des cartes et des machines à sous, il sert uniquement à racheter des points de "respect" auprès de votre capo. En effet, le jeu utilise un système qui rappelle vaguement celui de la jauge de corruption de The Shield: The Game et se révèle tout aussi raté. L'idée est intéressante en théorie (Joey doit respecter les règles mafieuses pour ne pas finir comme son père), mais en pratique, c'est si mal conçu qu'on peut jouer toute une partie sans que la stat de respect de Joey n'ait la moindre influence à aucun moment du jeu. On ne comprend pas toujours très bien ce qui la fait baisser, mais elle baisse rarement de plus de 2% au cours d'un niveau de toutes façons, sauf si vous effectuez une action qui la fait carrément chuter à zéro en une seule fois (comme exécuter à l'arme à feu un "civil" devant témoins), vous envoyant du même coup dormir avec les poissons. Bref, c'est bidon et ça sert à rien, alors que le scénario et la situation précaire du héros au sein de la Mafia auraient dû en faire un élément-clé du jeu. Les dialogues nous rappellent régulièrement qu'on est un fils de traître constamment mis à l'épreuve par sa hiérarchie, mais on ne le ressent finalement pas en jouant, puisqu'il faut vraiment se forcer à faire le con pour perdre du "respect" de manière significative, et qu'une poignée de dollars suffit à se refaire une virginité.

Les divers environnements proposent souvent un "point chaud" interactif
vous permettant d'achever un adversaire lors d'un combat,
comme ici cet établi avec scie circulaire intégrée.


Bref, si je continue de penser qu'il vaut mieux que sa très mauvaise réputation, le jeu se révèle néanmoins répétitif, limité, mal fichu, buggé, trop facile (on peut terminer le jeu sans jamais mourir dès sa 1ère tentative), très court, donc globalement pas très réussi. Si vous ne vous intéressez pas spécialement à la série, et même si vous aimez les jeux de baston, mieux vaut vous cantonner aux God of War. Mais pour ma part, j'avoue qu'en tant que  fan des Soprano, j'ai quand même pris un certain plaisir à retrouver son univers, ce qui n'était pas du tout le cas dans The Shield: The Game par exemple, dont le gameplay bien trop pourri gâchait tout. Ici, malgré les défauts, ça reste d'un niveau suffisamment "tolérable" pour garder l'envie de connaître la suite de l'histoire et donc de continuer à jouer. Pour 7,50 € et dans la mesure où je ne m'attendais pas à un chef-d'oeuvre, je dirais presque que j'ai été agréablement surpris en fait ; de tous les jeux basés sur des licences connues que j'ai testés dernièrement, c'est clairement le moins mauvais. A réserver quand même aux fans, et à condition de ne pas le payer plus de 10 €.
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31 octobre 2008 5 31 /10 /octobre /2008 10:22


Poursuivons notre exploration, entamée récemment, du merveilleux monde des jeux à licence ratés avec l'adaptation de la série policière diffusée en France sur Canal + depuis quelques années, The Shield. Publié chez nous par Empire, champions du bon goût et de la qualité puisqu'on leur doit déjà Big Mother Truckers, le jeu nous rappelle une fois de plus que s'il y a bien un truc encore pire que les jeux tirés de films, ce sont les jeux tirés de séries télé.

L'intrigue prend place à la fin de la saison 3 alors que la "Strike Team" de Vic Mackey est menacée d'extinction par le départ de Lem et les soupçons d'implication dans l'affaire du "moneytrain". Aceveda lance un ultimatum à Vic : il a quelques jours pour réussir une grosse prise pour amadouer la hiérarchie s'il ne veut pas voir son équipe démantelée pour de bon. Coup de chance pour lui, le gang des Byz-Lat s'apprête relancer la guerre contre les One-Niners grâce à un gros stock d'armes automatiques. Au joueur d'endosser le rôle du plus célèbre flic chauve depuis Kojak pour sauver la Strike Team avec une belle saisie et plein d'arrestations.

Avant de commencer à descendre en flammes leur production qui le mérite bien, je voudrais quand même tirer mon chapeau aux gars de Point of View, le studio de développement : un effort certain a été fait pour donner au joueur l'impression d'être en train de participer à un épisode de la série, pas simplement que l'univers de The Shield a été plaqué sur un jeu d'action lambda. Si les acteurs principaux ne se sont pas tous donné la peine de doubler eux-mêmes leur perso (heureusement, la voix de Mackey est bien celle de Michael Chiklis), en revanche le jeu imite plutôt pas mal la série dans sa construction, s'articulant autour de courtes séquences reprenant ce que l'on voit généralement dans un épisode : fouille d'une planque, examen de scène de crime, pose de fausses preuves chez des suspects, course-poursuite, arrestation, interrogatoire, retour au poste entre deux sorties... Et mine de rien, ça n'est quand même pas si fréquent ; certes, je n'ai pas encore testé 24h Chrono ou V.I.P. pour le situer par rapport à ces deux fleurons du genre, mais disons que par comparaison à des jeux comme Buffy contre les Vampires, Urgences ou les ouatmille aventures des Simpson sur consoles, la différence est nette. Après, est-ce que finalement c'est une bonne chose ou pas, on en discutera plus tard (indice quand même : ou pas), mais je tenais quand même à faire ma BA en glissant un mot gentil sur The Shield: The Game.

Concrètement, on a affaire à un jeu d'action à la 3ème personne mâtiné d'un peu d'infiltration et d'aventure. On dirige Vic de scène en scène et on y accomplit les différents gestes exigés pour faire progresser l'intrigue : fouiller un appartement, s'introduire discètement dans lun repaire de gang, échanger des coups de feu avec des One-Niners ou des Byz-Lat, maltraiter un délinquant, courir après un témoin, bref, comme je le disais à l'instant, à peu près tout ce que la Strike Team fait à la télé. Ca dure rarement plus de cinq minutes chaque fois, et il faut être honnête, ça n'est jamais très passionnant. Si l'on excepte les rares et brèves courses-poursuites, à peu près tout le reste va de "carrément pénible" à "plutôt ennuyeux" en passant par "complètement con". Ainsi les fouilles par exemple s'effectuent sous forme d'un mini-jeu tout basique et dont le résultat doit un peu trop à la chance. Et en cas d'échec, il est impossible de fouiller une deuxième fois le même meuble, comme si son contenu disparaissait entièrement par magie. Les phases d'infiltration sont ratées elles aussi : les ennemis se déplaçant de manière aléatoire, passer sans se faire voir relève bien souvent du coup d'cul ; de plus, selon les missions, on ne sait jamais si être détecté entraînera immédiatement la défaite ou s'il suffira de sortir son arme et d'abattre l'opposition.

Zut alors, la fouille du tiroir est ratée, et maintenant
la drogue qu'il contenait s'est enfuie !

La liste des défauts plombant chaque phase de jeu n'en finit plus de s'allonger au fil de la partie. On peut les classer en trois grandes catégories : il y a les fois où la faute revient à l'IA minable, les fois où c'est à cause de la maniabilité douteuse, et les fois où le mini-jeu qu'il faut se taper est inintéressant. Quand ce n'est pas un coéquipier qui court se faire buter comme un couillon lors d'une fusillade, vous obligeant à recommencer le niveau, c'est un ennemi qui vous voit à travers un obstacle et donne l'alerte. Des fois c'est l'option "se baisser/se relever" qui fait des caprices, d'autres fois c'est "se mettre à couvert" qui ne fonctionne pas. Et les interrogatoires, qui sont souvent la grosse "séquence-choc" d'un épisode télé, se révèlent ici répétitifs et peu satisfaisants, puisqu'ils se limitent grosso modo à appliquer à chaque suspect le traitement "Armadillo Quintero" (la joue brûlée sur une cuisinière) en appuyant sur les touches qui s'affichent à l'écran, et que c'est tellement facile que ça ne rate jamais. La torture dans The Shield: The Game devient un exercice banal et machinal, un passage obligé plutôt qu'une solution désespérée de dernier recours pour obtenir une information vitale. Et pour un jeu qui semble tant vouloir ressembler à son modèle, passer autant à côté de la plaque est particulièrement con.

Bonne chance pour garder Shane en vie dans ce qui n'est pourtant
que la 1ère fusillade du jeu. Votre meilleur espoir :
qu'un bug le coince dans un suspect immobilisé
pour l'empêcher de courir se faire abattre.


Au bout du compte donc, cette application à singer maladroitement la série télé est LA fausse bonne idée du jeu, tout étant trop bâclé et mal foutu pour procurer le moindre plaisir de jeu. Rien ne fonctionne, jusqu'à la jauge de "corruption" censée vous freiner dans vos actes de "mauvais flic" mais qui est si lente à se remplir et si facile à vider qu'elle ne sert absolument à rien. Pour vous donner un exemple : dans les fusillades, un ennemi touché 3 fois se rend, ce qui vous permet de l'arrêter, mais vous pouvez aussi l'abattre alors qu'il a jeté son arme. Or, une simple arrestation en bonne et dûe forme fera diminuer votre jauge bien plus qu'une exécution publique ne la fera monter. Tuez 8 hommes désarmés, menottez-en 2, et voilà, vous êtes tranquille... La légèreté avec laquelle sont traitées les bavures fera sourire 10 secondes, ce qui est bien peu pour se consoler de la présence d'un détail de gameplay inutile de plus, doublé d'une autre retranscription discutable d'un élément-clé de la série.

Un peu comme le Mr Blonde du jeu Reservoir Dogs était un vulgaire collectionneur d'oreilles,
le Vic Mackey de The Shield: The Game est un petit fonctionnaire de la torture,
qui grille mollement des joues  comme il tamponnerait des enveloppes.

Les fans indulgents auraient peut-être pu y trouver leur compte quand même dans cet assemblage malhabile et hétéroclite de petits bouts de jeu ratés si The Shield: The Game avait bénéficié d'une intrigue plus intéressante et originale ou de meilleurs dialogues, mais malheureusement, même sur ce plan-là, on est loin de la franche réussite.  Trop mou et mal torché pour un amateur d'action, et incapable de réellement plonger l'aficionado des aventures de Vic et sa bande dans l'ambiance de la série malgré sa structure similaire à celle d'un véritable épisode, le jeu n'a décidément rien pour plaire à qui que ce soit. Un gros navet, à éviter à tout prix.
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27 octobre 2008 1 27 /10 /octobre /2008 09:19



Jeu hollandais sorti chez nous sans grand bruit par Anuman Interactive, des concurrents de Nobilis sur le créneau de l'importation de jeux pas-bien-pas-chers, Eurocops refait timidement surface deux ans après dans nos supermarchés pour la modique somme de 5 €. Là, je sais que vous êtes très nombreux à vous demander s'il s'agit d'une adaptation de la série allemande éponyme, et je suis fier de pouvoir répondre à tous les fans : non, pas du tout. Le jeu entend vous mettre dans la peau de six unités d'élite européennes (RAID, GEO...), pas toutes des unités policières d'ailleurs, en lutte contre le terrorisme international à travers six niveaux de jeu dans ce que ses créateurs et éditeurs espéraient vraisemblablement fourguer comme un Ghost Recon ou un SWAT du pauvre.

Si l'ex-bloc soviétique est l'un des principaux producteurs de jeux miteux pour le marché des radins, ça n'est quand même pas le seul. Car la Hollande, ce n'est pas seulement l'autre pays du fromage, c'est aussi l'autre pays du jeu de chie. Vous connaissiez déjà peut-être le studio Davilex, auteur de Paris-Marseille Racing, K2000 ou encore 
Miami Vice ; il faudra désormais compter aussi sur Crazyfoot dont cette première réalisation marque un début très prometteur dans le domaine. Et je ne dis pas ça à la légère, croyez-moi : en près de soixante tests ici, on peut dire que j'en ai essayé, du jeu moisi, de l'ersatz réalisé avec des clopinettes, du plagiat raté. Alors je commence à m'y connaître un peu, et sans être vraiment blasé, je suis quand même devenu un peu plus difficile à impressionner, maintenant. EuroCops réussit néanmoins à se tailler une belle place dans mon panthéon de la grosse daube, aux côtés de titres comme FBI Hostage Rescue ou [Tueurs]. Le genre de machin improbable qui sans bon le foutage de gueule de bout en bout, et à côté duquel même un Reservoir Dogs en viendrait presque à ne pas sembler trop mauvais.

EuroCops, qui se présente malhonnêtement comme un jeu tactique, est en réalité un simple jeu de shoot à la 3ème personne. Son déguisement grossier ne fait pas illusion deux minutes, ici
pas besoin de planifier ses interventions ou de gérer efficacement son escouade, c'est de l'action pure et dure avec un niveau de réalisme minimum. A chaque niveau on dispose une équipe de trois gars que l'on peut contrôler tour à tour selon que l'on préfère flinguer ses ennemis avec un fusil d'assaut, un fusil à pompe ou une mitraillette, sachant que si les uniformes et les noms changent d'une mission à l'autre, l'équipement reste le même quel que soit le pays dans lequel vous opérez. Je ne vois pas trop l'intérêt de mettre six différents organismes dans un jeu si c'est pour qu'au final, le NOCS italien se joue exactement comme l'Alfa Group russe par exemple, mais bon à la limite si c'était là le plus gros défaut du jeu, ce ne serait pas bien grave.

Le village italien où commence le jeu, un long couloir dont les textures semblent
avoir été empruntées à la Venise de
Tomb Raider 2, qui ne date que de 97 il est vrai.


Plus contrariant, les deux équipiers gérés par l'IA pendant que vous contrôlez le 3ème larron manquent cruellement d'autonomie et d'intelligence. Vous ne pouvez leur donner que deux ordres qui se résument à "au pied !" et "pas bouger", pas question de compter sur eux pour arroser l'ennemi d'un tir de barrage pendant que vous tentez une percée, ou d'aller attaquer à gauche pendant que vous prenez à droite, ni même pour simplement assurer vos arrières au cas où des renforts arriveraient pendant que vous donnez l'assaut seul. Les malheureux sont tellement incapables qu'il vaut mieux les laisser simplement dans un coin de la carte, bien à l'abri,  pendant que vous partez faire le nettoyage tout seul, pour les garder comme "vies supplémentaires" en cas de mort du 1er membre de l'escouade.

Tony, Carlo et Francesco sont quand même trop bien organisés comme mecs.

Les adversaires ne sont pas particulièrement mieux lotis, et ne représentent un danger que par leur grand nombre, vu qu'ils sont du genre à tous courir se faire buter au même coin de rue comme s'ils ne se doutaient pas que, si leurs compagnons étaient tous en train de tomber comme des mouches au même endroit précis sous leurs yeux, c'est parce qu'un euroflic les cueillait tous un par un au tournant. Les plus malins savent quand même rester à couvert pour éviter de crever aussi vite que certains de leurs copains dont la stratégie se limite à se poster en plein milieu d'une rue et à n'en plus bouger tandis qu'ils vous tirent maladroitement dessus, mais dans l'ensemble c'est pas bien brillant. Signalons au passage, pour ceux qui espéraient encore un SWAT à l'européenne, qu'il n'est pas question ici d'utiliser d'armes non-létales, de procéder à des arrestations, puisque tous les terroristes du jeu obéissent à la devise "la garde meurt mais ne se rend pas" et que la seule issue de chaque mission est donc d'abattre toute adversité. Et à ce niveau-là, vous aurez du pain sur la planche puisque les ennemis surgissent par grappes tous les 10 pas, vous conduisant à enchaîner les exécutions à un rythme effréné.

Si certains ennemis sont bien pénibles à débusquer,
beaucoup ont la délicatesse de courir directement vers votre feu nourri.

EuroCops se met donc assez rapidement à ressembler à un autre grand ratage, Starship Troopers, avec des méchants encagoulés à la place des bestioles. Et il souffre hélas de la même grosse tare : les armes étant risibles, on ne prend absolument aucun plaisir au carnage. P'tain les gars, merde quoi, c'est trop demander de fournir une puissance de feu correcte au joueur ? Même le tout nul Code d'honneur : Légion étrangère faisait l'effort de vous mettre entre les pognes divers guns bien bruyants et même des bazookas. Quitte à shooter des clones décérébrés par paquets de dix, autant que ce soit un peu satisfaisant, bordel, pas besogneux comme ça, avec ces flingues imprécis, peu puissants et affligés de bruitages minables. Si tout ce que votre jeu de "tactique" a à offrir, c'est un flot continu de cibles à abattre, faites de moi John Matrix, faites de moi Rambo, ne me forcez pas à vider un chargeur par ennemi avec une pétoire asthmatique, ne me filez pas des grenades ne produisant qu'un tout petit nuage de fumée noire en lieu et place d'une vraie explosion, ne niquez pas ma précision de tir pour faire réaliste alors que tout le reste du jeu se torche avec le réalisme.

On ne peut ouvrir aucune porte d'aucun bâtiment mais ça n'empêche pas
vos équipiers de se poster là comme si les terroristes
allaient jaillir directement du mur.


Pour 5 € je veux bien ne pas demander plus qu'un jeu con mais défoulant, mais EuroCops bande mou ; c'en est au point où l'on se demande si les développeurs ont dès le départ renoncé à produire un jeu auquel les gens joueraient pour de vrai, pour se divertir, et n'ont eu pour seul objectif que de pondre un machin dont ils pourraient tirer quelques screenshots qui inciteraient quelques joueurs trop confiants à acheter en pensant avoir affaire à un genre de Rainbow Six pas cher, sans se soucier de ce qu'en feraient ensuite ses malheureux acquéreurs. Je pourrais finir de vous lister les défauts et bugs mais ce serait tirer sur un corbillard, c'est pas comme s'ils gâchaient un jeu qui aurait pu être sympa, ils confirment juste qu'EuroCops est vraiment une sinistre arnaque. Mal foutu, indigent, ennuyeux, EuroCops est un attrape-gogos honteux à éviter comme la peste.
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Published by Toxic - dans Test (PC)
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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 10:11


Tout comme les grands studios hollywoodiens, les éditeurs et développeurs de jeux vidéos sont en train de s'apercevoir qu'il y a toute une époque où ils n'ont bêtement pas profité de tout le potentiel commercial offert par les films à succès. Et pourtant, depuis l'époque de l'Atari 2600 déjà, ils faisaient preuve de peu de retenue en la matière et adaptaient un peu n'importe quoi. Pour peu qu'au moins 2 ou 3 scènes d'action d'un film aient été susceptibles d'être transposées sous forme de séquences jouables, ils en tiraient  quelque chose. Mais disons qu'en règle générale, pendant longtemps, ils se sont limité aux films d'action, de science-fiction ou d'horreur. Et puis un jour, les choses ont changé, la barrière morale a été franchie. Ca a dû commencer par une réunion de conseil d'administration chez un éditeur de jeux où  les moins scrupuleux des cadres et actionnaires se sont mis à valider les projets les plus débiles à partir d'une simple liste de meilleures ventes de DVDs, en profitant d'une pause-pipi du type qui habituellement est là pour expliquer que, si tel ou tel gisement de pognon n'a jamais été exploité par leurs soins, c'est parce qu'il n'y avait vraiment aucun moyen de transposer le film en question sous la forme d'un jeu, sauf à se rendre complètement ridicule. Et quand ce gars-là est revenu des chiottes, surprise : "Tiens, Bob, pendant que t'étais aux cabinets, on a signé pour faire des jeux sur Le Parrain et Scarface. Je crois qu'il y a des bagnoles et des flingues dedans, donc tu peux sûrement nous trouver un développeur pas cher qui nous en fera des GTA-like. J'ai pensé aussi que tu saurais dénicher quelqu'un capable de faire un genre de Tekken qu'on pourrait vendre sous une jaquette Fight Club. Ah puis on a approuvé Dirty Dancing aussi, mais pour celui-là, j'ai pas d'idée, démerde-toi."

Bref, un jour donc quelqu'un s'est rappelé que personne n'avait jamais transformé Reservoir Dogs en jeu vidéo et, plutôt que de se dire qu'il y avait sans doute une bonne raison à cela, il s'est dit "Allez hop j'achète les droits et je le fais, je vois pas pourquoi on presserait pas ce citron jusqu'au bout, bordel". La mode des jeux sur le gangstérisme a dû aider, aussi. Y a une voiture et une demi-douzaine de pistolets visibles dans le film, autant dire que les gamers tarantinophiles mouraient tous d'envie que ça devienne un jour un nouveau The Getaway, un nouveau True Crime, et peu importe que le contenu du film lui-même se prête peu à une transposition ludique, il suffit de broder autour. Il n'y a pas de scènes d'action dans le film ? Ben c'est pas grave, on va imaginer les bouts de l'intrigue qui ne sont pas dans le film ! Fallait l'oser, ça quand même. Si d'autres suivent l'exemple et décident de baser la totalité d'une adaptation sur des scènes complètement inventées pour pouvoir exploiter un film normalement inadaptable, on peut s'attendre à tout. Quand on voit le nombre de titres du Top 250 d'IMDb qui n'ont pas encore été profanés... Imaginez un jeu de sports extrêmes tiré du plus célèbre film d'Orson Welles, qui s'appellerait Citizen Kane: The Rosebud Years, constitué de flash-backs inédits où l'on incarnerait un jeune Kane en vacances à la montagne, faisant des tricks de malade en luge (et pour varier un peu, en snowboard et tout le bordel). Ou un Medal of Honor-like adapté de Casablanca mais situé 5 ans avant le film et montrant les péripéties de Rick pendant la guerre d'Espagne. Et un genre de Blazing Angels estampillé Dr Folamour, hein, sur la jeunesse de Ripper et Mandrake en tant que jeunes et fougueux pilotes de chasse, ça aurait de la gueule non ? Les limites ont déjà sauté, alors autant se lâcher. Après tout, comme disait Dostoïevski, "Si quelqu'un a eu l'autorisation de faire un jeu vidéo tiré de Taxi Driver, alors il n'y a pas de Dieu et toutes choses sont permises".

Chris Penn aimerait savoir si c'était possible de faire un jeu vidéo
tiré de
Comme un chien enragé maintenant, qu'il puisse se retourner
une deuxième fois dans sa tombe, il dort mieux sur le dos.


Enfin tout ça pour dire que voilà, il y a un jeu tiré de Reservoir Dogs, qui peut désormais se trouver pour moins de 5 €, et donc que ça me plaise ou non il faut bien que j'admette son existence et que j'en parle ici. Il s'agit de la première réalisation du studio Volatile, subdivision de Blitz Games, développeur de titres basés sur Bad Boys, Barbie, Le Retour de la Momie ou Bob l'Eponge, c'est dire si ces gens-là privilégient la qualité par rapport à la rentabilité. Leur quête d'excellence se voit dans la fidélité du jeu Reservoir Dogs à son modèle, puisqu'on y retrouve tout ce qui a fait le succès critique du 1er film de Quentin Tarantino : des poursuites en voiture avec cascades et effets spéciaux d'accélération à la Fast & Furious, des fusillades endiablées entre des bonshommes en costard noir et des agents du SWAT parsemées de ralentis en noir et blanc pour faire genre John Woo/Bullet Time, un scénario et des dialogues signés James Parker. Bien sûr, tout le casting original est au rendez-vous, mais surtout Michael Madsen en fait, parce que les autres pas du tout, ce qui fait que les voix sont assurées par des imitateurs pas franchement convaincants (le remplaçant de Steve Buscemi est un peu moins mauvais que les autres), et que graphiquement parlant les personnages du jeu ressemblent autant à leurs homologues réels que les personnages du film Super Mario Bros. ressemblaient à ceux du jeu. Enfin sauf Michael Madsen donc pour qui un chèque est toujours bon à prendre.

Vous ne le saviez sûrement pas, mais pour aller chez le diamantaire,
Mr Blue et Mr Brown avaient décidé de faire la course en pleine ville,
ce qui ne risquait absolument pas d'attirer l'attention des flics avant même le braquage.


Bref, le jeu prétend donc raconter les moments de l'intrigue que Tarantino avait choisi de laisser de côté. Comment le gang s'est-il rendu chez le diamantaire ? Qu'est-il donc arrivé à Mister Blue entre le braquage et sa mort ? Comment Mister Pink a-t-il rejoint la planque sain et sauf avec les diamants ? Où Mister Blonde a-t-il capturé le flic qu'il comptait brûler vif ? Autant de questions dont les réponses ont à peu près autant d'intérêt que de savoir ce qu'il advient de l'insigne de l'Inspecteur Harry après qu'il le jette à la flotte à la fin du premier film de la série, ou comment s'y prend l'héroïne de La Secrétaire est une cochonne pour trier le courrier, répondre au téléphone ou passer commande de fournitures de bureau quand elle n'est pas occupée à se faire pilonner le fondement à la chaîne par tout le service compta, c'est-à-dire qu'on s'en bat les steaks et que c'est pour ça que ça n'est pas dans le film à la base.

Tant qu'il reste de dos, Mister Pink ressemble à peu près à Mister Pink
grâce au sac de diamants.
De face, on dirait plutôt un playmobil avec
une moustache à la Groucho, directement peinte sur le visage.


Concrètement, tout ça prend la forme d'un jeu d'action alternant des niveaux à pied et des niveaux en voiture, vous amenant à contrôler tour à tour la plupart des personnages du film. Et là, je vais faire un effort et essayer d'arrêter deux secondes de haïr le jeu en tant qu' "adaptation" bidon, pour haïr un peu  ce qui aurait pu le sauver malgré tout : le gameplay. Passons rapidement sur les séquences de conduite, qui se jouent grosso modo comme des missions de Driver 1er du nom, la maniabilité et le fun en moins, et attardons-nous plutôt sur le gros du jeu, le "run & gun" comme ils disent, les séquences à pied où l'on déplace un individu armé dans des environnements urbains hostiles qu'il doit traverser du point A au point B sans se faire tuer. Et pour cela, le joueur a le choix entre deux méthodes, que le jeu a choisi d'appeler celle du "psychopathe" et celle du "professionnel" ; en gros, le psychopathe avance en tirant dans le tas, tandis que le professionnel neutralise l'adversité sans tuer personne.

Tiens, qu'est-ce que j'disais.

Pour le gameplay "psychopathe", je rentre pas trop dans les détails, c'est assez simple à comprendre, c'est du shoot à la troisième personne classique, avec assez peu d'armes et des contrôles plutôt foireux. Les développeurs ont dû oublier la scène du film où Pink et White s'inquiètent du comportement violent de Mr Blonde, pour proposer de jouer n'importe quel personnage de cette façon, mais bref, passons,  au point où on en est, on n'est plus à ça près. La voie "professionnelle" aurait en revanche pu être plus intéressante ; le principe consiste à éviter les effusions de sang en utilisant des otages pour pousser les forces de l'ordre à vous laisser passer sans vous tirer dessus. Tant que vous avec un otage avec vous, on ne vous attaquera pas, du moins pas de face, et vous pouvez utiliser la menace pour pousser les flics à déposer les armes, sachant qu'il faudra parfois rudoyer votre prisonnier pour montrer à la police que vous ne plaisantez pas. S'il avait bien fonctionné, ce système aurait sans doute pu donner un jeu de braquage sympa et original, à défaut d'une bonne adaptation du film Reservoir Dogs. Le problème, c'est qu'entre les contrôles lourdingues et le manque global de réalisme, ça ne tient pas debout longtemps.

Comme il n'y a pas de petites économies, les gars de Volatile n'ont pas hésité
à réutiliser plusieurs fois les mêmes tronçons de niveaux pour différents personnages.


En effet, l'utilisation de la manière douce se révèle très vite non seulement laborieuse et répétitive, mais de plus beaucoup moins efficace que la méthode musclée. La même ruelle que vous traverserez en 10 secondes et sans égratignure si vous décidez de vous frayer un chemin à coups de bastos en cueillant vos adversaires par surprise vous prendra cinq minutes si vous tentez de la jouer fine, en chopant un otage,  en désarmant tout le monde un par un, et vous courerez au passage le risque qu'un ennemi a priori neutralisé ne profite de deux secondes d'inattention de votre part pour se jeter sur un flingue et vous baiser la gueule pendant que vous serez occupé à maîtriser ses collègues ou à changer d'otage parce que le vôtre vient de s'évanouir. Et comme malheureusement le choix de la voie "pro" n'offre aucun avantage en compensation, ni plaisir de jeu ni bonus, le réflexe naturel du joueur est de laisser parler la poudre neuf fois sur dix : les meurtres n'entraînent aucune pénalité, et comme seul le sort de Mr Pink peut être altéré par le style choisi, les autres personnages crevant tous comme ils crèvent dans le film quels que soient les résultats du joueur, seul les plus maniaques et besogneux s'emmerderont avec les "subtilités"
bien pénibles de la méthode "professionnelle".

Le "Bullet Festival", un effet spécial cheap et assez peu utile, évoque autant la filmo de Tarantino
qu'un dialogue sur les chansons de Madonna rappelle celle de John Woo.


On peut ajouter que le déséquilibre entre les deux options est encore accentué par le fait que, dans les fusillades,  tirer depuis un endroit couvert et se déplacer accroupi entre deux points de couverture permet de ne quasiment jamais encaisser de dégâts ; que l'IA ne fait illusion que 30 secondes avant de révéler des  faiblesses ridicules (flics qui déclenchent des fusillades dès que vous lâchez votre otage même si celui-ci est en plein dans leur ligne de mire, ennemis désarmés qui courent chercher le flingue d'un collègue abattu alors que le leur est juste à leurs pieds, ou qui rechargent en restant debout et à découvert tandis que vous les arrosez au fusil d'assaut...) ; et que les "mouvements spéciaux" des personnages, que l'on peut déclencher en remplissant une jauge d'adrénaline et qu'on devine être là pour faire super cool et stylé, achèvent de faire sombrer le jeu dans le hors-sujet par rapport au film. En mode fusillade, ils donnent lieu à une espèce de  "Bullet Time" tout vilain, qui vous permet grosso modo de figer le temps pour mieux viser vos cibles avant de les voir tomber au ralenti, tandis qu'en mode prise d'otage, vous voilà capable de mutiler vos victimes au rasoir ou au coupe-cigare pour impressionner vos opposants les plus durs-à-cuire. Ca fait pas très Reservoir Dogs tout ça (ouais, je sais, UNE fois dans le film, Mr. Blonde coupe une oreille par plaisir sadique, ça n'a rien à voir avec couper 15 oreilles à des fins utilitaires, désolé), et ça n'apporte pas grand'chose à un gameplay pas folichon.

La fameuse scène que tous les cinéphiles espéraient depuis la sortie du film,
où un faux Harvey Keitel
encore moins ressemblant que le faux Steve Buscemi
décalque les poulets au M4 dans les bas-fonds de la ville.


N'étant pas, ou disons plus, de ceux qui mettent le film Reservoir Dogs sur un piédestal, j'aurais peut-être quand même pu pardonner au jeu d'être une trahison débile de l'oeuvre originale s'il avait été ne serait-ce qu'un tout petit peu divertissant, s'il avait eu ces quelques petites qualités qui font qu'un jeu pas indispensable peut quand même amener le joueur indulgent et curieux à cracher quatre euros. Or là, je dirais que la seule chose positive qu'on puisse dire de ce
puant symbole des pires dérives d'un mercantilisme crasse, c'est que sur le plan ludique il est juste un tout petit peu moins pourri que son cousin russe Tueurs, ce qui n'est pas vraiment un exploit très spectaculaire. Si vous tenez absolument à dépenser une somme dérisoire dans l'exploitation discutable sous forme de jeu raté d'un bon film qui ne demandait rien à personne à part couler une retraite tranquille loin des produits dérivés, achetez plutôt Les Dents de la Mer.
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21 octobre 2008 2 21 /10 /octobre /2008 09:30


Nos amis d'Hollywood ont refait Massacre à la Tronçonneuse, Halloween, La Colline a des Yeux et Zombie, ils refont Vendredi 13 et RoboCop, ils ont déterré Rocky, Rambo, Terminator, Indiana Jones, John McClane ou les Morts-Vivants de Romero 10 à 20 ans après leur retraite pour ajouter des épisodes inutiles à leurs sagas respectives... C'est vous dire s'il n'y a vraiment rien de sacré pour ces gens-là.

Fort de cette constatation, on peut penser sans trop se tromper qu'on verra refaire surface, dans les années qui viennent, l'un des plus célèbres films de Steven Spielberg après Always, sous la forme d'une suite (l'arrière-arrière-arrière-petit-fils du requin original pourchasse la petite-fille de Hooper jouée par Jessica Biel et le petit-fils de Brody joué par Shia LeBeouf), une prequel (un jeune Hooper joué par Josh Hartnett chasse un grand requin blanc qui n'est autre que le père de celui du film de 1975) ou un remake (le film de Spielberg manquait évidemment d'effets spéciaux en images de synthèse à la fois top-niveau et complètement factices et pas crédibles, recommençons à zéro sous la caméra d'un ex-réalisateur de clips) des Dents de la Mer. En attendant ce jour béni pour les néo-cinéphiles, ces pauvres jeunes sans repères pour lesquels il n'existe pas vraiment de bon ou mauvais film de genre, pour qui "bah tant qu'tu regardes ça en te débranchant le cerveau, ça va quoi, y a des bonnes explosions et tout", ces gens grâce auxquels le cinéma d'action est mort, en attendant ce jour donc où ces cons se précipiteront pour télécharger ce qui s'intitulera vraisemblablement JAW5, Les Dents de la Mer : ReGeneration ou Les Dents de la Mer Balboa (je réutilise mes vieux gags si je veux), le monde du jeu vidéo a déjà eu droit en 2006 au retour du célèbre carcharodon carcharias avec Jaws Unleashed (simplement intitulé Les Dents de la Mer chez nous) sur PC, Xbox et PS2.

C'est la version PC qui nous intéresse aujourd'hui parce que bon, quoi, merde, ici on est des vrais hardcore gamers de la ouf nous, on joue pas aux consoles grand public. Et autant en général je ne suis pas trop pour l'exhumation de vieux films à des fins d'adaptation douteuse, autant cette nouvelle version des Dents de la Mer (la 3ème, si j'en crois Mobygames) offrait, sur le papier, un petit quelque chose d'alléchant, puisqu'on y contrôle le terrible requin mangeur d'hommes et non les chasseurs tentant de s'en débarrasser. Et ça, il faut avouer que ce n'est pas courant. De quoi me donner envie de lâcher les 4 € nécessaires à son acquisition.


Aileron pointu en vue, ça va de nouveau saigner le long des côtes d'Amity.

Sorte de GTA III aquatique, le jeu vous propose donc de vous balader librement dans des environnements assez vastes pour y semer la terreur, la destruction et la mort. L'action se situe toujours à Amity, 30 ans après le 1er film, alors que le nouveau maire veut refaire de sa ville un haut lieu du tourisme balnéaire, notamment grâce à l'ouverture d'un parc d'attractions marin à faire pâlir d'envie les émirs dont les concours de bites font la fortune des entreprises de construction de Dubai depuis quelques années, et vas-y que je vais ériger la plus haute tour du monde, m'en fous moi j'ai le plus grand centre commercial du monde, eh ben puisque c'est comme ça moi je vais faire le plus grand archipel artificiel du monde, etc, etc, gros cons d'émirs à p'tite bite tiens. Bref, Amity est prête à se remettre des événements qui ont fait fuir les baigneurs pendant des décennies, mais évidemment, il y a toujours dans les environs un Grand Requin Blanc particulièrement gigantesque qui ne l'entend pas de cette ouïe et va tout faire pour éviter que ses amis les dauphins et les otaries ne finissent dans un marineland, à faire des tours pour amuser les enfants, au lieu de de venir s'abriter dans son estomac toujours accueillant.

Si vous non plus vous n'avez pas tellement aimé Le Monde de Némo,
vengez-vous en mangeant un banc de Frank Dubosc.


Bon, la logique du requin est un peu foireuse parce que moins de touristes sur l'île, c'est du coup moins de repas à base de chair humaine pour lui, mais on ne va quand même pas demander aux développeurs de nous pondre des scénars réalistes, surtout pour un jeu dont le héros est un poisson carnivore géant doué de raison, à l'instar du monstre du 4ème film, puisque notre bestiau a des motivations qui dépassent son simple instinct de prédateur, et des aptitudes qui laisseront pantois plus d'un océanologue (ou d'un simple joueur un peu tatillon sur le réalisme), comme la faculté d'activer une serrure électronique en passant le cadavre d'un scientifique muni d'une carte d'accès devant le lecteur de cartes, ou celle d'attraper des barils explosifs dans sa gueule pour les lancer sur une installation qu'il souhaite détruire.

Entre deux missions de la quête principale, les scènes intermédiaires
réalisées avec le moteur du jeu ne lésinent pas sur les explosions
pour vous faire comprendre qu'un requin en colère, ça ne rigole pas.


Concrètement, le jeu consiste principalement à explorer l'océan autour de l'île en bouffant tout ce que vous rencontrez et en démolissant un maximum d'installations. Ce faisant, vous remplissez divers objectifs principaux et secondaires, qui vous permettent de faire progresser l'intrigue, d'aller visiter de nouvelles zones et d'accumuler des points d'expérience pour améliorer les compétences du requin et débloquer des coups spéciaux. Bref comme je le disais plus haut, ça fonctionne comme un GTA, mais avec du poiscaille à la place des bagnoles, et de la flotte à la place des rues. Il y a même tout un tas d'objets planqués à retrouver pour débloquer des bonus, c'est dire si ma comparaison est parfaitement fondée.

Petite différence avec le titre-phare de Rockstar quand même,
on ne peut pas piloter les bateaux.


Il y a des jeux qui sont vachement sympa les 1ers temps, mais qui à moyen terme commencent à laisser apparaître des défauts rédhibitoires. Il y a des jeux qui à l'inverse paraissent un peu rébarbatifs au départ, mais qui finissent par se révéler attachants pour peu qu'on s'accroche quand même. Dans le cas des Dents de la Mer, on a affaire à une 3ème catégorie, les jeux qui annocent la couleur dès les 1ères minutes en affichant tout de suite leurs plus grosses qualités et leurs plus pénibles défauts. Et si au début, les premiers permettent de bien s'amuser malgré les seconds, il faut bien dire que ce sont les seconds qui finissent par l'emporter et gâcher le plaisir donné par les premiers.

La "vue requin" activable à volonté brouille légèrement la vision d'ensemble,
mais permet de localiser plus facilement les proies potentielles.


Car oui, figurez-vous que, pour un jeu à licence développé par des spécialistes du caca avec un petit budget, sorti directement en gamme pas chère et qui a fait un bide, Les Dents de la Mer a quand même des qualités. La faune marine est plutôt pas mal modélisé, les mouvements du requin sont réussis, les attaques à disposition du joueur sont assez nombreuses si l'on considère que le personnage dirigé est un animal, un poisson de surcroît. Et surtout, les gens d'Appaloosa Interactive, dont la précédente réalisation avait pourtant pour vedette le pacifique Ecco le Dauphin, n'ont pas cherché à aseptiser leur produit. Déconseillé aux moins de 18 ans, Les Dents de la Mer version jeu vidéo est en effet bien plus gore que n'importe lequel des films de la série, ne lésinant jamais sur le sang et la violence. C'en est à se demander comment le jeu a fait pour passer complètement sous le radar et ne déclencher aucun scandale à sa sortie.

Quand la friture ne lui suffit plus, le Grand Requin Blanc
n'hésite pas à dévorer ses congénères, comme ici un requin marteau.


Le requin n'épargne personne : innocentes nageuses en bikini, gentils chiens-chiens, mignons pingouins, jolis dauphins, petites otaries sans défense, toute créature vivante est consommable, et une "barre de faim" qui se vide constamment est là pour encourager  le joueur à croquer dans le tas sans discernement.  Même "Sauvez Willy" finit en charpie sous les yeux de son public. Et ici quand on tue, on n'y va pas de main morte : on mord, on mâche, on secoue sa victime pour la démembrer ou la décapiter... Bien sûr, j'aimerais vous dire que je suis un type raffiné, pas le genre à tirer plaisir d'une barbarie pareille, et pourtant, même moi qui n'ai pas aimé Manhunt par exemple, je dois dire que j'ai pris un plaisir certain à incarner le prédateur impitoyable, sanguinaire et carrément sadique qui sert de héros au jeu. Et vas-y que je te gobe un bébé phoque par-ci, et hop je chope une nageuse, je lui bouffe une guibole et je la regarde essayer de s'enfuir avec seulement trois membres avant de la rattraper pour lui manger le reste morceau par morceau, et la grosse grand-mère là, je vais juste la maintenir sous l'eau sans la mâcher jusqu'à ce qu'elle crève noyée, puis chlac je la couperai en deux d'un bon coup de dents juste pour admirer la modélisation de ses intestins... Ouais, je sais, c'est très con, mais c'est pas souvent qu'on peut faire ça dans un jeu vidéo, et c'est extrêmement défoulant.

Une des premières choses que vous apprend le didacticiel :
comment massacrer un plongeur.
Oui c'est le petit machin jaune qui dépasse de la bouche du requin, là,
au milieu du nuage de sang.

Malheureusement, cette joie mauvaise ne dure qu'un temps, et les défauts du jeu l'entraînent inexorablement vers le fond... Les commandes répondent souvent de manière approximative, la caméra peut se montrer horriblement capricieuse et pénible. La partie sous-marine du jeu est correcte, mais les humains et les décors en surface sont assez grossièrement représentés. La musique du film devient gavante à force d'être jouée en boucle, de même que les bruitages essentiellement constitués des 5 ou 6 mêmes cris de terreur  répétés par une seule voix masculine et une seule voix féminine ("SHARK!!", "I don't wanna die!", "I think he's dead!", "We're never gonna make it!", rien que du très très original...).

J'ai bouffé trop de touristes, celui-ci je crois que
je vais pas le terminer finalement,
ce serait de la gourmandise.

Le personnage principal est surpuissant, rendant le jeu facile et souvent ridicule de par les "pouvoirs magiques" dont il dispose, qui font de lui un digne successeur du requin du risible Les Dents de la Mer : La Revanche, celui qui pouvait battre un avion à la course en nageant du Massachussetts aux Bahamas. Ici on peut même se jeter sur le sable et ramper quelques instants à la surface pour choper les vacanciers sur la plage ! Les missions secondaires sont pour la plupart idiotes et sans intérêt, et en dehors des missions de la quête principale, on passe beaucoup de temps à arpenter l'océan sans avoir grand chose d'autre à faire que de grignoter son 463ème plongeur de la journée pour tromper son ennui.


Même sur la terre ferme, personne n'échappe à Jaws le requin amphibie.
Dans un souci de pseudo-réalisme il faut quand même penser
à replonger avant la fin du compte de 10.

Et donc hélas la monotonie, ce fléau, finit par tuer assez vite un jeu pourtant assez fun au départ. Déchiqueter un baigneur, décapiter un dauphin, c'est marrant les premières fois mais c'est le genre de plaisir idiot qui ne dure qu'un temps. Je n'ai pas envie de le casser trop durement, parce que c'est un jeu insolite,  qui réserve de bons moments pour peu que vous soyez un peu tordu, et qui se déniche pour vraiment pas cher de nos jours, mais je mentirais en disant que c'est un bon jeu, que je recommande chaudement. D'autant moins que, contrairement à des jeux comme Starship Troopers, Dirty Dancing ou le récent Mozart, Les Dents de la Mer n'offre même pas le DVD du film en bonus comme lot de consolation pour les fans. Bref, disons que si vous êtes vraiment intrigué par ce genre d'expérience de jeu atypique, et que 3 ou 4 € ne vous paraît pas trop cher payé pour un divertissement dont vous serez probablement complètement lassé au bout d'une heure, deux heures grand maximum, vous pouvez vous laisser tenter, c'est pas comme s'il n'y avait vraiment rien à en tirer. Mais dans l'ensemble, malgré ses quelques aspects positifs ça reste un jeu raté, donc si vous préférez rester fidèle au mot d'ordre "si c'est raté, j'achète pas, même si ça coûte que dalle", sachez que vous ne ratez quand même rien d'exceptionnel.
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19 octobre 2008 7 19 /10 /octobre /2008 10:39


Comme le dernier jeu de judo remontait à une vingtaine d'années et qu'à une ère où l'on fait même des jeux de corrida et de "hurling" il aurait été bête de laisser un créneau pareil inoccupé, les Belges de10Tacle Studio, anciens développeurs du jeu Outcast, ont décidé de faire appel au plus épais sarkozyste de France après Dominique Farrugia pour prêter son nom et sa bobine respirant l'intelligence à la première simulation de tirage de pyjama depuis bien longtemps.

Le moins qu'on puisse dire c'est que ces braves gens ont la poisse puisque 10Tacle a subi le même sort que leur précédente boîte, Appeal. Leur jeu se retrouve quant à lui soldé à 10 € dans la Hits Collection Silver de chez Mindscape. Il doit d'ailleurs en avoir une quantité impressionnante d'invendus, vu que Mindscape ne s'est même pas donné la peine de le rééditer sous boîtier cartonné argenté comme c'est habituellement le cas pour les jeux de cette collection, ils écoulent directement un stock de la version originale. Sachant qu'après ce bide, on ne devrait pas revoir de jeu de judo avant 2027, si la discipline vous intéresse vous trépignez sûrement d'impatience en vous demandant "Bon mais alors c'est nul ou c'est comme Outcast un bon jeu qui n'a pas eu le succès qu'il méritait ?" Eh bien un peu de calme mes amis, la réponse arrive.

Bon, autant vous l'avouer tout de suite, je ne pratique pas le judo, et je ne suis pas particulièrement fan. Mais je crois  pouvoir dire sans paraître trop prétentieux que la variété des jeux testés ici montre que je suis un garçon plutôt ouvert d'esprit. On peut même dire que je suis assez enclin à me pencher sur des titres étranges, improbables, orphelins. "Laissez venir à moi les petits jeux méconnus qui ressemblent à rien, car à de tels appartient une place sur ce blog", tel est mon credo, et un jeu de judo c'est donc typiquement le truc rare qui va titiller ma curiosité. Tout ça pour dire que nonobstant ma méconnaissance de cet art martial et le peu d'affinité que j'ai avec le bovidé collecteur de pièces jaunes qui lui prête son nom, c'est avec beaucoup d'intérêt que je me suis lancé dans cette expérience.

Le jeu propose un didacticiel qui, sans être trop mal foutu, aurait mérité un peu plus de clarté et des contrôles mieux adaptés au jeu à la manette (le bouton qui sert à valider  dans les menus déclenche au passage une attaque dans le jeu, bien joué les gars). En tout cas, les fans de Double D seront sans doute ravis de l'entendre réciter le texte qui explique comment jouer, et il faut reconnaître qu'il permet quand même de comprendre le jeu dans ses grandes lignes. A part ça, on trouve aussi les modes classiques présents dans à peu près toutes les simulations sportives, à savoir match simple, tournoi, ou carrière. Premier point noir vraiment contrariant qu'on constatera en se promenant dans les menus, le jeu ne brille pas par la richesse de son contenu, avec seulement 9 judokas (tous fictifs, à part pour le gros copain de Bernadette Chirac) et 5 environnements. Aussi peu de choix pour un jeu pourtant pas si vieux (il date de 2007), c'est quand même vraiment faiblard.

Le célèbre sympathisant UMP n'est pas jouable au début,
mais on peut l'affronter en mode carrière et finalement le déverrouiller.


Je n'apprendrai rien aux pratiquants et sympathisants de la discipline en expliquant que le but d'un match est de marquer plus de points que son adversaire dans un temps limité, en le foutant par terre le plus souvent et le plus habilement possible. Chaque fois qu'une prise est réussie, entraînant la chute de l'un des participants, l'arbitre interrompt le match, les juges attribuent un score à l'attaquant qui dépend de la qualité de sa technique, et si le nombre de points nécessaire pour gagner n'est pas encore atteint, le match reprend jusqu'à la prochaine chute. Une projection parfaitement exécutée peut entraîner directement un "Ippon", c'est-à-dire une victoire immédiate, et il est également possible de coincer son adversaire dans une clé qui le poussera à abandonner le combat. Et concrètement, comment cela se joue-t-il ? Eh bien, c'est là que malheureusement les choses se gâtent...

Tout n'est pas perdu lorsque votre adversaire réussit une attaque puisqu'il reste possible
d'en contrer certaines et de se rétablir sur ses pieds au moment de la projection.


Adapter un sport de combat sans mandales dans la gueule, entièrement basé sur les prises, les projections et les contres, n'est certainement pas une tâche aisée, surtout si l'on veut donner un côté technique à la chose. La voie empruntée par David Douillet Judo a le mérite d'être originale, mais ce choix de gameplay ne me paraît pas forcément heureux, puisque pour être honnête, on est ici plus proche de l'inoubliable Britney's Dance Beat ou de PaRappa the Rapper que de simulations de baston de qualité comme les Fight Night ou les Kengo/Sword of the Samurai. Evidemment il n'y a pas de musique, mais pour effectuer une prise, il faudra appuyer au bon moment sur les touches correspondant aux symboles qui défilent en bas de l'écran. A chaque manche, vous devez choisir une technique parmi les 3 proposées en bas de l'écran, puis réaliser la combinaison de boutons qui s'affiche, avec le meilleur timing possible. En étant suffisamment rapide et précis, vous avez de fortes chances de projeter l'adversaire au sol et ainsi de gagner des points. En revanche, si vous appuyez trop tôt, trop tard, ou sur la mauvaise touche, vous risquez de vous retrouver vous-même victime d'une prise de l'adversaire. Et comme ce n'est pas forcément compréhensible expliqué comme ça, j'emprunte à un internaute une petite vidéo pour vous montrer :



On voit ici le joueur de gauche réaliser plusieurs fois un "Juji Gatame" ; le mouvement se lance avec la touche "pieds", puis il faut enchaîner avec "gauche" et "mains" ; une fois cette combinaison réussie, comme il s'agit d'une prise de soumission, les deux joueurs doivent encore lutter, l'un pour forcer l'adversaire à l'abandon, l'autre pour se tirer de ce mauvais pas, dans un nouveau duel de précision sur une séquence de touches aléatoire. On passe donc son temps les yeux rivés sur les 3 barres en bas de l'écran, à essayer de choper au vol les boutons qui défilent en étant plus rapide et plus efficace que son vis-à-vis en kimono bleu. Et si le jeu propose une cinquantaine de techniques, projections, clés et contres, il faut bien dire que ça devient assez vite lassant, d'autant plus que l'on affronte toujours la même poignée de combattants, et que l'habileté semble ne jouer qu'un rôle secondaire dans les victoires tant on se met vite à enchaîner celles-ci sans trop forcer son talent.

Et hop, un Ura Nage "parfait", qui pourtant ne rapportera que peu de points,
principalement parce que la barre d'endurance de l'adversaire est encore pleine.


L'endurance des participants influe en effet beaucoup trop sur le résultat ; à moins de jouer comme un bourrin abruti et impatient, on peut donc assez facilement battre l'IA à l'usure match après match, en économisant sa barre d'endurance (ce qu'on apprend vite à faire) et, en mode carrière, en la boostant entre deux tournois à l'aide des points d'expérience accumulés. Pas besoin d'être calé en judo ou doué pour les jeux de combat, pas besoin d'un long apprentissage pour maîtriser à fond les meilleures techniques : avec un peu d'observation et une certaine pratique des jeux de rythme, quelques matchs suffisent pour aplatir systématiquement les adversaires contrôlés par l'ordi. Et avec l'effectif rachitique de judokas aux différences finalement peu marquées, ce n'est pas le mode 2 joueurs qui rattrapera le coup, puisqu'on en aura bien vite fait le tour.

Le jeu confond "réaliste" et "relou" en vous forçant à déclencher vous-même l'animation de salut
au début et à la fin de chaque combat. La 1ère fois on se dit que c'est marrant,
toutes les suivantes on se dit que c'est inutile et pénible.


David Douillet Judo est donc hélas plombé par tant de gros défauts que je m'en veux presque de parler des petits, comme ce bruit de foule horripilant qui semble basé sur une unique boucle pourrie de 10 secondes répétée ad nauseam à longueur de matchs. Mais ce qui achève de donner envie de tout abandonner dans les plus brefs délais, c'est un bug bien ridicule qui empêche purement et simplement de sauvegarder sa progression en mode Carrière. J'ai beau avoir un espace disque raisonnablement confortable, chaque tentative de sauvegarde se solde par le même message d'erreur me réclamant 12 Ko que, d'après Môôssieur Douillet, je n'aurais pas c'te bonne blague. Comme il n'y a pas eu de patch pour corriger, ça casse rapidement toute velléité de se lancer sérieusement dans ce mode qui est pourtant le "plat de résistance" du jeu, et ça fait salement foutage de gueule d'avoir sorti le jeu dans cet état.

Alors ça c'est ballot, les gars.

Au final, si l'on peut quand même tirer son chapeau à 10Tacle Studio pour s'être risqué à produire un jeu atypique, le résultat est quand même assez raté, et David Douillet Judo a peu de chance de survivre plus d'un après-midi sur le disque dur de quelqu'un qui ne s'est pas mis en tête de le tester pour son blog que personne ne lit. Alors, à 2 ou 3 €, peut-être qu'un gros fan de ce sport aurait quand même pu y trouver son compte, le temps de s'apercevoir qu'adapter son art martial fétiche en jeu vidéo n'est finalement pas une très bonne idée, mais 10 €, c'est bien trop pour une si faible durée de vie.

A part ça, ça va être l'hiver, alors pensez à donner aux Restos, on sait jamais, si un jour ils ont assez de sous ça évitera peut-être que Zidane, Douillet ou Aymé Jacquet se remettent à chanter.

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17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 09:53


Spécialistes du jeu de course pour gamme budget, les Anglais de chez Eutechnyx ont dû un jour se demander à quoi ressemblerait l'enfant illégitime qu'aurait pu avoir ce bon vieux Redneck Rampage avec la série des Hard Truck, et c'est probablement ainsi qu'est né Big Mutha Truckers. Soit un jeu de camions pilotés par des ploucs américains bêtes et méchants, lorgnant avec envie du côté de GTA III tel un Dick Rivers se rêvant en Elvis. Sorti en 2003, le jeu a depuis eu une suite, Truck Me Harder, et revient ces jours-ci hanter les solderies où l'amateur de véhicules et d'humour poids-lourds pourra le récupérer pour 3 €.

Le scénario du jeu, car il y en a un, vous invite à incarner l'un des 4 rejetons Jackson dans une course à l'héritage organisée par leur vieille mère, qui a décidé de céder l'entreprise familiale à celui qui ramènera le plus d'argent à la maison au bout de 60 jours. Concrètement, le joueur doit effectuer 60 trajets en camion en s'efforçant de gagner le plus de fric à chaque fois, les deux principales sources de revenus étant le transport de marchandises et les courses contre d'autres routiers.

Le gameplay reprend grosso modo celui de la plupart des jeux de camions, à savoir beaucoup de conduite et un peu de gestion : il y a une carte avec plusieurs villes, on se déplace de l'une à l'autre  en choisissant librement sa destination, on achète des marchandises là où elles sont pas chères et en on va les revendre là où elles sont très demandées. A chaque arrêt, on peut refaire le plein de carburant, acheter des améliorations pour sa machine et la faire réparer. On peut également changer de type de remorque afin de transporter une nouvelle catégorie de marchandise (citerne pour les liquides, container frigorifique pour certains aliments...). La principale différence avec un jeu comme par exemple King of the Road est un aspect un peu "tour par tour", puisque la partie est découpée en 60 jours : ici, on ne circule pas librement non-stop, à chaque arrêt dans une ville la journée se termine. Un principe qui amènera à tenter de rentabiliser au maximum chaque trajet, pour ne pas risquer de laisser ses adversaires prendre l'avantage dans la guerre de succession.

Histoire de mettre du beurre dans les épinards, on peut généralement profiter de sa livraison pour faire la course contre un autre camionneur le long du trajet. D'autres fois, on vous proposera une mission illégale pour une somme d'argent conséquente, comme démolir un certain nombre de voitures dans un temps limité. Et à ce propos, il faut savoir que démolir des bagnoles en route, comme ça, juste pour le plaisir de faire chier les automobilistes, rapporte également de l'argent (les Jackson doivent avoir un deal avec les assureurs du coin), d'autant plus si vous réussissez des "figures" (comme un balayage de route avec la remorque qui accroche plusieurs caisses). Un autre moyen, un peu plus risqué, d'arrondir ses fins de journées est de provoquer les bikers qui sillonnent les routes, puisque si l'un d'eux grimpe sur la remorque de votre camion et que vous parvener à l'en faire choir, vous toucherez une prime pour sa capture. Mais s'il arrive à décrocher votre remorque évidemment, vous l'avez dans le cul.


Les 4 caricatures de péquenots qui servent de héros au jeu
possèdent chacun un camion au look très marqué,
comme ici le très choupinou véhicule de Bobbie Sue, la pouffiasse de la fratrie.


Le jeu étant plus porté sur la déconne que sur la simulation, les camions de BMT sont plus rapides et plus maniables que dans les Hard Truck (prévoyez quand même une manette, au clavier c'est assez laborieux), on peut se permettre d'enchaîner les bons gros accidents sans finir trop vite au garage, et pour éviter l'assoupissement lors d'un trajet interminable en ligne droite sur une 4 voies sans circulation, les villes ne sont pas trop espacées les unes des autres. Enfin pour ceux qui aiment se concentrer sur la route devant eux plutôt que sur l'étude de leur carte Michelin, un système de navigation bien pratique vous indique quel chemin prendre à chaque embranchement une fois que vous avez sélectionné votre destination. Putain, 5 paragraphes sans descendre le jeu... Est-ce à dire que, pour une fois, il y a un titre valable sur le Blog des joueurs radins ?

On peut voir ici deux des trois types de remorques,
une citerne pour Earl et un container frigorifique pour le rival qui l'a défié à la course.


Hélas non, les gars. Certes, Big Mutha Truckers peut être assez fun dans un 1er temps, si tant est que vous soyez du genre à vous amuser sur un jeu de conduite arcade à l'humour basé sur des stéréotypes déjà tant de fois caricaturés que ça n'est plus franchement très drôle. Mais je suis au regret de vous dire qu'au bout du compte, le jeu d'Eutechnyx souffre du même gros défaut que ses concurrents plus sérieux : une très grande répétitivité. Je suppose qu'une simulation fidèle du métier de chauffeur routier exige ça, mais c'est le genre de cas où les développeurs devraient apprendre à renoncer au réalisme au profit du plaisir de jeu. Malgré tous les efforts faits pour ajouter de la fantaisie et de l'action au passionnant travail de livreur, le fait est que jour après jour, on refait la même chose : visite au bar pour avoir un tuyau sur les besoins en marchandises des villes alentour, passage à la boutique pour acheter la cargaison adéquate, remise en état du camion au garage, 5-10 minutes de conduite, arrivée à bon port, vente de la cargaison, et c'est reparti pour un cycle bar/boutique/garage/route, encore et toujours.

Les dialogues avec les divers commerçants du jeu sont surjoués
par des acteurs à l'accent plouc trop factice,
et la plupart du temps les vannes, pas très drôles et peu originales, tombent à plat.


Si l'on ajoute à ça qu'il n'y a que 6 villes, que les différents parcours sont bien trop banals pour donner lieu à des courses passionnantes, que chacun des 4 personnages jouables conserve le même camion tout au long de la partie, et qu'en dehors de l'aspect visuel les différences entre les 4 ne sont pas flagrantes (si tant est qu'elles existent, d'ailleurs), vous comprendrez que Big Mutha Truckers est malheureusement un jeu dont on a très vite fait le tour. L'impression d'avoir déjà vu tout ce que le jeu avait à offrir pointe le bout de son vilain nez bien longtemps avant la fin des 60 tours de la partie. Ce n'est pas qu'on ne s'amuse pas, au contraire, je dois dire qu'au début j'ai quand même été agréablement surpris, je m'attendais à une grosse daube et en fait ça se laisse jouer gentiment, mais au bout du compte on ne s'amuse quand même vraiment pas longtemps. Y a du potentiel, ça aurait pu donner un truc vraiment sympa, mais sur le long terme, rien ne fonctionne. Les tentatives d'humour utilisent des ficelles si grosses et usées qu'on ne se donne même plus la peine d'écouter les dialogues au bout de quelques échanges à peine, le gameplay lasse lui aussi très rapidement, et même la bande-son, qui pour faire comme GTA propose 4 stations de radio à thème, n'est qu'à moitié réussie, puisqu'en dehors de quelques morceaux collants bien à l'ambiance, la plupart des chansons sont aussi insipides qu'hors de propos. Pour finir, il n'y a même pas de multijoueurs

Le tout premier défi lancé par un rival sera l'occasion de constater
l'extrême petitesse de la surface totale de jeu : 6 destinations, une douzaine de routes...


Un tout petit prix pourra inciter à une certaine indulgence ; à petites doses de temps en temps, foncer dans le tas au volant d'un bon gros poids-lourds en démolissant tout sur son passage peut être un défouloir pas désagréable. Si vous tenez absolument à posséder un jeu de camions, la balance penche très nettement en faveur de BMT par rapport à King of the Road, testé ici il y a quelques mois. Mais n'espérez vraiment pas vous plonger avec passion dedans, c'est un titre à considérer comme un jeu d'arcade pas mauvais mais très limité, dans lequel vous ne risqueriez pas plus d'une pièce ou deux. Du coup, disons qu'à 3 € ça va si vous êtes vraiment attiré par le genre, mais surtout, ne dépensez pas un centime de plus dedans.
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Published by Toxic - dans Test (PC)
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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 09:27


N'ayant pu dénicher la reprise de Mon légionnaire par Ute Lemper qui sert d'improbable chanson de générique de fin à l'un des plus soporifiques films de Jean-Claude Van Damme, tant pis pour vos gueules, faudra vous farcir "Tiens, voilà du boudin" en guise de musique de fond. Et croyez-moi, ça reste plus supportable que quand c'est Michel Legrand qui reprend la chanson de Raymond Asso et Marguerite Monnot à coups de ces "Dou dou tou dou biiiii biiiiiii ti ti douuuuuuu" dont il a le secret.

Si la "Hits Collection" est régulièrement l'occasion de se procurer à 5 ou 10 € des petits jeux sympathiques, c'est aussi parfois malheureusement un moyen pour Mindscape de tenter de faire de l'argent facile en achetant à vil prix des productions miteuses des pays de l'Est pour les refourguer à des joueurs peu avertis, car après tout, qui soupçonnerait que tel FPS inconnu ou STR sorti de nulle part et présent sur le rayon aux côtés de titres réputés comme Splinter Cell, Hitman ou Medal of Honor puisse être une sale arnaque pourrie ?

Le suspect du jour émane du studio City Interactive, développeur polonais dont le fer de lance est la série des Terrorist Takedown, des FPS que vous avez forcément déjà vus à 20 € en supermarché, mais vraisemblablement jamais vus testés dans la presse. Mais si, voyons les gars, Terrorist Takedown, des machins à jaquette moche et affublés de sous-titres semblant piqués à la série SAS de Gérard de Villiers, Opération Mogadiscio, Dans l'enfer de la jungle colombienne, Rififi à Hanoï, Coup fourré à Budapest, Echec et mat pour Saddam Hussein à Bangkok, tout ça, ne me dites pas que vous n'êtes jamais tombés là-dessus, quand même. Bref, comme il n'y a pas de raison qu'il n'y en ait que pour ces frimeurs de Navy Seals et qu'apparemment les gens de City Interactive n'aiment pas trop s'aventurer hors du domaine des jeux de guerre moisis, ils ont cette fois décidé de mettre en scène ce prestigieux corps de l'Armée française qu'est la Légion étrangère.

Oasis oasis c'est bon c'est bon.

Loin de son image de ramassis d'assassins et d'anciens nazis en cavale, loin des blagues sur les chèvres, la Légion moderne telle que vue par City Interactive est apparemment une unité de ninjas à Famas, des gars tellement forts qu'on peut les envoyer en solo derrière les lignes ennemies pour des missions d'infiltration musclées chaque fois que ça sent le roussi en Afrique. Au début de Code d'Honneur, donc, un quelconque groupe de fâcheux menace la sécurité du monde depuis la Côte d'Ivoire. Heureusement, la Légion est là, en la personne d'un homme, un seul, qui va régler ça avec sa bite et son couteau (et son Famas). Le nom de cet héroïque légionnaire ? Le caporal Claude Boulet. Je répère parce que bon, quand même : Claude BOULET. Vanner sur les noms, c'est méchant, mais faut reconnaître que la fameuse chanson rendue célèbre par Piaf aurait peut-être moins bien marché si, au lieu de "J'sais pas son nom, je n'sais rien d'lui, il m'a aimée toute la nuit, mon légionnaire", le refrain avait ressemblé à "Je n'sais rien d'lui, à part son nom, il m'a aimée toute la nuit, Claude Boulet".

Mesdames et Messieurs, sous vos applaudissements :
Claude BOULET.

Bref, dans la peau et les rangers de Claude Boulet, vous voilà parti dans une dizaine de missions destinées à empêcher de vilains dissidents ivoiriens de mettre au point une arme nucléaire. Le jeu consiste principalement à s'introduire dans des campements, villages et places-fortes pour y dessouder tout le monde au fusil d'assaut, au bazooka, à la grenade, ou même au couteau si le coeur vous en dit, même si l'approche silencieuse n'est pas vraiment à encouager.

Dans la plupart des FPS, on peut faire sauter des barils
pour dessouder les ennemis à côté dans une belle explosion.
Code d'honneur innove puisqu'ici, faire sauter des barils est carrément l'objectif de la mission.

Le fait que même Nobilis, réputé pour ne pas faire la fine bouche quand il s'agit d'importer de la daube et qui distribue habituellement les produits City Interactive, n'ait pas voulu se donner la peine d'introduire en France un de leurs jeux alors même qu'il met en scène un soldat d'chez nous met déjà bien la puce à l'oreille sur la qualité de Code d'honneur : Légion étrangère avant même d'avoir lancé une partie. Les premières minutes dans le jeu achèveront de dissiper les doutes de ce qui en avaient encore : oui, c'en est.

On appréciera la politesse des autochtones, puisqu'ici
le gentil monsieur dans l'espèce de guérite en face attend patiemment
que vous tiriez le premier avant d'attaquer, et vous a en plus préparé un lance-roquettes
pour exploser le blindé derrière. Des gentlemen, ces rebelles ivoiriens !


Certes, tout n'a pas besoin d'être parfait dans un FPS pour gamme "budget". Une bonne ambiance, de l'action non-stop, des ennemis variés, des flingues qui assurent, des cartes originales, une IA bien vicieuse, une mise en scène pêchue, un mode multijoueurs rigolo, des éléments de gameplay novateur,s des objectifs de mission stimulants... Dans un jeu à 10 €, je dirais qu'il serait déraisonnable de s'attendre à trouver plus de 2 ou 3 des éléments de cette liste (enfin, sauf si c'est un titre prestigieux d'il y a 4 ans et réédité en collection pas chère, évidemment, et pas une petite production directement destinée au marché des radins) mais que ça peut suffire à s'amuser et à se dire qu'on en a eu pour son argent quand même. Mais quand malheureusement le jeu n'incorpore que zéro élément de la liste, il y a comme un problème...

Championnats du monde de cache-cache, l'équipe ivoirienne est sur le point de perdre.

Oh, je ne vais pas aller jusqu'à dire que le jeu n'a aucune qualité. Les armes produisent un vacarme raisonnablement convaincant. Les graphismes font moins pitié que ceux d'un FBI Hostage Rescue. De temps en temps, on est amené à descendre un véhicule au bazooka, youpi c'est chouette. Dans un souci de réalisme, les dégâts que peut encaisser Claude Boulet avant de crever la gueule dans le sable sont très limités. Mais c'est à peu près tout pour les bons côtés, et ça fait vraiment peu, surtout à côté de tout les trucs ratés, médiocres, ridicules. Les soldats ennemis semblent posséder 2 stratégies en tout : ceux qui sont planqués dans des cases attendent que vous approchiez pour bondir à l'extérieur juste sous votre nez dans un magnifique roulé-boulé qui vous laisse le temps de les abattre d'une rafale bien placée, ceux qui sont en plein air auraient quant à eux tendance à venir se placer à découvert d'une glissade pour vous tirer dessus sans plus jamais bouger. Il y a même ceux qui vous laissent les abattre sans aucune réaction. Du coup, pour rehausser la difficulté, vos flingues sont super imprécis et vos ennemis super résistants, le genre à survivre à deux balles de fusil en pleine tête à bout portant. Dans le genre détails très cons, les lance-roquettes  traînent toujours précisément là où vous allez en avoir besoin, les clôtures en barbelés sont mortelles au toucher et le moindre obstacle de 50 cm de haut est infranchissable même en sautant, les soldats  gueulent "Navy Seal awagabou yaya mayagoubounana" à votre approche (même pas foutus de faire la différence entre un Navy Seal et un Légionnaire, ces cons-là ! De là à dire que les sons ont été repompés à Terrorist Takedown: Opération Mogadiscio...) pour vous aider à les repérer et les buter. On appréciera aussi les cartes donnant une fausse impression de liberté et de grands espaces mais conçues pour que le joueur ne s'éloigne jamais du seul chemin prévu par les développeurs, et des objectifs aussi passionnants que "détruisez les barils" ou "tuez les soldats ennemis" et des missions hyper courtes qui font que même le joueur décidé à aller jusqu'au bout de l'histoire ne devrait pas en avoir pour plus d'un après-midi. Bref, toutes ces petites choses qui transforment vite ce qui aurait pu n'être qu'un FPS banal et médiocre en gros foutage de gueule bien naze.

Evitez de piétiner le champ de béméké de Ouagamogobo,
ou il sortira avec son tromblon pour vous envoyer des giclées de gros sel.


Bref, on rigole un peu face au côté un peu nanaresque, mais on ne prend pas vraiment de plaisir à jouer. Et pourtant Claude Boulet, promu sergent, reprend du service dans un Code of Honor 2: Conspiracy Island déjà sorti aux Etats-Unis, ce qui semblerait indiquer que le 1er épisode a su trouver un public, sans doute des inconditionnels du FPS rapiats au point de refuser catégoriquement d'investir dans la réédition à 15 € d'un jeu valable (mettons Half Life² ou Far Cry) et préférant acheter une bouse comme Code d'honneur pour économiser 5 €. Alors pour vous les gars, cadeau, la démo du 2ème épisode se télécharge , amusez-vous bien, je vous invite même à revenir ici pour en parler après (on tente de fidéliser son lectorat comme on peut). Aux autres, je suggérerais quand même plutôt de se tourner vers à peu près n'importe quel autre FPS ne portant pas le logo de City Interactive sur sa jaquette.
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