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11 octobre 2008 6 11 /10 /octobre /2008 10:23


Continuons aujourd'hui notre merveilleux (mais petit, je dois avouer, vu qu'après ça il n'en reste qu'un) tour d'horizon du fin fond du bac de soldes, à savoir les jeux à moins de 0,50 €. Celui-ci, je l'ai acheté par erreur, le confondant bêtement avec Combat Medic, qui paraît très pourri, mais du genre pourri rigolo, ce qui en aurait à peu près justifié l'acquisition. Mais Vietnam Med Evac, qui fait partie de la série Search & Rescue, n'est malheureusement pas du genre pourri rigolo.

Comme son nom ne l'indique pas trop mal, le jeu prend pour cadre la fameuse guerre qui rendit célèbre Oliver Stone, et on y pilote un hélicoptère chargé de l'évacuation des blessés. Un jeu de guerre où l'on doit sauver des vies plutôt qu'en prendre, c'est rare, et Vietnam Med Evac est là pour nous rappeler que, si certaines idées sont rarement exploitées, c'est peut-être qu'elles ne sont pas très bonnes à la base.

Bon, que vous dire d'autre ? Il y a des jours où c'est pas facile de trouver la motivation pour écrire sur un jeu raté quand on sait qu'on a 6 visiteurs par jour et que, à en croire les mots-clés de recherche qui amènent à mes pages, la plupart arrive ici en cherchant complètement autre chose, qui malheureusement n'est pas disponible ici. Eh non les gars, désolé, je n'héberge pas le blog de Jeff Hardy, le film Princess Bride à télécharger illégalement ou le jeu Extreme Warfare Revenge. Mais bon j'avoue, c'est gentil de cliquer quand même sur le nom de mon site par curiosité quand Google vous le propose. Mais ça me ferait encore plus plaisir si j'avais l'impression que les égarés lisaient les articles, revenaient les jours suivants, rameutaient leurs potes et tout ça...

Enfin bref, revenons-en à nos rotors. Si comme moi, quand vous étiez petit vous avez joué à un petit jeu électronique dérisoire qui s'appelait Tremblement de Terre, vous savez déjà que les hélicoptères munis d'un treuil, c'est pratique pour aller sauver des gens en danger de mort. Partant de cette constatation, Vietnam Med Evac, comme les autres épisodes de la série, brode autour de ce thème, avec une campagne vous proposant une série de missions au cours desquelles vous devrez piloter un hélicoptère "Huey" en zone dangereuse pour aller ramasser des blessés.

Le plus étonnant avec ce jeu, c'est de penser qu'il reste apparemment plus de nostalgiques de Tremblement de Terre, que de la série de jeux d'hélicoptères démarrée par Desert Strike à l'époque de la 1ère guerre du Golfe. Parce que mine de rien, la série Strike est morte il y a 11 ans maintenant, tandis que de nouveaux épisodes de Search & Rescue continuent encore aujourd'hui de sortir régulièrement, alors que la série n'a pourtant pas l'air de briller par sa qualité, et qu'à l'inverse, exploser des tanks et des bâtiments aux commandes d'un Apache ou d'un Comanche est un plaisir qui manque dans le paysage vidéoludique de ce début de 21ème siècle.

Désolé, j'ai pas trouvé la force de faire plus d'un screenshot, au tout début du jeu.
Mais en même temps, c'est pas comme si vous comptiez dessus
avant de vous décider à l'acheter ou pas
.

Et ce qui est vraiment, vraiment triste, c'est qu'avec son gameplay à 2 boutons, droite et gauche, le fameux Tremblement de terre est bien plus fun que ce piteux Vietnam Med Evac, plus dynamique, moins frustrant. Il faut dire aussi que ses deux boutons répondaient pas mal, alors qu'ici, les commandes donnent un peu envie d'aller s'écraser le plus rapidement possible sur le 1er obstacle rencontré. Je comprends bien que l'idée est de passer pour une bonne grosse simulation bien hardcore en plaçant le joueur au contrôle d'une brique volante absolument impossible à manier correctement, ça fait complexe et réaliste et tout, mais il manque ici une source de satisfaction qui pousserait à s'infliger quand même un looooooooooong temps d'adaptation aux réactions capricieuses de l'appareil. Mettons, des tanks et des bâtiments à détruire à coups de missiles comme dans un bon vieux Desert Strike. Même moi qui ai pu pousser le masochisme jusqu'à jouer à [Tueurs] par exemple, je n'ai pas réussi à me forcer à aller très loin dans Vietnam Med Evac. C'est laborieux, c'est pénible, c'est moche, c'est ennuyeux, ça prend inutilement 1 Go sur le disque dur, c'est le genre de truc raté et n'ayant pas lieu d'exister qui m'amène parfois à penser que les rayons de soldes ne sont vraiment rien de plus que des dépotoirs à l'heure actuelle, et qu'on n'y dénichera plus jamais les petites perles qu'on y trouvait avant, les Fallout, les Arcanum, et même plus modestement les Severance ou les Drakan, et que je ferais bien de saborder ce blog, finalement.

Bref. Si vraiment vous êtes le genre de joueur qui aime passer un après-midi à maîtriser des techniques aussi compliqués que le décollage ou le vol en ligne droite d'un hélico inoffensif pour pouvoir, à terme, aller pêcher des mourants dans des décors affreux, je suppose que ce Vietnam Med Evac fera l'affaire aussi bien que n'importe quel autre S&R. Pour ma part, je regrette de n'avoir réussi à caser aucun jeu de mots comme "Med Evac Faciale" dans ce test, alors que c'était finalement la meilleure chose qu'il y avait à tirer de cette minable production danoise.

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Published by Toxic - dans Test (PC)
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6 septembre 2008 6 06 /09 /septembre /2008 16:57






Sorti assez discrètement (pour un jeu à licence) l'année dernière sur à peu près tous les supports, le dernier Spider-Man dans sa version PC est désormais soldé pour 10 € dans les magasins Fnac. Bien que sa jaquette semble tenter de le rattacher aux films de Sam Raimi, il s'agit d'une aventure originale, qui voit le célèbre grimpeur s'acoquiner avec ses pires ennemis (plus quelques superhéros de seconde zone) sous l'égide du S.H.I.E.L.D. pour affronter une menace extraterrestre. Ce scénario, un poil bidon il faut avouer, sert de prétexte à un petit beat-them-all nerveux et sans prétention, plutôt destiné au jeune public mais pas désagréable pour les grands, à condition d'aimer le genre.

Les niveaux, découpés en 4 missions, mettent toujours en scène deux personnages, dont Spidey. Si vous jouez seul, l'un d'eux est contrôlé par la machine et vous pouvez passer de l'un à l'autre à tout moment, mais l'on peut également jouer à deux en coop sur le même écran, à la manière d'un
Lego Star Wars. Au départ, il n'y a que deux héros disponibles en plus de l'Araignée (le Rôdeur et Silver Sable) mais l'effectif s'étoffe assez vite.

Le principe est archi-simple : on avance, on tombe sur un groupe d'ennemis, on tape dessus jusqu'à ce qu'ils soient tous morts, on avance jusqu'au prochain emplacement où surgira un nouveau groupe d'ennemis, qu'il faudra exterminer, etc. Chaque personnage dispose d'un arsenal  de coups et prises liés à ses pouvoirs, malheureusement un peu limité même si, au fil des niveaux, on peut utiliser les bonus récoltés pour débloquer de nouvelles attaques.

Après chaque niveau, un retour au QG volant du S.H.I.E.L.D. permet
de choisir un nouveau coéquipier et de débloquer de nouvelles techniques de combat.


Assez vite, on regrettera que le principe de la coopération entre le héros et ses amis/ennemis n'ait pas été plus travaillé. A la différence de Lego Star Wars, ici les capacités des uns et des autres sont toutes liées au combat. Et Spider-Man étant clairement le plus efficace, les attaques liées à sa toile n'ayant pas vraiment d'équivalent chez les autres, ses comparses se voient un peu relégués au rang de simples faire-valoir. On peut choisir vraiment n'importe qui comme partenaire à chaque niveau, ça n'a aucune importance, ils ne sont là que pour ramasser les miettes pendant que le héros rouge et bleu fait le gros du ménage. Pas de porte blindée ultra-solide que seul Rhino pourrait défoncer d'une charge ou de passage étroit dans lequel seul l'Homme-Sable pourrait s'introduire en se transformant, il y a juste des robots à démolir à la chaîne. Vraiment dommage, pour un jeu qui met l'accent sur le fait que Spider-Man est contraint de faire équipe avec ses ennemis, de ne pas avoir vraiment construit le gameplay autour de cette idée, en rendant réellement indispensable cette collaboration. Concrètement, on pourrait parcourir chaque niveau tout seul sans que ça change quoi que ce soit. Quand on joue seul, la seule motivation pour passer d'un personnage à l'autre est de rompre un peu la monotonie, et à deux, le second joueur se sent un peu lésé de devoir se contenter d'incarner un sous-fifre pendant que l'autre casse la baraque à coups de toiles.

A défaut d'en offrir beaucoup dans les autres domaines, le jeu propose une certaine variété
au niveau des décors visités, puisqu'après une balade sur les toits d'un Tokyo à la Blade Runner,
nos compères iront se balader sur une île tropicale, en Egypte, en Transylvanie, au Népal...

Et c'est d'autant moins pardonnable qu'on voit clairement que les développeurs ne se sont vraiment pas trop creusé la cervelle pour exploiter à fond les possibilités de chacun. Les tentacules du Dr. Octopus lui permettent tout juste de saisir un seul ennemi à la fois, et à condition qu'il ne soit pas plus loin que 3 pas devant lui ; le Bouffon Vert se déplace à pied au lieu d'utiliser son fameux planneur... Ca sent le produit de commande,  fait par des mecs complètement dépassionnés qui n'en avaient franchement pas grand'chose à battre d'avoir les personnages Marvel à leur disposition. Ils auraient fait le même jeu avec la licence du XV de France ou des Frères Jacques. Par comparaison, même un petit jeu assez basique comme Les Indestructibles : La Terrible attaque du Démolisseur, qui ne met en scène que deux héros, a au moins l'intelligence de rendre chacun indispensable grâce à ses pouvoirs spécifiques.

La toile de l'Homme-Araignée est une arme aussi redoutable que facile et agréable à manier.
Dommage que les autres protagonistes n'aient rien d'aussi marrant en stock.

Et pourtant, malgré un gameplay basique et extrêmement répétitif, malgré une facilité insultante, et bien qu'il semble avant tout destiné aux gosses, Spider-Man : Allié ou Ennemi m'est quand même apparu comme un jeu plutôt sympa. Ca n'aurait vraisemblablement pas été le cas si je l'avais payé au prix fort, mais à 10 €, je n'ai pas eu l'impression de me faire arnaquer. Le côté jeu d'arcade old school est bien sympa, le rythme de l'action est soutenu et, si les autres personnages sont très décevants, Spider-Man lui-même est très fun à contrôler (prévoyez quand même un pad de type XBox ou PlayStation pour bien en profiter) et on s'amuse bien à sauter dans tous les sens en tissant partout. C'est vrai qu'on fait toujours la même chose, mais à petites doses, c'est un bon défouloir. Plus cher que 10 € ça ne vaudrait pas le coup, et prévoyez quand même de le léguer assez vite à un jeune neveu ou cousin (ou à l'un de vos gosses, après tout je n'ai pas de statistiques démographiques sur mes 14 lecteurs quotidiens, qui sait si je ne suis pas le site préféré des pères de famille ?) vu sa durée de vie limitée, mais si vous aimez les jeux d'action pêchus, Spider-Man : Allié ou Ennemi est plutôt chouette.
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28 août 2008 4 28 /08 /août /2008 10:08


Sur une console dont la logithèque semble désormais destinée à ne plus s'enrichir que de titres comme J'arrête de pisser au lit avec mon Coach Personnel ou High School Musical 57: featuring Hannah Montana!,  un jeu déconseillé aux moins de 16 ans est une chose rarissime. Assez mal distribué, mais disponible en gros stocks et en solde dans les magasins Carrefour (pour ceux qui compteraient l'acheter, contrôlez bien l'étiquette code-barre avant de passer à la caisse d'ailleurs, le prix peut varier de 10 € d'un exemplaire sur l'autre), Dead'n'Furious est pourtant de ces exceptions. Egalement connu sous le nom de Touch the Dead pour ceux qui achètent leurs cartouches en import, le jeu n'est pas plus une simulation d'attouchements sexuels sur des cadavres qu'une invitation à piloter à 350 km/h un corbillard tuné par Vin Diesel, mais un genre de House of the Dead ou Resident Evil: Survivor dans lequel le stylet remplacerait le lightgun.

Le joueur y incarne Rob Steiner, un taulard qui a non seulement un nom assez pourri pour un héros de jeu vidéo dur-à-cuire (à la manière de Daniel Feldman, le
Bill Goldberg du jeu Yakuza), mais également une malchance de type dont la nana est fidèle, puisqu'il se réveille en pleine nuit dans une prison dont tous les autres détenus et les gardiens ont été transformés en zombies. Armé de son flegme imperturbable et d'un pistolet qu'une âme charitable a laissé là pour lui, notre homme va devoir se frayer un chemin hors de ce cauhauhauchemar.

Bon, le scénario est un peu bidon et, même si l'on peut considérer que ça n'est pas d'une importance capitale dans un jeu-défouloir comme celui-ci, il faut reconnaître que pour faire un bon
jeu de zombies, une intrigue un peu développée et pas trop tarte n'est pas du luxe, pas plus qu'une bonne mise en scène d'ailleurs. Et là, c'est clairement raté sur ces deux tableaux. Dead'n'Furious surfe fourbement sur la vague zombie, et c'est vrai qu'on y shoote des cadavres ambulants, mais vu le peu d'effort consacré à immerger le joueur dans une véritable ambiance horrifique, les cibles pourraient aussi bien être des employés de bureau, des pingouins ou des membres du parlement letton sans que ça change fondamentalement grand'chose. A moins d'être particulièrement peu exigeant en la matière (du genre à aimer Diary of the Dead par exemple), l'amateur de morts-vivants pourra donc hélas se sentir floué.

Ne tirant aucune leçon du
passé, le jeu mise sur une représentation 3D tendance "réaliste" (enfin, réaliste par opposition à la 3D d'un Mario Kart ou d'un Animal Crossing, s'entend) qui, sur une DS, nous donne des personnages constitués d'empilements de gros blocs bien anguleux, évoluant dans des décors chichement texturés. C'est pas que ce soit atrocement laid, mais c'est franchement pas très réussi non plus.

Mais vous me direz, y a toujours le gameplay. Or l'
article Wikipédia consacré au jeu, vraisemblablement rédigé par l'attaché de presse du développeur ou de l'éditeur, nous informe que le jeu a été "salué pour son gameplay innovant", et si Wikipédia le dit, ça doit être vrai, même si j'ai du mal à considérer qu'une sorte d'équivalent DS du jeu Starship Troopers, monté sur rail et contrôlé au stylet, constitue une expérience de jeu particulièrement originale. Le personnage avance automatiquement le long d'un chemin prédéterminé et chaque fois qu'un ennemi apparaît, c'est-à-dire à peu près une fois toutes les demi-secondes, il faut lui cliquer la gueule sur l'écran tactile jusqu'à ce qu'il crève. Au fil des niveaux, on ramasse pas moins de 4, non vous ne rêvez pas mesdames et messieurs, QUATRE armes totalement inédites (pistolet, pied-de-biche, fusil, mitraillette, mais où vont-ils chercher tout ça ?) et des upgrades pour celles-ci, et parfois en plus de dégommer des zombies normaux, on dégomme des zombies plus gros (ils se déplacent pareil, attaquent pareil, survivent à autant de tirs, mais bon, ils sont plus gros quoi). Mais malgré une telle débauche de contenu, il faut bien reconnaître qu'il n'y a pas de quoi être ébloui par la richesse et l'originalité de Dead'n'Furious. Je flingue je flingue je flingue je flingue je flingue je flingue je flingue je flingue je recharge je flingue je flingue je flingue je flingue je flingue je flingue je flingue je flingue je recharge je flingue je flingue je flingue etc, multiplié par 4 chapitres de 3 niveaux chacun, et vous avez la totalité de ce qu'il y a à faire dans le jeu résumée en quelques mots...

Ca pourrait ne pas être un vrai défaut, remarquez. Au risque de me répéter, je m'amuse souvent plus avec un jeu d'action simple et efficace qu'avec, mettons, un jeu de bagnoles qui me propose également de manger des pizzas, faire de la muscu, jouer au PMU, draguer des pouffes et aller chez le coiffeur. Tenez, pour vous dire : si au moment de la sortie de Terminator 4 (ou plutôt Terminator Salvation puisque,
comme je l'écrivais récemment, le chiffre 4 est désormais illégal), un éditeur choisit de sortir un portage DS de T2: The Arcade Game au lieu d'une adaptation foireuse d'un film de merde, je suis preneur. Le genre "bourrin et sans fioriture, mais solide et pêchu" n'a rien de honteux. Mais la frontière entre "simple et efficace" et "simpliste et répétitif" est ténue, et vite franchie, et là malheureusement, c'est certes marrant et défoulant dans un 1er temps, mais on prend si vite conscience des limites du jeu qu'on s'en lasse vraiment très, très rapidement...

De toutes façons, le jeu est court, même s'il ne recule pas devant les coups bas pour se rendre difficile et ainsi espérer allonger sa durée de vie. Non content de noyer le joueur sous un flot d'ennemis quasi-continu, Dead'n'Furious recourt à diverses mesquineries de mauvais aloi : autosave impossible à désactiver, un seul emplacement de sauvegarde et pas de rechargement complet de la barre de vie entre deux niveaux, vous voyez où ça mène ? Ben, ça mène à recommencer le jeu à zéro après être arrivé au dernier chapitre et s'être rendu compte qu'on n'aura jamais assez de points de vie pour finir, le genre de truc qui donne envie de baffer les développeurs. Comme ces passages où il faudra éliminer 10 ennemis à la suite avec un chargeur de 8 balles et absolument pas le temps de recharger (notons au passage que le contrôle du rechargement, pas super pratique à la base, est rendu d'autant plus pénible qu'il faut recharger toutes les trois secondes). Eh oui ça veut dire 2 points de vie perdus obligatoirement, même avec une précision au tir de 100%. Pénaliser un joueur qui se plante, c'est normal, mais pénaliser un joueur qui effectue pourtant un sans-faute, voilà bien un moyen très paresseux d'augmenter la difficulté d'un jeu pour éviter qu'on en fasse le tour en une heure.

Le pire c'est qu'au bout du compte, je crois que le plus gros problème du jeu, ce n'est pas qu'il soit laid, monotone et mal pensé, ce n'est pas qu'il vous gifle les couilles périodiquement pour que vous le finissiez moins vite, mais tout simplement qu'un rail shooter sur DS est voué à l'échec dans la mesure où la principale raison qui pousse à s'adonner à ce type de jeu est le plaisir coupable, la satisfaction primitive, la joie mauvaise qu'il y a à tenir un flingue, fût-il un pauvre joujou en plastique, et à abattre des cibles avec. Faire ça au stylet, ça n'amuse vraiment pas longtemps. Jouer à un jeu de caisses sans volant est parfaitement envisageable, mais jouer à un jeu n'offrant que deux actions, tirer et recharger, sans le substitut phallique idoine au creux de la pogne, c'est  un peu comme mater Canal + tout seul un premier samedi soir du mois après avoir subi une double amputation trans-humérale : c'est pas que ce soit complètement inintéressant, mais il manque clairement quelque chose pour vraiment en profiter. Bref, soldé à 10 €, je n'aurais peut-être pas trop fait la fine bouche, mais à 25 €, j'avoue que je regrette mon investissement ; le jeu est vraiment trop pauvre pour donner satisfaction à ce prix-là.
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13 août 2008 3 13 /08 /août /2008 09:53
...aujourd'hui, deux photos extrêmement intéressantes et liées au monde du jeu vidéo.

La 1ère, lâchement piquée au site Just Jared, nous montre que Jake Gyllenhaal a vraisemblablement pris des stéroïdes pour l'indispensable adaptation cinématographique de Prince of Persia :


Certes, il se peut que le maigrichon héros de Donnie Darko se soit juste adonné à un programme de muscu intensif pour afficher ce physique, mais les grosses veines saillantes comme ça, généralement ça donne une idée du genre de tour de magie utilisé pour passer en temps voulu de ça à ça.

En tout cas, gageons que le film, comme avant lui Super Mario Bros. ou Street Fighter, sera formidable, et que notre ami des lapins et des moutons ne regrettera pas d'avoir, à l'instar de son amant de Brokeback Mountain, abusé de substances dangereuses pour préparer un rôle.

La deuxième image du jour, c'est celle de la-nouvelle-meuf-qui-joue-Lara-Croft, dont le nom m'échappe, mais qui a n'en pas douter fera vendre quelques exemplaires de plus de Tomb Raider Underworld aux quelques distraits qui sans cela auraient oublié que la série est centrée autour des aventures d'une brune en short pourvue de gros calibres :




Non mais quand même, avec tout ce qu'on peut faire de nos jours avec Photoshop, ils étaient obligés de lui laisser cette croûte/cicatrice au genou ? Et de la faire moins bien que celle d'avant ?

Bref, voilà. Vous allez sans doute voir ces photos sur tous les sites de jeux vidéos du monde dans la semaine qui vient, mais vous pourrez vous vanter du fait que, au moment où c'était sur le mien que vous les avez vues, c'était seulement une des 300 premières fois que vous les voyiez.

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7 août 2008 4 07 /08 /août /2008 10:27


En hommage à l'anniversaire de Mobutu Sese Tolkien qui aurait eu très précisément 116 ans et 7 mois ces jours-ci s'il n'était pas mort il y a 35 ans, voici le deuxième jeu inspiré de son oeuvre en deux jours sur le Blog du joueurs radins, parce qu'après tout il n'y a pas que Gary Gygax qui mérite tous les honneurs pour avoir inventé les dragons et les elfes.

A la différence de LucasArts qui a décliné la saga Star Wars à toutes les sauces possibles et imaginables, avec des jeux de courses, l'atelier de droïdes, Jabba Passion Cuisine ou
Sim Jar Jar, Electronic Arts a exceptionnellement su faire preuve d'une certaine retenue avec la licence Seigneur des Anneaux, en se limitant à des jeux de stratégie et d'action ne déviant pas trop des films dont ils sont tirés. Fait relativement rare dans l'histoire des jeux "tirés de...", les divers titres sortis se sont révélé d'honnête qualité pour autant que j'aie pu en juger (j'avoue ne pas les avoir tous testés) et on les apprécie d'autant mieux aujourd'hui qu'ils se trouvent tous à bas prix.

La bonne affaire du jour, donc, c'est Le Retour du Roi qui se déniche n'importe où pour 5 €. Comme son nom l'indique, il s'agit de l'adaptation du dernier volet de la série. On y contrôle les principaux personnages dans un bon vieux beat'em all à l'ancienne, ou du moins une sympathique transposition 3D de ce à quoi ressemblaient les bons vieux beat'em all à l'ancienne. Pour les plus abrutis ignorants jeunes d'entre vous (je pense notamment à
Pelomar) qui ne savent pas ce que c'est que d'avoir eu une Megadrive étant ado, le beat'em all consiste à démolir à la chaîne des centaines de clones en utilisant toujours la même demi-douzaine d'attaques, et dit comme ça je sais que ça a l'air con, mais c'était vraiment le meilleur genre du monde à la belle époque, parce que c'était bien défoulant et que ça pouvait se jouer avec un pote, et c'est dommage qu'à l'arrivée de la première PlayStation et du tout-3D, on ait oublié comment faire de bons beat'em all. Mais je suis prêt à parier qu'avec un bon Streets of Rage 4 ou un bon Golden Axe 4, la Dreamcast aurait survécu plus longtemps !

Tant qu'on est dans les parenthèses destinées à nos amis les jeunes, qui n'ont rien connu, je précise également que le chiffre "4" était le chiffre que l'on pouvait autrefois accoler au titre d'un film ou d'un jeu quand il s'agissait du 4ème épisode d'une série de films ou jeux. Evidemment aujourd'hui on ne fait plus ça, ça donnerait trop l'impression qu'on a perdu toute créativité et qu'on se contente d'exploiter des filons jusqu'à la nausée, alors pour que les gens ne se disent pas "ouah putain déjà le 12ème Need for Speed, faut qu'ils arrêtent, là"
, à la place du chiffre on ajoute un sous-titre ou un sur-titre bidon, voire le prénom du héros. Comme quand Rambo 4 devient John Rambo. Il y a encore quelques années, un nouveau Streets of Rage baptisé Streets of R4ge n'aurait peut-être pas été trop ringard, mais aujourd'hui on l'appellerait plus vraisemblablement Streets of Rage: Back on the Streets, Bare Knuckles: The Chronicles of Streets of Rage, ou John Streets of Rage Balboa. Tenez, d'ailleurs le nouveau Golden Axe s'appelle Golden Axe: Beast Rider, c'est dire si j'ai raison.

Graphiquement, ça fait un peu "jeu PS2 d'il y a 5 ans",
il y a d'ailleurs une version PS2 strictement identique disponible pour 20 €.


Bref, trêve de couillonnades, revenons-en à nos hobbits. Le Retour du Roi est donc un beat'em all à l'arme blanche, ou un Hack & Slash si vous préférez, qui vous permet de revivre les moments-clés du film de Peter Jackson sur une dizaine de niveaux répartis sur 3 "chemins" suivant les parcours parallèles des membres de la défunte Communauté de l'Anneau désormais séparée. L'action consiste principalement à découper des nuées d'orcs et de gobelins à l'épée, à la hache ou à la dague, mais les héros sont également munis d'armes de jets et peuvent même, de temps en temps, faire appel à des machines de siège. La palette de coups n'est au départ pas très étoffée mais en accumulant des points d'expérience, on peut "acheter" de nouvelles attaques. Malgré cette possibilité de varier les combos et la présence de 5 personnages jouables (et d'autres à débloquer par la suite), ça reste évidemment très bourrin et répétitif même si les niveaux offrent généralement une petite particularité permettant de casser un peu la monotonie. Par exemple, le niveau de Minas Tirith avec Gandalf se déroule sur des espaces limités, dans lesquels le magicien doit repousser l'invasion de la citadelle en renversant les échelles qui permettent aux soldats ennemis d'escalader la muraille, et en protégeant un maximum de civils une fois que les orcs ont pénétré dans l'enceinte. Le niveau d'Osgiliath où l'on dirige Sam est conçu comme une longue fuite en avant sur les traces de Gollum, au cours de laquelle il faudra régulièrement trouver des cachettes pour empêcher un  Nazgûl de capturer Frodon.

Dans le 1er niveau avec Sam, il faut surveiller la jauge en haut à droite
et se mettre à couvert chaque fois que possible pour la vider.
Si elle se remplit entièrement, Elijah Wood finit en casse-croûte pour lézard volant.

Les niveaux les plus classiques sont ceux où l'on peut contrôler au choix Aragorn, Legolas ou Gimli, mais ils sont également ceux qui permettent de jouer à deux en coop. Une possibilité qui a de quoi mettre la larme à l'oeil des nostalgiques de l'Age d'Or de la baston dont je parlais plus haut. Dommage que l'action devienne alors un poil trop confuse, et n'apporte donc finalement pas autant de satisfaction qu'on le souhaiterait. C'est pas qu'on ne s'amuse pas, mais on ne retrouve pas vraiment les sensations qu'on a pu avoir il y a 16 ans sur borne d'arcade ou console 16-bit.

Ici, vos alliés les Ents s'attaquent aux orcs qui vous barrent la route,
mais sans regarder où ils mettent les pieds (les racines ?),
ce qui les rend dangereux pour vous également.

L'une des réussites du jeu en revanche est une retranscription assez fidèle de l'ambiance furieuse des batailles du film. Les niveaux dans lesquels vous évoluez sont "vivants", autour de vous ça s'anime, ça explose, des "figurants" se battent entre eux sans nécessairement s'en prendre à vous... Et malgré un level-design en couloir et de nombreux recours à des scripts déclenchés par l'intervention du joueur, l'impression d'immersion en plein coeur de grands combats dont vous n'êtes qu'un pion se frayant un chemin au milieu des autres est souvent assez bonne.

Chaque ennemi tué rapporte un nombre de points d'expérience plus ou moins grand
selon votre habileté. Enchaîner les coups réussis sans être touché vous-même
vous fera monter de niveau plus vite, mais ce n'est pas toujours facile au milieu d'un champ de bataille.

Le jeu n'est pas très long et malgré la possibilité de recommencer avec de nouveaux héros (Faramir, Merry & Pippin...) la durée de vie reste limitée dans la mesure où on ne peut pas dire que rejouer les mêmes niveaux dans la peau de Frodon plutôt que Sam change radicalement l'expérience. Cela dit, Le Retour du Roi reste bien défoulant et franchement sympa. Dans un genre aussi sous-représenté sur PC, si vous êtes amateur de baston et pas allergique au Seigneur des Anneaux, à 5 € ce serait bête de s'en priver.
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Published by Toxic - dans Test (PC)
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6 août 2008 3 06 /08 /août /2008 10:55
Avant tout, mes excuses aux quelques-uns qui cliquent sur le lecteur de musique que je joins aux articles, je sais qu'aujourd'hui c'est vraiment de la daube, mais j'étais pas inspiré pour le choix, et mettre un extrait de la bande originale des films de Jackson était trop facile, ce qui m'amène donc à vous infliger une perlouze par les auteurs de la chanson que Cartman est obligé de chanter jusqu'au bout. Désolé.

Sur le jeu lui-même, ben, c'est une vieillerie qu'on trouve désormais dans la "Hits Collection" de Mindscape, pas la rouge à 5 € mais l'argentée à 10 €, je précise parce qu'il y en a 2. Comme son titre l'indique à peu près bien, ils vous invite à revivre sous la forme d'un jeu de stratégie en temps réel la guerre entre lutins et farfadets qui est racontée, entre deux chapitres sur les vertus de l'herbe à pipe ou les chansonnettes d'un casse-burnes forestier, dans les livres de Joseph-Désiré Tolkien.

Comme beaucoup de types qui ont dû, dans leur jeunesse, trouver des trucs pour s'occuper pendant que les adolescents normaux avaient une vie sociale, voire sexuelle, je me suis farci les aventures du gnome à la bagouze magique quand j'avais 15 ans, et un certain attachement nostalgique à ces calembredaines me faisait attendre avec impatience la sortie d'un jeu qui permettrait de prendre le contrôle des fameuses armées de créatures imaginaires commandées au cinéma par Dracula et Richard III (ou le Comte Puduku et Magneto, si vous avez des goûts de chiottes en films).

Hélas, à l'époque de sa sortie, la presse était plutôt tiède, ce qui m'a conduit à ne finalement pas acheter le jeu. C'est finalement un mec de chez EA qui me faisait visiter les locaux de la boîte qui m'a convaincu de lui donner sa chance, aidé en cela par un prix attractif de 10 dollars à la boutique des employés à laquelle il me donnait accès. Evidemment, je me doute que vous vous en foutez un peu, mais quand on veut gagner ses galons de vrai journaliste de jeux vidéos, il n'y a rien de tel que de plomber ses articles d'anecdotes personnelles inintéressantes comme le font les professionnels.

Bref, voilà, j'ai acheté le jeu, et constaté que les détracteurs du jeu étaient quand même un poil sévères, puisque La Bataille pour la Terre du Milieu est au bout du compte un petit STR bien sympathique qui, sans révolutionner le genre, se révèle plus intéressant que bon nombres de clones insipides de Warcraft et Age of Empires. On y retrouve les personnages, créatures et armées des livres et des films, répartis en 4 factions, elles-mêmes réunies sous deux bannières : du côté du Bien, vous avez le Rohan et le Gondor, du côté du Mal, le Mordor et l'Isengard. Evidemment, chaque camp a ses forces et faiblesses et les affrontements utilisent un système proche de l'habituel "papier-pierre-ciseau" des jeux de ce genre, même s'il paraît tout de même un poil déséquilibré : ainsi,  chez la clique de Gandalf et Aragorn, il n'y a pas grand chose qui justifie d'utiliser l'infanterie par rapport à la cavalerie, tant celle-ci se révèle efficace face à presque n'importe qui, et pour le fan-club de Sauron et Saroumane, presque toutes les unités semblent obsolètes une fois qu'on a accès aux plus gros monstres comme le Mûmak ou le Nazgûl.

Les batailles n'ont pas toujours l'envergure de celles des films,
parfois quelques escouades de haut niveau suffisent à prendre une ville ennemie.


Tant qu'on parle d'unités, j'apprécie beaucoup le fait que, pour une fois, les bastons entre les unes et les autres ne se limitent pas à "elles se font face et se cognent dessus à répétition jusqu'à ce que les points de vie de l'une des deux tombent à zéro". Les animations (et les effets des attaques) sont plus réalistes, plus dynamiques. Ici, quand un ogre ou la cavalerie charge une escouade de fantassins, ils sont immadiatement éparpillés aux quatre vents et ne se relèvent pas. Quand un Nazgûl fond sur une proie, il l'attrape, l'emporte puis la laisse tomber dans le vide pour la tuer sur le coup. Du coup, on regrette que les armées n'aient pas la taille de celles d'un Total War, parce qu'une belle charge de Mûmakil sur un gros régiment d'infanterie, avec des dizaines de soldats volant dans tous les sens sous les coups de défenses des bestiaux, ça aurait eu sacrément de la gueule, mais bon, ça n'est déjà pas si mal, même si le jeu a quand même vieilli graphiquement.

Même les plus grandes villes ne peuvent contenir que 9 bâtiments en comptant
le donjon central, une limite qui ne plaira pas à tout le monde.

La plus grosse critique faite par les détracteurs du jeu est l'absence de liberté offerte au joueur dans la construction de sa base. Il n'est en effet pas possible d'établir un camp n'importe où, ni de construire autant de bâtiments que l'on veut. Il y a des places fortes et des villages déjà établis en différents points de la carte, et sur chaque, un nombre limité d'emplacements disponibles pour y installer vos fermes, casernes et forges. Et c'est vrai qu'au début, ça agace. Je comprends que le nerd fanatique de Tolkien qui a pour la 1ère fois de sa vie l'occasion de commander une armée de la Terre du Milieu a envie d'ériger une forteresse impressionnante pour compenser la petite taille de son sexe avant de rusher avec 15.000 cavaliers, pas simplement de poser deux fermes et une écurie dans un pauvre petit avant-poste minable avant de péniblement réunir 10 clodos sur des poneys. Mais passée la frustration, on se dit que c'est finalement une contrainte intéressante qui est ici imposée au joueur, une approche pour une fois un peu originale du genre là où on aurait pu craindre un simple mod tolkiénesque d'AgeCraft & Conquer. On ne peut pas vraiment rusher, on ne peut pas vraiment camper. Il faut réfléchir intelligemment à son développement, tout en conquérant régulièrement de nouveaux emplacements, que ce soient des murailles où l'on pourra développer une nouvelle base ou des tours abandonnées qu'on pourra convertir en positions défensives redoutables.

Quand les grosses bébêtes du Mordor parviennent à investir une forteresse,
c'est un peu la fin des haricots pour l'assailli.


A part ça, on y retrouve ce qu'à peu près tous les STR modernes proposent, mais pour l'époque ça n'était pas si mal : les unités qui gagnent de l'expérience au fil des batailles, les héros aux pouvoirs spéciaux, des scénarii avec objectifs principaux et secondaires permettant d'engranger des points débloquant des attaques plus puissantes, une campagne avec une carte sur laquelle on peut déplacer ses troupes pour choisir le prochain territoire à conquérir en fonction du bonus que l'on vise... C'est banal aujourd'hui, mais du coup le gameplay ne paraît pas trop désuet, surtout si on le compare à d'autres STR de la même génération comme un Command & Conquer Generals (qui se trouve pour sa part à 5 € dans la Hits Collection rouge susmentionnée) ou un Age of Empires III (qui en revanche est encore à plus de 30 €).

Au final, force est de reconnaître que si le jeu est loin d'être déshonorant, il ne fait pas vraiment le poids face à d'autres jeux de stratégie disponibles eux aussi en gamme budget, comme un Dawn of War (5 € sans ses add-ons) ou un Medieval II (20 € en version Gold, le prix a encore baissé). Néanmoins, à défaut de séduire les amateurs de STR hyper novateurs et pointus, La Bataille pour la Terre du Milieu est suffisamment bien fait et plaisant à jouer pour offrir aux fans de la plus célèbre saga d'heroic fantasy depuis la Bible une durée de vie qui ne les fera pas regretter leur dépense de 10 €.
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4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 09:12


Si pouvoir incarner un criminel dans un jeu vidéo n'est plus vraiment un tabou depuis les GTA, certains aspects de la vie d'un hors-la-loi, en gros tous ceux qui n'incluent pas le pilotage de véhicules automobiles et les fusillades en pleine rue, sont fort peu exploités sur PC et consoles. J'évoquais déjà l'autre jour, avec cette justesse qui me caractérise, le cruel manque de bons jeux sur la cambriole et le braquage dans mon test de Safecracker, mais l'univers carcéral est lui aussi boudé par nos amis développeurs. Certes, il y a bien la série Prison Tycoon, qui semble remporter un franc succès puisqu'un quatrième épisode est prévu pour ce mois-ci aux Etats-Unis, mais en dehors de ça, pas grand chose. Tenez, même Mobygames ne s'est pas donné la peine de créer un thème "prison", et même Wikipédia, qui pourtant a des milliards de catégories pour tout et n'importe quoi, genre "Personnages fictifs issus de relations consanguines" ou "Monégasques fictifs", n'a pas de catégorie "Jeux vidéos sur le thème de la prison". C'est vous dire si j'ai raison.

Evidemment, le bon côté des choses, c'est que ça nous épargne d'avoir à lire, dans la presse spécialisée, les mêmes sempiternelles blagues graveleuses liées aux lâchers de savonnettes dans les douches à chaque nouveau test sur un jeu de taulards. On ne peut pas trop leur en vouloir de manquer d'originalité hein, il faut savoir que dans ce métier nous sommes tous tenus de respecter un certain quota de vannes dans nos articles afin de séduire un public jeune en quête de saine rigolade, mais être drôle n'est hélas pas donné à tout le monde, et beaucoup de testeurs se voient donc contraints d'avoir recours à de vieux ressorts comiques beaufs et usés pour tenter de faire rire quand même un lectorat heureusement suffisamment peu exigeant pour se marrer encore à la 14.000ème blague sur les rapports sexuels non-consentis en salle d'eau collective d'établissement pénitenciaire.

Mais trêve de langue-de-putage, parlons un peu du jeu du jour, à savoir Alcatraz: Prison Escape, qui fait donc partie de ces quelques titres exploitant le thème de l'évasion de taule. Une rareté qui pourrait convaincre quelques joueurs de se laisser aller à l'acquérir malgré les stigmates de jeu de chie qu'il porte sur lui : distribution en France par Nobilis, les spécialistes du caca-qui-coute-que-dalle-mais-déjà-trop-pour-ce-que -c'est ; édition originale par Activision Value, une gamme qui semble avoir choisi pour sacerdoce de réunir les
jeux PC les plus ratés de la terre (y compris des bouses de légende comme Big Rigs: Over the Road Racing, et l'inénarrable FBI Hostage Rescue) ; un prix d'environ 40 centimes, auquel il est exceptionnel de trouver autre chose que des déchets... Tout ça n'est pas très engageant, c'est vrai, mais si même moi je me mets à snober ce genre de titre, le site n'a plus trop lieu d'être, n'est-ce pas ?

C'est marrant, j'ai vu L'Evadé d'Alcatraz avec Eastwood et même Rock de Michael Bay
et je me souvenais pas
que la plus célèbre prison américaine ressemblait au Stalag 13.

Le jeu vous met dans la peau d'un professeur d'histoire condamné à tort pour le meurtre de deux étudiants. Et comme notre homme n'est pas du genre à faire appel comme une mauviette et à laisser ses avocats tenter d'établir son innocence par les moyens conventionnels, le monsieur décide qu'il va s'évader pour se blanchir lui-même. Le jeu démarre alors qu'il est enfermé dans ce qui ressemble plus à un camp de prisonniers de guerre qu'à un pénitencier, et certainement pas à Alcatraz, mais ça c'est normal, Alcatraz n'est plus utilisé comme prison depuis des décennies. Enfin sauf dans ce jeu où la plus célèbre geôle du monde a été remise en service parce qu'un titre comme San Quentin: Prison Escape est quand même moins vendeur. Bref, l'histoire démarre dans un genre de barraquement de stalag dont il faut s'échapper.

L'enfermement a détruit la volonté de ces malheureux au point que même si vous éliminez les gardes
et déverrouillez la porte, aucun ne lèvera le petit doigt pour s'enfuir.


Concrètement, Alcatraz: Prison Escape se veut un jeu d'infiltration en vue à la 1ère personne composé de 5 niveaux représentant chacun une prison, ou une zone de prison (les 3 derniers se déroulent à Alcatraz) dont il faut réussir à trouver la sortie sans se faire repérer par les gardes. On peut discuter avec quelques autres détenus pour obtenir des indices sur la manière de procéder, ramasser et utiliser divers objets pour mettre ses plans à exécution, et en cas d'absolue nécessité, se battre. Mais si le principe est séduisant, assez vite, on s'aperçoit que le jeu ne rvialisera pas vraiment avec l'excellent Escape from Butcher Bay...

Sega a eu des ennuis avec Marlboro pour moins que ça à l'époque de Monaco GP...

Avec certains mauvais jeux, il est facile de pointer du doigt LE gros défaut qui en fait des ratages. Mais celui-ci est foireux à tant de niveaux que je ne sais pas trop par quel bout le prendre, par où commencer la liste. Même en faisant abstraction des graphismes hideux, parce qu'après tout c'est un jeu de 2001, j'avoue qu'entre le gameplay basique et mal foutu, l'IA pourrie, l'ambiance bidon, les incohérences, les bugs, mon coeur balance. Tout est si mauvais qu'il faut vraiment se forcer pour rester devant plus de 10 minutes. Démarrer dans une prison d'opérette semblant gérée par le Colonel Klink, gardée par des clones sourds et insouciants et habitée par des détenus plus apathiques que des grunges sous morphine n'aide pas à l'immersion dans l'enfer carcéral. Enfin quoi, merde, se sauver de la 1ère baraque se fait à l'aide d'une simple  trappe dans les chiottes ? Aucun gardien ne l'a jamais remarquée, aucun autre taulard n'essaie de l'utiliser ? Sans parler des objets à ramasser : un paquet de clopes négligemment abandonné sur une table de chevet (vu la valeur de cette denrée derrière les barreaux, c'est pas le genre de truc qu'on laisse comme ça à la portée de ses camarades de chambrée), une clé à molette qui traîne en cellule, un passe-partout dont un co-détenu n'hésite pas à révéler la cachette plutôt que l'utiliser pour son profit... Je sais que ça n'est qu'un jeu, ça ne peut pas être réaliste à 100 %, mais on n'aurait quand même apprécié que ce soit un minimum crédible.

Un panneau coulissant dans les latrines suffit à retourner à l'air libre.
Mais que fait le Sergent Schultz ?


Mais à la limite on pardonnerait ce décor de geôle en carton si s'en évader présentait un tant soit peu d'intérêt mais, comme je le disais plus haut, vraiment TOUT est raté dans le jeu. On suit docilement les instructions des uns et des autres pour aller chercher tel objet qui déclenchera tel dialogue ou débloquera telle porte, pas besoin de ruser, pas besoin d'être créatif, pas besoin d'élaborer un plan compliqué. Esquiver les gardiens ne provoquera pas de grosse montée de tension ni de bonne poussée d'adrénaline. Ils regardent toujours bien droit devant eux sans jamais dévier de la ronde de 10 mètres qu'ils effectuent (quand ils ne sont pas totalement immobiles), n'entendent rien, abandonnent les poursuites au bout d'une dizaine de secondes si l'alarme est déclenchée, ne s'inquiètent pas de voir un collègue assommé... On se moque parfois de l'intelligence limitée des ennemis de la série Splinter Cell, mais j'ai rarement vu des gardes aussi demeurés que ceux d'Alcatraz: Prison Escape, au cerveau à peine plus développé que celui d'un Koopa Troopa. Où est le challenge, où est le fun, comme disent les jeunes, quand il suffit d'attendre que ces imbéciles tournent le dos pour filer leur mettre un taquet sur le crâne et s'en débarrasser ?

Dommage qu'on ne puisse pas l'ouvrir, on saurait peut-être ce que cette enveloppe
fait planquée sous un baraquement de prison.

Divers bugs achèvent de tuer toute volonté de s'acharner pour voir si les choses s'améliorent au fil du jeu... Les sauvegardes qui ne fonctionnent pas, par exemple, c'est quand même ballot d'avoir laissé passer une erreur pareille...

Les gardes mettent souvent à profit les 10 secondes qu'ils consacrent à vous poursuivre
pour se coincer définitivement dans le 1er obstacle rencontré.

Bon, vous aurez compris que le jeu est une sinistre bouse et que même à 46 centimes, il est absolument impossible d'être indulgent. Du bon jeu d'infiltration/évasion de prison très peu cher, il y en a, prenez-vous n'importe quel Splinter Cell ou un Chronicles of Riddick, vous ferez un bien meilleur achat qu'avec ce machin.

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1 août 2008 5 01 /08 /août /2008 20:05


Il faut bien reconnaître que si l'on peut douter que ce jeu PC de 2007 ait réellement été "élu n°1 des jeux Amiga les plus influents" comme l'affirme fièrement le sceau rouge en haut à droite de sa jaquette, en revanche il y a un élément de celle-ci sur lequel on ne peut pas dire qu'il y ait contestation possible : effectivement, les héros ne meurent jamais. Je pourrais être prétentieux et me citer moi-même comme preuve, mais je vais rester modeste et prendre tout simplement Defender of the Crown comme illustration de ce fait. En voilà un qui décidément, ne mourra jamais. Tel Prométhée et son foie qui repousse pour nourrir les charognards, ou plus proche de nous, telle la licence StarShip Troopers réexploitée à intervalles réguliers pour faire des jeux cacas ou un direct-to-DVD de plus, DotC est increvable et peu importe le nombre de fois qu'on le collera au fond du bac d'invendus, même enfoui sous des piles de Speedball 2, il ressurgira toujours et nous enterrera tous. Tenez, je vous parie qu'on verra dans quelques années un Defender of the Crown: Modern Warfare dans lequel vous devrez aider James Bond à bouter les islamiss' hors d'Albion pour remettre Elizabeth II sur le trône. Non remarquez ce serait trop audacieux comme modernisation. Mais si ça se fait quand même, je veux bien 5% sur les ventes pour avoir eu l'idée le 1er.

Mais bon on ne va peut-être pas refaire 17 paragraphes là-dessus dans la mesure où j'ai déjà longuement parlé de ça lors du test du
portage GBA et du précédent remake PC et que j'ai l'impression de vous avoir redit la même chose mot pour mot. Concentrons-nous plutôt sur cette nouvelle version sortie l'année dernière par Big Ben et développée par un studio brésilien à qui l'on doit des titres aussi mémorables que Burger Island ou Rubik's Cube Challenge. Ah, si le Brésil se met à enlever le pain de la bouche des pays de l'Est maintenant en développant à leur place les jeux miteux pour rayons budget, mais où va-t-on, ma bonne dame, je vous le demande ?

Le principe du jeu reste inchangé : dans la peau d'un seigneur en quête de pouvoir, il faut conquérir l'Angleterre à la fois en déplaçant son armée sur une carte à la Risk, mais aussi par le biais d'une série de mini-jeux variés. Tournois, duels à l'épée, assauts à la catapulte, recrutement de nouveaux soldats et construction de nouvelles forteresses, les ingrédients habituels du classique de Cinemaware sont présents à l'appel, pas de surprise à ce niveau-là.

Graphiquement, le menu de sélection du personnage est à peu près le seul élément
paraissant moins vieillot que la version de 1986.

Mais ce qui frappe immédiatement avec ce énième remix, c'est à quel point il est cheap. La
version "Robin Hood" n'était certes pas très impressionnante, mais témoignait quand même d'une certaine volonté de moderniser un peu la formule, notamment par le biais de sa mise en scène, avec une intrigue nettement plus développée qu'à l'accoutumée, de nombreux dialogues entre les personnages, des graphismes un peu plus pimpants. Rien de tout ça ici où vous n'aurez même pas droit à une petite cinématique d'intro pour situer un peu le contexte à ceux qui n'auraient jamais tâté d'un DotC. Le jeu de 2007 se révèle graphiquement inférieur à celui de 2003, ce qui fait quand même de la peine, même à un garçon comme moi qui ne suis pas du tout superficiel. Enfin quand même quoi merde, ils n'ont même pas inclus la fameuse musique d'intro du jeu !

Le célèbre bandit en collants est moins présent ici que dans Robin Hood: Defender of the Crown,
et c'est bien dommage car il se serait senti comme un poisson dans l'eau dans la seule
épreuve inédite du jeu, la compète de tir à l'arc.


Et pour le gameplay, alors ? Eh bien, les développeurs ne se sont pas plus foulé que leurs prédécesseurs, et cette nouvelle version est résolument tournée vers le passé. Mais là où c'est quand même très fort, c'est qu'ils ont réussi à pondre un système qui soit à la fois moyenâgeux, et à la fois pas vraiment fidèle au jeu d'origine. On retrouve les diverses séquences bien connues des fans, la joute, le raid, la bataille rangée, mais elles se jouent différemment de ce que l'on a pu voir de par le passé, mais ça reste primitif. Et, au bout du compte, moins marrant que peut l'être l'original pour les nostalgiques.

Comme toujours, on peut s'infiltrer dans le château d'un adversaire pour lui faire les poches.
Cette fois, ça se joue sous la forme d'un genre de chicoumi tout naze.

Les Héros ne meurent jamais introduit tout de même, pour se donner bonne conscience, deux ou trois nouveautés assez dérisoires, comme une compétition de tir à l'arc ridiculement facile, qui remplacera avantageusement le tournoi habituel pour ceux qui ne sont pas doués pour la joute à cheval. On trouvera aussi un système de cartes à jouer à utiliser lors des batailles (au tour par tour) et donnant des bonus et malus aux troupes en présence, à la manière d'un jeu comme
Battles of Prince of Persia. Du coup, ces affrontements sont un poil moins pourris que dans les précédentes versions, mais malheureusement, les développeurs sont restés fidèles à leur paresse naturelle et n'ont pas du tout creusé cette idée pour en faire quelque chose de vraiment intéressant, et ce n'est donc pas ça qui relèvera le niveau.

Les combats entre armées se font maintenant au tour par tour et à l'aide de cartes.
Un nouveau système qui aurait mérité d'être bien plus travaillé.

En définitive, le jeu est inférieur à son précédent remake qui, déjà, n'était qu'un honnête jeu à 1 € pour nostalgiques, mais sans plus. Quand on pense qu'en dehors de quelques boutiques se décidant à le solder à 5 €, Les Héros ne meurent jamais est normalement vendu 30 €, il y a comme un gros problème vu le peu d'efforts et d'argent investis dans sa réalisaton. C'est moche, c'est poussiéreux, c'est paresseux et on ne s'y amuse pas une seconde. Aucune chance que ça puisse séduire les fans de l'original ni ceux qui n'y ont jamais joué ; à des prix voisins, on peut avoir Medieval II: Total War ou Heroes of Might & Magic V et à moins de ne pas avoir changé de PC depuis le siècle dernier, il n'y a vraiment aucune raison de les snober au profit d'un machin aussi mal foutu et dénué d'ambition. Et si vous voulez vraiment vous replonger dans un Defender of the Crown, préférez-lui la version Robin Hood, voir l'original sur un émulateur, mais ne gâchez surtout pas vos sous dans cette arnaque.
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29 juillet 2008 2 29 /07 /juillet /2008 09:47
Hier en faisant mes courses (oui, je pensais que ça pourrait intéresser les paparazzi qui me suivent, de savoir que je fais mes courses le lundi), j'ai constaté que les jeux moisis que Nobilis a tenté de fourguer l'année dernière avec des billets d'avion Ryanair (j'en avais parlé sur l'ancienne version du site) refaisaient surface chez Carrouf en quantité abondante. Toujours les mêmes (Caméra Café, Alerte Cobra, GIGN, Attack on Pearl Harbor...), mais cette fois, attention, le prix a baissé : 22,50 € !! Nobilis mon ami, soyons sérieux, qui va mettre 150 boules dans Circus Tycoon ou TV Giant alors que pour moins cher on peut avoir des vrais jeux ? Quel fan de pépée en 3D préférera Eva Cash à ce prix qu'un Tomb Raider Aniversary à 15 € ? Pourquoi claquer aussi cher dans un Brigade E5 alors que son modèle avoué, le mythique Jagged Alliance 2, se trouve encore très facilement pour 10 fois moins ? Un peu de lucidité, Nobilis mon ami, si tu veux écouler tes monstrueux stocks il est temps de faire basculer tous ces petits et gros cacas sous la barre des 10 €, les gars. Bien en-dessous, même.

Bref, si je vous parle de tout ça à la base, c'est parce que je sais pas si vous avez remarqué, mais depuis ce fabuleux mois de mars et ses mises à jours quotidiennes, le Blog des Joueurs Radins peine à retrouver un rythme de publication correcte. Pour me la péter, je me permets de redire que c'est parce que j'ai été embauché par la célèbre revue Canard PC™©® et que mine de rien, ça bouffe du temps libre, d'écrire pour eux. Ca a beau n'être qu'une seule page et même pas à chaque numéro, c'est plus dur à faire qu'écrire pour ici. Ne serait-ce que parce que je dois parler uniquement de jeux valables, et que tester honnêtement un jeu valable demande un peu plus de temps que de faire le tour d'une bouse comme Create City
ou Tombstone 1882. Et ensuite il faut faire tenir 3 tests de 3 jeux en une page.

Heureusement, c'est l'été, mon article pour le CPC de la rentrée est déjà écrit et les soldes m'ont permis d'acquérir une petite cargaison de nouveaux jeux moisis à un prix dont Nobilis ferait bien de s'inspirer pour se débarrasser de sa montagne de Cinema Empire (moins de 50 centimes pièce !),
et pour vous dire à quel point il y a des morceaux de choix là-dedans, j'ai même un jeu du lable "Value" d'Activision, le même qui a osé publier FBI: Hostage Rescue. Donc il va y avoir de nouveaux articles ici dans les semaines qui viennent, youpi, presque comme au mois de mars.

C'est vraiment con que vous soyez en vacances et donc pas là pour les lire, bande d'enculés.
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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 14:59

Moins de 6 mois après l'avoir réédité dans sa gamme "Best of" à 10 €, Atari ressort une fois de plus Safecracker, cette fois dans la collection "Replay" à 5 €. Un individu normal se dirait alors "Ah ouais, c'est donc vraiment si pourri que ça ?", mais vous savez que je ne réfléchis pas comme ça et donc, attiré par l'idée d'un point-and-click à l'ancienne pour pas reuch, j'ai acheté, pour voir...

Alors déjà, précisons un truc d'emblée : vous incarnez censément un "expert en cambriolage" comme le dit le titre, mais n'espérez pas vivre la vie aventureuse d'un perceur de coffre de haut vol, ou planifier un coup audacieux pour faire main basse sur des richesses inestimables. C'est bien dommage d'ailleurs, car peu de jeux exploitent ce thème, si l'on excepte quelques titres méconnus comme The Sting! (un habitué du bac à 3 €, j'en parlerai peut-être ici plus en détail un jour) ou le tout pourri Heist. Bref, dans Safecracker, vous êtes en réalité un expert en énigmes, engagé par les héritiers potentiels d'un roi du pétrole fraîchement trépassé afin d'ouvrir les coffres-forts de sa villa et ainsi de mettre la main sur son testament. Tout ça n'est de toutes façons qu'un prétexte pour vous amener à résoudre une série d'énigmes diverses et variées ; le scénario n'est jamais vraiment développé pendant le jeu, et le personnage principal est seul dans la maison, ce qui limite grandement le dialogue, forcément.

Le protagoniste ne parle pas beaucoup, et c'est presque tant mieux, vu la platitude de ses réflexions.
Ainsi, en pénétrant dans ce jardin d'hiver, il dira que décidément, il devait être riche, ce monsieur.
Ben ouais mon gars, s'il avait été rmiste je pense pas que ses héritiers t'auraient embauché
pour ouvrir ses coffres-forts en même temps, hein ?


Vous, je ne sais pas, mais je n'ai jamais vraiment aimé les Myst. Ou les Atlantis, ou tous les jeux comme ça avec des mécanismes compliqués, des leviers à abaisser dans le bon ordre, des codes secrets à décoder, et tout le bordel. Moi, j'aime bien quand les énigmes d'un point-and-click sont plutôt du genre "si je remplace le dentier en bois par ces dents-qui-claquent, ils mettront la bûche dans la cheminée et je pourrai faire du vinaigre", si vous voyez de quoi je parle. Que les énigmes soient un poil tordues, je n'ai rien contre, mieux vaut ça que trop de facilité, mais quitte à me creuser la tête, je préfère que ce soit pour faire progresser une intrigue intéressante ou rigolote, pour débloquer de nouveaux dialogues marrants entre des personnages originaux ou attachants. Mais naviguer sur des écrans fixes pour résoudre des tests de QI, en fait c'est pas mon truc. Et le problème, c'est que c'est à cette catégorie-là de jeux d'aventures que Safecracker appartient.

La première énigme est facile et vous donne directement le code d'accès de la porte suivante.
Malheureusement, le niveau de difficulté du jeu s'engage tout de suite après sur une pente super raide...

Il faut être honnête, le jeu n'est pas foncièrement mal foutu : pour du petit budget c'est pas trop vilain, les puzzles sont variés, le plan de la maison vous évite de tourner en rond en cherchant désespérément coffre suivant puisqu'il indique les emplacements des mécanismes que vous n'avez pas encore débloqués... Le tout premier coffre redonnera même un peu d'espoir aux cerveaux paresseux comme le mien, puisqu'il n'est vraiment pas dur à "craquer". On se dit alors que, si la difficulté augmente progressivement, on va peut-être réussir à s'amuser quand même et qu'on sera content d'avoir ainsi mis ses neurones à l'épreuve...

Une bien bonne idée que ce plan qui indique par des croix tous les mécanismes présents dans la villa,
avec en vert les puzzles déjà résolus. Ca évite de cliquer partout à l'aveuglette pour trouver quoi faire.


Sauf que très vite, on se retrouve face à des coffres bien relous, et l'on regrette vraiment de ne pas pouvoir employer des méthodes de cambriolage un peu moins subtiles à base de pied-de-biche et de dynamite. Ou au moins, que la "courbe d'apprentissage", comme on dit, ne suive pas une pente un peu plus douce. Ou encore, qu'effectuer les manipulations nécessaires au débloquage d'un coffre dont on vient de trouver la solution ne soit pas un peu plus amusant. Car même quand la solution n'est pas très compliquée à comprendre, sa mise en application se révèle souvent très fastidieuse, comme avec cette espèce de jeu de taquin où il faut reconstituer le symbole du dollar en déplaçant les carreaux 4 par 4. Aaaah le taquin quel beau jeu de casse-couilles, j'espère que son inventeur a crevé d'une mort lente, douloureuse et honteuse. Par exemple, en jouant au taquin. Non parce qu'une fois qu'on a compris que l'image à reconstituer était le logo planqué dans un coin de l'écran d'inventaire et d'options, on voudrait juste pouvoir passer à la suite sans avoir à faire les ouatmille rotations de carreaux qui reconstituent l'image. Enfin, sauf quand on aime le taquin, je suppose...

Oh c'est bête, il n'y a plus que 3 pièces mal placées, et pourtant
je sens qu'il va me falloir 462 manipulations supplémentaires pour finir ce putain de puzzle.

Tester un jeu appartenant à un genre que je n'aime pas n'était sans doute pas une bonne idée, je suppose, et j'imagine que pour le fan hardcore de casse-tête qui a déjà épuisé tous les Myst, Zork et RHEM, et a absolument besoin de continuer
à décrypter l'alphabet phénicien en observant dans un miroir le calendrier aztèque pour comprendre dans quel ordre tirer des chevillettes qui feront choir des bobinettes, pour 5 € Safecracker est un produit honnête. Malheureusement, pour le simple amateur de jeu d'aventure, la quasi-absence de scénario n'aide pas à accrocher et on se lassera vite de peiner autant face à ces coffres-forts.
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