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20 mars 2008 4 20 /03 /mars /2008 09:38
free music
undefinedParfois considéré comme un GTA-like, les bagnoles en moins, Yakuza se définirait à mon avis mieux comme une version moderne de River City Ransom, vieillerie sur NES sans doute jamais sortie en Europe mais qui a fini par devenir un jeu-culte en Occident bien des années après sa sortie, quand le monde l'a redécouvert par des moyens que la morale réprouve. Pour ceux qui ne connaissent pas, River City Ransom est un beat'em all dans lequel le héros gagne des points d'expérience pour augmenter ses stats et peut entrer dans pas mal de magasins pour y faire divers achats destinés à restaurer sa barre de vie ou acquérir de nouvelles compétences avant de retourner démolir à la chaîne les membres de divers gangs par la force de ses poings, ses pieds, et d'armes à ramasser en route.

Vous prenez ce petit titre de Technos, donc, et vous y ajoutez un gros budget et les moyens techniques du 21ème siècle, et vous obtenez ce luxueux jeu de baston sorti en exclusivité sur PS2, et qui n'a vraisemblablement pas connu en France le succès qu'il a eu au Japon (où un 3ème épisode et une adaptation cinématographique sont en préparation) si l'on en croit sa chute assez rapide dans la section "petits prix" des magasins de jeux.

Bien qu'il s'agisse, en substance, d'un simple jeu de baston, Yakuza propose un scénario alambiqué développé avec force scènes cinématiques. L'histoire est celle d'un ex-gangster, Kazuma Kiryu, ayant volontairement accepté d'aller en prison pour un crime qu'il n'a pas commis ; à sa sortie 10 ans plus tard, la sale impression de s'être gravement fait enfler par le compagnon d'armes à qui il a évité la taule, et de lourdes menaces sur la vie d'une petite fille suite à un gros imbroglio incompréhensible impliquant son ancien clan et le vol d'une somme colossale par la mère de la gamine, qui pourrait être la soeur d'une ancienne amie de Kazuma (oui je vous avais prévenu, c'est pas simple), vont pousser notre bouillant héros au dos tatoué à aller péter la gueule à toute la pègre de de Kamurocho, quartier fictif de  Tokyo inspiré de celui de Shinjuku.

undefinedKamurocho, où le jour ne se lève jamais

Pour nous raconter tout cela, un casting prestigieux double les principaux personnages. Enfin, "prestigieux" au sens vidéoludique du terme, c'est-à-dire que concrètement c'est une brochette d'acteurs à la carrière cinématographique morte (Mark Hamill, Michael Madsen) ou abonnés à vie aux séries télé (Michael Rosenbaum, Eliza Dushku, Dwight Schultz), mais bon, dans un jeu, ça en jette quand même.

undefinedL'un des boss du jeu, Michael Madsen, qu'on n'imaginait pas aussi souple

Dans la peau de Kazuma, vous circulez librement dans les rues du quartier à la recherche de personnages et d'indices pour faire progresser votre enquête pour retrouver la fillette et l'identité de ceux qui en veulent à sa peau et la vôtre. En chemin, il faudra fréquemment faire face à de petits groupes de loubards qui tentent de vous racketter, ou des yakuza à votre recherche. Le jeu passe alors en mode "combat", vous transposant dans une aire de jeux moins ouverte où vous pourrez tabasser vos assaillants à loisir. Au départ, l'arsenal de coups est assez limité, mais le jeu se distingue par la possiblité d'interagir avec l'environnement pour venir à bout des adversaires. Par exemple, si vous arrivez à coincer un adversaire près d'une paroi, et que vous avez un "coup critique" en stock, vous pourrez saisir l'ennemi pour lui écraser la tronche contre le mur, et plus classique, vous pourrez aussi utiliser beaucoup d'objets qui traînent, poubelles, chaises, tables, etc, comme armes. Les combats vous font gagner des points d'expérience et vos passages de niveaux vous permettront d'augmenter vos capacités, de débloquer de nouveaux coups et prises, et d'apprendre de nouvelles techniques auprès d'un maître en arts martiaux.

undefinedBrigitte Lahaie vous le confirmera, il vaut mieux tomber sur un Gros Dur que sur un Petit Mou

En plus de ces bastons "aléatoires" qui vous tombent dessus un peu comme les rencontres avec un monstre dans les Final Fantasy, certains affrontements sont liés à l'intrigue, notamment les duels contre les boss, et d'autres encore sont déclenchés par les "quêtes annexes" que vous pourrez accomplir au cours du jeu. En effet, vous serez amené à parler à pas mal de PNJ, et parfois, certains vous proposent de les aider. Il y a la femme qui s'est fait voler son sac à main, celle qui a besoin d'un garde du corps pour protéger son night-club, celle qui se plaint d'être suivie par un pervers... La plupart du temps, vous les résoudrez en vous battant, mais d'autres exigent de retrouver certains objets pour les rapporter à qui de droit. Dans l'ensemble, il y a quand même assez peu de variété dans tout ça.

undefinedCe qu'il manquait aux beat'em all 2D de notre jeunesse :
la possibilité de casser le rythme trépidant des bastons incessantes en s'arrêtant pour aller faire ses courses

Les quêtes annexes ne sont pas les seuls à-côtés destinés à allonger la durée de vie du titre, puisque vous aurez aussi la possibilité de vous engager dans diverses activités non-violentes pour vous détendre. Il y a un casino où vous pourrez vous livrer à la débauche sous diverses formes (baccara, blackjack, roulette...), une salle de jeu avec des machines à sous, une salle de sport où les fans de base-ball pourront s'entraîner à la batte, des bars à hôtesses dans lesquelles vous pourrez engloutir une fortune en échange du privilège de draguer des prostituées à peine majeures, et un salon de massage dans lequel un mini-jeu ridicule vous permettra de reconstituer votre barre de vie. Pour ceux qui ne veulent pas avoir à coucher avec un personnage de jeu vidéo hors-champ en contrôlant à la manette ce qui semble être une "jauge d'éjaculation" sur un écran rose, vous pouvez aussi simplement regagner votre énergie en achetant divers aliments et médicaments dans les fast-foods, "combini" et pharmacies du quartier.

undefinedPour se décontracter entre deux altercations de rue,
vous pouvez participer à un tournoi d'Ultimate Fighting clandestin.

Ici on voit le champion Daniel Feldman
qui n'a pas seulement un nom d'expert-comptable, mais aussi un style de danseuse.

Offrir plein de petites conneries inutiles à faire en cours de partie pour rompre la monotonie, pourquoi pas, mais se concentrer pour que le "coeur" du jeu soit suffisamment réussi pour ne pas inciter le joueur à chercher autre chose à faire dans le jeu pour se distraire, c'est mieux. Et là malheureusement, ce n'est pas vraiment le cas. Les séquences de combat sont un peu confuses, on se fait encercler, on ne peut pas interrompre ses propres combos, on a parfois du mal à saisir les armes qui traînent, et en définitive on finit par se battre en utilisant toujours les mêmes attaques plutôt qu'en cherchant à tirer partie de la variété offerte. Si l'on ajoute à cela que l'on affronte toujours les mêmes ennemis clonés à l'infini, ça devient rapidement très, très répétitif. A la limite, ça passerait si c'était un flot ininterrompu d'ennemis à démolir à la manière des beat'em all "à l'ancienne" qui firent le bonheur des amateurs d'arcade et des possesseurs de Megadrive, mais le fait qu'ils soient espacés par les déambulations dans les rues, les cinématiques, les activités annexes et les temps de chargement (chaque combat étant précédé d'un loooooooong temps de chargement) finit, peut-être paradoxalement, par rendre tout ça plus lassant qu'un Streets of Rage ou un Final Fight.

Pourtant, les premières fois, leur côté cinématographique est plutôt enthousiasmant, on a l'impression de vivre un film d'action asiatique, avec les ralentis sur les "coups critiques" et l'utilisation de tout ce qui traîne comme une arme. Mais les films interactifs ne donnent pas de bons jeux, et le plaisir ne dure pas. Vraiment dommage donc que Sega se soit appliqué sur tout ce qui ne devrait pas être l'essentiel dans un jeu de baston, et a raté le principal : des combats intéressants, et une action dont le rythme ne faiblit pas. C'est vrai que les graphismes et la mise en scène ont la classe, c'est vrai qu'il y a une surface de jeu correcte sur laquelle se balader librement, c'est vrai qu'il y a les mini-jeux, c'est vrai qu'il y a l'ambiance "film de yakuza", et c'est vrai que le succès des Metal Gear Solid est là pour prouver que certains joueurs sont prêts à se contenter d'un gameplay inintéressant juste pour le plaisir de déclencher la prochaine cinématique de 10 minutes. Moi personnellement quand j'achète un jeu de baston, c'est pas pour le plaisir d'aller dialoguer avec une hôtesse de bar gloussante sur le genre de mec qui la fait craquer, ou d'aller ramasser des peluches dans une "machine à pince" comme on en trouve à la fête foraine. A vous de voir le plaisir d'épater vos potes avec un "T'as vu, j'ai un film de Takeshi Miike sur ma PS2" vaut de débourser 30 euros, mais a priori je dirais non.

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