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3 novembre 2008 1 03 /11 /novembre /2008 08:42


Même si en cours de route, la série a plus ou moins abandonné son idée de départ originale, "la série sur un parrain de la Mafia dépressif qui fait une psychanalyse", pour simplement devenir "la série sur la Mafia où Tony Soprano il casse la tête des gens pour leur extorquer des sous", on ne peut pas vraiment dire que Les Soprano soit une série d'action. Du coup, l'adapter en jeu vidéo sur console était casse-gueule, voire très con, mais les éditeurs  de jeux, vous les connaissez : pour eux, il n'y a aucune raison valable de ne pas profiter de la popularité d'un nom connu, et encore moins si ça permet au passage de surfer sur une mode, comme celles des jeux de gangsters dans le cas qui nous intéresse aujourd'hui.

A la différence de son vilain cousin The Shield, que je testais en parallèle et dont vous avez pu lire le test hier car vous êtes, à n'en pas douter, un fervent habitué du site, The Sopranos s'éloigne de la trame principale de la série  et ne cherche pas à coller au matériau d'origine à tout prix, même s'il en utilise évidemment les protagonistes et les décors. Le héros est ici un  personnage imaginé pour l'occasion, Joey LaRocca, fils illégitime du gros Pussy, la balance exécutée par Tony, Paulie et Silvio à la fin de la saison 2. Voyou minable, Joey intègre l'équipe de Tony au bas de l'échelle et va devoir prouver au gang qu'il vaut mieux que son défunt père.

Ici donc pas de succesion de saynètes hyper courtes avec un gameplay qui s'éparpille dans tous les sens, mais un jeu de baston teinté d'aventure, assez similaire à Yakuza. Certes le jeu est ici clairement découpé en niveaux utilisant chaque fois un nouvel environnement, plutôt qu'en chapitres se déroulant dans diverses zones d'un même grand environnement "ouvert", mais à part ça, on en retrouve les principaux ingrédients, à savoir une action centrée autour du combat au corps-à-corps, avec recours important à divers instruments contondants jonchant le sol et aux éléments du décor pour pimenter les bagarres (on peut ainsi éclater le pif d'un adversaire contre un urinoir ou lui mettre la tête dans une machine à laver pour lui claquer le hublot dessus) ; la possibilité d'explorer divers lieux pour y ramasser ce qui traîne, discuter avec des PNJ, jouer à des jeux d'argent et passer du temps avec diverses filles en petite tenue ; une intrigue développée au travers de nombreux dialogues et scènes cinématiques. Pourtant, malgré des similitudes évidentes, aucune des critiques que j'ai lues n'a fait la comparaison entre les deux jeux, et alors que le titre de Sega a généralement été bien accueilli, celui de 7 Studios s'est fait copieusement conchier. Et s'il est vrai que dans l'ensemble, Yakuza est meilleur, et que The Sopranos n'est pas une franche réussite, ce dernier ne mérite à mes yeux pas tant d'opprobre, et l'écart entre les deux n'est quand même pas si énorme...

Le jeu reproduit assez fidèlement quelques lieux emblématiques de la série.
On voit ici le Bada Bing et ses danseuses seins nus.


L'intrigue vous place dans la peau de Joey LaRocca, accepté par pitié au sein de la Famille par Tony Soprano et travaillant comme exécuteur des basses besognes non seulement pour Paulie et Silvio, mais aussi pour Christopher et Anthony Jr. qui abusent de sa position de faiblesse pour l'impliquer dans leurs plans foireux. Joey obéit car il veut coûte que coûte prouver sa loyauté au clan, même  quand c'est son propre ami Reggie qui se retrouve dans le collimateur des parrains... L'auteur de la série, David Chase, a apparemment bossé sur le scénario du jeu et pour une fois, je suis tenté de croire que ça ne s'est pas limité à encaisser un chèque de la part du développeur pour que son nom apparaisse au générique du jeu pour lui donner une pseudo-légitimité, car l'histoire et les dialogues (doublés par les acteurs de la série qui, pour une fois et contrairement à ceux de The Shield, reprennent tous leur rôle, de James Gandolfini à Vincent Pastore en passant par Tony Sirico, Stevie Van Zandt et les autres...) sont de bonne qualité et plutôt fidèles à la série. J'irai jusqu'à dire qu'ils sont ce qu'il y a de plus réussi dans The Sopranos: Road to Respect, ce qui pourra faire plaisir aux fans, mais pas forcément à ceux qui espèrent un bon jeu...

En cours de jeu, on apprendra une poignée d'attaque spéciales permettant de
mettre fin plus rapidement aux combats, telles que le broyage manuel de roupettes.

Sur le plan ludique en effet, il faut reconnaître que Road to Respect est très basique et devient vite monotone. Un niveau démarre généralement au Bada Bing, à la charcuterie Satriale ou au Vesuvio ; il faut chercher Silvio, qui vous envoie parler et péter la gueule à quelqu'un, puis à Paulie, qui vous envoie parler et péter la gueule à quelqu'un, et enfin à Tony, qui vous confie une mission plus importante et "en extérieur", qui sera l'occasion de visiter un nouveau décor, dans lequel vous devrez parler et péter la gueule à d'autres gens. Bon des fois c'est vrai qu'il faut remplacer "Silvio" par "Vito" ou "Tony" par "Christopher", mais dans l'ensemble c'est à peu près toujours comme ça que ça se passe : de la parlotte, du pétage de gueules. Pour ce qui est des dialogues, souvent c'est automatique, mais parfois vous pouvez choisir votre attitude, aggressive, neutre ou diplomate, ce qui amènera des résultats plus ou moins positifs selon les cas.  C'est simple mais pas désagréable comme système, après tout on n'est quand même pas dans un jeu de rôle. Pour la baston malheureusement, on aurait aimé un peu plus de variété parce qu'il faut bien reconnaître que Joey n'a malheureusement que fort peu de coups à sa disposition, malgré la possibilité de débloquer quelques "finishers" (étranglement, bras cassé, balle dans la tête à bout portant...) et d'utiliser comme arme un peu tout ce qui traîne. Du coup les très nombreux combats se ressemblent beaucoup, encore plus que dans Yakuza. D'autant que les ennemis se battent tous pareil et que les armes sont tellement efficaces qu'on en viendrait presque à ne plus utiliser que ça (sauf le flingue qui, paradoxalement, est assez nul).

Les dialogues sont uniquement en anglais sous-titré anglais,
ce qui en rebutera peut-être certains.


Histoire de suivre la mode, le jeu permet également de jouer au Texas Hold'em avec les collègues, mais ça n'a guère d'intérêt puisque vous êtes autorisé chaque fois à jouer tout ce que vous possédez, tandis que les autres joueurs n'ont que 1.000 dollars chacun à disposition, ce qui à moins d'être très mauvais au poker vous permettra de tous les niquer par la seule force de votre pognon. Celui-ci s'accumule par ailleurs très facilement en ramassant un peu partout la multitude de téléphones, PDA, lecteurs mp3, drogues et autres objets de valeur qui traînent et, en dehors des cartes et des machines à sous, il sert uniquement à racheter des points de "respect" auprès de votre capo. En effet, le jeu utilise un système qui rappelle vaguement celui de la jauge de corruption de The Shield: The Game et se révèle tout aussi raté. L'idée est intéressante en théorie (Joey doit respecter les règles mafieuses pour ne pas finir comme son père), mais en pratique, c'est si mal conçu qu'on peut jouer toute une partie sans que la stat de respect de Joey n'ait la moindre influence à aucun moment du jeu. On ne comprend pas toujours très bien ce qui la fait baisser, mais elle baisse rarement de plus de 2% au cours d'un niveau de toutes façons, sauf si vous effectuez une action qui la fait carrément chuter à zéro en une seule fois (comme exécuter à l'arme à feu un "civil" devant témoins), vous envoyant du même coup dormir avec les poissons. Bref, c'est bidon et ça sert à rien, alors que le scénario et la situation précaire du héros au sein de la Mafia auraient dû en faire un élément-clé du jeu. Les dialogues nous rappellent régulièrement qu'on est un fils de traître constamment mis à l'épreuve par sa hiérarchie, mais on ne le ressent finalement pas en jouant, puisqu'il faut vraiment se forcer à faire le con pour perdre du "respect" de manière significative, et qu'une poignée de dollars suffit à se refaire une virginité.

Les divers environnements proposent souvent un "point chaud" interactif
vous permettant d'achever un adversaire lors d'un combat,
comme ici cet établi avec scie circulaire intégrée.


Bref, si je continue de penser qu'il vaut mieux que sa très mauvaise réputation, le jeu se révèle néanmoins répétitif, limité, mal fichu, buggé, trop facile (on peut terminer le jeu sans jamais mourir dès sa 1ère tentative), très court, donc globalement pas très réussi. Si vous ne vous intéressez pas spécialement à la série, et même si vous aimez les jeux de baston, mieux vaut vous cantonner aux God of War. Mais pour ma part, j'avoue qu'en tant que  fan des Soprano, j'ai quand même pris un certain plaisir à retrouver son univers, ce qui n'était pas du tout le cas dans The Shield: The Game par exemple, dont le gameplay bien trop pourri gâchait tout. Ici, malgré les défauts, ça reste d'un niveau suffisamment "tolérable" pour garder l'envie de connaître la suite de l'histoire et donc de continuer à jouer. Pour 7,50 € et dans la mesure où je ne m'attendais pas à un chef-d'oeuvre, je dirais presque que j'ai été agréablement surpris en fait ; de tous les jeux basés sur des licences connues que j'ai testés dernièrement, c'est clairement le moins mauvais. A réserver quand même aux fans, et à condition de ne pas le payer plus de 10 €.

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