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  • : Bonnes affaires, arnaques à éviter, ici on teste les jeux en solde (budget maximum : 30 €) et depuis peu, les DVDs aussi !
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17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 14:15
La quête d'un tycoon susceptible de détourner les pauvres gens de la tristement célèbre série des Prison Tycoon a été assez infructueuse jusqu'à présent mais je ne l'ai pas abandonnée pour autant, même si je m'en suis un peu éloigné ces dernières semaines. On reprend donc aujourd'hui avec Tycoon City New York, jeu de 2006 réédité dans la collection à 5 € d'Atari (Replay).

Pour une fois, le candidat a l'air sérieux
: il n'émane pas d'un petit développeur slave payé trois zlotys par Akella pour pondre des bouses à revendre ensuite à Nobilis et Anuman ; le sujet paraît ambitieux (on peut croire à un Sim City dédié à la construction de New York) ; les screenshots sont raisonnablement prometteurs ou tout au moins exempts du design façon cartoon allemand flashy qu'on retrouve dans un paquet de jeux de gestion. En même temps, on ne va pas jouer les naïfs et faire semblant d'ignorer que le jeu n'a pas eu très bonne presse à sa sortie. Bref, l'idée ici était de déterminer si le jeu était simplement nul, ou bien s'il s'agissait de l'un de ces titres qui, bien qu'un peu ratés, méritent tout de même une séance de rattrapage lorsque leur prix de vente passe de cinquante à cinq euros.

La première chose à savoir, c'est que malgré les apparences il ne s'agit pas d'un pur clone de Sim City. C'est vrai que ça y ressemble, mais ici on ne joue pas un maire qui doit veiller au bien-être de ses habitants et construire la ville la plus grande et la mieux organisée possible. Ici, on est un homme d'affaires et le but sera d'implanter un réseau de commerces prospères à travers la ville de New York, dont les limites et les zones constructibles sont déjà fixées et immuables. On démarre dans le quartier de Greenwich Village, dans lequel on pourra faire ériger divers établissements pour s'enrichir, en veillant à ce qu'ils correspondent aux désirs des consommateurs locaux. Le plus simple est de commencer par un quelconque débit de boissons bas de gamme, mais rien ne vous obligera à vous cantonner par la suite à ce seul secteur d'activité et vous pourrez tout à fait vous offrir librairies, magasins de téléphones portables, cinémas ou supermarchés.

Le didacticiel n'est pas trop mal fait, et vous guidera tranquillement à travers l'apprentissage des commandes et des mécanismes du jeu. On clique sur les immeubles d'habitation pour y étudier les graphiques montrant les besoins des autochtones, on détermine en fonction de cela quels magasins on veut ouvrir, on sélectionne une première échoppe, on déplace son "fantôme" sur la carte 3D afin de dénicher le meilleur emplacement, les bâtiments se colorant au passage pour montrer la quantité de clients potentiels logés dans les environs, on clique sur un bout de trottoir vide et quelques secondes plus tard, le magasin est construit et opérationnel. Il n'y a ensuite plus qu'à répéter l'opération autant de fois qu'on veut de boutiques.

Au début du mode campagne, New York se limite au Village et
ressemble à un groupement de terrains vagues au milieu du désert,
mais en progressant dans le jeu on débloquera les autres quartiers.

Les premiers pas dansle jeu ne sont pas désagréables : on voit pousser son petit coin de New York gentiment, l'argent rentre dans les caisses à un rythme soutenu et diverses petites missions sont proposées à intervalles réguliers pour varier un peu les objectifs et ne pas se limiter à "engranger un max de pognon" : embellir tel parc, préparer telle avenue pour une parade... Il y a un peu trop de menus, sous-menus, tableaux et statistiques mais on apprend assez vite à se limiter aux quelques-uns qui sont réellement utiles et la navigation ne paraît donc pas trop lourde. Il y a pas mal de bâtiments disponibles, des galeries d'art, des fast-food, des boîtes de nuit, des appartements, des agences de voyage, si bien qu'on peut en construire une dizaine à la suite sans avoir l'impression d'avoir installé deux fois le même.
L'IA ne donne pas l'air de se tourner les pouces, vos concurrents bâtissent de nouveaux commerces un peu partout, ce qui incite à se bouger le cul soi-même pour ne pas se laisser souffler les meilleurs emplacements. C'est mieux foutu et nettement plus riche qu'un Cinema Tycoon, moins austère qu'un Moon Tycoon, moins contemplatif qu'un Oil Tycoon 2. Pour autant, est-ce enfin un bon jeu ? Hélas non, mes pauvres amis, hélas non.

Tiens, ma lingerie coquine se vend mieux auprès des mères de familles et des musiciennes
qu'auprès des institutrices et étudiantes en lettres, je me demande si c'est dû
au choix du la police de caractère de l'enseigne "Open" que j'ai accrochée.

En effet, très vite, on s'aperçoit que tout cela est quand même extrêmement superficiel et creux. On est plus proche d'un bête jeu de construction que d'une véritable simulation économique. On pose ses bâtiments, on installe des panneaux, des présentoirs pour attirer plus de clients, l'argent rentre à flot continu, et voilà. C'est cool d'avoir le choix entre 20 modèles de tables pour ses restaurants et de pouvoir déterminer soi-même leur emplacement en terrasse, mais c'est presque purement décoratif, on peut finalement placer n'importe quoi n'importe comment, plus on accumule de saloperies par magasin plus ça en augmente le niveau et plus les bénéfices augmentent à condition d'avoir choisi un type de commerce qui intéresse les habitants du quartier. Même si les entrepreneurs gérés par l'ordi construisent la même chose à côté, pas grave, il n'y a pas de vraie concurrence, si vous êtes dans un coin où les gens veulent des téléphones portables, peu importe qu'il y en ait 3 vendeurs dans les environs, tant que vous installez régulièrement des upgrades pour votre enseigne, vous écoulerez votre marchandise sans soucis. Au pire, si vous avez vraiment l'impression que les autres vous ont piqué les meilleurs points de vente, il suffit de les leur racheter, ça coûte à peine plus cher que de faire construire et ils ne refusent jamais de céder leur terrain.

De temps en temps, les citoyens énoncent clairement le genre de commerce
qu'ils veulent fréquenter histoire de vous faciliter encore plus la tâche.

Il ne faut donc pas trop longtemps pour commencer à s'ennuyer face à l'absence de résistance offerte par le jeu, cette impression qu'on pourrait laisser les choses en pilote automatique
pour aller voir un film après dix minutes de construction intensive, et retrouver quand même une entreprise florissante à son retour devant le PC deux heures plus tard. Un jeu accessible c'est bien, mais un jeu facile au point de n'avoir presque pas besoin de l'intervention du joueur, faut reconnaître que ça n'est pas super divertissant. Les missions données en cours de campagne sont d'ailleurs assez emblématiques de cette facilité frustrante : souvent, dès qu'on l'accepte, à peine les conditions de victoire sont elles affichées que les deux tiers d'entre elles apparaissent comme déjà remplies sans que l'on n'ait rien fait de spécial pour ça.

De temps en temps, réussir une mission déclenche un événement
qui anime vos rues, comme ici avec la parade d'Halloween dans Greenwich Village,
rendue possible en transformant une avenue en lieu de passage

Bref, y avait du potentiel, de bonnes idées, de l'ambition, mais y a tellement rien derrière la façade qu'un amateur du genre se fera rapidement chier. Même un débutant ne pourra pas se satisfaire longtemps de cette espèce d'économiseur d'écran interactif s'il cherche quand même un vrai jeu de gestion et pas seulement un bac à sable où poser des briques Lego. Alors non, même à 5 €, Tycoon City New York ne mérite pas d'être redécouvert. La quête continue...
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16 août 2009 7 16 /08 /août /2009 09:34
En trouvant ce Nemesis 2 parmi la nouvelle fournée de DVDs de chez Prism échouée chez mon fournisseur habituel, j'ai eu un peu la même réaction que pour Oil Tycoon 2 : merde alors, et je savais même pas qu'il y avait eu un numéro 1 et voilà qu'il y a déjà une suite, on me dit plus rien à moi, bande d'enfoirés. Du coup je l'ai cherché aussi mais si vous fréquentez le genre d'endroit où l'on trouve ce genre de films pour trois euros, vous savez qu'il est rare d'y trouver des séries complètes, qu'il faut déjà s'estimer heureux quand le film annoncé sur la jaquette est bien celui pressé sur le disque.

Heureusement, le tout début du film nous résume l'épisode précédent en deux phrases. Nous sommes donc dans un futur où "une race de cyborgs" (?) a réduit l'humanité en esclavage. Les minutes qui suivent en disent long sur le soin apporté à l'écriture du scénario par l'auteur-réalisateur Albert Pyun, spécialiste du direct-to-video des années 90 dont le plus haut fait d'armes est sans doute Cyborg (décidément) avec Van Damme et qui a signé en tout pas moins de quatre Nemesis pour le marché des fans de SF pas chère.

Bon alors attention suivez bien. Un narrateur nous apprend que le conflit entre humains et cyborgs a éclaté il y a 73 ans, en 2027, ce qui signifie si je compte bien qu'on est en 2100, sauf qu'apparemment non, on est en 2077. Il nous révèle aussi que la résistance s'est organisée contre les méchants cyborgs et qu'un savant a donné naissance à un bébé de qualité supérieure, génétiquement modifié. Apparemment, les pouvoirs de ce bébé en feront une arme fatale contres les cyborgs. Evidemment, ceux-ci veulent l'éliminer,  et envoient donc un chasseur de primes (on a vraisemblablement affaire à une race de cyborgs motivés par l'argent) nommé Nebula à ses trousses, ce qui contraint la mère de l'enfant à fuir avec, en volant un vaisseau spatial aux cyborgs, qui est aussi une machine à voyager dans le temps. L'engin s'écrase en Afrique orientale en 1980, on ne sait pas trop pourquoi la fuyarde a choisi cette date pour emmener son bébé, parce que la guerre contre les cyborgs doit éclater en 2027, ce qui fait qu'avec ce voyage, le super bébé aura pas loin de 50 ans au moment de mener l'humanité vers la victoire, donc y a intérêt à ce que son ADN modifié ait des effets longue durée, sinon c'est mal barré, mais bon, notre guerrière du futur avait sans doute ses raisons de se barrer en Afrique 97 ans en arrière.

Eh bien voilà une affaire rondement menée.

A sa sortie de l'appareil, la femme tire sur tout ce qui bouge, il faut la comprendre, elle vient d'une époque sauvage, c'est pas facile pour elle de demander de l'aide aux autochtones au lieu de les flinguer. Malheureusement, cette attitude la mène à une mort rapide et son bébé mutant est alors recueilli par une tribu locale. 20 ans plus tard, donc logiquement en 2000, les cyborgs décident d'envoyer Nebula à la poursuite du bébé, ce qui est assez bizarre vu que 1) ils l'ont déjà lancé après elle au début du film, en 2077, et 2) si les cyborgs ont déjà des super guerriers comme Nebula en 2000, pourquoi est-ce qu'ils ne gagnent la guerre contre les humains qu'en 2037 ? Le narrateur nous annonce ensuite que nous voilà "De nos jours", ce qui de son point de vue à lui devrait être 2077 (ou 2100) mais visiblement c'est plutôt vers 2000-2010 vu l'âge de l'actrice qui joue le super-bébé devenu adulte, Sue Price, une montagne de muscles à dreadlocks blondes.

Sue Price incarne Alex, une fille qui en a dans le pagne.

C'est à l'apparition de cette impressionnante bodybuildeuse que démarre vraiment le film après une grosse dizaine de minutes d'exposition incohérente. Tout le background miteux pompé sur Terminator est alors jeté aux orties et le film se transforme en longue course-poursuite à travers la savane entre la gentille costaude et le cyborg en caoutchouc, au scénario minimaliste et aux ressorts eux aussi pompés sur Terminator (le robot s'en prend un maximum dans la gueule mais à chaque fois, surprise, il n'est pas mort, il sort de sous les décombres et reprend sa traque). Pour meubler, il y a aussi des guérilleros sans scrupules, leurs alliés mercenaires, leurs prisonnières américaines et même un guerrier aigri qui en veut à la culturiste du futur d'être devenue la chouchoute de sa tribu. Ils sont surtout là pour se faire tuer par Nebula afin qu'il y ait quand même de l'action tout en permettant à l'héroïne de survivre, même si curieusement, l'une des filles libérées par Madame Muscles semble avoir un petit bout d'intrigue secondaire à raconter, mais n'en trouve pas vraiment l'occasion.

Sue n'est pas vraiment une actrice d'exception mais force est de reconnaître
qu'elle ne souffre pas trop non plus de la comparaison avec les filles qui lui donnent la réplique.

Nemesis 2 est l'un de ces films qui, bien qu'ayant le potentiel pour être de vrais nanars comme on les aime, restent à la lisière de la nanardise, ne gagnent jamais vraiment leurs galons. Les ingrédients sont là mais la sauce ne prend pas. C'est vrai, le robot pouilleux a l'air évadé de Bioman ou des Power Rangers, mais comme il est déjà visible sur la jaquette, avec la perte de l'effet de surprise on ne peut pas dire que son apparition à l'écran soit hilarante. Le budget n'était clairement pas pharaonique, mais pas non plus minable au point de rendre complètement risible toute tentative d'effets spéciaux (ça fait presque moins fauché qu'Android Apocalypse, par exemple). Le point de départ de l'intrigue est débile, mais comme ça n'est ensuite pas du tout développé et même très peu mentionné en dehors des premières minutes, tout ce beau portnawak se retouve gâché.

Pour un film tourné avec des clopinettes, Nemesis 2 ne lésine pas
sur les explosions et les cascades.

Mais c'est l'héroïne du film qui reste l'élément le plus sous-exploité malgré son omniprésence. Avec son physique de soeur cachée des Barbarians, Sue Price aurait pu s'imposer comme un personnage de série B/Z marquant, une sorte de Xena des temps modernes, mais Albert Pyun ne semble hélas pas trop savoir qu'en faire à part nous gratifier de nombreux plans sur ses colossaux trapèzes en pleine action. Quelques cabrioles, de rares combats à l'arme blanche platement mis en scène et une poignée de fusillades banales ne suffisent pas à l'imposer comme alter ego féminin de Schwarzie. Quand on a un bestiau de ce calibre à sa disposition, la moindre des choses est d'essayer de lui faire honneur. Qu'on lui donne une hache pour équarrir des géants ! Qu'on lui donne un rhinocéros à étouffer à mains nues ! Qu'on lui donne une mitrailleuse lourde pour dessouder 463 soldats ennemis à la chaine façon Commando ! Au lieu de ça, elle ne fait quasiment rien que n'aurait pu accomplir une actrice pesant 40 kilos de moins. Une scène qui concentre bien la frustration engendrée par le cruel manque d'imagination du réalisateur est celle où notre sauvageonne rencontre deux balèzes en plein match de bras de fer. On espère évidemment qu'elle les défie, leur mette la misère puis leur démolisse spectaculairement la tronche pour faire bonne mesure. Au lieu de ça, elle se contente d'interrompre poliment la compète de tir au poignet pour en entraîner un dans un coin et l'assommer sobrement. Putain, mais le rôle a été écrit pour Judi Dench ou quoi ? C'était trop demander, qu'elle participe à leur petit jeu et leur pète les bras au passage ?

Plus original que Tarantino et son fétichisme du pied,
Albert Pyun a clairement un faible pour les dos de bodybuildeuses.

Bref, le peu de vraie nanardise est noyé dans un succession de scènes d'action pas forcément atroces mais franchement médiocres, insipides, et insuffisante pour considérer Nemesis comme un divertissement de qualité honorable. Nanarland a classé le film dans la catégorie "Ni chaud ni froid" de sa rubrique "On s'est fait avoir", et je ne peux pas trop contredire les experts là-dessus. Quelques séquences flirtent avec le nanar, quelques autres avec la série B potable, mais dans l'ensemble ça n'est ni l'un ni l'autre. La bande-annonce montre tout ce qu'il y a à voir et ne coûte rien, pas la peine de gâcher 3 € pour le DVD.
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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 08:35
Vous savez, j'ai beau savoir que CheapGames n'est qu'un pauvre blog miteux perdu dans le fin fond de nulle part, qui ne parle quasiment que de jeux ratés et minables, n'attire qu'une vingtaine de personnes par jour dont les trois quarts sont à la recherche de la solution du taquin du dollar de Safecracker ou d'une façon de débloquer des catcheurs et des prises dans SmackDown vs Raw 2009 ou TNA Impact! et repartent déçus sans avoir lu un seul article, ne reçoit quasiment jamais aucun commentaire (le dernier émanait de quelqu'un qui voulait en fait faire la pub de son blog à lui), n'est classé que 56ème dans la catégorie Jeux Vidéos d'Over-Blog derrière des trucs sur Second Life, je dois dire que je suis quand même fier de ma création. Pas seulement parce qu'elle m'a permis de réaliser à 31 ans un rêve idiot que j'avais depuis mes 13 ans en décrochant des piges dans un vrai magazine papier sur les jeux vidéos, ou de démontrer au monde incrédule qu'il était possible de terminer le 1er niveau de FBI Hostage Rescue. Mais aussi parce que je peux me vanter d'être devenu une sorte d'Indiana Jones de la perlouze vidéoludique, capable de dénicher les titres les plus méconnus du marché, sur lesquels aucun testeur professionnel n'a jamais écrit.

Dark Apes par exemple, avouez que c'était de la fameuse trouvaille, ça. Même JeuxVideo.com, à qui l'on peut reconnaître au moins une qualité tout de même, celle de ne pas rechigner à consacrer une page aux plus obscures sorties qui seront négligées par le reste de la presse (on croit avoir débusqué de l'inédit en extirpant fièrement un EuroCops d'un bac de soldes, et on s'aperçoit qu'il est déjà chroniqué chez eux depuis belle lurette), n'en a jamais entendu parler, de celui-là. Eh ben voilà, Dark Apes il est chez moi, c'est un peu mon urne de Nurhachi, ma pierre de Sankara, et toute cette sorte de choses. Alors prends ça dans tes dents, JeuxVideo.com, ça t'apprendra à avoir mis 14/20 à The Fall: Last Days of Gaia qui t'avait comme par hasard sponsorisé ta page d'accueil à l'époque, enfoiré de bâtard.

Enfin tout ça pour dire qu'aujourd'hui c'est avec beaucoup d'émotion que je deviens le premier site internet dans tout l'univers à consacrer un test à Empire & Conquest, une production signée IceHill à qui l'on doit des jeux sur Tarass Boulba et les Trois Mousquetaires, éditée par Akella à qui l'on ne doit plus rien de bien depuis Sea Dogs, et distribuée dans notre beau pays par l'inénarrable firme au singe, j'ai nommé Anuman Interactive, qu'on ne présente plus. Certes, vous trouverez bien quelques vieilles news datant de l'époque où le développeur faisait circuler des screenshots du jeu sous son titre original, Empire Above All. Depuis, le nom a changé pour l'exportation, probablement parce qu'un titre évoquant Deutschland Über Alles sur une jaquette ornée d'un aigle aurait pu être considéré comme un peu tendancieux. Mais que ce soit en tant que Empire Above All ou Empire & Conquest, il n'y a jamais eu aucun test nulle part chez personne. Cherchez pas juste pour me faire chier, ok ? Je suis le premier, un point c'est tout. Attachez vos ceintures, le Capitaine Kirk du produit russe pour gamme budget vous emmène au-delà des frontières de l'inconnu...

Des Space Marines qui capturent un drapeau : non, ce n'est pas un add-on amateur
pour le 1er Dawn of War mais bien le jeu le plus méconnu du monde, Empire & Conquest.


Présenté comme un jeu de stratégie par son luxueux boîtier carton de la collection Argent à 10 € (soldée 3 € cet été), Empire & Conquest
est en fait un hybride mêlant hack & slash et pseudo-STR, un peu comme un Spellforce dans l'espace. On y contrôle un héros qui acquiert des points d'expérience au fil des tueries et dont la mort entraîne la défaite. Chaque fois qu'il monte de niveau, on peut choisir d'améliorer ses capacités de combat ou d'étoffer sa petite escouade. On disposera en effet d'une sorte de garde personnelle pour le héros, des soldats qui le suivront partout et aux aptitudes diverses, l'infirmier, le grenadier, l'artificier... Notons au passage que, contrairement à Spellforce, ici le héros n'est pas une création du joueur mais un personnage imposé, le lieutenant Patrick Vogel, car c'est important pour un super soldat d'avoir un nom qui en jette, demandez donc à ce brave Claude Boulet.

En mode hack & slash, la caméra colle l'action de près, parfois même trop.

Empire & Conquest se joue donc partiellement comme un jeu d'action, façon Diablo futuriste, mais la capture de drapeaux, possible sur certaines cartes, fera passer le jeu en mode stratégique. On pourra alors faire appel à de nouvelles unités de soutien, indépendante du Lieutenant Vos Gueules et de son équipe, et construire des tourelles de défense. A ce niveau, le jeu ne brille vraiment pas par sa richesse : 3 types de soldats, 2 types de véhicules, c'est un peu faible comparé à la moyenne des STR. Leur introduction dans le jeu permet en tout cas à notre héros d'avoir plus de boucliers humains autour de lui pour pouvoir s'en prendre à de plus grands groupes d'ennemis sans se faire tuer. C'est pas vraiment très "stratégique", la meilleure méthode est toujours d'écraser l'adversaire sous le nombre, mais soyons honnête, c'est un peu le cas avec beaucoup de vrai jeux dits de stratégie.

Les Octopus, l'une des 3 factions du jeu, sont censés ressembler à des pieuvres,
mais rappellent plutôt la créature des films Alien avec un canon laser greffé sur un bras.


Alors qu'on traverse le mode Campagne, le moins qu'on puisse dire c'est qu'Empire & Conquest ne réinvente pas l'eau chaude. En dehors de son principe, certes pompé sur Spellforce avec un soupçon de Dawn of War mais tout de même pas si courant, il ne fait pas beaucoup d'efforts au niveau originalité. Ca pique à droite, à gauche, à Warhammer 40.000, à Starship Troopers... L'action est assez répétitive, on clique pour décalquer des dinosaures, on clique pour décalquer des insectes géants, on clique pour décalquer des bestioles genre singes extraterrestres... Le contenu est assez pauvre : même pas de mode escarmouche solo, une seule et unique campagne d'à peine douze niveaux, trois factions dont deux uniquement jouables en mode multi (et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'y a pas une très grosse communauté de fans prêts à se lancer dans des parties endiablées d'E&C à plusieurs), très peu d'unités par faction, il y a vraiment de quoi se lasser très vite.

Même le héros semble avoir été "emprunté" à ce vieux pétard mouillé
que fut Mace Griffin, Bounty Hunter.

Comme si ça ne suffisait pas, le jeu est plombé de bugs bien pourris. L'IA fait souvent faire n'importe quoi aux monstres, parfois ils fuient sans raison, parfois ils semblent poursuivre une proie imaginaire, parfois ils s'immobilisent et se laissent tuer sans plus réagir. Parfois, on se retrouve bloqué en mode hack & slash alors qu'on devrait être en mode STR et les unités de soutien restent inertes et incontrôlables. Parfois le contrôle de l'escouade foire lamentablement, on appuie sur l'icône de capacité spéciale de son compagnon (par exemple, l'icône de soin de l'infirmier) et au lieu de déclencher cette capacité, ça duplique le compagnon en question. Bref, du grand n'importe quoi. J'ajoute qu'à chaque fois que je suis sorti du jeu et que j'ai voulu le relancer, j'ai eu un message d'erreur et qu'il m'a fallu tout réinstaller, et que j'ai également été victime de bons gros plantages obligeant à redémarrer l'ordi. Ca aurait mérité un bon gros patch tout ça, mais apparemment ni IceHill ni Akella n'ont jugé que ça en valait la peine.

Allez, reconnaissons une petite qualité au jeu : un petit effort a été fait pour
proposer des environnements bien différents d'un niveau sur l'autre.


J'ai déjà joué à pire, alors j'aurais presque aimé pouvoir dire un truc gentil du genre "C'est dommage, si les bugs avaient été corrigés ça aurait pu être un petit jeu bien sympa", mais non, même sans bug ça n'aurait été qu'un petit jeu assez médiocre sans grand intérêt. Comme je l'ai dit, Empire & Conquest manque cruellement d'originalité, de contenu, de profondeur. Tout ce qu'il a à offrir a déjà été vu ailleurs, en mieux fait, et comme ses principaux modèles sont eux aussi disponibles à bas prix, et bien plus réussis et divertissants, je ne peux malheureusement pas dire qu'il s'agit d'une petite curiosité qui mérite de sortir un peu de l'anonymat, c'est juste un de ces produits ratés qui ne dépare pas du reste du catalogue Anuman Interactive.
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26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 08:47
Avis aux amateurs, cet été une grande enseigne (rouge et blanche) solde le deuxième épisode DS de Guitar Hero et son accessoire à -70%, ce qui nous fait 15 €. Bien que pas convaincu de l'opportunité d'une adaptation sur portable de la série qui fit les derniers beaux jours de la PlayStation 2, je me suis quand même laissé tenter par le prix attractif.

Pour ceux qui ont passé ces trois dernières années dans une grotte, Guitar Hero est une série de jeux de rythme se jouant normalement avec un accessoire en forme de guitare qui permet de simuler vaguement le fait de jouer cet instrument à l'aide de touches colorées et d'une barre qui fait clic-clic-clic. Accessoire qui permet également à quantité de musiciens ratés de ricaner sottement à coups de "alors tu t'amuses bien avec ta guitare en plastoc de chez Playskool ? Pffff tu crois vraiment que jouer de la musique c'est ça ?", parce que eux vous voyez, ils savent gratouiller maladroitement quatre accords de Stairway to Heaven sur une vraie guitare et qu'ils font semblant de pas comprendre que quelqu'un jouant à un jeu simulant une activité réelle sait très bien qu'il ne fait que jouer à un jeu et qu'il n'est pas réellement en train de pratiquer cette activité réelle. Bref. Comme dans la plupart des jeux musicaux, il faut appuyer aux bons moments sur les bonnes touches au rythme d'un morceau plus ou moins connu afin d'engranger des points et de débloquer de nouvelles chansons.

Les mécanismes du jeu, plus précisément les mécanismes de Guitar Hero III: Legends of Rock puisque cette version inclut un mode "Duel" dans lequel on affronte un autre joueur (humain ou IA) en lui envoyant des saloperies dans la gueule pour l'empêcher de jouer correctement, se retrouvent quasiment à l'identique sur DS. Il y a juste une note/bouton de moins mais à part ça, il faut reconnaître au développeur Vicarious Visions d'avoir su concevoir un jeu dont le gameplay colle au maximum à celui de son modèle. Malheureusement, Decades se vautre sur deux éléments cruciaux, ceux qui ont fait le charme de l'original...

D'abord, il n'y a pas de guitare. Bon, évidemment, c'est sur une machine qui tient dans la poche, on ne va pas faire jouer les gens avec un accessoire 10 fois plus gros que la console elle-même. Mais quand même, l'un des trucs qui fait qu'on s'éclate sur Guitar Hero, c'est de pouvoir se la donner veugra avec la Gibson en plastique. L'instrument qui la remplace est à la fois assez astucieux et complètement insatisfaisant. Le "Guitar Grip" s'insère dans le port habituellement utilisé pour le Rumble Pack et les cartouches Game Boy Advance. Il ne tient pas toujours trop bien dedans d'ailleurs, alors il faut bien s'y cramponner sinon ça se barre et il faut recommencer le jeu. Du coup c'est douloureux au bout d'une chanson et demie. Et même pour quelqu'un comme moi qui n'ai ni de grandes mains ni de gros doigts, c'est un peu trop petit. Et puis évidemment ça ne simule pas très bien une guitare, ni même un ukulélé. Bref ça n'est pas seulement beaucoup moins marrant à utiliser que la vraie-fausse Gibson, c'est également très inconfortable.

Mais dans les premiers Guitar Hero il y avait un truc qui pouvait donner envie de continuer à jouer malgré les crampes, le deuxième élément-clé du jeu : de bons morceaux qu'on prenait plaisir à faire semblant de jouer. Ok, au début c'était systématiquement des reprises par des imitateurs, et pas les véritables interprètes. Mais à choisir, je préfère rejouer Ziggy Stardust avec un faux Bowie que Diventirai una star par les vrais Finley (dont je n'avais jamais entendu parler avant de les entendre dans le jeu). Les chansons de merde, ça passe dans Elite Beat Agents grâce à l'ambiance débile, ça passe aussi dans les Singstar parce que c'est rigolo de chanter des couillonnades genre David et Jonathan, mais dans un Guitar Hero, qui plus est un Guitar Hero qui fait mal à la main au bout d'une chanson et demie, ça agace plus qu'autre chose. On subit en espérant que ça débloquera de meilleures titres mais en attendant, on ne s'amuse pas.

Et le pire c'est que Decades s'ouvre sur une sacrée bordée de merdouilles. Contrairement à ses prédécesseurs, le jeu ne classe pas ses chansons par ordre de difficultés, mais par périodes, en commençant par la plus récente, et considère de surcroît que si les années 70, 80, 90 ne méritent que 5 chansons chacune, en revanche la décennie en cours est si riche en chef-d'oeuvres musicaux qu'elle méritait bien d'être décomposée en deux périodes de 5 chansons chacune, l'ère moderne et les années 2000. Du coup, on démarre avec de la soupe, de la merde, et de la soupe à la merde : Tokio Hotel, Phoenix, Linkin Park, Guano Apes, Pereza... Il faudra être patient et surmonter une pénible traversée du désert avant de débloquer les premières chansons un peu correctes et/ou amusantes à jouer (et même là il ne faudra pas s'attendre à des miracles).

L'autre inconvénient du classement par décennies, c'est qu'on ne sent aucune progression dans la difficulté du jeu. Les dernières chansons ne sont en moyenne pas plus difficiles que les premières, la chanson la plus ardue du jeu est dans l'avant-dernière période et pas à la toute fin... Forcément, conclure par un morceau torché sans trop de souci plutôt qu'un vrai "boss de fin" à la Bark at the Moon laisse un goût de frustration lorsque l'on termine le jeu.

Bref, si vous n'avez jamais savouré un vrai Guitar Hero avec accessoire approprié et que vous avez des goûts de chiotte en musique, vous apprécierez peut-être cet ersatz, qui en dehors des gros problèmes décrits, n'est pas spécialement mal fait. Pour les autres ça peut toujours être l'occasion d'acquérir le Guitar Grip à vil prix en espérant qu'un jour sorte un Guitar Hero On Tour avec de la vraie musique dedans, mais à ce niveau-là les 3 premiers épisodes ne rendent pas optimiste.
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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 08:54
La sortie cette année sur XBox 360 de Bikini Samurai Squad est l'un des signes évidents que la mode des zombies est en train de dériver trop loin. Jeu japonais de 2006, il n'avait à l'époque pas été importé en Occident parce que, apparemment, le fait que ses héroïnes soient DES FILLES A GROS NICHONS EN MAILLOT DE BAIN ne lui garantissait pas un assez bon potentiel commercial. Par contre comme il y a des zombies dedans, deux ans plus tard en pleine mode des zombies, là d'un coup ça peut se vendre. Je voudrais pas faire mon vieux con mais quand même, drôle d'époque. Par comparaison, Rumble Roses n'avait pas attendu la mode du catch pour sortir. Les gros nichons et les maillots de bain suffisaient. Aujourd'hui, il faut des zombies pour vendre là où les gros nichons ne sont plus efficaces. Tout se perd, ma bonne dame.

Bon, si je vous dis tout ça, ce n'est pas uniquement pour le plaisir de caser trois fois "nichons" en un seul paragraphe. C'est aussi parce que le jeu du jour, Zombie Hunters sur PS2, appartient à la même série que Bikini Samurai Squad, c'est-à-dire The OneChanbara. Qui est apparemment assez populaire au Japon puisqu'ils en ont même tiré un film probablement fabuleux, et qui nous provient d'un développeur qui s'est spécialisé dans la mise en situation, souvent violente, parfois dérangeante, de jeunes femmes en tenue légère. Parfois ils pondent un jeu qui semble "innocent", simplement avec des filles en bikini qui jouent au tennis de table (Pink Pong) ou participent à des épreuves façon "Intervilles" (Party Girls), et puis parfois c'est du machin pour fétichistes un peu plus sévèrement atteints, comme une espèce de survival horror où il faut diriger une nana en uniforme d'écolière à travers une forêt où l'agressent de grosses bébêtes grouillantes. Souvent, ça ne quitte pas l'archipel nippon, mais  quelques-uns (outre les deux susnommés, vous avez sûrement déjà vu Demolition Girl ou Fighting Angels dans un bac de soldes de supermarché) sont arrivés chez nous par l'entremise de 505 Gamestreet, spécialiste du jeu budget insolite sur PS2.

Bref. Moi vous me connaissez : les idées bizarres, les concepts portnawak, même quand je me doute que le jeu va être raté, ça m'attire. Alors par curiosité, je me suis laissé tenter par Zombie Hunters. Je supposais quand même que ce ne serait pas très bon, et l'écran d'accueil orné de deux pouffes en bikini mentionnant un titre différent de la jaquette et mal mis en forme (Zombie Zone: Other Side, avec le ":" mal placé) confirmait le côté brouillon et couillon auquel je m'attendais. Mais j'espérais tout de même un peu d'originalité ou au moins un aspect série Z rigolo. En jouant, j'ai fini par m'apercevoir que j'étais légèrement à côté de la plaque... Mais ne brûlons pas les étapes.

Nonobstant l'omniprésence de morts-vivants dans le jeu, Zombie Hunters est bien plus un beat-them-all qu'un survival horror. Deux héroïnes sont proposées au départ, deux sabreuses court vêtues, et on progresse à travers les niveaux en tranchant tout ce qui bouge en vue à la troisième personne. Il y a les zombies qui sont déjà apparents, couchés au sol, et qui se dressent pour attaquer, et ceux qui surgissent hors de terre au passage du personnage. Certains sont armés de sabres ou de haches, certains sont enflammés, d'autres sont juste de simples morts-vivants de consommation courante. Tous sont pourvus d'une intelligence quasiment inexistante, ce qui n'est pas une grosse surprise, mais plus étonnant, ils sont également d'une agressivité assez limitée. Dès qu'on s'éloigne un peu, ils abandonnent la poursuite, et même au corps-à-corps, ils attaquent mollement. Leur unique force est leur nombre, puisqu'on les croise par troupeaux entiers dès le début du jeu, qu'il en apparaît régulièrement de nouveaux, et que chaque passage d'une zone à l'autre les ressuscite tous.

Le bon côté de la chose, c'est qu'on ne peut pas se plaindre que ça manque d'action. On mouline non-stop, deux coups de sabre par seconde, avec de brèves et rares interruptions. Les têtes et membres des adversaires volent en tous sens, et le sang gicle à gros flots. Avec tout ça, c'est sûr que les amateurs de gore en quête d'un défouloir auront de quoi s'amuser. Enfin, s'amuser disons deux minutes. Parce que quand même, ça lasse vite. Parce qu'il n'y a presque rien à faire d'autre qu'appuyer sur "croix" tout le temps. C'est un peu comme StarShip Troopers en pire. Il n'y a qu'une seule arme, peu de coups différents, pas besoin de technique particulière pour venir à bout des essaims de zombies, il me semble même qu'en dehors de leur costume il n'y a aucune différence entre les deux héroïnes. Le gameplay se résume donc pratiquement à croix, croix, croix, croix, tout le temps. On n'est clairement pas dans The Red Star, certes répétitif tout de même, mais qui fait de son mieux pour apporter un peu de variété à l'action. Là c'est du 100 % bourrin. Croix, croix, croix, croix, tout le temps, sans arrêt, sur une musique techno à chier quie joue à l'infini la même boucle de 10 secondes pendant tout le jeu.

On peut pourtant transformer un jeu ultra-bourrin en expérience satisfaisante. Je crois pas que ce soit si compliqué, il suffit d'offrir une petite gratification au joueur de temps en temps, le sentiment d'avoir accompli un petit quelque chose, les Diablo font ça très bien : je tue 10 monstres j'ai un nouveau casque, 20 de plus et j'ai une nouvelle épée, encore 30 et je passe au niveau supérieur et je gagne un nouveau pouvoir, 50 de plus et j'atteindrai enfin le boss qui me lâchera plein de bon butin. Pas de ça hélas dans Zombie Hunters qui prend assez vite des airs de supplice de Sisy Sysy du mec qui pousse un rocher : je tue 10 zombies et j'en réveille 20 de plus, je les tue et j'en ai encore 30 devant moi, je les tue mais pour trouver la clé de la zone suivante il m'en reste 50 de plus, et quand j'ai enfin la clé je passerai à une zone où je devrai en tuer une nouvelle centaine rien que pour trouver la clé qui me permettra de revenir à la zone précédente, celle que j'avais nettoyée, mais dans laquelle tous les zombies ont réapparu. Tout ça dans un jeu moche affligé de gros problèmes de caméra. Forcément, ça a de quoi décourager même le plus obstiné des amateurs de baston.

Le pire dans tout ça, c'est que la seule tentative du jeu pour enrichir un peu son gameplay débile est ce qui le fait basculer de "couillonnade médiocre mais inoffensive" à "truc douteux pour fétichistes". Comme je le disais, c'est un peu la spécialité du développeur Tamsoft, et autant parfois ça n'est pas bien méchant (comme The Mini Bijo Keikan, pour les amateurs de bagarreuses autoritaires à minijupe), autant d'autres fois ça fait un peu flipper. Zombie Hunters pourrait n'être qu'une gentille connerie pour fans de bikinis et d'action, à la manière de Rumble Roses, s'il misait sur l'humour et l'incongruité de ses samouraïs en bikini égarées au milieu d'un mauvais film d'horreur. Au lieu de ça, il reste totalement sérieux voire sordide, en confirmant le goût, assez discutable, des gens de Tamsoft pour les histoires où une frêle jeune fille peu habillée se retrouve encerclée par une nuée de créatures mal intentionnées (comme dans The Tairyou Jigoku, évoqué plus haut). Mais en plus, c'est aussi un jeu pour les gens qui aiment voir un corps de femme se couvrir de sang. L'héroïne est constamment éclaboussée par le fluide de ses ennemis, et ça reste visible sur le personnage. Après quelques minutes de sabrage intensif, on se retrouve donc avec une jeune fille en maillot de bain ruisselante de sang et toute pantelante...

Bien sûr, ça n'est pas purement gratuit, le sang joue un rôle dans le jeu. Déjà, il ne faut pas laisser son arme s'engorger, sinon elle risque de restée plantée dans les ennemis. Mais surtout, une fois entièrement repeinte à l'hémoglobine, l'héroïne passe en mode "Rage". Elle devient un peu plus rapide et puissante, mais au prix de sa propre jauge de vie qui se met à baisser constamment. Du coup ce pouvoir ne sert vraiment pas à grand'chose, les petits avantages étant loin de compenser le gros inconvénient. Et donc c'est surtout une excuse pour montrer des filles dénudées couvertes de sang. Et moi, bon, franchement, je suis un garçon ouvert d'esprit, je me choque vraiment pas facilement et certainement pas à cause de filles dénudées. Mais pour moi, les filles dénudées c'est mieux sans le sang qui dégouline dessus pendant qu'elles halètent et que leurs nichons gigotent. Je suis vraiment content de pas avoir aimé le jeu, je dois dire, parce que je me serais sûrement senti obligé d'en parler à un psy ensuite. "Oui voilà je viens vous voir parce que je m'aperçois que je suis excité quand je vois un corps de femme tout couvert de sang. Je vous parle un peu de mes relations avec mon épouse et ma mère, ou vous pensez que c'est plus prudent si je vais directement me faire interner ?"

Bon, bref. Sur le papier ça ressemblait à une bonne idée nanaresque qui aurait pu donner un petit jeu délirant, défoulant et marrant, mais les braves tordus de Tamsoft semblent assez peu portés sur la déconnade, et clairement pas doués pour concevoir et programmer de bons jeux. Résultat, non seulement jouer à Zombie Hunters est une activité à peu près aussi stimulante que d'agiter des paquets de clopes à la sortie du métro Barbès en répétant "Malboromalboro" toute la journée, mais en plus ça donne assez vite l'impression bizarre et pas franchement agréable de jouer à un truc spécialement conçu comme divertissement pour serial killers. Que vous soyez amateurs de zombies, de bikinis ou de samouraïs, je ne peux hélas que vous recommander d'éviter soigneusement ce machin.

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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 09:14
Tiens vous avez remarqué mais après avoir pratiqué le temps de quelques épisodes un matraquage encore plus intensif qu'au début sur le fait que Tomb Raider, c'était le jeu avec la meuf avec les gros nichons, voilà que pour Underworld, le dernier jeu de la série à ce jour, Eidos semble lever un peu le pied : le nom de Lara Croft a disparu du titre, et  le visage de l'héroïne n'apparaît même plus sur la jaquette. Mais il faut croire que cette tentative de se refaire une virginité après des années d'égarements n'a pas été un franc succès commercial puisque le jeu est désormais soldé sur presque tous les supports à peine 6 mois après sa sortie.

C'est donc à 10 € que vous pourrez acquérir cette version DS si le coeur vous en dit. Le portage n'a pas été réalisé par les gens de Crystal Dynamics eux-mêmes, il est signé Santa Cruz Games, dont on pouvait craindre le pire au vu de leur CV de mercenaires du jeu à licence pour gosses : E..T., Dora l'exploratrice et Les 101 Dalmatiens 2 sur PSOne, Gang de requins et Madagascar sur PC, Superman Returns et Godzilla Unleashed sur DS... Pas vraiment de quoi faire les fiers. Leur Tomb Raider est-il pour autant une resucée de Dora l'exploratrice avec une skin Lara Croft ?

Bien que les graphismes soient en 3D (et plutôt pas vilains du tout d'ailleurs, comparés à ceux de Star Trek, Dead'n'Furious ou Splinter Cell), c'est un jeu de plates-formes en vue de profil à la manière des épisodes sortis il y a quelques années sur Game Boy Color. Il reprend je suppose l'intrigue de la version PC et consoles de salon à travers une série de petites vidéos qui paraîtront sans doute un peu absconses à ceux qui n'ont pas précédemment terminé Legend et Anniversary. Lara est à la recherche d'Avalon dans l'espoir d'y retrouver sa mère, mais découvre en fait Niflheim, haut-lieu de la mythologie nordique, dans lequel elle s'empare d'un bracelet de Thor, et comme elle est du genre collectionneuse, elle va ensuite voyager autour du monde pour retrouver le reste de la quincaillerie du dieu du tonnerre.

Le câble à grappin magnétique introduit par Legend est de retour.

Sans grande surprise, on saute sur des trucs, on escalade des machins, on flingue des bêtes sauvages et des mercenaires, on abaisse des leviers, on ramasse des objets rares, des armes et des trousses de soins.  Le fan de la série pourra dans un premier temps y trouver son compte : c'est mignon, c'est pas mal fait, Lara dispose d'un éventail de mouvements respectable et répond bien aux commandes... Mais alors que les niveaux s'écoulent, on n'en finit plus d'attendre d'être enfin emporté dans une grande aventure épique... On aimerait bien que ça ait un peu plus la saveur des meilleurs Tomb Raider, mais la sauce ne prend pas vraiment. Les niveaux sont courts, construits sans grande originalité ; on ne tombe jamais sur un piège bien sournois, une énigme bien corsée, un passage bien coriace. Les objets bonus sont faciles à trouver, les sauts faciles à réussir, et le mini-jeu d'ouverture des coffres (un genre de tangram) est certes fastidieux du fait d'une gestion douteuse du stylet et de l'écran tactile, mais lui non plus pas bien difficile. Tout se traverse très vite (vous ne devriez pas en avoir pour beaucoup plus de 5 heures à finir le jeu), on aimerait bien rencontrer un peu plus de résistance.

L'écran tactile est rarement utilisé mais
se montre très capricieux lors du mini-jeu des coffres


Non parce que c'est pas que je sois maso comme garçon, mais tout de même, un Tomb Raider ne devrait pas ressembler à une promenade de santé comme ça. Où est la sensation de danger ? L'impression, parfois, d'être un peu perdu au milieu d'un endroit inconnu et mystérieux ? Je me doute bien qu'après tant d'épisodes et d'errements, retrouver le charme et la fraîcheur de l'original est problablement impossible, surtout sur une console portable, mais Underworld ne donne pas l'impression que ses développeurs aient réellement essayé, de toutes façons. Malgré le retour de Jacqueline Natla (souvenez-vous !), le tombeau de Qualopec ou le palais de Midas sont bien loin ; les nouvelles péripéties de la petite poupée à plantureuse poitrine sont ici bien pépères, peu palpitantes. Il arrive tout de même qu'on meure, mais la plupart du temps c'est parce que l'écran est trop petit, qu'on tente un saut sans savoir avoir pu voir où ça allait mener, et qu'on se retrouve dans le ravin. Ca reste vraiment rare, et c'est un peu frustrant. Je ne dis pas que ça aurait été plus sympa d'avoir l'occasion de mourir 300 fois de suite en ratant le même saut quasi-impossible, mais priver ainsi le joueur du plaisir de surmonter quelques obstacles particulièrement ardus le long du chemin, c'est sacrément dommage.

Ne vous inquiétez pas, même si vous ratez votre saut vers la corde,
vous tomberez 2 mètres plus bas sans bobo et vous pourrez réessayer tout de suite.


Le jeu n'est pas foncièrement déplaisant, mais honnêtement, il est vraiment loin d'être passionnant. Trop linéaire et trop facile, il a peu de chance de garder scotché à sa DS même un inconditionnel de l'héroïne en short. En tant que fan, je dois avouer que c'est une grosse déception, d'autant plus que ça n'est même pas comme si c'était visiblement une merdouille bâclée et mal foutue, c'est seulement le produit fade et sans âme d'un studio peu inspiré. Disons que si vous partagez votre console avec un joueur débutant, ça fait de quoi lui faire un petit cadeau sympa qui l'occupera une poignée d'heures, ce qui pour 10 € n'est pas une trop mauvaise affaire. Mais ça reste une cartouche loin d'être indispensable.
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7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 08:29
Bon je sais que quand j'ai démarré la rubrique DVD j'ai dit que je ferais pas trop les films vraiment connus parce que ça sert pas à grand'chose, mais là je vais faire une exception parce que ça me tient à coeur.

Comme tous les jeunes qui ont voulu avoir l'air de grands cinéphiles cool et branchés au milieu des années 90, Tarantino j'y ai cru très fort. Reservoir Dogs, Pulp Fiction
, vraiment ça m'a éclaté. Je les reverrais aujourd'hui, je ne les classerais sans doute plus dans les meilleurs films de l'univers, mais  je veux bien croire que ça reste de très chouettes films, et ce qui est sûr c'est qu'à l'époque j'étais un gros gros fan. Par contre j'avoue que moi j'ai commencé à douter dès Jackie Brown. Et quand j'ai vu Kill Bill, là vraiment j'ai décroché. A un moment donné quand on est cinéaste je crois que c'est bien d'essayer d'aller de l'avant et de créer des choses nouvelles plutôt que de se cantonner à rendre hommage aux trucs obscurs qu'on aime, en faisant quelque chose de plus cher, plus prétentieux et largement moins bien. N'importe quel vrai bon film de kung fu signé par un honnête Chinois, moins friqué et moins occupé à se regarder filmer et à montrer au monde à quel point il est un virtuose de la cinématographie et une encyclopédie vivante du cinéma de genre, vous explosera les deux Kill Bill en beauté.

Bref. Dans la mesure où Boulevard de la Mort était un nouvel hommage de Tarantino à lui-même par l'entremise de ses goûts en matière de vieux films, tellement importants et intéressants, j'ai renoncé à aller le voir au cinéma. Mais comme il est disponible en DVD autour de 7 € et qu'une copine m'en avait dit le plus grand bien, j'ai fini par me laisser tenter. Pour l'anecdote, elle semblait trouver particulièrement intéressant le fétichisme pour les pieds affiché par le film. Ca m'a un peu rendu curieux, je dois dire. Je me suis dit qu'il y avait un petit espoir pour que ce soit bien quand même. Que ce soit une espèce de Faster, Pussycat! Kill! Kill! moderne, avec les pieds à la place des gros nichons.
Entendons-nous bien, les remakes c'est mal, et remplacer les gros nichons par des pieds est une mauvaise idée, mais en théorie, disons que le genre "Action, violence, bagnoles et belles pépées" garde un certain attrait. Enfin tout ça pour vous dire que malgré mes premiers a priori négatifs sur le film, juste avant le visionnage j'étais à nouveau dans de bonnes dispositions à son égard, et pas dans l'état d'esprit du mec qui s'apprête déjà à détester.

J'espère que vous aimez les films de gens qui discutent à une table
parce que ça va être beaucoup de ça, quand même.


Ca commence sur des filles qui discutent. Elles discutent dans une voiture, longtemps. Puis elles discutent dans un restaurant, longtemps. Puis elles vont dans un bar et elles discutent encore, longtemps. Elles discutent aussi à l'extérieur du bar après, à côté du parking. Il faut dire que les dialogues, c'est ce qui a bien fait vendre Tarantino depuis Reservoir Dogs. Madonna et les grosses bites, le Royal Cheese, tout ça, souvenez-vous. Y a quand même un problème ici, c'est que le bavardage de ces demoiselles a tout le charme de Sex and the City, c'est dire si c'est passionnant. Ouh t'as pas baisé avec ton nouveau mec ? Tiens je parie que t'es pas cap de faire une lapdance à un inconnu trop craquant s'il vient réciter un poème. Les mecs ils bandent trop pour mon gros cul de Noire, ha ha ha ! Ce genre de papotage très intéressant quoi. Récité par des actrices pour la plupart largement trentenaires mais qui semblent jouer des personnages de 16 ans, parce que Papa il prête sa cabane au bord du lac mais attention, pas de garçons, et Machin je l'ai laissé me peloter mais on n'est pas allés plus loin ! Bon bien sûr il y a aussi régulièrement des plans sur des objets genre un juke box ou un disque, parce que ça fait stylé, voyez. Des fois il y a aussi un plan d'environ 2 ans et demi sur le portable d'un personnage qui tape un SMS et comme on ne voit pas trop clairement le logo Nokia on peut penser que c'est pas pour faire une pub (ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas de "placement de produit" dans le film, par contre) et du coup c'est sans doute censé développer le personnage, pour qu'on comprenne que sous ses grands airs c'est une fille sentimentale et tout. C'est une bonne idée de développer les personnages. Enfin sauf  peut-être quand ils meurent 10 minutes plus tard comme c'est le cas ici, mais qu'est-ce que j'y connais en cinéma après tout, moi qui ne suis même pas capable de citer constamment des références à de vieux films méconnus.

Tout n'est pas si noir, il y a quand même Michael Berryman de La Colline a des yeux
en travelo, on voit pas ça tous les jours.


Au bout de 40 minutes de film il n'y a toujours pas le début d'une intrigue et on n'a rien vu d'autre qu'une série de conversations. Heureusement, de temps en temps il y a eu un peu de Kurt Russell en marge du blabla des autres.
Kurt Russell a de la classe, une vraie présence à l'écran malgré le trop peu de temps qui lui est accordé, il incarne avec talent un vrai personnage de cinéma, ce qui forcément change agréablement des bavasseuses de sitcom qui monopolisent la pellicule. Et prouve au passage que décidément Boulevard de la Mort n'est pas le Faster, Pussycat! Kill! Kill! des années 2000, puisqu'ici le meilleur personnage est masculin et qu'aucune des nanas ne peut prétendre au titre ne serait-ce que de misérable ersatz de Tura Satana. Avec ses faux airs d'Eddy Mitchell balafré et au volant d'une bagnole indestructible, Kurt Russell joue le méchant de l'histoire, et peut se vanter d'être dans toutes les rares scènes du film qui ne donnent pas envie d'en regarder un autre à la place.

Ca y est, pas trop tôt, il aura fallu attendre la moitié du film mais Kurt et son bolide infernal
se décident enfin à réveiller un peu Boulevard de la Mort.

C'est triste à dire mais quand il massacre le groupe de filles qu'on a dû écouter jacter depuis le début, on a presque envie de l'applaudir et de lui dire merci. C'est honteux à avouer, et pas sympa de ma part de dévoiler l'histoire comme ça à ceux qui n'ont pas encore vu le film, mais c'est vraiment un moment de satisfaction et de soulagement : enfin, nous voilà débarrassés. Manque de pot la joie est de courte durée puisqu'après 5 minutes d'adrénaline et de violence survenues après trois quarts d'heure d'inaction, on en revient pour ainsi dire au début du film, mais avec un nouveau groupe de filles. Elles discutent dans une voiture, puis autour d'une table, puis dans une voiture, puis à propos d'une voiture. Longtemps, bien sûr, et toujours dans le genre Sex and the City. Il y a aussi des clins d'oeil de Tarantino à lui-même, parce que c'est un garçon qui a l'air de bien s'aimer et de se trouver vraiment intéressant et talentueux, et parce qu'il sait que c'est le genre de truc qui conforte la critique et les fans dans l'idée qu'un réalisateur est un vrai grand cinéaste intéressant avec son propre univers bien à lui, et tout et tout. Alors il y a du Big Kahuna par-ci, du massage de pieds par-là. Ca ne donne pas plus de charme à ces échanges interminables, mais y en aura toujours pour s'émerveiller que c'est de la super référence à Pulp Fiction.

Et hop nous revoilà autour d'une table à déblatérer, ceux qui aiment les films
où il se passe quelque chose peuvent se rendormir en attendant le quart d'heure final.

Kurt Russell refait surface alors qu'on avait fini par ne plus oser l'espérer, et le film se conclut sur 15 minutes de poursuite en voitures pour récompenser le public de sa patience. Honnêtement, ça n'est même pas vraiment mémorable. Pas mal quand même, notamment parce que la cascadeuse Zoe Bell donne de sa personne pour rendre la chose un peu plus spectaculaire que la moyenne, mais pas de quoi excuser tout le reste hélas. Et en plus le retournement de situation intervient trop vite, histoire de se précipiter joyeusement vers un dénouement "woohoo, Girl Power, youpi !" qui semble là pour permettre aux gros puceaux désespérés, ne sachant plus quoi inventer pour baratiner les femmes et tirer leur coup, de dire en sortant du film que "c'est génial parce que c'est hyper féministe comme film, j'ai adoré".

Le plus gros sponsor du film est d'une élégante subtilité et d'une discrétion absolue,
il convient de le souligner.

C'est pas que j'espérais avoir affaire à un authentique film d'action et je comprends bien que pour rester un méchant efficace, le cascadeur psychopathe doit être utilisé à petites doses, mais là, tout semble entièrement basé sur l'idée que les dialogues sont tellement brillants et les actrices tellement géniales que tout ça sera passionnant même si 80% du film n'a ni intrigue ni véritables personnages. Malheureusement, les interminables commérages des victimes et des héroïnes ne sont jamais drôles, enlevés, charmants, pétillants... C'est très lourd, et soporifique à souhait. Et au final le plus gros défaut du film ce n'est pas d'être un "hommage" plutôt qu'un vrai film, une reconstitution factice d'un genre qui n'en méritait peut-être pas tant, ce n'est pas d'être une autocélébration prétentieuse, c'est simplement que Boulevard de la Mort est beaucoup trop bavard, pas franchement très bien joué, et d'un ennui abyssal. Enfin, je sais que je ne convaincrai pas les Tarantinophiles que cette sombre merde n'est pas un chef-d'oeuvre "culte" "totalement maîtrisé" "virtuose" "déjanté" "jubilatoire" et toutes autres couillonnades interchangeables utilisées par les critiques branchouillés quand il s'agit de vendre un film estampillé "film d'auteur, mais cool", mais si je peux épargner à quelques autres le calvaire de ce faux thriller chiantissime, j'estime que j'aurai quand même écrit un article utile pour une fois.
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Published by Toxic - dans DVDs pas chers
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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 08:40
Les prix bas amènent parfois à acheter un peu n'importe quoi sur un coup de tête. C'est d'ailleurs en espérant vous éviter ça que j'ai créé ce blog à la base. Du coup je continue à acheter n'importe quoi, mais au moins c'est dans un but précis. Cela dit, pour ce jeu DS disponible autour d'une dizaine d'euros, j'avoue, c'était un coup de tête, mais accompagné de l'espoir fou qu'il s'agisse d'un bon jeu.

Apparemment, à la base c'était un jeu PS2. Et ce que j'ignorais c'est que son créateur était l'un de ces Auteurs de Jeu Vidéo à la American McGee. Le monsieur en question s'appelle Suda51 et a commencé sa carrière de manière honorable puisqu'il faisait des jeux de catch sur Super Famicom. Et après, il a fait Killer 7, qui pour ceux qui ne connaissent pas, est une sorte de rail-shooter de chie dans lequel le côté "artistique" (des graphismes minimalistes et un scénario aussi incompréhensible que prétentieux) est censé faire passer la pilule d'un gameplay ridicule.

Bref, si j'avais su que Flower, Sun and Rain était signé par l'Auteur de Killer 7, j'aurais gardé mon fric, mais une fois le jeu acheté, autant le tester, ce que j'ai fait. Sous-titré Murder and Mystery in Paradise, le jeu s'ouvre sur une espèce de clip de J-Pop pas foncièrement désagréable mais dont il ne faut pas espérer qu'il vous explique quoi que ce soit par rapport à ce qui va suivre. Ensuite, un gars en costard nous explique à quel point il est heureux de conduire une Toyota Celica, et aussi qu'il a été embauché pour aller résoudre une énigme sur l'île de Lospass à la demande d'un directeur d'hôtel. Jusqu'ici, je continuais à espérer un jeu d'aventure pas forcément abominable...

Moi j'aime trop ça conduire ma Toyota Celica,
c'est trop bien la Toyota Celica.


Hélas, les choses se gâtent quasiment dès que le protagoniste descend de sa chère Toyota Celica. Sur un parking, on tombe sur une liste d'objets perdus, accompagnée des règles de fonctionnement pour les récupérer. On comprend qu'il faut retrouver ces objets, et qu'il va falloir pour cela résoudre les petites énigmes inscrites sur la liste. Ok, pourquoi pas. Ah, par contre, on peut pas emmener la liste pour avoir les objets et les énigmes à disposition tout le temps. C'est vraiment très très pratique. Ah mais on peut prendre des notes en utilisant le stylet de la DS. Bon ça écrit très gros, la feuille de note fait à peine la taille de 2 écrans DS et dès qu'on veut effacer un truc on efface tout, donc c'est absolument impossible de prendre des notes utiles. Donc il faut garder un vrai carnet et un vrai crayon avec soi quand on joue. C'est décidément super pratique. Surtout pour ceux qui aiment jouer à la DS pendant leurs trajets en transport en commun. Putain ça démarre vraiment trop bien ce jeu.


La carte de l'île sur l'écran tactile est vraiment très pratique
pour se repérer à l'intérieur de l'hôtel, merci la carte.

Là c'est con parce que j'ai éteint sans sauvegarder, me disant que je me replongerais dedans un jour où j'aurais du papier et un crayon pour jouer. Et en recommençant au début il faut se refarcir toute la putain de longue intro bavarde de merde qu'on peut pas sauter du tout. J'adore. A propos, il y a des voix sur les textes mais je ne sais pas ce que c'est. Ca ressemble un peu à un robot qui aurait appris 12 mots de pseudo-japonais et les répéterait avec un module vocal cassé. A bien y réfléchir je me demande si les personnages ne parlaient pas de la même façon dans cette daube de Killer 7. Enfin bref. Une fois reparti dans le jeu, je me suis mis en quête des énigmes à résoudre. Et là mes amis, quelle rigolade vraiment.

Oui Jean-Pierre, c'est mon dernier mot.

Bon en gros, le principe du jeu, c'est qu'on déplace maladroitement son couillon dans des décors 3D aux textures rudimentaires, et des fois il y a un personnage ou un objet avec lequel interagir, quand c'est un personnage ça déclenche un dialogue inepte, quand c'est un objet ça lance une résolution d'énigme. Les énigmes fonctionnent toute de la même façon : c'est une combinaison de chiffres à découvrir. Voilà, c'est tout. Tout le jeu, c'est ça. Des combinaisons de chiffre à trouver en fonction des indices donnés sur les listes d'objets perdus ou le guide touristique de l'île. Ah c'est vraiment passionnant. Des fois il y a 3 chiffres, des fois 6. Des fois 4 ou il me semble même qu'une fois c'était 2 chiffres, ou 5. Oh allez ça a bien dû aller même jusqu'à 8 chiffres quand j'y pense. En tout cas c'était des chiffres quoi. Putain mais qu'est-ce que c'est passionnant, je vous raconte pas. Ca vous fait pas envie, vous, un jeu qui consiste à trouver des chiffres en vue de débloquer le prochain dialogue inepte ?

La cerise déconfite sur le gâteau au vomi, c'est qu'avant chaque combinaison chiffrée
il faut aussi retrouver la bonne prise à brancher, et que ça n'obéit à aucune logique,
il faut juste les essayer une par une jusqu'à trouver la bonne,
ce qui est extrêmement intéressant vous en conviendrez.


Bon moi j'avoue, vraiment pas. J'ai rarement eu autant l'impression qu'un jeu se foutait de ma gueule qu'avec FSR. La partie ludique est indigente, et surtout une vraie punition, quant à l'histoire, comme pour Killer 7 c'est du blabla "mystérieux" qui trouvera toujours des fans parce que certains préféreront dire que c'est génial et qu'ils adorent plutôt que d'avouer comme les autres qu'ils n'ont rien compris. C'est vrai que je suis pas forcément le meilleur public ni pour les jeux d'énigmes, ni pour les atmosphères "lynchiennes". Mais même pour les fans de l'un ou de l'autre, j'ai du mal à imaginer comment ils pourront trouver leur plaisir là-dedans. Les otakus qui auront décidé de se pignoler quand même sur cette obscure histoire de conducteur de Toyota Celica qui doit retrouver des roues de secours, des chaussures ou des poupées pour empêcher un attentat risquent de se lasser d'être constamment interrompus par les codes chiffrés à trouver. Quant aux pros du casse-tête façon Safecracker, ils ont de quoi être déçus par le fait qu'il n'y ait qu'un seul type d'énigme à résoudre dans tout le jeu, et que l'ergonomie soit aussi pourrie. Bref, je pense pouvoir dire sans hésiter que c'est de la merde à éviter à tout prix. Voilà je l'ai dit, ça fait du bien.
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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 08:43
Vous voyez, j'ai pas oublié les jeux vidéos ni oublié que je cherchais de quoi sauver les pauvres hères qui jouent à Prison Tycoon comme des imbéciles. Le candidat du jour : Oil Tycoon 2. Ca alors, je ne savais même pas qu'il y avait eu un Oil Tycoon, et voilà que mon supermarché brade à 5 € ce qui est supposé être sa suite. Ca sent la série à succès ou je ne m'y connais pas. Cinq euros, c'est un peu cher pour un jeu qui même à sa sortie en 2005 était déjà un produit pour le rayon "budget", mais dans ma quête d'un bon jeu de gestion pas cher  et facile d'accès hors des classiques que tout le monde connaît, je n'ai pas lésiné à la dépense donc voilà.

Le jeu de Dartmoor Softworks vous propose de devenir un roi du pétrole, ce qui est certes un business peu reluisant (même la jaquette du jeu ne cherche pas à embellir les choses), mais a au moins le mérite d'être une véritable industrie à but lucratif, pas comme la prison. L'ambiance est sérieuse, pas de couleurs criardes et de personnages hideux pour donner un côté pseudo-humoristique à la chose, on est dans la même veine que les Tycoon à l'ancienne (Railroad, Transport...), pas les produits plus "grand public" qui ont fleuri après Rollercoaster Tycoon (Zoo, Hospital, Moon...).

Au lancement d'une partie, vous avez le choix entre divers scénarios situés à différentes époques en différents lieux ou le mode libre, qui vous laisse le choix de votre ville de départ mais vous force à démarrer en janvier 1900. Dans tous les cas, vous dirigez une compagnie pétrolière avec pour but de trouver, extraire et vendre la vilaine huile grasse pour vous enrichir. Il n'y a pas vraiment de mission d'apprentissage, juste des indications qui apparaissent en début de chaque partie pour vous orienter un peu. Un système pas trop convaincant hélas, car elles ont tendance à avoir un train de retard, et n'expliquent pas très bien. Pour les débutants ça me paraît un peu abrupt, mais si vous avez déjà un peu d'expérience du genre, comprendre les bases paraîtra un peu plus simple. Enfin, jusqu'à ce qu'on se rende compte que l'aide de jeu a automatisé des tâches sans les expliquer, et qu'il faudra ensuite se démerder seul pour effectuer ces actions sans même avoir aucune idée de leur existence.  Très pratique.

Le jeu se joue toujours à l'échelle du monde entier, avec en orange
les villes "clientes" et en bleu celles où il y a du pétrole.

Bref, c'est mal foutu mais le gros du jeu est quand même relativement simple. On achète aux autorités d'une zone le droit de prospecter dans la région, on mandate une équipe d'experts pour localiser les gisements du coin, un fore son premier puits... Après, il faut construire des cuves pour y stocker le pétrole brut, des pipelines pour les raccorder à la source, et des routes pour que le précieux liquide puisse ensuite être emmené jusqu'au port, où il sera chargé sur un navire et envoyé vers la civilisation pour être vendu.

Youpi, le pétrole jaaillit, l'aventure peut commencer.

Par la suite, on peut étendre quelque peu ses activités, notamment en construisant sa propre flotille de pétroliers pour éviter d'avoir à en "louer" constamment, mais aussi en offrant divers bâtiments à la ville dans laquelle on écoule son produit, de manière à ce qu'elle se développe et ainsi soit assez riche pour acheter plus d'or noir. Malgré tout, on atteint assez vite les limites du jeu, qui repose sur des mécanismes assez simples même quand leur activation est rendue inutilement compliquée. On prospecte, on fore, on stocke, on exporte, voilà. Forcément, il n'y a qu'un seul produit donc ça reste basique, il n'y a pas de chaînes de production/transformation compliquées à mettre en place.

La liste complète des constructions disponibles, certaines étant réservées
aux villes de forage, et d'autres aux villes où vous vendez vos cargaisons.

Le jeu a donc un peu le cul entre deux chaises : le manque de complexité en faisait un candidat pour ma recherche d'un tycoon pas cher pour débutants, mais l'austérité de son thème et la lourdeur de l'interface ont largement de quoi rebuter ces mêmes débutants. C'est de plus l'un de ces jeux où, une fois qu'on a posé la base de son entreprise, pendant loooooooongtemps il n'y a absolument plus rien à faire que de regarder le fric remplir les caisses, avant d'aller refaire exactement les mêmes choses ailleurs sur la carte.

Voilà, les puits sont creusés, les cuves sont construites,
les pipelines sont posées, vous pouvez aller faire la sieste

Depuis que j'ai commencé ce blog il y a un an et demi (presque deux ans en fait, rappelez-vous qu'avant le bug de l'an 2008, j'étais là-bas), c'est rare qu'un jeu mais à ce point laissé indifférent finalement. Le thème n'est pas débile mais pas très intéressant. C'est pas complètement con mais ça n'est jamais bien palpitant. Le contenu  n'est pas ridiculement faible mais suffisamment maigre pour que ça devienne vite répétitif. Ca n'est pas horriblement mauvais mais juste assez mal foutu pour pas donner envie d'y rester longtemps. Bref, pour résumer c'est 5 € de gâchés et une quête qui continue...
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Published by Toxic - dans Test (PC)
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28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 09:08
Roddy Piper n'a pas eu grand'chose de prestigieux à mettre sur son CV depuis Invasion Los Angeles de Carpenter, Hulk Hogan nous a gratifiés d'une brouette de comédies d'action poussives à la limite du regardable, The Rock enchaîne les séries B plus ou moins médiocres... L'avenir nous dira si Ernest "The Cat" Miller va réussir à poursuivre ses aventures sur gand écran en conservant le même niveau de qualité qu'avec The Wrestler d'Aronofsky, mais en attendant, on peut dire que Lino Ventura reste le seul catcheur a avoir fait une belle carrière d'acteur.

Chris Jericho a entamé la sienne en 2006 durant sa période sabbatique avec un téléfilm canadien tourné pour The Sci-Fi Channel, Android Apocalypse de Paul Ziller, publié chez nous en DVD par Columbia Tristar et trouvable pour un peu moins d'une dizaine d'euros. Evidemment, une production Sci-Fi, canadienne en plus, c'est pas forcément le meilleur tremplin pour devenir une vedette à Hollywood, mais on fait ce qu'on peut, en l'occurrence ici presque rien vu qu'il disparaît totalement à la 20ème minute, donc on ne s'étonnera pas qu'il soit revenu à la WWE peu après.

Mais je brûle les étapes, ne révélons pas tout de suite que le personnage de Chris Jericho meurt dans l'une des premières scènes du film, tué par le héros. Android Apocalypse se déroule dans un futur indéterminé où, évidemment, la Terre a été ravagée et les survivants habitent dans des dômes à l'abri de la désolation et de la pollution extérieures. On pourrait dire que c'est une vision assez convenue de notre avenir, mais attention, ici c'est une vision avec un filtre jaune, et ça quand même, ça en jette. Dans ce monde hostile, l'humanité a recours à des robots pour effectuer les basses besognes. Et si les "Cogs", des androïdes à l'apparence parfaitement humaine, se sont montrés dociles, en revanche les sondes explorant le wasteland ont été frappées par un virus informatique qui les a retournées contre leurs maîtres, rendant le monde extérieur encore plus dangereux. Le film s'ouvre sur une chasse à l'homme ou plutôt à l'enfant, alors que 3 Cogs (parmi lesquels Chris Jericho) se lancent au secours d'un jeune fugueur traqué par des sondes tueuses. A leur retour de mission, on comprend que l'un d'eux, celui qui a porté le gamin lors du sauvetage, commence à éprouver des sentiments humains. Comme dans tous les films avec des robots à l'aspect parfaitement humain.

Si vous êtes fans de l'ex-Ayatollah of Rock'n'Rollah, profitez bien
de cette image parce qu'après ça il reste plus d'une heure de film sans lui.


Avec ses thèmes à peu près aussi vieux que la SF elle-même, vous aurez compris qu'Android Apocalypse ne joue pas forcément la carte de l'innovation. On ne sait pas trop quelle carte il joue d'ailleurs, mais disons que comme il tente aussi le buddy movie avec deux-mecs-que-tout-oppose-mais-qui-finiront-par-s'apprécier, c'est vraiment sûr à 100% que ce n'est pas celle de l'originalité.

Le futur sera jaune ou ne sera pas.

En effet, notre robot émot
if, matricule DeeCee, se retrouve envoyé au "Terminus", un laboratoire-prison où les androïdes sont remis à neuf, ce qui efface leur mémoire au passage, et où les humains ayant enfreint la loi sont utilisés comme pièces détachés pour la rénovation des androïdes en question. Et lorsque le camion de transport est attaqué par des sondes, DeeCee se retrouve dans le désert enchaîné à un condamné, Jute (on ne rigole pas, c'est puéril les gars, franchement), censé servir à sa réparation à l'arrivée au Terminus. Evidemment, Jute n'a pas envie d'être charcuté pour que son liquide céphalo-rachidien soit donné à un robot, et DeeCee n'a pas trop envie que sa personnalité pleine de belles émotions humaines soit détruite, et ils vont donc faire en sorte d'échapper à leur destin bien que Jute déteste les Cogs et que DeeCee soit assez réticent à l'idée de désobéir à sa mission de robot au service des autorités.

Le casting n'est pas forcément très impressionnant si l'on excepte
un formidable cameo de Magloire.


S'ensuivent péripéties dans le désert, puis dans un truc non-identifié en ruine, puis dans le désert à nouveau, et enfin au Terminus, où nos héros déjoueront un bien sinistre complot tout en sauvant la femme de Jute. Poursuites, fusillades, explosions, quelques effets spéciaux à base d'images de synthèse de robots au design pompé sur Terminator et Matrix : le réalisateur mise avant tout sur l'action, mais comme il doit tenir 90 minutes avec un budget qui semble inférieur à celui dont bénéficie, pour un épisode de 45 minutes, une série comme BattleStar Galactica (un autre programme de Sci-Fi Channel), on ne peut malheureusement pas dire qu'on soit soufflé par le résultat. Entre les intérieurs de la ville futuriste qui semblent avoir simplement été tournés dans un hall d'université et les jeeps au conducteur mort qui terminent leur course dans des piles de cartons mais s'arrêtent miraculeusement avant de s'écraser dans le mur parce qu'après il fallait les rendre à l'agence de location, Android Apocalypse fait vraiment pauvre.

Des cascades hallucinantes avec des jeeps qui font des bonds d'au moins, pfffouu,
20 cm au-dessus du sol, pas plus quand même parce qu'il fallait pas les esquinter.

Hélas, ce ne sont pas vraiment les scènes de développement de l'intrigue qui rattraperont la faiblesse des scènes d'action. Outre le fait qu'il n'y ait absolument rien de nouveau à voir, ça n'est pas très bien raconté. A titre d'exemple et sans vouloir trop en dévoiler sur l'histoire, le film ne parvient absolument pas à nous justifier les intentions du méchant de service. Ok, il veut éradiquer les humains et les remplacer par ses robots, ça on a pigé, mais pourquoi ? On ne nous dit pas pourquoi il hait l'humanité, et on ne nous montre pas en quoi les androïdes pourraient apparaître comme des êtres supérieurs aux yeux de qui que ce soit. Tyrrell semble fier que ses Réplicants aient développé des émotions humaines dans Blade Runner, mais le savant fou de Android Apocalypse au contraire déteste ça. On peut comprendre que Skynet veuille peupler le monde de machines aussi redoutables et solides que les Terminators, mais en dehors du personnage principal les Cogs d'Android Apocalypse apparaissent systématiquement fragiles et peu efficaces (Chris Jericho est détruit à coups de poings...). Alors franchement, qu'est-ce qu'ils ont de si extraordinaires ces Cogs ?


Les dialogues sont parfois particulièrement crétins, comme dans cette scène où les futurs copains se chamaillent sur la nature des Cogs. Comme l'appellation "grille-pain" est déjà prise par BattleStar Galactica, Jute déclare à DeeCee "T'es pas un homme, t'es une machine, comme... un mixeur !", bon déjà c'est super original, mais alors DeeCee qui veut l'amadouer essaie de faire une blague, et lui rétorque "Je suis peut-être... un homme-mixeur ?", ha ha c'est hilarant, et là Jute se bidonne comme un gosse qui vient d'entendre pour la première fois la blague de l'ours et du lapin qui font caca dans la forêt, et ajoute, tenez-vous bien ça tue, "Ouais, comme un appareil de cuisine quoi !", pour ceux qui n'auraient pas compris qu'un mixeur était un appareil de cuisine.

Dans le futur, un moignon après amputation de main droite
ressemblera exactement à un poing droit dans des bandages noirs
parce que les bons trucages ça coûte cher.


Le jeu des acteurs interprétant les Cogs est totalement incohérent. Visage impassible, ton de voix neutre, mouvements secs et précis, Joseph Lawrence est celui qui fait le robot avec le plus de conviction, et c'est pourtant lui qui joue DeeCee, le robo-emo. A côté de ça, ses deux poursuivants, tout aussi robotiques mais censés n'avoir absolument aucune émotion, en montrent dix fois plus : la fille est colérique et jalouse, le gars est sadique et rigolard. Alors peut-être qu'ils ont développé des émotions aussi mais l'histoire ne le dit pas, tout ce qu'elle nous dit c'est que leur patron préfère se débarrasser de ceux qui en développe donc on suppose que s'il a gardé ces deux-là, c'est qu'ils n'ont pas d'émotions. Sauf que visiblement ils en ont. Enfin, voyez, je réfléchis plus que le réalisateur et le scénariste, là. Je sais bien qu'il faut prendre ça comme une simple série B, pas comme un film d'auteur, mais il y a des séries B moins paresseuses, qui font plus d'efforts pour se montrer crédibles, ou suffisamment captivantes par ailleurs pour qu'on ferme les yeux sur certaines de leurs incohérences. Ici malheureusement il n'y a pas grand'chose à quoi se raccrocher.

Les Cogs sont des êtres tellement supérieurs qu'on peut les faire s transformer
en mannequins explosifs en leur plantant un bout de métal pointu dans le dos.

Mis bout à bout, il est vrai que tous les éléments foireux, ratés, minables, etc, peuvent faire rigoler si vous êtes de bonne humeur. Je ne dirais pas que c'est du grand nanar, mais j'avoue avoir souri assez régulièrement pendant le visionnage, ce qui n'est déjà pas si mal. Cela dit, "pas si mal" ne vaut pas les 6 € que j'ai dépensé pour. Si vous le dénichez à 1 ou 2 € en solderie et que vous êtes du genre indulgent, ça peut justifier l'achat pour s'amuser un peu entre potes, mais sinon, clairement, non. Voilà, maintenant rassurez-vous, je vais recommencer à parler de jeux vidéos ici mais je voulais vraiment lancer la nouvelle rubrique avec une salve d'articles pour pas que ça ait l'air d'un truc éphémère que j'abandonnerais au bout d'un film. Merci de votre patience.
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Published by Toxic - dans DVDs pas chers
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