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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 11:37

Street Fighter La Legende de Chun LiCa doit bien faire quinze ans que je n'ai pas revu la première adaptation ciné de Street Fighter et il ne m'en reste pas grand'chose si ce n'est le souvenir d'un mauvais film assez ennuyeux, qui passait à côté d'une occasion en or d'utiliser Jean-Claude Van Damme dans ce qu'il faisait de mieux à l'époque : le film de tournoi d'arts martiaux clandestins comme Tous les coups sont permis ou Kickboxer. Il s'était fait bien descendre par la critique mais il avait rapporté un paquet de pognon, ce qui a dû amener les producteurs de cette nouvelle version (qui ignore totalement les faits de la précédente) à penser que la recette qui marche pour porter Street Fighter au grand écran, c'était de ne PAS en faire une histoire de compète de baston. Et autant je suis pas pour les adaptations littérales et je peux comprendre que quand on essaie de faire un film basé sur, mettons, Super Mario Bros., on peut pas vraiment en faire un "film de plates-formes", autant je ne vois pas pourquoi Street Fighter insiste pour ne pas faire comme ses petits camarades Mortal Kombat, Tekken et Dead or Alive. Surtout en pleine mode des films sur le "freefight" comme Never Back Down et tout ça. Avec un peu de chance la troisième tentative (s'il y en a une) explorera cette voie-là.

En attendant donc, cette Légende de Chun-Li oppose deux des personnages les plus connus de la série, Chun-Li et M. Bison, devenus ici une pianiste de renom et un homme d'affaires véreux plutôt qu'une agent d'Interpol et un seigneur du crime. Bison (joué par le toujours classe Neal McDonough, le soldat au chapeau melon dans Captain America) a enlevé le père de Chun-Li alors qu'elle était encore enfant ; dix ans plus tard, après être devenue Kristin Kreuk (la petite gourde mignonne de Smallville), Chun-Li reçoit un étrange parchemin l'invitant à enrichir sa connaissance des arts martiaux auprès d'un certain Gen en Thaïlande. A Bangkok, le maître vieillissant lui enseigne de nouvelles techniques pour l'aider à affronter Bison et contrecarrer ses plans diaboliques.


Street Fighter 01Ci-dessus : PAS le sujet du film, du tout.


Bon, en théorie, pourquoi pas hein. Même si, je répète, je reste persuadé qu'un simple "les meilleurs castagneurs du monde sont invités à se savater la gueule à Bangkok, mais c'est un piège" reste un sujet plus à propos, on reste quand même un peu dans l'esprit Street Fighter, avec de la vengeance, de la baston, un méchant diabolique et un casting international. Et le réalisateur Andrzej Bartkowiak, qui signe là sa deuxième adaptation de jeu vidéo après Doom (je ne sais pas s'il cherche à devenir un genre d'Uwe Boll de luxe ou quoi), a visiblement fait quelques efforts pour contenter les fans de la saga : outre les personnages déjà cités, on retrouve une poignée de combattants bien connus de cet univers (Balrog, Vega...), et dans les scènes de tatane Chun-Li utilise quelques coups empruntés au jeu. Probablement pas de quoi empêcher les intégristes de hurler à la trahison de l'oeuvre originale, mais disons qu'en surface il semble y avoir les ingrédients pour un polar orienté action pas trop tarte ni trop éloigné de ses racines.


Street Fighter 03SPINNING BIRD KICK!


Inutile de tourner autour du pot plus longtemps : ce deuxième Street Fighter part pas trop mal, mais se casse la gueule en cours de route, et ne parvient pas vraiment à s'en relever. Le démarrage n'est pas inintéressant, y a de l'action, de la bagarre, Kristin Kreuk a l'air impliquée dans ce qu'elle fait à défaut d'être une grande actrice, et le personnage de Bison, bien que très différent de son homologue de borne d'arcade, y apparaît comme un bon méchant de cinéma, cruel et impitoyable, sans pour autant que l'acteur ait à en faire des caisses, et alors qu'il n'a pas vraiment la carrure et visiblement pas les aptitudes au kung fu d'un "boss" de Street Fighter. Et pour être honnête, ces bons éléments se maintiennent assez bien tout au long du film, mais malheureusement ils se retrouvent noyés dans le reste, qui est plutôt médiocre, pour ne pas dire naze.


Street Fighter 04

Michael Clarke Duncan était le choix assez évident pour Balrog le boxeur,
tandis que Robin Shou en Gen enchaîne un quatrième film tiré de jeux vidéo
après les deux
Mortal Kombat et DOA.


C'est trop bavard, tout ce qui concerne les machinations de Bison et de son entreprise Shadaloo est expliqué de façon assez laborieuse et paraît à peu près complètement dénué de sens : il fait proliférer le crime dans un quartier pour faire baisser le prix du terrain pour tout racheter à bas prix... puis au lieu d'acheter, il se fait céder le contrôle du quartier par les autorités locales, en les menaçant... puis on dirait que son projet immobilier n'est qu'un écran de fumée pour dissimuler son vrai but, faire accoster un bateau dans ce fameux quartier... sauf qu'il possède une île privée, donc on comprend pas trop pourquoi il a besoin de faire accoster le bateau à Bangkok puis d'héliporter le chargement sur son île... Quand je vous dis que tout serait tellement mieux si ça parlait simplement d'un championnat de patates dans la gueule ! Pour ne rien arranger, en parallèle à ça, on suit l'enquête de deux flics, et entre une Moon Bloodgood assez terne (même si étonnamment décolletée pour une agent de l'antiterrorisme) et un Chris Klein allie une absence charisme avec un jeu d'acteur fluctuant entre "qu'est-ce que je fais là, déjà ?", "au fait, je le jouais comment le personnage dans la scène d'avant ?" et "je comprends rien à mon texte, mais je suis cool, okay ?", on a du mal à se passionner pour leurs investigations, qui du coup plombent bien le rythme.


Street Fighter 05Chris Klein et Moon Bloodgood au meilleur d'eux-mêmes.


Pour ne rien arranger, si les combats sont plutôt pas mal chorégraphiés, la plupart souffre hélas d'un montage crétin qui pense être dynamique alors qu'il n'est qu'illisible, où le moindre coup de pied se retrouve montré successivement sous 5 angles différents en une fraction de seconde. C'est encore plus frustrant que les films où la caméra gigote tout le temps pour qu'on ne remarque pas trop qu'à la base l'action était minable, parce que là, on devine que c'était plutôt réussi par moments et donc qu'on rate vraiment quelque chose. Rien d'exceptionnel mais correct, avec quelques scènes un peu originales, comme lorsque Chun-Li, pendue au plafond par les pieds et menottée, parvient à éliminer deux adversaires et à s'évader. Au final j'avoue que le résultat n'est jamais aussi catastrophique que dans une horreur comme Doomsday, mais ça reste assez décevant.


Street Fighter 02Alors sinon, un truc que j'ai pas compris, c'est pourquoi Chun-Li est obligée
de vivre comme une clocharde alors que c'est une riche pianiste.


Ca n'est pas complètement nul, mais c'est quand même franchement mauvais. Le scénario oscille entre le déjà-vu, le poussif et le complètement débile (il y a toute une sous-intrigue qui raconte comment Bison a transféré toute la bonté de son âme dans le corps de sa fille pour pouvoir se consacrer pleinement à être méchant), ça manque de pêche, le casting ne fait pas vraiment d'étincelles... En clair, on s'ennuie, on regrette que ça ne soit ni vraiment un nanar ni vraiment un film potable. Décidément, la meilleure version de Street Fighter au cinéma reste encore cette séquence de Nikki Larson avec Jackie Chan où il se transforme en Chun Li.

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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 09:55

TekkenAussi curieux que ça puisse paraître, je crois qu'en définitive les jeux de baffes un-contre-un sont encore ceux qui ont le plus de chances de donner lieu à des adaptations cinéma un peu mémorables. Dans les autres genres, même quand vous prenez les moins nazes, genre Prince of Persia ou Tomb Raider, ça reste des produits dérivés insipides signés par des fonctionnaires hollywoodiens blasés, qui n'ont à peu près aucun intérêt. Mais dans le domaine de la baston, bon, je ne dis pas qu'il n'y a pas de grosses daubes comme Street Fighter, mais à côté de ça vous avez des machins improbables qu'on ne peut certes pas vraiment qualifier de bons films, mais auxquels un mélange de crétinisme fougueux et de fantaisie débridée confère une espèce de charme bourrin unique. Je pense évidemment à des films comme Mortal Kombat ou DOA: Dead or Alive, des films idiots mais à la personnalité forte, qu'on a du mal à vraiment mépriser ou détester. Enfin, à moins de se mettre devant en espérant du cinéma sérieux pour grandes personnes, évidemment.

Tout ça pour dire que j'avais un certain espoir que Tekken, l'adaptation des célèbres jeux de combat de Namco, soit lui aussi l'un de ces chouettes films débiles. L'univers s'y prête assez bien, a priori, avec ses nombreux personnages farfelus et sa multitude de petites intrigues aussi tortueuses et mélodramatiques que superflues pour justifier que tous ces braves gens se retrouvent à intervalles réguliers pour se démolir la gueule. Mais que pouvait bien devenir tout ça entre les mains du scénariste de Ballistic et The Marine, et d'un réalisateur dont les rares incursions en dehors du monde des séries télé (Anacondas 2 ou Le Fantôme de l'Opéra avec Robert Englund...) n'ont jamais vraiment brillé par leur qualité ?


Tekken 06Bon, ça s'annonce pas trop mal, les personnages ressemblent assez à ceux des jeux vidéo...


Ca commence dans un futur post-apocalyptique où les multinationales ont pris le pouvoir après la chute de tous les gouvernements mondiaux. Elles forment une espèce de coalition nommée Iron Fist, c'est-à-dire "le Poing de Fer", et la plus puissante est la multinationale Tekken, c'est-à-dire "le Poing de Fer", et là déjà on sent que le mec qui a écrit ça s'est vachement intéressé au matériau de base. Je répète, à chaque fois, qu'une adaptation doit être jugée sur des critères autres que le simple "si c'est fidèle à sa source c'est bien, sinon c'est nul", mais quand même, là le détail me paraît intéressant au sens où il donne l'impression que les auteurs ont tellement pris leur public pour des teubés qu'ils ont tenu à coller le nom de "Tekken" partout, sans même chercher à savoir ce qu'il signifiait, comme s'il fallait justifier le titre du film. Clairement, si "Tekken" n'avait été que le nom du tournoi d'arts martiaux autour duquel l'intrigue est centrée, on n'aurait pas pigé pourquoi le film s'appelait Tekken. D'ailleurs histoire d'en rajouter une couche, l'action démarre dans un bidonville de la périphérie de Tekken City (si si je vous jure). On est presque surpris que le grand patron de la multinationale s'appelle Heihachi Mishima comme dans le jeu plutôt que John Tekken.


Tekken 08Mais c'est quand même un film intelligent hein, y a un making of où une "actrice" qui doit avoir
deux répliques en tout nous explique le profil psychologique de son personnage.


Bon, bref. Tant qu'on n'entre pas dans les détails, l'intrigue du film ne paraît pas plus conne que la moyenne pour un film de bagarre : Jin, un jeune homme des quartiers pauvres (joué par un second rôle de Universal Soldier - Regeneration) dont la mère a été abattue par les miliciens à la solde de la multinationale Tekken décide de se venger en assassinant le grand patron, Heihachi Mishima, lors du prochain tournoi du Poing de Fer. On retrouve les passages obligés du genre, la présentation des concurrents, le vétéran qui prend le nouveau venu sous son aile, la jolie nana qui tombe sous son charme, les méchants qui trichent, les magouilles des organisateurs en coulisses... Absolument rien d'original, mais si c'est fait correctement et que les combats qui ponctuent l'histoire sont réussis, c'est pas très grave.


Tekken 01Bon mais évidemment, s'ils sont filmés comme ça par contre, ça peut poser problème.


Malheureusement, Tekken est en fait complètement abruti de bout en bout. Alors, je sais que pour certains c'est pas grave parce que c'est le genre de film qui se regarde "avec le cerveau débranché", et clairement Dwight H. Little et Alan B. McElroy n'ont pas fait le moindre effort pour viser au-dessus des attentes à peu près inexistantes de ce type de public. Et c'est cool pour eux, mais moi, si je voulais juste voir des gens se castagner sans que ça raconte rien, je regarderais de l'ultimate fighting plutôt qu'un film. J'ai du mal à m'intéresser à ce qui se passe à l'écran si je sens que même les gens qui ont fait le film s'en foutaient complètement parce que "ouais, bon, c'est Tekken, c'est prioritairement destiné à des mongolos avec zéro exigence à part que les costumes ressemblent à ceux du jeu, on va pas trop se fouler". Même un film particulièrement crétin comme Dead or Alive obéissait au moins à une certaine logique interne : le méchant avait une raison d'organiser ce tournoi, les combattants avaient une raison d'y participer. Ici, les motivations des uns et des autres (en dehors de Jin) sont assez floues, et les quelques éléments d'intrigue qu'on nous fournit se contredisent tout le temps au gré des besoins en rebondissements.


Tekken 04Au début du film, plusieurs scènes sont consacrées à la relation qui unit Jin à sa petite amie...
Tekken 05...mais avec l'arrivée de Christie Montiero, ce personnage subit le même triste sort
que la petite chanteuse dans Le Baltringue  avec Lagaf'.


Si au moins c'était aussi rigolo que DOA ou si les combats étaient bien mis en scène... Mais ça prend au sérieux son message mollement rebelle, et la majorité des interprètes ne sont pas d'authentiques pratiquants des arts martiaux mais des mannequins ou des danseurs, filmés de façon à masquer leurs limites lors des affrontements. Les bastons n'ont donc à peu près aucun intérêt, et il ne reste donc quasiment plus rien pour sauver le film de la nullité totale. Il n'y a même pas de semi-vedette venue cachetonner en cabotinant, tout au plus quelques seconds couteaux sympathiques (Cary-Hiroyuki Tagawa, Gary Daniels) qui n'ont pas l'air de beaucoup s'amuser, le reste du casting étant constitué d'inconnus photogéniques mais au charisme et au talent limités. Ca confirme que les producteurs n'avaient pas envie d'investir trop de sous, même si la pauvreté des décors (en gros, la majestueuse capitale Tekken City, c'est deux couloirs, une salle de gym, un bureau et une arène) était déjà un bon indice.


Tekken 03Petit coup de chapeau quand même à Ian Anthony Dale (Scorpion dans la nouvelle série Mortal Kombat),
qui se donne du mal pour avoir l'air d'un méchant trop cool, comme ici, tellement intense que même
quand il nique deux putes d'un coup, il peut pas s'empêcher de penser à ses plans
de vengeance et de domination du monde.

Tekken 02Cool guys don't look at explosions, c'est bien connu.


C'est donc un mauvais film idiot, horriblement mal écrit et platement mis en scène, sans relief et sans originalité. Je crois que le seul truc à peu près potable, c'est les costumes : les différents tataneurs ressemblent assez bien à leurs homologues virtuels sans que leur look détonne trop dans le monde réel. Mais à moins d'être le genre de fan qui se satisfera de payer 5-6€ pour voir le (charmant, certes) petit boule de Christie Monteiro en pantalon taille ultra-basse, Tekken n'a absolument aucune espèce d'intérêt.

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 08:00

Prince of Persia les sables du tempsAdaptation orange et bleue de l'adaptation pour consoles modernes d'un classique du jeu vidéo, Prince of Persia est une sorte de version friquée du Roi Scorpion croisée avec 300, soit une aventure alourdie de ralentis et d'effets spéciaux dans un Moyen-Orient imaginaire et magique. Le héros de Donnie Darko et du Secret de Brokeback Mountain y joue Dastan, un gamin des rues dont la noblesse de coeur lui permit d'être adopté par le roi de Perse et de devenir prince. Parvenu à l'âge adulte, alors qu'il se promène dans le désert avec ses frères adoptifs et toute leur armée, il tombe sur la forteresse sacrée d'Alamut, que le conseiller de leur père, Ben Kingsley, les persuade d'attaquer après la découverte d'une cargaison d'armes semblant indiquer que la ville sainte s'est secrètement alliée aux ennemis de la Perse. Une bataille et quelques fourberies plus tard, Dastan est en fuite, injustement accusé de haute trahison, encombré d'une princesse peu coopérative mais en possession d'une dague magique permettant de remonter le temps. Fort de ce pouvoir, il va tenter de laver son honneur et de démasquer l'enfoiré qui a tout manigancé pour lui faire porter le chapeau (il n'a pas vu la jaquette avec Ben Kingsley qui fait sa tête de méchant, il ne se doute de rien au début).

Comme c'est tiré d'un jeu, je n'en attendais pas grand'chose, et je n'ai pas été déçu, c'est effectivement ce que j'ai eu, ni plus, ni moins : pas grand'chose. Et attention, même avec si peu, c'est déjà le dessus du panier en matière de jeux vidéo portés au ciné hein, y a des acteurs corrects, un budget conséquent et un réalisateur qui, à défaut de mettre la moindre passion ou inventivité dans son boulot, y a au moins mis du professionnalisme et une certaine compétence. Mais être parmi les meilleurs sur un segment marketing où la concurrence va de "à chier" à "médiocre" est à peu près aussi difficile et glorieux que de battre Emmanuelle Laborit à un concours de chant, surtout quand on a les moyens de Disney. Mike Newell n'a visiblement pas cherché à viser au-dessus de "moyen" tandis qu'il cochait  sagement les cases de la liste d'éléments imposés par les producteurs à insérer dans le film.


Prince of Persia 02
Prince of Persia emprunte ainsi sans se fouler les sentiers battus du cinéma d'action/aventure moderne. Il y a l'attaque d'une forteresse pour faire comme dans Le Seigneur des Anneaux, mais en pas terrible (et trop visiblement filmée en studio sur fond vert). Il y a du parkour, comme dans les nouveaux James Bond ou Die Hard 4, mais pas du genre à couper le souffle. Trop de ralentis pour faire comme dans les films de Zack Snyder. Des images de synthèse pas spécialement ridicules mais pas impressionnantes non plus. Des personnages sans relief, déjà vus ailleurs, comme l'inévitable princesse pimbêche, parce que c'est comme ça qu'on montre, dans un film en costumes genre Pirates des Caraïbes, que le personnage féminin est moderne, indépendant et fort (même si elle est incapable de résister au charme du héros). On n'est jamais surpris (si ce n'est en constatant qu'à l'époque du film, apparemment, la Perse était entièrement peuplée de babtous), jamais vraiment enthousiasmé.


Prince of Persia 01
Il faut dire que ces personnages pas spécialement engageants (joués par des acteurs qui ont à peine l'air d'être à ce qu'ils font) et leurs péripéties mi-molles suivent une intrigue qui, sans être particulièrement plus conne que la moyenne, est tuée très vite par la découverte de la fameuse dague-à-remonter-le-temps. Quand un film s'autorise à se "rembobiner" comme ça, on sait toujours où ça va mener : dans les dix ou quinze dernières minutes, il y aura un faux dénouement cataclysmique, genre les héros meurent, le monde est détruit et tout, et puis à la seconde d'après, les trois quarts du film vont être purement et simplement annulés et remplacés. J'espère que personne n'a l'impression que je révèle un gros coup de théâtre là hein, parce que c'est toujours comme ça. Rappelez-vous de Next. Ca ne se dément jamais, et comme on le sait depuis le début, on a du mal à s'impliquer dans ce qui se passe à l'écran, on a presque envie de sauter directement aux derniers chapitres histoire de pas perdre son temps avec des péripéties qui finiront effacées par leurs protagonistes.


Prince of Persia 03
Alors certes, comparé aux autres adaptations de jeux vidéo que j'ai pu voir, ça n'est pas catastrophique, c'est meilleur que les Uwe Boll ou que Max Payne, ça vaut un Tomb Raider. C'est regardable, on ne s'ennuie pas trop, mais c'est vraiment très moyen, sans âme, sans originalité, sans saveur. On n'y retrouve pas ce qui fait le charme du Roi Scorpion, mais c'est plus réussi que sa suite, et les joueurs fans de PoP version Ubisoft y trouveront une certaine fidélité au matériau d'origine. En gros, c'est un film à suivre d'un oeil distrait un après-midi ou un soir où il n'y a vraiment rien d'autre à la télé, mais à 10€ ça ne vaut vraiment pas le coup d'acheter le DVD.

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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 09:10

Max PayneLes producteurs de cinéma ne sont pas toujours des gens très malins, mais il y a une chose qu'ils ont visiblement bien assimilée : il y aura toujours suffisamment de fans de jeux vidéo curieux pour rembourser le budget moyen d'un film adapté d'un jeu. Peu importe qu'ils soient généralement minables et que même les meilleurs ne soient que médiocres, peu importe qu'on mette des vedettes ou des seconds couteaux à l'affiche, peu importe que ce soit Uwe Boll ou un vrai réalisateur derrière la caméra, peu importe que ce soit un titre légendaire comme Doom ou un jeu qui n'a pas beaucoup marqué les mémoires comme Bloodrayne, on peut mettre 20 ou 30 millions dessus, il y aura toujours suffisamment de gogos pour se dire "tiens, un film sur un jeu vidéo, je devrais le voir au ciné ou en DVD, moi qui aime les jeux vidéo". Je me moque pas, hein, je fais moi-même partie de ces abrutis qui ne peuvent pas s'empêcher de s'attarder sur des Dead or Alive ou des Hitman quand bien même je ne suis pas fan de ces jeux-là en particulier, et tout en sachant que ça a 99% de chances d'être de la merde.

Une fois de plus donc, je me suis rendu coupable d'engraisser de cyniques marchands de caca en dépensant 5 € pour le DVD de Max Payne alors que je n'ai jamais joué à un jeu Max Payne. Signé par le réalisateur du remake de La Malédiction, le film ressemble au cousin dépressif de Sin City et The Spirit : c'est quasiment du noir et blanc, ça se passe presque entièrement de nuit, et sous prétexte de faire "film noir hyper stylé" ça fait surtout super factice, notamment à cause de cette fausse neige en plumes qui tombe tout le temps, ou de détails à la con comme cette porte de chambre d'enfant que l'on revoit régulièrement tout au long du film, et où les petites lettres suspendues disent juste "BABY" là où des vrais parents de la vraie vie mettraient le prénom du bébé.


Max Payne 06Et la femme de Max Payne a une gourmette sur laquelle est écrit "WIFE", aussi.


A Toronto New York, l'inspecteur Marky Mark Payne n'est plus que l'ombre de lui-même depuis l'assassinat de sa femme et de leur enfant, et a été relégué au service des affaires classées sans suite.Du coup il en profite pour enquêter sur l'affaire classée sans suite de l'assassinat de sa femme et de leur enfant. J'aimerais bien vous dire si c'était une fille ou un fils mais comme je le sous-entendais plus haut, on sait juste que c'était un bébé. Peut-être que BABY c'était son prénom, maintenant que j'y pense ? Qu'est-il arrivé à Baby Payne, telle est la question qui obsède Max depuis 3 ans. Pour quelque obscure raison, ses investigations le mènent dans une boîte de nuit où les gens se droguent et où il se fait draguer par Olga Kurylenko, avec qui il décide finalement de ne pas coucher, parce qu'apparemment entre ça et Hitman c'est à ça qu'elle sert dans les adaptations de jeux vidéo.


Max Payne 02Contrairement à Hitman, ici les producteurs frileux ont fait garder sa couverture à Olga,
du coup on s'étonne un peu moins qu'elle n'arrive pas à allumer ce geignard frigide de Max Payne.


Du coup Olga se fait massacrer par une mystérieuse créature ailée, et comme le portefeuille de Max est retrouvé parmi ses restes, il se retrouve soupçonné du meurtre. La soeur d'Olga, jouée par la petite mignonne de Sans Sarah, rien ne va !, HYPER CONVAINCANTE en impitoyable tueuse à gages russe je vous assure, décide donc de se venger de Max, mais c'est là qu'ils découvrent ensemble que tout ça est une machination diabolique parce que gnagnagna drogue hallucinogène blablabla méchants hommes d'affaires patati patata et à la fin, il gagne mais pas complètement, peut-être y aura une suite, faut voir, vous n'avez qu'à rester jusqu'après le générique pour voir si Nick Fury va proposer à Max de rejoindre les Vengeurs.

 

Max Payne 03Franchement, on y croit A MORT.


Comme je le disais, je n'ai jamais joué à Max Payne. Mais à l'époque le jeu avait fait son petit effet donc forcément, j'ai eu l'occasion de lire des choses dessus et de savoir que c'est principalement un jeu de fusillades en bullet time parce qu'à l'époque Matrix venait de sortir et c'était LE truc que tout le monde voulait copier. Forcément, un siècle de suites, imitations et parodies plus tard, c'est devenu ringard et le réalisateur a préféré ne pas en abuser, mais il a aussi préféré limiter les fusillades, même sans bullet time, au strict minimum. Du coup même si je l'ai mis en "Action", je préfère vous prévenir que Max Payne est un film extrêmement mou et bavard. Le genre qui paye une pute juste pour discuter parce qu'il arrive pas à bander, en somme. Ce qui donne à la scène où Mark Wahlberg ne couche pas avec Olga Kurylenko un nouveau sens finalement : c'est la clé qui explique le film. Vous savez comme dans les couillonnades de David Lynch. "Non mais tu vois, la tasse à café blanche c'est la clé, si tu repères les scènes avec la tasse à café blanche, tu comprends à quel point Mullholland Drive c'est trop génial". Bref. Il doit y avoir deux scènes d'action vers la fin quand même, mais je vous préviens que le temps qu'elles arrivent vous serez déjà endormis.


Max Payne 09Le générique de fin est assez cool par contre, mais c'est sûr et certain
que vous ne tiendrez pas éveillé jusque-là.


Oui parce que vraiment, Max Payne est très, très ennuyeux. Avoir négligé le côté "John Woo" du matériau de base pour se focaliser sur l'aspect "film noir" n'est pas grave en soi ; au risque de me répéter pour la ouatmillième fois, tant qu'un film est bon, on se fout de savoir s'il suit scrupuleusement sa source d'inspiration. Mais entre l'abondance de personnages sans intérêt, le scénario bidon et l'univers en simili-toc, on est plus près du risible Spirit que d'Humphrey Bogart. Max Payne lui-même semble avoir du potentiel au début, il est présenté comme un type exceptionnellement sinistre et rendu très dangereux par le fait qu'il n'a plus peur de rien puisqu'il n'a plus rien à perdre. Un archétype assez classique certes, mais quand c'est bien joué c'est cool. Malheureusement, comme l'interprétation de Wahlberg se limite grosso modo à arborer constamment une mine de chien battu pour qu'on comprenne bien à quel point il est tout triste d'avoir perdu sa famille, le personnage n'a finalement pas beaucoup d'épaisseur.


Max Payne 01Une scène au tout début le montre en tant que kamikaze sans peur et sans scrupules,
mais ça restera malheureusement le seul effort fait pour lui donner un peu de relief.


Si l'on ajoute qu'il paraît assez incompétent en tant qu'inspecteur, ça ne laisse plus beaucoup de raison de suivre son enquête avec intérêt. Après des années de recherches infructueuses, il lui faut encore tout un film pour piger la clé d'une énigme que le spectateur moyen résoudra en quelques minutes. Sa femme a été tuée par un type avec un tatouage représentant une aile noire... Les adeptes de la nouvelle drogue mystérieuse qui circule ont des tatouages similaires... L'entreprise pharmaceutique qui employait la femme de Max a pour symbole une aile noire... Holala ben oui ça a vraiment l'air compliqué tout ça. Si notre héros avait deux sous de de jugeotte, tout ssrait réglé dès la première demi-heure. Alors plutôt que de se compliquer à écrire un scénario moins simplet, les auteurs ont ajouté une heure de remplissage inutile, des rencontres avec des personnages secondaires qui ne mènent à rien, du bavardage... Alors vous me direz, tout ça c'est cool pour des acteurs comme Jamie Hector alias Marlo, le marlou de Sur écoute, ça le sort un peu des séries télé et ça lui donne l'occasion de jouer avec un accent, les acteurs aiment ça, ça fait genre "j'ai un large répertoire, je peux jouer plein de personnages", et si après Max Payne vous visionnez Ultimate Game vous pourrez toujours vous dire "ah ben tiens finalement Max Payne n'était pas le pire film avec Ludacris que j'aie vu", mais c'est une assez maigre consolation.


Max Payne 08Et en plus, notre inspecteur dépressif est tellement con qu'il faut encore que les méchants
lui expliquent leur plan diabolique à la fin avant de (ne pas) le tuer.

Le cahier des charges devait imposerdes scènes à effets spéciaux pour faire genre film à gros budget, et on a donc droit quelques temps à une fausse piste surnaturelle, avec de mystérieuses créatures ailées, piste intriguante que le scénario finit hélas par balayer sous le tapis en cours de route pour tout mettre sur le compte de cette drogue que les branchés des bas-fonds insistent pour consommer alors qu'elle semble n'avoir absolument aucun aspect positif pour la plupart d'entre eux. C'est juste un moyen supplémentaire d'arriver au bout du temps règlementaire, et d'avoir quelques images un peu étonnantes pour appâter le chaland dans la bande annonce.


Max Payne 11Remarquez, cette histoire d'ailes noires ça nous rappelle que Max ferait sans doute bien d'enquêter un peu
sur une certaine entreprise qui en utilise une comme logo, allez savoir, peut-être que c'est lié, hein,
mais c'est tellement dur à suivre comme piste qu'il faudra bien tout un film pour ça.


Les espoirs ne sont jamais bien hautsquand on commence à regarder un film tiré d'un jeu vidéo, mais Max Payne ne parvient quand même pas à franchir une barre pourtant placée très bas. Ca doit quand même pas être si difficile de faire mieux, ou disons au pire au moins aussi médiocre qu'un Hitman ou un Tomb Raider, un truc pas terrible mais assurant un peu de divertissement, mais là c'en est au point où si je devais choisir entre revoir ça ou Bloodrayne, je choisirais le film d'Uwe Boll. Con et poussif, le film n'est même pas regardable comme un nanar à la Dead or Alive. Le DVD se trouve régulièrement dans des opération du genre "5 pour 30 €", "10 pour 50€" ou "2 pour 10€", mais vous pouvez sans hésiter laisser traîner ce pauvre navet dans les bacs de solde, vous n'avez pas de temps à perdre avec une merde pareille.

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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 09:56

Ultimate GamePauvre Gerard Butler, voilà un type qui n'a pas eu trop de bol dans sa carrière jusqu'à présent, a enchaîné les occasions manquées. Quand il joue Dracula, c'est dans le tout moisi Dracula 2000 (tellement pas frais que le temps qu'il sorte en France, il a fallu le rebaptiser Dracula 2001, d'ailleurs). Quand il joue Beowulf, c'est dans la plus ennuyeuse des adaptations ciné de Beowulf, derrière un nanar avec Christophe Lambert quand même, la honte. Quand il joue Léonidas, ses répliques deviennent les plus parodiées de l'année. Et voilà maintenant qu'on lui donne un film à porter entièrement sur ses épaules, sans qu'il y ait de personnage connu dedans, seulement son nom en gros sur l'affiche, et que c'est une épouvantable merde. Décidément c'est quand même pas de chance.

Ultimate Game appartient à ce sous-genre de la science-fiction que sont les films de sports futuristes ultraviolents voire mortels, façon Rollerball ou Running Man, voire Battle Royale. Ici, des condamnés à la peine capitale deviennent les participants d'une émission, Slayers, dans laquelle leurs corps sont contrôlés à distance par de jeunes amateurs de jeux vidéos lors d'authentiques affrontements à armes réelles sur des champs de bataille virtuels. Un condamné qui survit à trente matches gagne sa liberté, et justement la star du show, Kable, n'est plus très loin de devenir le premier participant gracié. Ce qui n'est pas du goût de l'organisateur du jeu, le multimilliardaire Ken Castle, qui va introduire dans les prochaines parties une véritable machine à tuer pour garantir l'élimination de Kable. Mais une organisation secrète veille à la santé du héros de Slayers, et conspire pour le faire évader...


Ultimate Game 06Bien entendu la résistance est contituée du triumvirat obligatoire de la SF post-matrixienne :
un chef noir avec un grand manteau, une blondasse à dreadlocks, un geek asiatique.


Ecrit et réalisé par la paire de couillons à qui l'on doit les deux épisodes d'Hypertension, Ultimate Game plaque sur des sujets modernes (les jeux de shoot en ligne à la Modern Warfare, les communautés virtuelles comme Second Life ou PlayStation Home) de vieilles idées repompées à ses prédécesseurs dans le domaine. Des Seigneurs de la route aux Condamnés, vous avez déjà à peu près tout vu, le détenu qui en réalité est innocent du crime pour lequel il s'est retrouvé dans cette situation, la jolie épouse blonde qui l'attend à l'extérieur, le rival taré, le méchant sans scrupules qui a des ambitions de domination du monde, le mouvement de résistance qui veut mettre un terme au jeu et aux agissement diaboliques de son créateur... Ce qui ne serait pas gravissime si les auteurs avaient le minimum de compétence pour faire un vrai film qui raconte une histoire susceptible d'intéresser le spectateur malgré ses clichés. Mais on parle de Neveldine et Taylor, là, des mecs qui ont appris à faire du cinéma en manipulant les caméras sur Biker Boyz, un sous-Fast & Furious avec des motos. Comment ces deux gars ontu convaincre des producteurs de leur filer des millions de dollars pour jouer aux cinéastes, c'est un mystère. C'est comme si deux types déguisés en infirmiers, après avoir nettoyé des scalpels avec des kleenex usagés en assistant une mammoplastie dont la patiente serait décédée pendant l'opération, avaient réussi à se faire nommer neurochirurgiens. Ou quelque chose d'approchant.

Hypertension et sa suite étaient déjà bourrés de ces tics visuels super pénibles qui tiennent lieu de style à nos deux abrutis. Mais comme ils semblaient se maîtriser encore un peu, qu'il n'y avait qu'un seul vrai personnage, que l'intrigue tenait en une phrase à chaque fois et n'avait pas vocation à être prise au sérieux, leur gloubiboulga d'images désaturées, déformées, accélérées, mal cadrées, filmées sous des angles tordus et montées à la mitraillette parvenaient quand même à raconter un peu quelque chose et à ressembler à un film. Dans Ultimate Game malheureusement, ça ne fonctionne plus. L'intrigue est un peu plus complexe et censément un peu plus ancrée dans le réel, mais ils insistent pour continuer à ne jamais poser leur caméra nulle part, retoucher la totalité des plans et en laisser le moins possible durer plus d'une seconde, du coup ça ne ressemble à rien. Ils mettent les bouchées doubles sur le "style" dans les scènes d'action qui du coup franchissent le seuil supportable d'illisibilité, et entre deux séquences où Gerard Butler court au milieu de trucs qui explosent et d'accidents de voiture et de gens qui s'envolent dans des gerbes de sang numérique, le rythme retombe pour que les personnages secondaires lui expliquent le scénario du film dans un charabia SF invraisemblable.


Ultimate Game 13Ultimate Game 11Ultimate Game 09Ultimate Game 12Ultimate Game 08Ultimate Game 10Un résumé des meilleures scènes d'action du film (enfin, je crois).


Le pire c'est qu'il y a dans ce hachis de portnawak il y a quelques idées qui tendraient à montrer que les auteurs avaient l'impression d'écrire de la science-fiction un peu intelligente qui fait réfléchir, et pas seulement l'envie de rejouer avec des explosifs et des caméscopes HD montés sur skateboards. Mais finalement comme l'univers du film est bien peu crédible et que tout reste superficiel tout le temps, ça finit par ne parler de rien. C'est juste une succession de scènes irregardables, les unes parce qu'elles agressent les yeux, les autres parce qu'elles agressent le cerveau. Et au fait, qui jouerait à un jeu vidéo dans lequel on ne comprend jamais rien à ce qui se passe ? Et qui suivrait ça comme un spectacle sans y participer ?


Ultimate Game 01De temps en temps, il y a une petite trouvaille visuelle à sauver au milieu du naufrage,
comme ces plans extérieurs qui dépeignent un futur où toutes les surfaces peuvent être transformées
en espaces publicitaires clinquants, mais c'est bien peu.


Il y a des scènes qui n'ont l'air de rien comme ça mais qui sont assez symboliques de la bêtise du film. Quand Kable gagne une partie, il y a des scènes de liesse populaire à l'échelle planétaire. On voit des foules entières, dans diverses villes à travers le monde, hurler de joie parce que l'idole a gagné. Donc apparemment, l'émission est diffusée gratuitement dans les rues sur des écrans géants. Sauf qu'un peu plus tôt on nous a dit que c'était une émission disponible en vidéo à la demande et que c'était comme ça qu'elle avait transformé son propriétaire en homme le plus riche du monde. En plus, le monde entier est prêt à se passionner pour la survie d'un ricain dans une compète où il n'a jamais eu de vrai rival. Et surtout, cerise sur le gâteau, il fait jour au même moment dans toutes les villes du monde. Non mais je sais c'est un détail hein mais quand même, ça vous donne une idée du niveau de soin et de réflexion que les mecs mettent dans leur travail. Ils ont vu des scènes comme ça dans d'autres films alors ils se disent qu'ils doivent en mettre aussi, mais ils sont incapables d'utiliser de bêtes images d'archives de façon cohérente.


Ultimate Game 03Si vous êtes super attentif et super physionomiste, vous reconnaîtrez peut-être
Zoe Bell dans un rôle aussi bref qu'inutile. En dehors de Kable, les candidats du jeu
ne sont pas grand chose de plus que de simples figurants.

Cette paresse se retrouve dans tous les éléments de l'histoire. C'est trop dur d'imaginer que l'horrible entreprise maléfique responsable de Society et Slayerz soit comme les autres, avec un conseil d'administration et des actionnaires, alors il y a juste son horrible propriétaire mégalo et il suffit de le tuer et tout le monde est libre, youpi. C'est trop dur d'imaginer que Slayerz fonctionne comme un vrai sport, avec plusieurs stars et des fans qui soutiennent différents personnages et différents joueurs, des versions adaptées aux différents pays du monde ou au moins des concurrents pour les représenter, alors il y a juste Kable qui est adulé par le monde entier, une masse d'adversaires anonymes, et le gamin qui contrôle Kable qui a juste gagné la notoriété suffisante pour que quelques filles veuillent coucher avec lui. Après l'arrestation de Kable, il se fait arrêter et interroger. Et puis il se fait relâcher sans explication et il disparaît du film, parce que c'est trop difficile de raconter comment il a été blanchi de tout soupçon et que l'intrigue n'a plus besoin de lui pour arriver à sa super conclusion, "Kable va tuer Ken Castle dans son repaire secret de méchant diabolique". Et comme le fait que Ken Castle soit à l'origine de projets aussi peu reluisants semble ne pas suffire à en faire l'homme à abattre de l'histoire, il a en plus l'intention de devenir le maître du monde, mais on ne le sait que parce que les révolutionnaires racontent cette partie du scénario au héros après l'avoir libéré, parce que le film est incapable de le raconter autrement.


Ultimate Game 05Michael C. Hall de Six Feet Under la joue façon "je suis trop bien pour être dans ce film"
et se fait plaisir dans un rôle qui tient à la fois du méchant de James Bond et du gourou technophile à la Steve Jobs.


Il y a pas mal d'acteurs un peu connus dans Ultimate Game, mais tout comme des éléments vaguement intéressants de leur histoire, Neveldine et Taylor ne savaient pas quoi en faire. Butler arbore tout du long la mine d'un type qui n'est pas en train de penser "il faut que je sorte de ce jeu de la mort" mais "pitié, sortez-moi de ce film de merde". Dans le rôle de Ken Castle, Michael C. Hall cabotine autant qu'il peut pour tromper son ennui, au début il fait un accent pour qu'on le dissocie de Dexter, puis après il abandonne l'accent, et après il a une scène de danse parce que ça fait genre "je suis un méchant cinglé excentrique comme le Joker" mais c'est assez pitoyable. Et le colossal Terry Crews qui était très rigolo en président des Etats-Unis dans Planet Stupid joue ici le gros musclé qui souffle fort en faisant des grimaces parce que les mecs ont dû lui dire "joue-la comme Kane dans See No Evil". Sinon il y a aussi Kyra Sedgwick de la série The Closer dans un rôle absolument inutile,  John Leguizamo dans un autre rôle qui sert à rien, Ludacris en Morpheus de Matrix qui a l'air presque aussi désespéré que Gerard Butler, Aaron Yoo qui était dans le remake pourri de Vendredi 13 pour faire le quota asiatique obligatoire dans un film sur les jeux vidéos, Alison Lohman de Jusqu'en enfer qui joue comme mes couilles mais Neveldine avait envie de se marier avec alors il l'a embauchée quand même, Keith Jardine le vilain ultimate fighter pendant une demi-seconde, Zoe Bell la cascadeuse de Boulevard de la Mort pendant trois secondes. En fait à peu près tout le monde est dans ce film, c'est même à se demander qui n'est PAS dedans. Et tout ça pour faire de la merde quand même au bout du compte, chapeau.


Ultimate Game 04Gâcher un talent comme Dwayne Elizondo Moutain Dew Herbert Camacho, quelle tristesse !


J'ai eu ça pour une dizaine d'euros parce qu'en ce moment il y a une promo dans les supermarchés, vous achetez deux films sur leur sélection (assez large) et vous avez 10 € de réduction sur la paire, ce qui vous met les films à pas trop cher. Renseignez-vous, pour d'autres films ça peut valoir le coup. Pour celui-ci non parce que c'est vraiment une abomination. Et moi qui vous parle, vous savez que j'en ai chroniqué, des trucs nazes, ici, mais celui-ci est vraiment l'un des pires. Sur le même thème, même Les Condamnés c'était mieux, et pourtant Les Condamnés, hein ? Bref. C'est vraiment pas la peine de vous infliger ça. Même les producteurs commencent à comprendre que ce n'est pas la peine de s'infliger Neveldine et Taylor, qu'ils ont virés de leur dernier projet (Jonah Hex). Vous n'allez pas me dire que vous pouvez vous montrer encore plus tolérant envers la nullité et l'incompétence qu'un producteur hollywoodien quand même, si ?

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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 08:52
DOA Dead or AliveLa bande annonce du film adapté du jeu vidéo Tekken est disponible sur le net depuis quelques jours, et le moins que l'on puisse dire, c'est que ça a l'air nul. Pourtant, les jeux de combat de ce type devraient être les plus faciles à transposer en film. On suit la formule des premiers Van Damme comme Tous les coups sont permis ou Kickboxer, on engage quelques bons spécialistes de la tatane aux styles divers et variés, un bon chorégraphe, on met tout ça en scène sur un scénario simple et efficace de tournoi d'arts martiaux avec un quelconque enjeu supplémentaire en dehors de "Qui va gagner le championnat ?" (genre une histoire de vengeance ou autre) et c'est réglé, à défaut d'avoir un nouveau chef-d'oeuvre du 7ème Art normalement on peut pondre un film de bagarre potable. Enfin, il faut croire que non, parce que Tekken a l'air raté, que le premier Street Fighter était bien nul (je ne jugerai pas le deuxième que je n'ai pas encore vu, mais j'ai lu qu'il était pire) et que les Mortal Kombat n'étaient pas bien fameux non plus.

C'est dire si j'avais peu d'espoir que DOA: Dead or Alive soit autre chose qu'une sombre merde. Déjà que la série de jeux n'est pas vraiment la plus intéressante du marché à la base, comme en plus le film semblait tout miser sur les jolies nanas, ça sentait le truc racoleur moisi. Comme ça se trouve maintenant à 5 € et que je suis un garçon curieux, j'ai acheté et me suis donc retrouvé à passer environ 1h20 en compagnie d'une bande de pimbêches invitées (en compagnie de quelques quasi-figurants masculins) au "Dead or Alive", une compète d'arts martiaux top secrète sur une île top secrète où Eric Roberts offre 10 millions de dollars au vainqueur. La petite asiatique rouquemoute y va pour retrouver son frère qui a disparu lors du DOA de l'an passé, la voleuse blonde en a après le fric qu'elle compte dérober si elle ne gagne pas, l'autre blonde est une ex-catcheuse qui veut prouver qu'elle sait se battre pour de vrai, l'autre blonde est là parce que c'est la fille de l'ancien organisateur et qu'apparemment ça lui donne l'obligation morale de concourir, et enfin la dernière a les cheveux mauves parce qu'il ne peut quand même pas y avoir que des blondes mais elle n'est pas là pour remporter le DOA mais pour assassiner sa collègue la petite asiatique parce qu'elles sont toutes les deux ninjates dans un clan assez strict sur les horaires de sortie de ses pensionnaires.

DOA 06Les fanatiques de la fidélité absolue au matériau source
seront sans doute ravis de voir que le réalisateur a attribué des sabres à ses héroïnes.

A cette description, vous pourriez croire que DOA applique la formule énoncée plus haut, mais ça n'est pas complètement le cas, notamment parce que les "actrices" du film ne sont pas du tout de vraies pratiquantes de sports de combat mais des mannequins, que les styles utilisés par les personnages sont principalement à base de trucages plutôt que de vrais arts martiaux, et que le tournoi lui-même est totalement abandonné en cours de film au profit d'une intrigue secondaire. On pourrait donc craindre le pire, et pourtant, je dois avouer avoir été assez vite séduit. Certes, c'est complètement idiot, mais c'est un peu ça qui est beau, et ça fait preuve d'une fantaisie qui hélas devient rare de nos jours. C'est le genre de film où les ninjas cachent des deltaplanes dans leur sac à dos, où les tueuses à gages enfilent leur soutien-gorge au vol tout en continuant de se castagner contre les flics, où le millionnaire a fait tatouer l'emplacement et la combinaison de son coffre-fort sur la nuque de sa fille parce que c'est vraiment une chose totalement sensée à faire, où l'on reçoit son invitation à un tournoi ultrasecret par le biais d'une espèce de shuriken électronique qui trouve ses destinataires par magie, où une même île paradisiaque à laquelle on accède en sautant en parachute depuis un jet privé peut contenir tous les différents types de décors courants dans les jeux de baston, de la plage à la forêt de bambous en passant par le temple bouddhiste, le palais chinois ou l'immeuble high tech. Ca n'est pas aussi impressionnant qu'Ultraviolet dans le genre "ouate zeu feuque", mais si vous savez apprécier le cinéma portnawak, DOA réserve vraiment de bons moments.


DOA 03DOA a le mérite de ne vraiment pas se prendre au sérieux, comme avec cette scène
de rêverie où le geek de service imagine séduire la plus jolie des blondes.

Je m'en veux un peu de dévoiler un bout de l'intrigue qui ne survient que dans la dernière partie, d'ailleurs ceux qui préfèrent ne pas se gâcher la surprise peuvent sauter directement au paragraphe suivant comme ça c'est réglé, mais je voudrais vraiment réussir à convaincre les amateurs de nanars qu'on n'est pas face à un produit fade, médiocre et soporifique comme ce que peut faire Uwe Boll, mais face à une vraie série Z tout à fait recommandable. Dead or Alive, c'est un film où Eric Roberts est super fort en karaté parce qu'il a téléchargé tous les coups de ses invités dans ses lunettes genre A
vatar 3D grâce à la magie de la nanotechnologie. Et ça franchement excusez-moi mais c'est pas tout le monde qui peut inventer ça pour son film hein. Le mec il met des nanomachins dans le sang des gens et ensuite les données sont collectées dans ses lunettes de soleil et ça le rend hyper fort à la bagarre tant qu'il les porte, et ça a tellement d'applications importantes comme technologie qu'ensuite il la vend pour une fortune à plein de gens mystérieux à travers le monde en la leur envoyant depuis son téléphone portable. Citez-moi un autre film où il y a ça tiens. En plus ce plan diabolique n'est autre que la raison d'être du tournoi, alors qu'à la base pourtant le tournoi a été créé par l'associé d'Eric Roberts, qui était totalement opposé à cette technologie, mais a quand même embauché le jeune geek qui l'a mise au point, donc c'est à n'y rien comprendre, mais vous voyez là on atteint un niveau d'absurdité que je trouve quasiment admirable.

DOA 05Eric Roberts s'est acheté un beau kimono en satin pour avoir l'air
d'un vrai expert en arts martiaux, mais il ressemble surtout
à un pré-retraité en pyjama, malheureusement.

Ce n'est d'ailleurs pas la seule absurdité du scénario, le film de Corey Yuen (réalisateur du premier Transporteur) n'obéissant que rarement à la logique ni même à ses propres règles (ainsi, l'introduction du tournoi annonce que les combattants éliminés devront quitter l'île, mais en fait ils restent tous sur place à profiter des charmes de la propriété de leur hôte). Si vous préférez regarder les films au premier degré, ce qui n'a rien de honteux rassurez-vous, je peux comprendre que vous lâchiez l'affaire au bout de dix minutes, mais pour les gens à la cinéphilie un peu tordus comme moi il y a vraiment de quoi se consoler de bien des "nanars volontaires" foireux et autres "séries B assumées décomplexées" à deux balles. Il faut dire aussi que le rythme du film et sa courte durée ne laissent pas vraiment le temps de s'ennuyer.

DOA 02Devon Aoki dans une démonstration de son incroyable talent d'actrice
à paralysie faciale ; la relève de Steven Seagal est assurée.

Tout cela étant dit, il faut être honnête : c'est vrai que c'est bien marrant, mais c'est vrai aussi que certains éléments auraient mérité d'être plus soignés pour rendre l'expérience encore plus appréciable. Après tout, quand on regarde un film de baston, même très con, c'est mieux quand les scènes de baston ont de la gueule. Là, c'est pas qu'elles soient complètement mauvaises, mais il n'y a rien de vraiment mémorable non plus. Dans la mesure où le film s'adressait à des fans d'un jeu surtout connu pour ses petites pépées aux seins démesurés,  il était inévitable que les filles soient recrutées pour leur côté photogénique et pas pour leur crédibilité sur un ring, mais compléter le casting avec quelques "artistes martiaux" un peu convaincants n'aurait pas été du luxe. Je comprends bien qu'une vraie star du genre coûte cher et risque de voler la vedette aux nanas, je ne réclamais pas un Jet Li, un Wesley Snipes ou ce bon Jean-Claude, et je suppose que des seconds couteaux vétérans comme Bolo Yeung ou Gerald Okamura ne sont plus très actifs, mais tout de même, un petit Michael Jai White par-ci, un petit psychopathe échappé de l'Ultimate Fighting Championship par-là, ça aurait pu donner un peu plus d'allure à l'ensemble. Et c'est tout de même un comble d'avoir Robin "Liu Kang" Shou dans le film, et de lui filer deux scènes super courtes dans un rôle similaire à celui des pirates d'Astérix plutôt que d'en faire un des participants du tournoi.

DOA 01Christie pratique une forme d'arts martiaux vraisemblablement inspirée du karaté de Cat Sassoon.

Du coup, Corey Yuen et son chorégraphe abusent un peu trop du style Tigre et Dragon, avec poses invraisemblables en équilibre dans les arbres et vols planés sabre au vent. Et malheureusement, les acteurs  en kimono flottant suspendus à des câbles qui marchent aux murs avant d'aller se percher sur un roseau en s'agrippant avec les orteils dans des décors bariolés, c'est pas pour faire mon blasé mais ça s'est quand même un peu ringardisé depuis que tout le cinéma sino-américain destiné au marché occidental sorti après le succès du film d'Ang Lee, de Hero à La Cité interdite en passant par Le Secret des poignards volants, l'a surexploité.

DOA 04En guest stars, on trouvera l'acteur qui jouait Tavon dans The Shield avec cheveux et boucs teints en vert...
DOA 09
...et Kevin Nash le catcheur dans le rôle de Bass Armstrong, inspiré à la base de son pote Hulk Hogan.

Les scènes de combat sont donc assez décevantes mais, je répète, le comique involontaire du film rattrapera l'ensemble aux yeux des amateurs de nanardise. C'est d'une bêtise réjouissante, c'est rigolo, dynamique, beaucoup moins putassier qu'on ne pouvait le craindre, ça ne vous fera perdre que 5 € et 80 minutes de votre vie donc pas grand'chose. Si ce genre de couillonnade est votre tasse de thé, n'hésitez pas, ça vaut le coup d'oeil.
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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 08:50
Drôle d'idée de la part d'EuropaCorp Diffusion d'avoir apposé la mention "Tous publics" sur cette édition d'Hitman qui se proclame en même temps la "version intégrale non-censurée" du film. Non-censurée, mais tous publics ? Ca me paraissait un peu incompatible, et ça donnait un côté louche au produit, genre "ha ha ha vous allez voir ce que vous allez voir les gars, c'est du non-censuré, on s'est pas retenu, ça charcle !" et puis au final ça charcle pas parce que c'est classé tous publics comme Winnie l'Ourson et l'Efélant ou Franklin et le Trésor du lac. Mais après avoir vu le film, je dois dire, il n'y a pas tromperie sur la marchandise, c'est bien une version non-censurée, c'est-à-dire avec du sang et des nichons à l'écran. Du coup une classification "Déconseillé aux moins de 12 ans" ou au moins "Accord parental" aurait peut-être été plus appropriée mais bon, après tout les éditeurs font ce qu'ils veulent.

Le film est bien entendu l'adaptation du jeu vidéo éponyme, auquel j'avoue n'avoir jamais joué, mais comme je le disais déjà pour BloodRayne, c'est mieux puisque ça évite de juger le film en bien ou en mal pour de mauvaises raisons comme "est-ce que c'est fidèle ou pas au jeu dont c'est tiré ?", parce qu'on s'en fout. Le film est signé par un Français qui avait été stagiaire sur Risque Maximum de Ringo Lam avec Van Damme, et raconte l'histoire d'un tueur à gages en quête de vengeance après avoir été trahi par ses employeurs.

Le type s'appelle 47 parce qu'il a été élevé par un genre de secte qui recrute et forme des orphelins à devenir des machines à tuer, et décide que c'est plus simple de les numéroter que de les nommer. La secte elle-même s'appelle "l'Organisation" parce que c'est compliqué de trouver des noms originaux. 47 est le meilleur agent de l'Organisation et à peine sorti d'une mission, on lui propose d'assassiner le président russe. Alors qu'il pense avoir rempli son contrat, il se retrouve victime d'un complot et échappe de justesse à deux tentatives de meurtre, l'une par un de ses collègues, l'autre par un commando de la sécurité intérieure russe. Un peu fâché par la tournure que prend sa carrière, 47 décide donc de tirer l'affaire au clair, avec pour seule piste une jeune prostituée russe...

Seins à l'air et clope au bec, Olga Kurylenko la James Bond Girl de Quantum of Solace
montre ce que "non-censuré" signifie dans le cinéma moderne.

Désolé si je radote avec mes discours sur l'importance du scénario dans un film d'action, mais là quand même, quelle blague que l'intrigue d'Hitman. Au lieu de donner dans le simple et efficace, elle essaie d'être mystérieuse et complexe et n'en finit plus de se prendre les pieds dans le tapis. Entre les rebondissements absurdes (tout le monde lâche ses flingues et sort deux épées de sous sa veste pour se battre !) et les questions-clés qui restent en suspens jusqu'au bout (finalement, pourquoi il fallait à tout prix que l'Organisation sacrifie son meilleur élément au bénéfice de deux types aux motivations jamais expliquées ?), on atteint un niveau de couillonnade presque jouissif. Disons qu'au départ on est peu agacé par le côté brouillon mais que si l'on aime un tant soit peu les aspects "série Z" d'un film, on pourra être séduit par l'accumulation d'éléments qui clochent. Le commanditaire de l'assassinat du président veut absolument que l'opération se déroule au vu et au su de tout le monde bien que ce soit contraire aux méthodes de 47, puis étouffe lui-même l'affaire. L'Organisation choisit de mettre son meilleur homme sur le coup alors que la mission ne semble pas spécialement difficile, en sachant qu'ensuite aucun autre agent n'est à sa hauteur et donc ne pourra l'éliminer alors qu'il faudra absolument l'éliminer. Le flic d'Interpol veut empêcher les Russes d'abattre 47 pour pouvoir le capturer vivant, puis cherche à le flinguer deux minutes plus tard. Le méchant complote en russe avec son acolyte puis s'exprime en anglais lors d'une allocution au peuple moscovite. Face à un miroir, un garde du corps ne voit pas 47 arriver par derrière. Ce genre de choses qui, mises bout-à-bout, finissent par donner un charme idiot au film.

Même en déguisement de contrôleur de train, 47 cache toujours des sabres de ninja dans ses poches.

Le personnage de 47 lui-même est une belle source d'incongruités. Déjà faudra m'expliquer comment l'Organisation espère que ses tueurs restent discrets si ce sont tous de grands chauves en costard avec un gros code-barre tatoué sur le crâne. A priori c'est le genre de chose qui se remarque un peu quand même. A part ça, 47 est le meilleur agent de toute l'Organisation mais également le seul à avoir attiré l'attention d'Interpol. Ouais les autres agents ils sont nuls, ils bossent discrètement, personne ne sait ce qu'ils font, mais 47 lui c'est le meilleur parce qu'il a réussi à se mettre un flic obstiné aux trousses à force de laisser des indices de son existence sur les scènes de ses crimes, bravo 47. On le voit laisser des témoins à peu près partout où il passe, il s'encombre d'une fille qu'il ne connaît pas alors même qu'il vient de comprendre qu'il ne peut plus faire confiance à personne et qu'il aurait des raisons de la soupçonner de faire partie du complot. Alors, il est peut-être amoureux mais en même temps il semble décidé à faire son maximum pour qu'il ne se passe rien entre eux. Alors peut-être que l'amour et les filles ça l'intéresse pas mais il est quand même prêt à tout risquer et à buter plein de gens pour la protéger. Il faut dire qu'abattre des gens dont le seul tort est d'être au mauvais endroit au mauvais moment ne lui pose pas de problèmes de conscience, par contre il ne peut pas se résoudre à abattre le flic qui le poursuit et peut l'identifier, parce que bon, ben, voilà, il peut pas.

L'agent 47 retire sa casquette pour dévoiler son astucieux déguisement
de chauve avec un gros code-barre sur la tête.

Cerise sur le gâteau, 47 est joué par Timothy Olyphant, ce qui constitue une sorte de blague en soi tant le pauvre garçon n'est pas du tout fait pour jouer un dangereux assassin chauve. On dirait Billy Corgan, le chanteur des Smashing Pumpkins, ou un enfant cancéreux qui va pas survivre à sa chimio et à qui on a filé un beau costard pour pouvoir l'enterrer directement dedans. Là aussi, au début on est contrarié parce qu'un héros aussi peu crédible sape l'ambiance, puis une fois qu'on a admis que le film pouvait être pris comme un petit nanar, voir cette adorable tête de noeud essayer de jouer au tueur implacable alors qu'on s'attend à tout moment à voir une infirmière débarquer en larmes pour lui dire "oh mon petit Billy comme tu es courageux face à la maladie, tiens je t'ai apporté une peluche et des bonbons pour ton dernier Noël" ajoute encore un peu de sel à l'ensemble.

En hommage à Marcel Philippot du temps où il faisait "Je l'aurai un jour" dans Palace,
Timothy Olyphant vous présente sa plus belle grimace de mec courroucé.

Dans les moments où l'intrigue laisse place à l'action pure et dure, le film ne s'en sort pas trop mal. Rien de vraiment mémorable, mais c'est mis en scène et filmé avec une certaine compétence. Pas d'effets tape-à-l'oeil et cache-misère à la Hypertension, c'est du brutal à l'ancienne, des types qui se flinguent, se cognent, se découpent, se font exploser, avec gerbes de sang qui tâchent les murs et têtes qui éclatent. Dommage que presque tout ait un côté "déjà-vu", une petite touche d'originalité de-ci-de-là n'aurait pas fait de mal, mais à choisir entre deux réalisateurs sans grande imagination, je préfère celui qui essaie de faire du John McTiernan plutôt que du Michael Bay. Bref, l'action d'Hitman est d'honnête qualité, surtout pour une production au budget relativement modeste comme celle-ci, et fera passer le temps entre deux séquences involontairement drôles. Au moins, ça n'est pas frileux, ça change des "PG-13" hollywoodiens aseptisés où le sang ne coule jamais et où les filles ont toujours un drap sur la poitrine au réveil.

Sans égaler les vieux maîtres du genre, le réalisateur Xavier Gens
montre un certain savoir-faire lors des séquences d'action.

Au bout du compte, Hitman n'est pas tout à fait assez raté ou rigolo pour être considéré comme un vrai nanar, mais un peu trop couillon pour se voir comme une vraie bonne série B. Je l'ai pris dans l'offre "3 DVDs pour 20 €" en même temps que le tout bidon Skinwalkers et le soporiphique Hypertension, c'est celui dont je n'espérais vraiment rien de bon et au final le seul qui m'ait plutôt agréablement surpris, et le moins mauvais du trio. C'est très moyen et c'est plutôt à voir pour en rire, mais ça laisse espérer que Xavier Gens puisse un jour signer un chouette direct-to-DVD bien pêchu si on lui donne un peu plus de fric et un scénario moins ridicule (si tant est que toutes les scènes d'action de ce film-ci soient bien de lui parce que j'ai lu qu'une partie d'Hitman avait dû être re-tournée par quelqu'un d'autre à la demande des producteurs insatisfaits du 1er résultat). Bref je ne sais pas si je dois dire "Si vous êtes fan du jeu Hitman vous trouverez sûrement que le film aurait pu être plus nul quand on pense aux autres films tirés de jeu", et je suis pas sûr que ça vaille vraiment ses 6,66 €. Mais en tout cas je dois dire que si vous êtes fan de séries B un peu crétines et dans lesquelles le spectateur est encore autorisé à voir une fille nue et des blessures qui saignent comme dans l'temps, ça peut vous tenir éveillé pendant 1h30. C'est déjà ça.
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23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 09:34
Allez hop, encore un DVD Prism Vision à 3 €, on ne s'en lasse pas. Aujourd'hui, fait assez exceptionnel, pas de tromperie sur la marchandise : c'est la bonne jaquette avec les bonnes photos, le bon résumé, la bonne distribution. Seul le titre change, puisque la jaquette et le disque nous vendent Maniac, que le menu du DVD lui-même appelle le film Le Maniac (comme Le Big Mac, je suppose ?) alors que le générique parle quant à lui de L'Abattoir (et d'après IMDB, le film a également été distribué en vidéo en France sous le titre Slaughterhouse, l'abattoir de l'angoisse). Mais c'est pas grand chose quand même, donc pour une fois on ne peut pas vraiment parler d'arnaque. Bravo, Prism Vision.

Ecrit et réalisé par un inconnu qui n'a rien fait d'autres, Maniac/L'Abattoir est un sous-Massacre à la tronçonneuse, réexploitant sans vergogne l'idée d'une famille de ploucs tordus spécialistes du tranchage de bidoche et reconvertis dans la découpe de chair humaine après avoir été mis au chômage par la modernisation de l'industrie de la viande. Ici, c'est à un tandem d'anciens éleveurs et abatteurs de porcs qu'on a affaire, le vieux Lester Bacon (ha ha ha) et son fils Buddy, attardé mental doublé d'un psychopathe dangereux. Lester a fait faillite mais vit toujours avec son rejeton, que la rumeur prétend issu d'une relation avec l'une de ses truies, sur son exploitation désormais obsolète. Il refuse de vendre son terrain à un magnat local de la viande de porc, qui cherche du coup à le faire expulser avec l'appui des autorités. Alors qu'il va être expulsé, Lester décide d'utiliser les tendances meurtrières de Buddy pour se débarrasser de ceux qui veulent le mettre à la porte. Il tend donc un piège à son avocat et au roi du porc, les conviant à venir chez lui officialiser la vente de sa ferme pour mieux les attirer sous la lame de son fils. Parallèlement à cela, des adolescents en goguette font du repérage sauvage pour un film d'épouvante dans l'ancien abattoir. Le shérif arrivera-t-il avant que tout ce petit monde ne tombe sous le couperet de l'abominable Buddy Bacon ?

L'intrigue n'est, dans ses grandes lignes, pas plus tarte que dans la moyenne des slashers movies ; malheureusement, comme elle met à peu près 35 minutes à se mettre en place sur un film qui en dure à peine 80, on peut dire que c'est un peu lent et bancal. Malgré ça, les spectateurs patients qui auront survécu à un début poussif pourront être tentés de croire que le film va se révéler plus intéressant que le vieux caca lambda pour bac à 3 € de solderie auquel on peut s'attendre, puisqu'après avoir abusé des clichés du film d'horreur dans sa scène d'ouverture (avec couples d'ados qui se tripotent dans des bagnoles la nuit dans la nature, la scène censée faire sursauter et faire croire que le tueur est déjà là alors que c'est juste le petit copain qui fait une blague...) puis son générique (à base de snuff animalier à la manière des cannibaleries à l'italienne), Maniac semble prendre un tournant un peu original : le tueur fou n'est pas là pour s'en prendre aux jeunes gens pour les punir d'avoir eu envie de s'éclater, sa vraie cible ce sont les magouilleurs qui mettent le brave ouvrier au chômage.

Evénement rarissime chez Prism, le contenu du disque
correspond réellement à ce qu'on voit sur la jaquette !

Hélas, cet espoir sera vite déçu et Maniac s'embourbe à nouveau dans la banalité dont il n'est jamais vraiment sorti. Tout a déjà été vu en mieux dans Massacre à la Tronçonneuse, les victimes pendues à des crocs de boucher et traitées comme de la viande  (même si ici, elles ne sont pas consommées), les décors jonchés d'ossements et de carcasses, il y a même une scène vers la fin qui est visiblement calquée sur celle du film de Tobe Hooper où l'on accorde au grand-père l'honneur d'abattre l'héroïne prisonnière. Aucun des plaisirs coupables de l'amateur d'horreur ne nous sera accordé : les exécutions ne sont pas originales, les effets gores sont bidon, les quelques tentatives d'humour noir tombent presque toutes à plat. L'un des seuls éléments un peu rigolos provient du fait que le personnage de Buddy Bacon s'exprime uniquement par des cris de cochon, que son père semble comprendre parfaitement à la manière de Solo avec Chewbacca, ou des humains avec le clébard dans Lassie. "Qu'est-ce que tu dis, Buddy ? Tu les as tués parce qu'ils embêtaient tes cochons ?" Ouais, bon, c'est pas hilarant non plus mais un peu marrant quand même.

Les meurtres sont fort platement mis en scène,
et les effets sanguinolents guère convaincants.

L'autre source de comique du film n'est à vrai dire susceptible d'amuser que les amateurs les plus acharnés de nanaritude, tout en faisant fuir ou dormir les autres. Maniac est en effet d'une mollesse rare, en partie parce qu'il ne se passe pas grand chose et que le réalisateur meuble donc avec des scènes inutiles pour arriver à 80 minutes, en partie parce que les doubleurs français mettent à peu près autant d'énergie et de conviction dans leurs répliques qu'un Droopy sous anxiolytiques n'en mettrait à annoncer que, vous savez quoi, il est heureux. La prestation du shérif est également à saluer, puisqu'il travaille avec la vivacité d'un vieux Derrick au bout du rouleau. Deux adolescents ont disparu ? Bon ben, il ira jeter un oeil plus tard. Son adjoint disparaît à son tour en enquêtant dessus ? Bah il va aller demander aux gens du bar s'ils l'ont vu et puis si personne l'a vu ben il règlera ça plus tard. Mais attention hein, ce n'est pas parce que le personnage est censé être un shérif véreux/je-m'en-foutiste/paresseux/incompétent comme le chef Wiggum dans Les Simpson hein, c'est juste parce que s'il se décidait trop vite à agir le film serait vite bouclé. Alors il glandouille en attendant son tour d'entrer en scène pour de bon (c'est-à-dire en attendant que presque tous les autres personnages soient morts).

C'est vrai, son adjoint et deux amis de sa fille sont probablement morts
sur les lieux mêmes où elle compte aller s'amuser ce soir,
mais pour le shérif ce n'est pas une raison pour s'en faire et ne pas prendre le temps
de rentrer chez lui savourer un bon Pepsi, l'un des sponsors du film.

Dans le même ordre d'idée, les amis des deux disparus dépassent tout ce que les Scream ont pu parodier dans le genre "comportement absurde de personnages de films d'horreur". Apparemment pas contrariés le moins du monde à l'idée que leurs copains soient peut-être morts, non seulement ils ne s'en inquiètent à aucun moment, mais en plus ils retournent dès le lendemain au dernier endroit où ils les ont vus, et ce n'est même pas pour faire leurs propres recherches, non, c'est juste pour rigoler. Ah ben que voulez-vous ma bonne dame, il faut bien des victimes supplémentaires pour le tueur, alors on ne va pas s'embarrasser avec des réactions crédibles ou des émotions humaines hein, ou bien là aussi le film s'arrêterait à peine après le prologue.

Comme Kane dans See No Evil, Buddy Bacon est un des quelques tueurs ni masqués ni défigurés,
mais histoire de copier encore mieux Massacre à la Tronçonneuse, pour la fameuse scène
avec la fille prisonnière il enfile un nouveau visage exactement comme le fait Leatherface.

Au bout du compte je ne collerais tout de même pas le label "nanar" à la chose. C'est un énième téléfilm d'horreur médiocre et sans grande personnalité, plus ennuyeux qu'autre chose, le genre de merdouille qui passait tous les jeudis en deuxième partie de soirée sur M6 il y a une quinzaine d'années. Mais si, "Les jeudis de l'angoisse", souvenez-vous. C'est sur ce créneau-là aussi qu'ils diffusaient Les Contes de la Crypte d'ailleurs, et à la limite, Maniac aurait sûrement gagné à exister plutôt au format d'un épisode de cette série, en coupant tout le remplissage pour ne garder que les 25 meilleurs minutes, plutôt que de s'étirer sur 1h20. Enfin, ce qui est fait est fait et en l'état on ne peut pas dire que ça vaille ses trois euros.
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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 09:11
Aaaaaah, Prism, que ferait l'amateur de films pas chers sans eux, je vous le demande ? Ben pour être honnête, souvent il économiserait ses thunes en ne gâchant pas 3 € dans une de leurs merdes imbitables, c'est vrai, mais parfois, il passerait à côté de petites curiosités. J'hésite à vrai dire à classer le film du jour dans la catégorie merde imbitable ou petite curiosité, mais ne brûlons pas les étapes.

Comme souvent avec cet éditeur, les photos de la jaquette, y compris l'image qui sert d'affiche, proviennent d'un autre film, mais en revanche pour une fois le résumé (mal écrit et bourré de coquilles, naturellement) et la distribution sont les bons, et le titre correspond à peu près à celui de l'oeuvre présente sur le DVD lui-même (qui serait apparemment Deathgame au singulier et en un seul mot mais ne chipotons pas). Le nom de Roger Corman au générique pourra appâter l'amateur de série B, mais Roger Corman, c'est un peu comme Troma, qui à côté de ses quelques films-phares produit quand même quantité de trucs pas terribles ; faut rester méfiant, pas se jeter dessus comme si on venait forcément de débusquer une belle pépite.

Téléfilm au thème vaguement post-apocalyptique, Death Games commence par emprunter aux aventures de Snake Plissken, puisque l'histoire se déroule dans un futur proche où un tremblement de terre a ravagé Los Angeles, dont les habitants les plus riches se sont alors réfugiés sur une île désormais séparée du continent, laissant les pauvres vivre dans les ruines. Un jour, une gosse de riches traînant avec les pauvres disparaît. Un inspecteur de police est donc chargé de la retrouver, et va découvrir par la même occasion que le film pompe aussi Running Man, puisque lui et quelques compagnons d'infortune se retrouveront forcés de participer à un jeu pour leur survie face à des tueurs sanguinaires, pour le bon plaisir de spectateurs en quête de sensations fortes qui parient sur les résultats de cette chasse à l'homme.

L'action se déroule dans un futur proche il y a 6 ans.
La jaquette remet le film à jour en annonçant l'an 2013, la prochaine édition parlera sûrement de 2023.

Tourné sans moyens et ne faisant aucun effort pour le cacher, Death Games utilise les rues banales de Vancouver pour représenter les rues dévastées du LA futuriste (même l'ultra-fauché Android Apocalypse se donnait la peine de montrer un peu de ruines et de désert), un sosie de Deubeuliou au charisme de gant de toilette et déguisé en mix de Rick Deckard et Indiana Jones pour remplacer Kurt Russell et Schwarzenegger, et quelques cascadeurs et inconnus pour meubler le reste du casting. Le scénario a visiblement été écrit en quelques minutes et jamais relu avant d'être approuvé, ce qui donne lieu à quelques moments délicieusement absurdes, comme cette scène où, alors qu'il se trouve sur l'île des riches et qu'il a dû utiliser un taxi pour se déplacer, sa bagnole étant restée sur le continent, notre piteux héros s'apprête à quitter l'île en... allant tout simplement retrouver sa voiture au parking. En fait le réalisateur semble avoir un peu de mal avec la géographie supposée des lieux de l'action, puisqu'à partir de ce moment-là il devient clair que les fameux quartiers dangereux où est allée traîner la jeune fille kidnappée se trouvent sur la même terre que les zones riches alors que ça n'était pas le cas au début du film.

Timothy Bottoms, qui poursuivra sa carrière en incarnant régulièrement George W. Bush,
joue ici le fringuant justicier du futur.

Dans le même genre, le statut du personnage principal semble lui aussi changer mystérieusement en cours de route. Au début c'est un flic, à qui son supérieur confie une enquête. Plus tard, pourtant, alors qu'un suspect insiste pour voir son insigne, il semble bien incapable de lui en montrer un. Puis il ne demande pas de renforts quand il se trouve impliqué dans une fusillade avec les ravisseurs, et lorsqu'il découvre ensuite leur cachette, là aussi il préfère la jouer cowboy solitaire plutôt que d'appeler ses collègues à la rescousse. Et quand enfin il retrouve la fille, il lui annonce que c'est son père qui l'a envoyé la sauver. Alors, je ne sais pas si c'est son look "vieil imper et borsalino" qui a induit le réalisateur en erreur, mais on a bien l'impression que le Deubeuliou est passé d'inspecteur de police à simple détective privé sans la moindre explication.

Un peu de nudité gratuite ne peut pas faire de mal.

Certes, des énormités comme celles-ci ont de quoi intéresser le nanarologue, mais comme la majorité du film n'est que d'une nullité assez banale, les amateurs de très grosse série Z en seront autant pour leurs frais que ceux qui espèrent une chouette petite série B. C'est vrai, les acteurs sont mauvais, le doublage est pourri, le Deubeuliou quadragénaire gringalet n'est pas du tout crédible en bagarreur capable de démolir les brutes épaisses auxquelles il s'oppose, les décors répètent à l'infini les 4 ou 5 mêmes salles et couloirs, le costume du cyborg est minable et c'est à peu près le seul effet spécial du film, la qualité de l'image donne l'impression de regarder une vieille daube du début des années 80 alors que Death Games date de 1996 (une fois de plus, je ne surprendrai personne en disant que le DVD a été réalisé à partir d'une copie VHS pouilleuse), la chanson hard rock qui sert de générique de fin est bien ringarde, mais tout ça mis bout à bout à bout ne fait pas automatiquement un grand moment de "cinéma affligeant mais hilarant" pour reprendre l'expression de François Forestier.

Le chasseur mi-homme mi-robot fait encore plus pouilleux
que le Nebula de Nemesis 2.

Il aurait fallu une meilleur densité en nanardise pour pleinement justifier le claquage de 3 € et d'1h30 de son temps de vie dans Death Games. Malgré un effort pour éviter trop de temps morts dans cette chasse à l'homme, c'est beaucoup trop platement mis en scène et mollement interprété pour qu'on n'ait réellement pas le temps de s'ennuyer, les débilités rigolotes ne surgissant malheureusement pas à un rythme suffisamment soutenu. Si vous pouvez le dénicher à 1 € et que vous êtes vraiment bon public pour les mauvais films, vous trouverez sans nul doute quelques raisons de sourire dans celui-ci, mais ne l'achetez pas plus cher que ça et faites-en plutôt l'apéritif que le clou d'une soirée nanars ou vous risquez d'être déçus.
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Published by Toxic - dans DVDs pas chers
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29 août 2009 6 29 /08 /août /2009 09:11
Je ne sais pas si vous avez vu 40 ans, toujours puceau, mais si ce n'est pas le cas, c'est un tort, et arrêtez tout de suite de lire cet article pour vous procurer le DVD et vous le passer. Ensuite revenez lire ici quand même parce que bon mes statistiques ont déjà assez chuté comme ça ces derniers temps alors quoi, merde à la fin. Vous faites pas ma pub auprès de tous vos potes, bande de bâtards, ou quoi ? Bref, maintenant que vous avez vu 40 ans, toujours puceau donc, vous vous souvenez peut-être de la scène où le personnage joué par Seth Rogen raconte aux autres qu'il est allé à Tijuana, et qu'avec ses potes, ils sont allés voir un spectacle où une femme baisait avec un cheval. Et il explique comment, sur le moment, l'idée leur paraissait intéressante, ils pensaient vraiment que ça allait être cool, mais qu'au bout du compte, ben, c'était juste une nana en train de baiser un cheval et que finalement ça n'avait rien de particulièrement rigolo.

The Creeps, c'est un peu comme un spectacle de femme baisant avec un cheval à Tijuana. On lit le résumé, on se dit, putain, ça va être un nanar trop marrant, et en définitive, c'est juste une fille qui se tape un canasson. Enfin pas littéralement, mais vous voyez ce que je veux dire. C'est comme Des serpents dans l'avion, si vous voulez. Sur le papier, l'idée de départ paraît tellement débile qu'on pense que ça peut être grandiose dans sa débilité, et au bout du compte, ça ne tient pas ses promesses, on a bien ce que le titre implique pourtant, à savoir des serpents dans un avion, mais rien d'autre, pas la touche de génie nanaresque qu'on aurait aimée. Putain finalement l'analogie avec Des serpents dans l'avion était bien mieux que cette histoire de zoophilie équestre au Mexique, j'aurais pu m'épargner un paragraphe en la trouvant plus tôt. Je vous le laisse quand même dans la version finale de l'article, parce que maintenant qu'il est écrit, faut pas gâcher.

Bon, donc, sur le papier, The Creeps c'est une idée forte, du "high concept" comme on dit en langage cinématographique professionnel : on réunit en un seul film les plus célèbres monstres libres de droits, Dracula, la créature de Frankenstein, le Loup-Garou, la Momie (idée pompée et gâchée par  Van Helsing, d'ailleurs, mais qui avait déjà été utilisée avant dans un autre film dont le titre m'échappe) et comme si ça ne suffisait pas, on y ajoute la petite touche de portnawak qui tue, tenez-vous bien : ce sont des nains. Je répète : Dracula. La Créature de Frankenstein. Le Loup-Garou. La Momie. Tous dans le même film. Tous joués par des nains. Bordel, si ça c'est pas du high concept qui déchire les gars, c'est que vous êtes vraiment des blasés.

La fine équipe au grand complet. Enfin, plutôt au petit complet, ha ha ha.

Le point de départ du scénario est gentiment tordu : un savant fou a inventé une machine qui permet d'amener à la vie des personnages imaginaires, mais pour cela, il a besoin des manuscrits originaux racontant leurs aventures. Coup de bol, il est justement installé près d'une bibliothèque qui conserve les deux ouvrages nécessaires à la finalisation de son plan, le Frankenstein de Shelley et
Dracula de Stoker. Il subtilise le premier par la ruse, mais la jeune et jolie bibliothécaire s'en aperçoit et met un détective privé à ses trousses pour le retrouver. Elle tente de l'arrêter elle-même lorsqu'il revient pour dérober le manuscrit de Bram Stoker, mais l'odieux savant la capture pour accomplir le sacrifice humain nécessaire à la réussite de l'entreprise. Mais l'expérience tourne court grâce à l'intervention du détective, et c'est donc sous forme de nains qu'apparaissent les créatures que le méchant comptait utiliser comme hommes de main pour asservir le monde. Dracula et ses compagnons d'infortune ne sont pas ravis de leur miniaturisation, et vont pousser le professeur à chercher une nouvelle victime pour un sacrifice dans l'espoir de retrouver leur taille normale.

Le film dépeint l'univers des bibliothèques de façon très réaliste,
puisque l'employée est une charmante jeune fille en décolleté
tandis que sa supérieure est une effrayante lesbienne revêche.
Ouais désolé pour les habitués du site, c'est une private joke pour mes collègues là.

Réalisé par Charles Band pour sa firme Full Moon Features (dont l'ambition semble être de passer pour le Troma de la côte Ouest), The Creeps n'en donne malheureusement pas pour son argent à l'amateur de débilités cinématographiques. Extrêmement paresseux, manquant cruellement d'imagination, le film donne l'impression de ne pas trop savoir ce qu'il veut être, une honnête petite série B horrifique, une comédie fantastique, un "nanar volontaire"... La mise en place est longue, les monstres n'entrant en action qu'à la moitié du film, le scénario a apparemment été torché en 10 minutes par quelqu'un qui n'en avait rien à battre, les acteurs jouent faux et semblent improviser leurs dialogues les trois quarts du temps, on a largement le temps de s'ennuyer alors que ça dure à peine 75 minutes.

Le maquillage du loup-garou ressemble à s'y méprendre
à celui de Bubs dans Sur Ecoute.

Bie sûr, on sait bien que quand on se met devant un film basé sur une idée aussi couillonne que "des monstres célèbres joués par des nains", ce n'est pas la peine de s'attendre à un chef-d'oeuvre du Septième art. Mais il est raisonnable d'espérer qu'au moins cette idée crétine va être exploitée. Or les fameux monstres nains qui servent d'argument de vente à The Creeps sont en fait quasiment relégués à l'état de simples figurants dont les quelques apparitions ne sont ni comiques ni effrayantes. Les maquillages sont pas mal, pourtant, et l'acteur qui interprète Dracula (Phil Fondacaro, si vous avez revu Willow récemment vous le reconnaîtrez peut-être comme Vohnkar, le guerrier du trio de hobbits) joue son rôle avec conviction, mais c'est loin d'être suffisant. Ils ne font rien de spécial, repartent comme ils sont venus. N'espérez pas le moindre gag de type "Dracula essaie de sucer le sang d'une victime mais, ne parvenant pas à atteindre le cou, doit lui mordre le mollet". N'espérez pas que Dracula morde qui que ce soit en fait. Ni qu'aucun des monstres ne fasse quoi que ce soit qui le rapproche un peu de sa version "grand format". En fait on aurait pu avoir à peu près le même film avec des monstres non-nains, ou des nains non-monstrueux.

Le réalisateur tourne souvent avec les mêmes personnes,
ça doit être plus facile de convaincre une actrice qu'on connaît déjà bien
de tourner une scène à poil dans laquelle elle va se faire tripoter
par quatre nains en costumes d'Halloween.

Peut-être qu'il n'y avait rien de mieux à faire, d'ailleurs. Peut-être que le concept pouet-pouet du film n'est amusant que sur le papier, en définitive, comme pour le cheval à Tijuana. Je ne sais pas. En tout cas, Charles Band n'a clairement pas su quoi en faire, le gâchis est encore plus flagrant que celui de Sue Price dans Nemesis 2. Il n'y a qu'à voir comment leur arrivée dans le film est mise en scène de manière totalement plate, genre "bon ben voilà, vous les avez voulus, ils sont là. On passe à la suite ?" ; certes, c'est pas comme si c'était censé être une grosse surprise pour le spectateur qui a priori sait déjà à quoi s'attendre, mais malgré ça un petit effort pour donner un côté un peu plus spectaculaire et mémorable à leur première apparition à l'écran n'aurait pas été de trop. Et la suite est à l'avenant. Peu d'action, pour ne pas dire pas du tout. Pas de gags, ou alors sans les nains. Pas de tueries. Surtout du blabla pas très intéressant et mal joué.

Le détective privé/gérant de vidéoclub est joué par une sorte de sous-Bruce Campbell miteux
et le réalisateur a apparemment décidé que ses chamailleries pas drôles avec la petite bibliothécaire
étaient plus intéressantes à filmer que les monstres nains avec qui il a appâté le chaland.

La déception est donc de taille (ho ho ho), ça n'est ni un bonne comédie d'horreur à la Chucky ni quoi que ce soit d'un peu divertissant. On sourira peut-être deux ou trois fois si l'on est très indulgent,  par exemple devant le fait que l'actrice principale soit si mauvaise qu'on a l'impression qu'elle se force, ou devant une scène totalement incongrue où la directrice de la bibliothèque "s'amuse" avec le manuscrit original de Jane Eyre. Quand on pense que le distributeur, Elephant Vidéo, se permet de vendre ça assez cher pour ce que c'est à cause du boîtier en métal, ça fait vraiment bien peu pour justifier la dépense.
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