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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 09:20
Aujourd'hui, pour rester fidèle à la tradition de l'omniprésence du catch sur CheapGames, penchons-nous sur une production de WWE Studios, See No Evil, film d'horreur largement promu pendant l'émission Raw à l'époque de sa sortie aux Etats-Unis mais qui n'a pas eu une grande publicité en France. Les solderies de chez nous écoulent maintenant l'édition belge du DVD (celle dont la jaquette affirme "par le réalisateur de Saw", alors que les deux films n'ont en commun que l'un de leurs producteurs exécutifs) pour 10 €, prix malheureusement assez élevé pour un slasher qui, vu sa provenance, incite plutôt à la méfiance (les catcheurs au cinéma, ça n'a jamais été une très grande réussite)  ; mais la curiosité ayant été trop forte, j'ai acheté quand même...

Réalisé par Gregory Dark, ancien filmeur de porno devenu réalisateur de clips pour Snoop Dogg et Britney Spears, See No Evil a failli s'appeler The Eye Scream Man, titre formidablement nanaresque s'il en est. A la différence d'un Freddy, d'un Jason, d'un Michael Myers ou d'un Jigsaw, son tueur fou (nommé Jacob Goodnight au générique mais qui reste anonyme pendant le film) n'est ni défiguré ni caché derrière un masque ou une marionnette, mais opère à visage découvert, celui de Glenn Jacobs, connu des fans de la WWE sous le nom de Kane (ou de Isaac Yankem DDS si vous avez arrêté de regarder du catch après 1996). Après avoir grandi en cage dans une caravane, éduqué par une mère catho intégriste qui le punissait cruellement pour de "vilaines pensées" qu'elle provoquait elle-même à coups de magazines de cul, Jacob devient un psychopathe dangereux qui enlève des jeunes femmes, les mutile et les tue. Un policier parvient, au prix de l'un de ses avant-bras, à mettre fin à ses agissements d'une balle dans la tête. Evidemment, le corps du monstre n'est pas retrouvé à l'arrivée des renforts...

Ca aurait été dommage de se priver plus longtemps encore
du jeu d'acteur de Kane.


Des années plus tard, le brave policier manchot est amené à surveiller un groupe de jeunes détenus recrutés pour nettoyer un vieil hôtel crasseux et délabré en échange d'une remise de peine. Les 4 gars et 4 filles voient surtout ça comme un moyen de passer quelques jours hors de leur maison de correction, draguer et fumer des joints, sans se douter que dans les couloirs rôde un grand chauve au crâne troué et réparé par une plaque de métal, et qui aime punir les gamins mal élevés...

Un groupe typique de délinquants juvéniles très crédibles.

Dans un genre aussi encombré que le film de maniaque-qui-poursuit-des-jeunes-pour-les-tuer, il devient difficile de se distinguer de la masse. See No Evil tente le coup de deux façons : d'un côté, en essayant de faire de Jacob Goodnight un personnage mémorable et pas seulement un sous-Jason de plus, de l'autre en jouant avec quelques clichés et conventions du genre tout en ayant l'intelligence de ne pas lorgner du côté de Scream ou Scary Movie. Malheureusement, faute de mieux exploiter ses bonnes idées et intentions, et surtout faute de trouver un bon rythme, le film ne décolle jamais.

Heureusement il reste la découverte d'un talent à l'état brut,
Kane l'acteur aux mille et une grimaces.


Il y a pourtant une certaine intensité au démarrage, avec la découverte d'une victime encore en vie et l'affrontement sur les lieux du crime, mais ça retombe tout de suite après et s'enlise dans les bavardages et chamailleries de ce groupe de jeunes couillons qui glandouillent tranquillement sans que leurs superviseurs semblent préoccupés par leur intention visible de ne pas en ramer une. Quand les meurtes démarrent, il y a un petit problème, c'est qu'on ne s'est attaché à aucun des personnages et qu'ils peuvent bien tous claquer sans qu'on s'en soucie. A la limite, ce ne serait pas un problème si, par ailleurs, leur bourreau avait le côté cool et rigolo d'un Freddy ou d'un Chucky, qui pourrait amener le spectateur à se ranger de son côté à lui, mais malgré ses multiples mimiques quasi-cartoonesques, Goodnight n'est pas vraiment un marrant, n'a pas une personnalité très développée, et n'est pas très créatif dans ses exécutions. Du coup, vous ne vous surprendrez probablement pas à lancer des "ouais vas-y Kane !" pour déconner entre deux bouchées de popcorn tandis qu'il plante sa chaîne-crochet dans ses proies avant de les énucléer avec ses gros doigts sales.

Même les idées de tueries un peu originales ne sont pas exploitées pleinement.

Restent les tentatives de détourner ou de s'amuser un peu avec les lieux communs du film d'horreur. Par exemple, on sait que généralement, si les personnages niquent, ils vont se faire buter, parce que le sexe, c'est vilain. Kane Jacob Eye Scream Man va encore plus loin : pour être sûr de ne pas rater les jeunes qui baisent, il a carrément installé un système de clochettes liées par des fils aux ressorts des matelas de l'hôtel ; ainsi, dès que ça copule quelque part, il est averti, et peut aller faire son boulot de monstre de film d'horreur. Ouais, c'est pas grand'chose, mais c'est mignon comme idée. Autre exemple, l'ordre dans lequel les personnages sont tués tend lui aussi à aller à contrecourant des lois du genre. Tout ça est louable, mais reste trop limiter our vraiment tirer le film vers le haut.

Je sais que je me répète mais quand même, vraiment, ce Kane, quel acteur.

En résumé, on peut dire que malgré quelques qualités (comme je suis bon et plein de mansuétude, j'y ajoute le décor, plutôt réussi même s'il ne se démarque pas vraiment du style cracra-sordide-marron en vogue dans ce que certains appellent la nu horror), See No Evil compte trop d'éléments médiocres pour susciter l'engouement. Je ne dirais pas que je me suis ennuyé de bout en bout mais j'ai trouvé ça franchement con et pas bien palpitant. A 2 ou 3 € je ferais peut-être moins la fine bouche parce que même si ça n'est quand même pas le plus mauvais film d'horreur que j'aie vu, mais le petit divertissement qu'il y a à trouver dans See No Evil ne mérite certainement pas 10 € à mes yeux. AAAAAARGH NON MES YEUX PAS MES YEUEUEUEUX !!!!!
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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 09:01
Les remakes et le déterrage de vieilles licences, je suis pas trop pour. D'ailleurs vous le savez déjà si vous avez lu mes tests des Dents de la Mer ou Reservoir Dogs. Alors forcément, face à un nouveau Massacre à la tronçonneuse qui entendait reprendre la série au début, et produit par Michael Bay, je ne pouvais que faire la grimace, d'autant que je gardais de bons souvenirs de l'original. Mon critique de cinéma favori, Vern le Hors-la-Loi, hait le film et j'étais persuadé de le détester aussi, mais comme le DVD se trouve à 4 €, j'ai voulu voir, par curiosité, ce que ça pouvait donner.

L'histoire est toujours celle d'un groupe de jeunes qui va tomber sur une famille de cannibales dans la cambrousse texane et se faire charcuter par le fils aîné, un costaud masqué maniant la tronçonneuse (ainsi que divers autres instruments tranchants, perçants et contondants). Vu que chaque épisode de la série avait déjà utilisé ce même schéma, on peut se demander pourquoi il a fallu que celui-ci soit un remake plutôt qu'une suite. Enfin, je comprends bien qu'au 21ème siècle, on ne met plus un "5" dans un titre de film, mais il suffisait d'avoir recours à l'habituel complément de titre ridicule. Massacre à la tronçonneuse : Retour au Texas. Massacre à la tronçonneuse : Abattoir. Massacre à la tronçonneuse : Carnage Maximum. Mais bon, il fallait absolument que ce soit un remake apparemment.

Cette nouvelle version entendait se démarquer de l'originale en jouant plus à fond la carte "d'après une histoire vraie". Le problème c'est que le film n'a, comme son ancêtre signé Tobe Hooper, que très peu de rapports concrets avec la fameuse "histoire vraie" en question, celle du tueur Ed Gein. Du coup c'est un peu con. On sait que ça n'est de toutes façons pas du tout la véritable histoire d'Ed Gein ni de qui que ce soit, donc les scènes greffées au début et à la fin du film, des images à la Blair Witch tournées par les flics venus enquêter sur les lieux des crimes, ne contribuent en rien à rendre ce qui se passe entre les deux plus authentique, intéressant ou effrayant. Le film lui-même n'a rien de réaliste, il fonctionne comme la majorité des films de tueur fou classiques, avec les personnages qui ont toujours la mauvaise réaction face au danger, un méchant toujours prêt à surgir au bon endroit, l'actrice la plus connue qui survit, et ceux qui ont fumé de l'herbe qui sont bien punis. En plus, les personnages sont lookés comme des jeunes de maintenant alors que l'histoire est censée se dérouler dans les années 70.

Rien de tel que de fausses images d'archives en noir et blanc pour faire accepter
au spectateur que le film est tiré d'une authnetique histoire vraie de vraie.


Bref, le gimmick "d'après une histoire vraie" est bidon et ça aurait pu être Massacre à la tronçonneuse 5 plutôt que Massacre à la tronçonneuse 1bis. Ca aurait même pu ajouter au suspense. Avec une suite, on ne peut pas être absolument certain de ce qui va se passer. Mais si c'est officiellement une redite de l'histoire originale, on sait déjà qui y passe et qui s'en sort. Ca ne veut pas dire qu'il n'y a pas quelques changements, évidemment. Ca se passe toujours au Texas, mais au lieu d'être venus constater les dégâts sur une tombe familiale fraîchement profanée, les jeunes protagonistes reviennent du Mexique après y avoir acheté une cargaison de drogue. Au lieu de prendre un autostoppeur dégénéré, ils embarquent une fille ayant échappé à ses bourreaux et qui erre sur le bord de la route. Des choses comme ça. Mais dans les grandes lignes, c'est la même histoire. Et donc, on connaît les étapes et le dénouement.

On se doute que c'est Jessica Biel qui va s'en sortir à la fin, mais son personnage de
rabat-joie donneuse de leçons fait peu pour la rendre sympathique au spectateur.


Je me suis passé à la suite MalT 1974 et MalT 2003 en espérant un contraste saisissant entre les deux, d'un côté un classique excellent, de l'autre une sombre merde. Résultat,  et au risque de passer pour un hérétque auprès des puristes du genre, je dois avouer que le film de Tobe Hooper m'a paru nettement moins bon que dans mes souvenirs, voire carrément pas bon, tandis que le rimèque de Marcus Nispel s'est révélé moins mauvais que ce je craignais. Le premier a eu le mérite d'être un précurseur, et il a de bonnes idées, mais les acteurs jouent tellement faux qu'on a du mal à vraiment y croire. Des scènes qui, mieux jouées, pourraient être tendues et dérangeantes, se retrouvent en fait à la limite du ridicule. La version moderne n'a pas vraiment un casting impressionnant, juste une bande de beaux jeunes gens évadés de séries télé, mais ils sont quand même plus crédibles. Il y a aussi R. Lee Ermey, le sergent-instructeur de Full Metal Jacket, dans un rôle de shériff sadique.

R. Lee Ermey est l'attraction principale des rares scènes marquantes du film.

Cela dit c'est un peu le seul point fort du film par rapport à son modèle qui, même s'il n'est pas si génial que ça, a une ambiance générale plus oppressante, de meilleurs décors, des éléments plus originaux. Là on a vraiment affaire à un film d'horreur sans imagination. Une ouatmillième histoire de jeunes qui fourrent leur nez où il ne faut pas et se font poursuivre par un vilain psychopathe masqué qui les élimine un par un. Ca ne fait pas peur, il y a quelques tentatives pour faire sursauter mais elles sont tellement téléphonées que ça ne prend pas, ça n'est pas très gore, les meurtres sont mis en scène sans le moindre effort pour les sortir de l'ordinaire. J'ajoute que les masques de Leatherface ne sont pas très réussis, mais que c'est encore pire quand il se démasque. Parce que oui, dans celui-ci, il enlève son masque, mais sa "vraie" tronche fait encore plus factice que son "visage de cuir".


Tiens ça me rappelle qu'il faut que je teste Stubbs the Zombie sur PC.

Quelques scènes parviennent à instaurer le malaise, mais dans l'ensemble, le plus gros défaut du film est finalement d'être assez plat. C'est pas qu'on s'ennuie profondément au cours des 90 minutes règlementaires, mais il n'y a vraiment pas grand'chose de mémorable à voir, rien qui différencie le film de n'importe quel slasher lambda au titre moins prestigieux. C'est pas le pire film du genre, mais est-ce que ça vaut vraiment de débourser 4 €, là je dirais que ça dépend de votre intérêt personnel pour Jessica Biel en marcel et jean moulants, le gros du film étant franchement assez fade et oubliable.
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12 juin 2009 5 12 /06 /juin /2009 09:03
Note : à vous qui êtes chaque jour des milliards à venir consulter cet article, faites-moi plaisir, allez plutôt le lire là-bas, okay ?

Je ne sais pas combien de championnats du monde d'arts martiaux il s'est tenu dans les années 80, mais à en juger par les jaquettes de films de bagarre de l'époque, il devait y en avoir 5 par jour, vu le palmarès de la tête d'affiche de la moindre série Z basée sur les coups de tatane. Ainsi donc Jay Roberts Jr, vedette de White Ninja (alias White Phantom en VO, et à ne pas confondre avec Le Ninja Blanc avec Michael Dudikoff), est "champion du monde d'arts martiaux". On ne sait pas de quel année ni de quel art martial en particulier mais bon quand même, ça en jette, c'est clairement un type qui sait ce qu'il fait quand il s'agit d'avoiner son prochain de façon extrême-orientale, ça donne tout de suite envie de débourser 3 € pour cette superbe réédition DVD chez Prism Vision, les spécialistes du transfert de VHS pouilleuse.

 White Ninja n'est pas l'adaptation du webcomic pas drôle (c'est quasiment un pléonasme) du même nom, heureusement, mais l'aventure édifiante de Willy, sorte de semi-clodo interprété par notre fameux CdMdAM et qui, à ses heures perdues, endosse son uniforme de ninja blanc pour aller défendre les opprimés contre d'autres ninjas moins recommandables. Et justement, les ninjas du clan Sakura ont dérobé un caisson de plutonium à des fins obscures, tandis que leurs collègues, simples hommes de main mafieux pas ninjas, rackettent tout un quartier, pendant que leur boss, fils du chef de clan ayant du mal à assoir son autorité, garde une pauvre strip teaseuse sous son emprise, et il se trouve que Willy est amoureux de la pauvre strip teaseuse même s'il passe son temps à partouzer avec deux putes, mais du coup lui et son alter ego le ninja blanc vont évidemment fourrer leur nez dans tout ça, même si la CIA est déjà sur le coup, mais la CIA n'est constituée que d'un seul officier, qui en plus n'a pas l'air d'être CdMdAM
et se moque bien du sort de la pauvre strip teaseuse qu'il utilise comme espionne, donc c'est tant mieux que Willy/le ninja blanc décide de récupérer le plutonium, sauver la fille et mettre fin au racket, finalement.

La CIA met toute sa technologie en oeuvre pour empêcher une explosion nucléaire.
Moi j'aime bien quand un film laisse des fautes de frappe dans ses textes, ça ajoute au côté
cheap.

Je sais, raconté comme ça, ça a l'air inutilement compliqué et un petit peu con. "Un petit peu con" c'est pas grave, quand on achète un film de ninja à 3 € normalement on sait plus ou moins qu'on ne met pas les pieds en territoire hitchcockien, mais inutilement compliqué c'est dommage, c'est un genre qui s'accommode bien d'histoires simples qui vont droit au but. Là, on dirait presque un pilote de série cherchant à présenter les diverses facettes du personnage, le brave gars nonchalant qui drague les filles, fait du basket et joue avec les gosses, le redresseur de torts qui défend les gentils commerçants de Chinatown contre les truands, l'agent secret qui s'infiltre dans les hauts lieux du terrorisme international pour y jouer du sabre... Ca donne une succession de saynètes un peu décousues, dont le ton varie de la comédie pas drôle à la ninjaterie mi-molle pour Occidentaux, et qui peine à trouver un équilibre et un rythme satisfaisants.

10 ans avant The Big Lebowski, Jay Roberts campe une espèce de sous-Dude
ringard et pas drôle au mépris du public qui aimerait bien voir plus souvent
le ninja blanc promis sur la jaquette.

Fidèle à la tradition des films de karaté dont le héros est blanc, Jay Roberts Jr le CdMdAM est finalement impliqué dans très peu de combats, comme si malgré sa championnitude il ne touchait pas une bille au niveau coups de lattes. D'habitude, ce manque est compensé par une moustache et/ou un bandeau "ninja" qui valent toutes les ceintures noires du monde, et l'air déterminé d'un dur à cuire sur les pieds duquel il vaut mieux ne pas marcher. Ainsi, Richard Harrison et Bruce Baron n'ont peut-être jamais fréquenté un dojo de leur vie,  mais ils transpirent indéniablement la ninja-attitude. Mais alors que le titre du film et son uniforme devraient le pousser à tenter d'incarner la quintessence du ninja de type caucasien, Jay Roberts est sans doute le pire que j'aie pu voir dans le rôle du gaijin encagoulé pourfendeur de ses méchants homologues asiatiques. Aucune présence, trop d'insistance à jouer au déconneur sympa
alors qu'il n'est que beauf, une barbouze crado pour tenter de masquer la faiblesse de sa moustache, il semble en revanche capable de se castagner pour de vrai, et on se demande donc bien pourquoi le metteur en scène a insisté pour exploiter autant son talent inexistant pour la comédie et si peu son habileté au niveau des mawashi-geri dans la gueule, puisque concrètement, il ne doit pas passer beaucoup plus de 5 minutes dans tout le film avec son costume de gentil assassin masqué.

White Ninja est décidément un précurseur puisque 10 ans avant Duke Nukem 3D,
il emploie déjà brillamment le coup de pied en vue subjective.

Ce serait presque excusable si le film avait tout simplement pensé à employer l'autre artifice habituel de ce genre de production, faire se fritter des Chinois toutes les dix minutes histoire qu'il y ait quand même une dose d'action correcte avant que Toubab se décide à mettre le pied à la pâte dans la scène finale, mais Dusty Nelson, le gars pas doué derrière la caméra, semble tellement persuadé du charme du personnage de Willy qu'il n'y en a quasiment que pour lui. Willy fait ami-ami avec les mômes du coin, Willy rigole avec des filles de mauvaise vie, Willy claque des dunks, Willy visite la librairie, Willy va au club de strip-tease pour regarder danser son égérie, Willy joue de l'harmonica... Et pendant ce temps, quid du fameux Ninja Blanc du titre, je vous le demande ?

Le problème des costumes blancs c'est que ça garde les taches d'herbe au cul.

Visuellement, la qualité est pourrie, mais on a l'habitude avec les DVDs de cet éditeur (et des éditeurs de DVDs pour solderies en général). Ca fait même plus ou moins partie du charme des nanars de ninjas. Malheureusement, White Ninja souffre en plus d'un grave problème au niveau sonore, puisqu'arrivé aux deux tiers du film environ, le son se retrouve affreusement parasité et devient quasiment inaudible pour une vingtaine de minutes. Comme il ne s'agit pas de 20 minutes d'arts martiaux mais de 20 minutes avec des dialogues, c'est quand même un sacré problème, même si on suppose qu'on ne rate rien de vraiment intéressant.

"Ninja Noir, tu es clairement bien plus doué que moi au sabre
et il n'y a aucune chance pour que je te batte comme ça.
Je te propose donc de poursuivre à mains nues cette lutte à mort."
"C'est vrai, Ninja Blanc, tu es déjà blessé et je suis sur le point de me débarrasser enfin de toi.
J'accepte donc de me désarmer pour que tu puisses gagner quand même."
"C'est déjà cool de ta part d'avoir renoncé au sabre,
et c'est encore plus sympa d'avoir envoyé ton petit frère de 12 ans à ta place !"

En fin de compte, White Ninja est un peu le cul entre deux chaises, entre nanar et navet. Il y a des moments involontairement comiques, des petits détails qui font sourire, un doublage assez pouilleux comme on les aime, mais ça manque d'action, les combats sont sans intérêt, il n'y a pas beaucoup d'originalité, la qualité visuelle et sonore est au-dessous du seuil acceptable/appréciable de médiocrité, et on s'ennuie vraiment pas mal. A 50 centimes ou 1 €, et en faisant pas mal d'avance rapide, ça passait à peu près, mais là, même un fan de ninjateries au rabais ne s'y retrouvera pas.
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7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 10:00
Ha ha, avouez, je vous ai bien eus. Avec ce titre, vous pensiez que j'allais parler de BloodRayne, le jeu vidéo sur PS2 ou PC, et pas de BloodRayne, le film. Parce qu'ici normalement, on parle de jeux, pas de cinéma. Mais je vous avais promis une nouvelle rubrique pour cette année, et comme une fois sur mille je tiens mes promesses ici on se fout pas de la gueule du client, j'inaugure donc la catégorie "DVDs pas chers" histoire aussi de fêter dignement le 100ème article, et puis la fêtes des mères bien sûr, parce que je suis un mec comme ça moi, radin mais généreux. Bien sûr on s'éloigne un peu du monde du jeu (ouais enfin sauf là parce que je démarre par un film adapté de jeu, mais je ne compte pas en faire une habitude) mais bon, c'est pas complètement incongru non plus, après tout les PC et la PlayStation 2 ont un lecteur DVD, hein.

Avant de m'attaquer à BloodRayne, chopé pour 3 €, je précise que la limite se situera ici à 10 € et non pas 30, et que sans chercher à devenir une annexe de Nanarland en moins bien, je vais me cantonner à des trucs pas trop trop connus parce que ça ne sert à rien de parler de Indiana Jones ou Spider-Man même s'ils sont disponibles en édition pas chère.

BloodRayne, c'est mon premier contact direct avec le cinéma du tant décrié Uwe Boll dont je n'avais jamais rien vu avant. C'est aussi mon premier contact avec cet univers en fait, vu que je n'ai jamais joué aux deux jeux de la série, ce qui est à mon avis le meilleur moyen d'aborder une adaptation de jeu en film, vu que ça évite le parasitage par des considérations inutiles de type "C'est pas trop nul quand même parce que c'est assez fidèle au jeu" ou "C'est tout pourri parce que ça n'a rien à voir avec le jeu en fait".

Enfin bref. BloodRayne se passe en des temps assez reculés (j'aurais dit le Moyen-Âge, mais la jaquette parle du XVIIIème siècle), en une contrée qu'on devine roumaine ou assimilée. Déguisé en mamie, Ben Kingsley règne sur une alliance de vampires et d'humains qui terrorise la région dans le but d'y établir sa domination totale. Face à lui, les chasseurs de monstres de l'ordre de Brimstone, composé d'un Michael Madsen qui semble pendant tout le film avoir du mal à se remettre d'une petite gueule de bois, d'une Michelle Rodriguez qui affiche en permanence son habituelle moue de gamine qui boude parce que son père lui a encore refusé le téléphone dans sa chambre, et d'un jeune type à la personnalité et au charisme de chaise Ikéa d'entrée de gamme, mettons une Stefan à 9,95 €, et dont on suppose qu'il se tapera l'héroïne. Celle-ci n'est autre que la plutôt charmante Kristanna Loken, découverte en Barbie dans le superflu Terminator 3, et que des forains sans scrupules exhibent comme un monstre parce qu'elle a le pouvoir de déclencher des effets spéciaux pas très impressionnants quand on la mouille. Kristanna alias Rayne parvient à échapper aux méchants gitans et va alors chercher à se venger de Ben Kingsley, qui a violé et tué sa mère quand elle était petite. Elle n'est pas sûre de vouloir s'associer aux gens de Brimstone parce que c'est une individualiste qui n'a besoin de personne, un trait de caractère toujours incroyablement original chez un héros, et les gens de Brimstone ne sont pas sûrs de vouloir s'associer à elle parce que c'est une dhampir (mi-humaine, mi-vampire) et parce que malgré sa haine envers leur ennemi, c'est aussi sa fille. Et aussi parce que Michelle Rodriguez elle en a trop marre quoi merde et si personne ne l'écoute, elle va fuguer et tout le monde la regrettera bien. Pour remplir les 90 mn règlementaires il y a aussi une histoire de reliques qui rendent les vampires invulnérables, et des complots dans les deux camps.

Ben Kingsley en vieille dame indigne garde la même expression pendant tout le film.

Bon, je dois avouer que je suis un peu déçu. Avec toute la haine que suscite Uwe Boll, je m'attendais vraiment à autre chose. Soit un film foireux mais involontairement comique et divertissant, soit un abominable ratage complètement bidon et irregardable, mais en tout cas un truc marquant. BloodRayne n'est ni l'un ni l'autre, ça n'est qu'une série B pas terrible. On n'est jamais vraiment consterné au point d'abandonner le visionnage, et on n'a jamais de fou-rire devant. On s'ennuie un peu, mais sans que ce soit insupportable. On peut y décerner quelques touches de ce qui serait la "touche Uwe Boll", mais rien de mémorable. C'est pas un nouvel Ed Wood, il n'est pas plus incapable que le réalisateur lambda, il a juste moins de fric que Michael Bay et consorts. Tenez, si je compare à un autre truc foireux avec des vampires, je dois dire que je me suis moins fait chier que devant Van Helsing, c'est dire si la réputation de Boll en tant que pire cinéaste actuel me paraît surfaite pour le moment (je suis assez curieux de jeter un oeil sur quelques-unes de ses autres oeuvres du coup).

Géraldine Chaplin, déguisée en Mylène Farmer, a une scène de deux minutes
pour faire progresser le scénario et payer ses impôts.


Je vais quand même pas le défendre avec passion face à ses détracteurs, d'autant que le personnage lui-même s'est rendu assez détestable de par ses fanfaronnades dans la presse. Mais pour médiocre qu'il soit, BloodRayne n'est pas complètement déméritant. C'est pas prétentieux. Ca ne nous ressert pas du sous-Matrix ringard avec lunettes de soleil, trench-coats noirs sur combinaisons en vinyle, kung fu au ralenti et fusillade avec rotation de caméra sur musique techno-industrielle de chie. Ca n'abuse pas des images de synthèse (il faut dire que ça coûte cher). Les scènes d'action ne sont pas filmées avec une caméra qui tremble et qui cadre 10 fois trop près pour faire genre "reportage en plein coeur de l'aventure" comme tant de films de genre ces dernières années. Il y a du sang qui gicle et des seins nus qui gigotent parce qu'une sortie directement en DVD s'accommode très bien de la classification "R" (interdit aux mineurs non accompagnés) et que Boll n'était donc pas obligé de s'autocensurer pour décrocher un "PG-13" (déconseillé aux enfants de moins de 13 ans) comme le font aujourd'hui tous les réalisateurs qui signent des films d'action pour les gros studios, de Die Hard 4 à Terminator Renaissance. Enfin bref, tout ça pour dire que, si médiocre que ça puisse être, ça n'est quand même pas Underworld. Mais c'est vrai que c'est à peu près tout ce qu'il y a à dire de gentil sur le film.

Enfin un film qui, en matière d'effets sanguinolents, n'a pas froid aux yeux.
Un peu comme moi en matière de gags pourris.


Car même si Boll n'est pas forcément aussi incapable que le déclare la geekerie internationale qui a lancé une fatwa contre lui (Gametrailers a carrément classé BloodRayne premier du Top 10 des pires films tirés de jeux, c'est portnawak), il faut quand même dire qu'il est sacrément paresseux et du genre à faire les trucs par-dessus la jambe. Bâclé, BloodRayne affiche un je-m'en-foutisme certain, et donc s'il y a un style Uwe Boll, c'est ça : ce côté branleur brouillon dont le seul souci est de respecter un budget et des délais restreints. Vous me direz que beaucoup de réalisateurs de séries B destinées au marché du DVD sont comme ça, mais lui il pousse peut-être le bouchon encore un peu plus loin. C'est le genre de mec, non seulement il ne vise pas l'excellence, ne cherche jamais à faire mieux que le minimum, mais en plus il tient à ce que ça se voie, qu'on le sache ; ça doit être une illustration de sa profession de foi, selon laquelle un film doit rester superficiel et ne pas s'encombrer de complications. Si ses acteurs ne savent pas manier l'épée par exemple, il ne va pas certainement pas leur demander de répéter ne serait-ce que vingt minutes avec un maître d'armes pour ne pas avoir l'air trop ridicule dans les scènes de combat. Mais il ne va pas non plus chercher un moyen de les filmer de façon à masquer leurs limites et à pouvoir utiliser des doublures de façon discrète. Il va juste les filmer tels qu'ils sont. Alors Michael Madsen promène sa grosse épée avec l'air de ne même pas savoir ce que c'est ni à quoi ça sert, Kristanna Loken est assez pataude avec sa paire de sabres, Ben Kingsley reste pratiquement immobile avec sa rapière pendant son duel final... Il n'y a guère que Stefan La Chaise et l'adjoint de Ben Kingsley qui fassent un peu illusion. A propos de l'adjoint, d'ailleurs, notons qu'il s'agit d'un sosie parfait de Matt Hardy, de la WWE, ce qui n'a aucun intérêt je vous l'accorde, mais dans la mesure ou "Hardy" et "WWE" sont des mots-clés Google qui m'amènent de la visite, je ne vais pas me gêner pour m'en servir.

I WILL NOT DIE

Même la scène de cul est morne, et là excusez-moi mais bon, pour ne même pas chercher à rendre une scène de cul sexy et excitante alors qu'on a l'autorisation de faire du "R-Rated" et Kristanna Loken à sa disposition, faut vraiment en avoir rien à battre de ce qu'on met à l'écran. A part ça, signalons une participation de Billy Zane, visiblement filmée après la fin du tournage quand le distributeur s'est dit que ce serait pas mal de pouvoir mentionner "avec Billy Zane (TITANIC)" sur la jaquette (cela dit, la version que j'ai n'en parle même pas !), et constituée de deux scènes artificiellement rattachées à l'intrigue par une histoire de complot mais n'ayant absolument aucune incidence sur le reste de l'histoire ; une autre de Meat Loaf en vampire ayant la drôle d'idée de batifoler en plein jour dans une pièce pourvue de fenêtres...

Je suis une célébrité, sortez-moi de là.

Bref, comme je le disais, j'espérais vraiment autre chose de ma découverte d'Uwe Boll et je suis resté sur ma faim. C'est pas nul, c'est pas hilarant, c'est assez inoffensif en fait. Le plus intéressant parmi le contenu du disque en fait, c'est peut-être l'entretien qu'Uwe Boll a avec deux jeunes gens autour d'une table. Ca dure à eu près trois quarts d'heure, il parle de comment il a débuté dans le cinéma, comment il se retrouve avec tous ces projets de films tirés de jeux, reconnaît de bonne grâce que ses précédentes réalisations n'étaient peut-être pas complètement réussies... C'est assez étonnant comme interview, déjà parce qu'ils font ça en bouffant, mais aussi parce qu'on voit des trucs qu'on voit pas d'habitude comme la nana qui se défait les cheveux en pleine interview par exemple (ouais je sais que c'est pas très intéressant mais quand même, on voit pas ça ailleurs) et que Boll n'y apparaît pas antipathique, ce qui tranche avec l'image que j'en avais de gros connard qui lance des défis puis se dégonfle, insulte ses détracteurs et ses confrères et claironne que son Postal est le film le plus drôle et irrévérencieux et génial jamais réalisé.

Et là, l'intervieweuse, ELLE SE DETACHE LES CHEVEUX !!!

Un film pas très réussi mais pas trop ennuyeux, les décolletés de Kristanna Loken et une interview, ça ne fait peut-être pas assez quand même pour dépenser 3 € si vous voulez mon avis, ce que je suppose puisque vous êtes ici. A votre place j'attendrais plutôt une diffusion gratos sur une chaîne spécialisée dans les couillonnades genre NRJ12 ou TF6 un soir où il n'y a rien d'autre.
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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 15:00
Le 1er épisode n'ayant pas connu une très grosse diffusion en France et donc vraisemblablement paps un très gros succès, j'ai été étonné de voir que sa suite avait tout de même été importée. Comme Ippo's Road to Glory, le prédécesseur, avait quelques bonnes idées, et que ce Fighting Spirit était disponible à pas cher, j'ai tenté le coup par curiosité, me demandant si les défauts rédhibitoires du premier épisodes avaient été corrigés...

Tiré de l'interminable manga Ippo : La Rage de vaincre, le jeu vous place dans la peau du jeune Ippo Makunouchi, boxeur poids plume prometteur mais qui a encore tout à prouver. Curieusement, ce deuxième épisode n'est pas la suite du premier mais plutôt un remake puisqu'il repart au début de l'intrigue, quand Ippo est encore amateur, et en pleine rivalité avec la star de son club. Comme c'est un jeu de boxe, ça n'est pas trop grave, le scénario est secondaire. Mais il faut préciser quand même que Victorious Boxers 2,  c'est un peu le Metal Gear Solid de la simulation sportive : entre des phases de jeu de 2 minutes, on se farcit 20 minutes (et je précise que ce n'est pas une exagération à des fins comiques, c'est vraiment 20 minutes montre en main) de scènes cinématiques bavardes.

On peut évidemment les passer histoire de se concentrer sur les matchs eux-mêmes. Le jeu conserve le parti pris osé du 1er Victorious Boxers : ici, pas de jauges de vie et d'endurance, pas de compteur de temps pendant les matchs. Dans un souci de réalisme, il faut gérer ça "à l'instinct", sachant que le jeu vous donne quand même quelques indices sur l'état de votre combattant (il ralentit quand il est fatigué, il saigne quand il prend trop de coups). Pour déroutante qu'elle était, l'idée me paraissait bonne dans le 1er. C'est vrai qu'on avait parfois l'impression que tout se déroulait un peu au-petit-bonheur-la-chance, mais c'était quand même une façon intéressante de simuler la possibilité de réussir un KO sur quelques bons coups bien placés, plutôt que simplement en tapant sur l'adversaire jusqu'à ce que ses points de vie tombent à zéro comme dans un Rocky. Malheureusement, et même si ça n'est peut-être qu'une impression de ma part (j'ai pas sorti Ippo's Road to Glory de mes cartons après mon déménagement, je ne peux pas vérifier), je trouve qu'ici ça ne fonctionne plus du tout. Mettez 4 coups dans le vide et le pauvre Ippo se retrouve ralenti de manière absolument ridicule. Reculez 5 secondes sans frapper et hop, le voilà à nouveau frais comme un gardon. Rouez l'adversaire de coups alors qu'il est en garde et vous aurez l'impression de simplement taper dans un mur de briques sans l'affaiblir le moins du monde, placez-lui une pauvre mornifle au moment opportun et le voilà comme percuté par un train. L'illusion de réalisme disparaît complètement, gagner ne semble plus être qu'une question d'attendre que l'adversaire attaque et de choisir alors LE bon bouton de contre-attaque qui l'enverra au tapis.

Plutôt donc que de peaufiner un système qui aurait pu devenir intéressant, Victorious Boxers 2 le caricature et le massacre. Quant à l'autre élément qui aurait mérité d'être amélioré par rapport à l'épisode précédent, à savoir les commandes, à ce niveau-là non plus il n'y a malheureusement pas eu de progrès, rien n'a changé, c'est toujours le même mode de déplacement peu intuitif. Ici, quand vous voulez reculer vers la gauche de l'écran, vous n'appuyez pas sur "gauche" pour aller à gauche, vous appuyez sur "bas", pour reculer. De la même façon, vous avancerez vers la droite en appuyant sur "haut" et pas sur "droite". Ce système, qui fonctionne parfaitement pour un jeu d'action où la caméra reste derrière le personnage principal comme, mettons, Tomb Raider, me paraît complètement inadapté à un jeu de sport avec camera donnant une vision latérale des deux protagonistes. Le jeu commet la même erreur que le précédent, à savoir l'absence totale d'un mode d'entraînement qui permettrait de s'habituer aux commandes face à un sparring partner simplement là pour encaisser les coups sans bouger. Ici la seule façon de vous faire au jeu, c'est de jouer de vrais matchs et de vous prendre branlée sur branlée jusqu'à ce que ça finisse par rentrer, ce qui est une façon super pénible et frustrante d'apprendre. Surtout pour ceux qui, en plus, suivent l'intrigue du mode carrière. Lire 20 minutes de dialogues avant de se faire démonter la gueule en 30 secondes de match, ça fait un peu mal au boule.

A propos, précisons que les matchs sont hyper courts. Malgré l'impression que les boxeurs n'ont absolument aucun punch, les affrontements sont pliés en un round ou deux. Le KO technique arrive toujours très vite, ces poids-plumes semblant d'une fragilité extrême. La majeure partie du temps passé devant l'écran est donc consacrée à voir se dérouler l'intrigue, aussi passionnante que peut l'être celle d'un manga de sport pour ados. Machin deviendra-t-il le plus fort des plus forts ? Truc le jeune espoir si sûr de lui ne va-t-il pas pécher par excès de confiance en soi ? Bidule le vieux maître aigri enseignera-t-il sa technique secrète ? Enfin ce genre de trucs quoi. Tout ça sous forme de cut-scenes d'une laideur agressive, le design des personnages étant particulièrement affreux. Ca a l'air assez fidèle au matériau d'origine, et c'est vraiment hideux, le héros par exemple est un croisement entre un homme des cavernes et une version mongolienne de Pinocchio. Ca ne choque pas trop pendant les matchs eux-mêmes... soit 10 % du temps.

Puisqu'il n'y a pas de jauges et de statistiques, le personnage ne progresse jamais : pas de capacités à augmenter ou de meilleur matériel à acheter comme par exemple dans Fight Night Round 3. Le seul intérêt du mode Carrière pour ceux qui n'en ont rien à battre de la soporiphique histoire d'Ippo est donc de débloquer de nouveaux boxeurs et arènes pour le mode Versus. Ca tombe bien, vu qu'il y en a vraiment très peu au démarrage. En même temps, dans la pratique, il y a de tels déséquilibres entre les combattants que ça ne fonctionne pas très bien. Certains ont un genre de superpouvoir (une espèce d' "effet Matrix"), d'autres pas du tout. Ceux des catégories de poids plus élevées sont largement plus forts et ont une meilleure allonge, les plus légers n'ont rien pour compenser donc à moins de choisir deux personnages dans la même catégorie, ça donnera un match à sens unique.

Bref. Je gardais du 1er le souvenir d'un jeu pas vraiment réussi mais qui méritait un deuxième épisode capable de mieux utiliser ses bons éléments tout en rectifiant le tir sur les mauvais. Mais Fighting Spirit ne recrifie rien, il s'ajoute de nouveaux boulets aux pieds. Au bout du compte, il n'y a vraiment rien pour en faire une alternative intéressante à un Fight Night. Je n'irai pas jusqu'à affirmer que le 1er était mieux parce que mes souvenirs sont trop vagues, mais en tout cas je peux dire que je suis sûr de passer un meilleur moment en ressortant un vieux Knockout Kings ou un vieux Rocky.
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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 13:35
Nervous Brickdown, c'est un jeu qui fait de la peine. Non pas qu'il soit mauvais, bien au contraire. Mais ça fait de la peine de voir qu'un titre tentant de faire preuve de créativité au niveau du design et du gameplay se retrouve relégué dans le bac à merdes aux côtés de Tektonik World Tour quand le rayon DS à prix "normal" continue de s'encombrer de monceaux de jeux de vétérinaire ou de Barbie pondus à la chaîne par des robots.

Quand même, vous vous rendez compte qu'à une époque, y a des mecs qui, quand ils voulaient faire un jeu sur DS, s'asseyaient autour d'une table et se demandaient "Comment on pourrait moderniser intelligemment un genre désuet, en tirant parti des spécificités de la machine et en lui donnant un style original ?" plutôt que "Tiens qu'est-ce qu'elles ont pas encore fait et qui plairait aux gamines, ces connasses de Léa et Emma ? Y a quoi comme jeu sur téléphone portable avec un personnage de dessin animé qu'on pourrait porter vite fait sur cartouche ?" Je me répète à chaque fois que je teste un jeu DS mais quand même, tragique destin que celui de la ludothèque DS.

Bref. Nervous Brickdown est un casse-briques qui, plutôt que d'offrir 100 niveaux dans la veine de ce qui se faisait dans Arkanoid ou Breakout il y a 20 ou 30 ans, préfère proposer une série de variations autour du thème du casse-briques, à travers des séries de 10 tableaux répartis sur 10 mondes utilisant chacun des règles et un gameplay différents. Ca démarre par du classique pour se mettre en jambes, puis on passe à des choses un peu plus fantaisistes : niveaux où l'on dessine soi-même sa raquette, d'autres où le tableau défile verticalement au lieu de rester fixe, d'autres encore où il faut contrôler un petit personnage dans un jeu de plates-formes basique sur l'écran du haut tandis qu'on joue à un casse-briques looké Pong sur celui du bas...

Dans le monde "Water", en plus d'éclater les bulles il faut sauver
les petits bonshommes qui tombent à l'eau.


On contrôle la raquette au stylet, on peut débloquer le pouvoir de souffler dans le micro pour dévier la trajectoire de la balle, certaines briques détruites laissent tomber des bonus, il y a des objectifs secondaires à réaliser pour obtenir la médaille de chaque niveau, et chaque "monde" se conclue par un combat contre un boss. Il y a aussi un mode "Shuffle" à débloquer, et qui vous met face à 5 niveaux au hasard parmi ceux que vous avez déjà terminés, et un mode multi pour lequel une seule cartouche suffit.

S'adressant avant tout aux amateurs d'arcade à l'ancienne,
Nervous Brickdown propose un monde mixant casse-briques et shoot'em up.

Le jeu séduit assez vite : dynamique, facile à prendre en mains, il bénéficie en outre de musiques entraînantes et d'un design graphique très réussi qui lui donnent un côté fantaisiste à la Project Rub/The Rub Rabbits bien sympa. Cela étant dit, il a aussi des défauts comparables à ceux de Rub Rabbits : malgré ses petites originalités, le gameplay reste basique, et on finit par se lasser relativement vite (il ne faut que quelques jours pour avoir fait le tour du jeu).

Concept intéressant en théorie, le monde "Retro" donne
fréquemment envie de balancer la cartouche par la fenêtre.


Malgré les défauts, ça reste un jeu attachant, qui a du style, et vraiment chouette pour occuper quelques trajets en métro ou quelques salles d'attente chez le médecin. C'est peut-être pas grand chose au bout du compte, mais à 12 € il serait malvenu de faire la fine bouche en ces temps où on ne peut pas dire que les titres indispensables se bousculent dans le rayon DS.
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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 10:19

L'une des seules explications que je peux trouver au succès des abominables Prison Tycoon, en dehors du fait que des gamins abrutis fans de Prison Break le mendient à leurs parents en espérant y retrouver l'ambiance de leur mauvaise série préférée, c'est l'existence d'un gros public d'amateurs de jeux de gestion et autres "god games" n'ayant pas envie de se prendre la tête avec toutes les complications d'un Sim City 4 ou d'un Anno 1701, et prêts à se tourner vers le 1er truc moisi qui leur tombera sous la main, tant que ce sera simpliste et pas cher. Alors je me suis mis en tête de trouver un tycoon à deux balles qui ne soit justement pas trop un tycoon à deux balles.

 

J'ai tenté de m'infliger Beer Tycoon, mais n'ai pas eu l'occasion de vérifier si son atroce réputation était justifiée, le jeu refusant de se lancer à cause d'un bug. Du coup, je me suis rabattu sur Cinema Tycoon, également connu sous le nom de Cinema Empire, et que l'on doit aux Allemands de Donkey Games. Au moins, le thème choisi avait un potentiel divertissant a priori plus élevé que la privation de liberté à but punitif...

 

Tandis que l'incroyablement décevant The Movies de Peter le Fanfaron s'intéressait à la production de films, Cinema Tycoon est quant à lui centré sur leur distribution. On y gère un cinéma et le but est de gagner des sous en faisant des entrées et en vendant divers aliments aux spectateurs. On démarre dans son ciné avec une seule salle, seulement équipée pour diffuser des films en 35 mm, et par la suite, on peut ouvrir d'autres salles pour projeter plus de films, et acheter du matériel pour les films en 70 mm et le numérique. Il faut aussi gérer les stocks de bouffe et de boissons en vente au stand.

 

L'incroyable créativité du slogan du jeu vous donne une idée

de la somme de travail investie dans son développement.


Il y a un plan de la ville en 3D pour naviguer entre les différents lieux-clés, mais concrètement, c'est juste pour faire joli. On peut en effet accéder automatiquement à ces divers endroits en cliquant sur le bouton adéquat, et comme on ne peut ni choisir l'emplacement de son cinéma, ni acheter ou faire construire de nouveaux bâtiments, l'utilité de la chose se voit donc réduite à néant, c'est de la poudre aux yeux pour que les captures d'écran ressemblent à ce qu'on voit dans les autres Machin Tycoon, et pas à la série d'affreux écrans fixes bariolés qui constituent le gros du jeu. Le déroulement du jeu est vraiment simple : on va chez le distributeur acheter un film à diffuser, on va à l'agence de pub signer un contrat pour passer un spot avant le film, on va chez le responsable marketing choisir par quel biais on va faire connaître son cinéma, on va au supermarché acheter de quoi arnaquer les spectateurs, on va dans sa salle pour fixer ses tarifs, et voilà, roulez jeunesse. Il n'y a plus qu'à attendre que l'argent rentre. Quand le contrat vis-à-vis de l'annonceur (que son spot soit vu par X spectateurs en un certain nombre de jours) est rempli, il faut retourner choisir une autre pub. Quand la période d'exploitation du film est terminée, il faut aller en acheter un autre. Quand les stocks de sucreries sont écoulés, il faut retourner faire les courses. Vraiment pas bien compliqué...

 

La vue aérienne de la ville, purement décorative.

 


Quand les caisses sont bien pleines, on peut se lancer dans quelques investissements : plus de salles pour diffuser plusieurs films simultanément et ainsi engranger plus d'argent, divers aménagements fournissant des bonus (une machine à café qui augmente les ventes de café, des tabourets chicos pour doper les revenus du bar...), des formations pour son personnel, afin que le caissier apprenne à entuber la clientèle sur le prix des billets, ou que le gars du stand de confiseries apprenne à restocker lui-même pour vous épargner cette corvée. Enfin, pour ceux qui ont besoin d'une petite avance, ou d'un peu de sous pour rester à flot, il y a une espèce de mafieux qui sert de banque et à qui l'on peut emprunter de l'argent.

 

Le jeu fait parfois de pauvres tentatives d'humour dans le résumé des films

mais la plupart sont juste des résumés de "vrais" films avec un titre légèrement modifié

("L'armée des 11 singes") et sans la moindre vanne.


Bon, jusque-là, on a le squelette de base pour un jeu de gestion de petite entreprise classique. Le problème, c'est que le jeu ne va pas plus loin que ça. Je vous ai décrit la totalité du jeu, là. On achète un film, on le passe deux semaines, on va racheter un film et c'est reparti pour deux semaines, le tout en pensant à se refournir régulièrement en pubs et en provisions. Il n'y a pas de concurrents à affronter, le choix du genre de film qu'on diffuse semble ne pas avoir d'incidence particulière sur les entrées. Du coup on se retrouve rapidement face au même problème que pour Prison Tycoon : le contenu est si limité, les mécanismes si simples, qu'on a vraiment très très vite fait le tour de toutes les possibilités offertes par le jeu.

 

Sur cette image chatoyante on peut lire que le responsable du marketing

s'appelle "Marcé Ting", parce que les créateurs du jeu sont aussi drôles que subtils.

 


Même à supposer qu'un gestionnaire "casual gamer" puisse se satisfaire d'un jeu aussi simpliste et répétitif, diverses sources supplémentaire de frustration achèvent d'enliser Cinema Tycoon. Déjà, tout dans le jeu coûte très très cher, et les retours sur investissements sont vraiment lents... Prenons le cas de l'appareil à hamburgers, qui vous permet de gagner 25 % de plus sur la vente de burgers. Le bestiau coûte quelque chose comme 6.000 dollars. Et la marge bénéficiaire sur la vente d'un burger est, si mes souvenirs sont bons, réglée à 1 dollar par défaut. Bien sûr on peut l'augmenter, mais ça ralentit d'autant les ventes. Alors, faites le calcul, faut vendre une sacrée cargaison de sandwiches avant que cette putain de machine commence à être rentable. Et c'est pareil pour tout. Bien sûr ce ne serait pas très intéressant si le joueur pouvait devenir multimillionnaire trop vite, mais quand il n'y a pas grand chose de trop stimulant à faire avant que son entreprise commence à gagner du fric, c'est un peu ennuyeux. A cela s'ajoute des événements aléatoires qui sont un peu comme les cartes "Chance" ou "Caisse de communauté" du Monopoly. Vous trouvez un billet par terre, gagnez 20 $. Votre femme va faire du shopping, perdez 2000 $. Votre ticket de loterie est gagnant, empochez 40 $. Votre projecteur a été saboté, réparez-le pour 1500 $. On ne peut pas dire que ça aide à équilibrer les comptes, et se retrouver déficitaire sur un simple gros coup de malchance et non pas à cause d'un choix idiot ou pour le moins hasardeux, c'est un peu pénible.

 

Hourra, 350 $ grâce à un gain à la loterie. C'est dommage que quelques minutes avant,

deux "cartes Chance" dans ce genre là m'ont fait perdre un total de 4000 $

sans me laisser le temps de dire ouf.

 


Certes, on peut dire que ça se trouve pour moins de 5 €, que ça tourne bien sur une config d'avant-guerre, que c'est facile à comprendre et à prendre en mains, que c'est un peu moins nul que Prison Tycoon. D'un autre côté, c'est d'une laideur agressive, pas très bien foutu, trop basique et d'un ennui profond. Dans le même genre je crois me souvenir que même le laborieux Moon Tycoon est un poil mieux, c'est dire. Pour le même prix et toujours dans le thème "gestion et cinéma", The Movies a beau n'avoir pas du tout tenu ses promesses, il est largement supérieur à ce petit navet. Mais c'est vrai qu'il est plus touffu et peut rebuter ceux qui n'aiment pas trop se compliquer. Bref j'ai pas encore trouvé le bon titre pour détourner les gens de Prison Tycoon. Promis, je continue à chercher.

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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 09:44

Bon ben voilà les gars, la curiosité a été trop forte et j'ai joué à Prison Tycoon. Il fallait que je sache ce que ce jeu avait dans le bide pour tenter de m'expliquer comment on peut en être aujourd'hui rendus à 4 épisodes, dont 3 sortis en France, ce qui semble indiquer que ça se vend pas mal. Je ne dis pas que les titres qui se vendent bien sont tous forcément géniaux hein, mais quand même, une longévité pareille dans un domaine comme celui du jeu de gestion, ça titille la curiosité.

Le 1er épisode, qui fête bientôt ses 4 ans quand même, est passé dans la très prestigieuse Collection ARGENT à 10 €, celle où sont réédités des titres mythiques comme Vera Jones ou Prisoner of Power (prochainement visibles ici, évidemment), du non moins prestigieux éditeur Anuman Interactive, distributeur du fantastique EuroCops. Le but est donc de gérer une prison, idée bizarre de prime abord, mais pas foncièrement inexploitable en soi, je suppose. On a déjà géré une dictature dans Tropico, un repaire de criminels et terroristes dans Evil Genius, un piège à preux chevaliers dans Dungeon Keeper, alors au fond, une prison, pourquoi pas. Cela étant dit, Dungeon Keeper, Tropico et Evil Genius avaient tous pour point commun d'utiliser l'arme de l'humour pour séduire. Mais Prison Tycoon, lui, ne joue pas dans la cour des plaisantins. La jaquette a beau ordonner "Enfermez-les tous !", ne vous attendez pas à une parodie des Pokémon. Ou de quoi que ce soit.

Non, Prison Tycoon est d'une autre espèce. Il nous provient de développeurs à qui l'on doit aussi Border Defense: National Security Patrol, inédit en France, un jeu qui consiste à traquer les immigrés clandestins. Pour des gens qui portent un nom guilleret comme Virtual Playground, on peut dire que ces individus affectionnent les thèmes sordides, et qu'ils ne sont pas là pour rigoler. Pour eux, on ne plaisante pas avec la répression. Leur Prison Tycoon est à un Tropico ce que Pinochet est au général Tapioca. Je sais, dit comme ça, ça parraît pourri comme comparaison, mais en fait, je vous assure que c'est parfaitement juste et même brillant. En tout cas, qui sait ce qu'ils expérimenteront quand ils auront épuisé le filon de la taule ? L'asile psychiatrique ? Le goulag ? La Star Academy ?

L'ambiance bat son plein dans le dortoir. Une bonne idée du niveau
de fun qui attend le joueur dans Prison Tycoon.


Bref, voilà, Prison Tycoon joue la carte de la gestion sérieuse, ce qui n'est pas un mal en soi, tout de même, précisons-le. Il y a même des cas où l'on sent que l'humour est là comme cache-misère d'un gameplay au rabais. Cela étant dit, quand on ajoute l'austérité en sus du thème "limite", on s'oriente assez certainement droit dans le mur. Les bons jeux de gestion sérieux ont en commun au moins deux ingrédients : des mécanismes simples à la base, mais qui se complexifient, et des objectifs intéressants et satisfaisants à atteindre. Construire une ville gigantesque et prospère dans un Sim City, un Caesar ou un Anno, s'enrichir au maximum et éliminer ses concurrents dans un Capitalism, monter un beau réseau parfaitement organisé  et rentable dans un Railroad Tycoon... Même Les Sims, souvent décrié comme un non-jeu et qui ne propose que de gérer des vies "banales", permet quand même de se fixer des objectifs rigolos : séduire toutes les femmes d'un quartier, parvenir à se faire transformer en vampire-loup-garou-zombie, se faire inséminer par des extra-terrestres, prolonger indéfiniment sa vie sans tricher...

Ah là là ces détenus, on leur installe une belle cour bien grise
avec un banc et des poids à soulever, et ils râlent.
Allez hop, un maton va régler ça à coups de matraque.

Avec l'univers de la prison, que peut-on bien proposer à ce niveau-là ? On n'est pas là pour s'enrichir, ni pour assurer le bonheur de ses pensionnaires. Bien sûr on peut installer un atelier pour faire travailler les détenus, mais voilà, c'est juste un atelier qu'on paie, qu'on pose dans sa prison, et basta. Pas besoin de réfléchir à une amélioration ou une optimisation de cette pseudo-entreprise, et c'est pareil pour tout. Il y a une poignée d'installations à aménager dans la surface de sa prison, et une fois que c'est fait, il n'y a plus qu'a attendre qu'un car vienne amener des messieurs en uniforme orange pour peupler les cages. Et c'est tout. Le travail des taulards rapporte un peu de fric, qui permettra à terme d'acheter des baraquements plus grands pour mettre plus de taulards, mais la complexité du fonctionnement du jeu s'arrête là. Pas de matières premières à dénicher et exploiter, pas de commerce avec l'extérieur, pas de recherche à faire pour étoffer un arbre technologique, pas de produits de plus en plus élaborés pour vendre cher... Juste la possibilité de gagner des sommes dérisoires en plaçant un atelier. A part ça, assurer le bien-être des pensionnaires est facultatif. On peut leur mettre une cour de promenade avec des haltères à soulever, histoire de dire, mais quand la grogne monte et qu'ils deviennent menaçant, la solution la plus simple est encore d'envoyer les gardiens leur coller une branlée.

Voilà, 11h15 à l'horloge pour la première matinée de jeu,
et je crois que j'ai déjà fait tout ce qu'il y avait à faire dans Prison Tycoon.


Le nombre de bâtiments disponibles est assez faible et on a vraiment l'impression d'avoir fait le tour des possibilités après seulement quelques minutes de jeu. Rien n'évolue, on se contente de racheter la même chose en plus grand quand on en a les moyens mais c'est tout. Si j'ajoute que même en réglant la vitesse du jeu au maximum, on a quand même l'impression qu'il ne se passe quasiment jamais rien, vous comprendrez que sans même aller dans des considérations morales sur le thème "jouer à enfermer des gens, même virtuels, c'est pas chouette", Prison Tycoon n'a vraiment rien pour séduire. Si votre idée du divertissement consiste à attendre que les journées s'écoulent avec une lenteur déprimante, en effectuant quelques activités répétitives et sans intérêt et en regardant des murs gris, à la limite, faites-vous coller en prison pour de vrai, mais n'encouragez pas Virtual Playground a sortir encore d'autres épisodes en achetant cette sinistre merde, merci.
Même pour ceux qui cherchent un jeu de gestion pas cher pour débutants, je suis persuadé qu'il y a mieux que ça.
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29 avril 2009 3 29 /04 /avril /2009 10:17

Sortie à l'origine pour 30 €, désormais trouvable à moins de 15, cette compilation regroupe 32 jeux du label Sega (la version NTSC en a 33, mais Shadow Dancer a été retiré de la version PAL en échange de correction de bugs sur les autres titres), dont 5 vieux jeux d'arcade mais surtout 27 jeux ayant fait la gloire de la machine la plus populaire de l'ex-rival de Nintendo, la Megadrive.

 

Si comme moi vous avez possédé l'engin dans votre adolescence, vous vous souvenez probablement que c'était la meilleure console du monde évidemment, mais aussi que chaque jeu coûtait entre 360 et 400 balles, soit 55-60 € en argent de maintenant. Alors forcément l'une des premières pensées qui vient quand on peut se procurer, pour le quart du prix d'une cartouche, le contenu de 27, c'est "ouah trop cool quelle bonne affaire, enfin je vais pouvoir avoir à bas prix tous les trucs qui me faisaient envie il y a 15 ans mais que j'avais pas les moyens de me payer avec mon argent de poche". Pensée suivie de "Putain n'empêche quand je pense au prix que ça coûte maintenant je me dis qu'on se faisait bien entuber à l'époque quand on achetait ça pour quatre cents boules, et quand je pense à tout ce qu'on peut trouver gratos sur le net dans le genre old school je me demande si je ne suis pas en train de me faire re-entuber quand même".

 

Cette compil est d'ailleurs à l'avenant de cette première double impression : certes ça fait plaisir, mais ça laisse en même temps comme un goût amer d'insatisfaction. C'est cool de payer si peu pour un contenu aussi riche quand on pense que la Sega Classics Collection qui précédait celle-ci de quelques mois proposait à peine 8 titres pour le même prix, mais au moins, ils avaient tous subi un petit lifting pour l'occasion, ce qui n'est pas du tout le cas ici. On est content de retrouver pas mal de classiques, mais l'on regrette que certains grands jeux d'antan aient été laissés de côté au profit de choix quelque peu discutables. C'est sympa de se replonger dans l'ambiance de sa jeunesse, mais il faut reconnaître que presque tout a pris un sacré coup de vieux, et pas seulement sur le plan technique. C'est appréciable d'avoir autant de jeux d'un coup, mais au bout du compte on finit par ne jouer assidûment qu'à quelques-uns seulement...

 

Toutes les années 90 résumées en une seule image : un ninja qui fait du surf.

Pour un ado de l'époque, le summum de la coolitude.

 


Enfin, je noircis beaucoup le tableau là, alors histoire qu'il n'y ait pas de malentendu (et que vous n'abandonniez pas cette lecture immédiatement) je dois dire que je ne regrette absolument pas mon achat. Il n'y a pas que des chefs-d'oeuvres sur le disque, mais il y a suffisamment de bons jeux pour passer de bons moments. Je ne vais pas forcément détailler chacun, cela étant dit, la liste mérite quand même qu'on se penche un peu dessus, ne serait-ce que parce qu'elle risque quand même de faire des déçus vu la quantité de jeux "bouche-trous" et d'absents de marque. Je peux comprendre que Sega n'ait quand même pas voulu remettre TOUS les jeux de la compilation précédente et que l'impasse ait donc été faite sur quelques classiques comme OutRun et Space Harrier II.  Il ne fallait pas non plus trop espérer des jeux à licence comme Castle of Illusion ou Quackshot, ni des jeux publiés par Sega à l'époque mais développés par des éditeurs tiers, comme Strider ou Ghouls'n'Ghosts. Mais à côté de ces absences évidentes, il y en a d'autres moins excusables. D'autant moins, d'ailleurs, que parmi les présents, certains ne s'imposent pas vraiment comme des incontournables.  Franchement, Super Thunder Blade ou Altered Beast, même pour l'époque c'était déjà assez médiocre. Le portage 2D de Virtua Fighter 2 fait assez peine à voir. Et c'est gentil de nous filer l'intégrale d'Ecco période 16-bit, mais j'aurais volontiers échangé Ecco Jr. contre un petit Revenge of Shinobi. Flicky, obscur jeu de plates-formes vous mettant aux commandes d'un oiseau devant mener des poussins en lieu sûr dans une succession de tableaux, ne démérite pas dans le genre "petit jeu d'adresse comme on n'en fait plus", mais il a sans doute moins marqué de mémoires que, disons, Super Monaco GP, qui brille par son absence. Et je crois qu'on aurait été nombreux à pouvoir se passer sans problème de Gain Ground, sorte de sous-Smash TV/sous-Gauntlet moisi, au profit de quelque chose comme Shining Force.

 

Flicky a l'air d'un jeu Master System égaré au milieu du reste.

Pas déshonorant, mais pas non plus le méga-hit qui vous fera acheter cette compilation.

 


A part ça, on trouvera les 2 premiers Sonic, mais ni Sonic 3 (celui dont la cartouche coûtait 750 francs, si je me rappelle bien) ni Sonic & Knuckles ; les 3 Golden Axe (dont le dernier, pas distribué en France à l'époque) mais zéro Streets of Rage, pas l'ombre d'un jeu de course mais 4 RPG japonais, aucun shoot'em up à scrolling horizontal mais une demi-douzaine de jeux de plates-formes... Beaucoup de frustration, donc, ce n'est pas encore la compilation Megadrive ultime, parfaite. Parfaite et impossible évidemment, Sega étant loin d'avoir le monopole des jeux mythiques sur sa console, même s'il faut reconnaître que la nouvelle édition, Sega Ultimate Collection, destinée à la PS3 et à la XBox 360 et qui propose une vingtaine de jeux supplémentaires, y ressemble beaucoup. Et vu l'espace de stockage d'un DVD et la place que prend un jeu 16-bit, je me permets de penser qu'une version PS2 de l'Ultimate Collection était techniquement possible... Enfin bref.

 

Sonic, une recette dont le secret s'est perdu pour toujours à l'arrivée de la 3D...

 


Malgré tout, il reste une grosse poignée de jeux pour sauver l'honneur, et au final justifier l'achat quand même. Rien que parmi les sus-mentionnés, les Golden Axe ont vieilli mais restent de chouettes jeux de baston pour se défouler à deux en coop, et le fan de la saga sera content d'avoir la possibilité de jouer enfin au 3ème, au gameplay un poil plus riche (4 personnages au lieu de 3, plus de coups pour chacun, des chemins multiples). Les Sonic, j'en gardais un moins bon souvenir que ça et j'ai été agréablement surpris, ce sont vraiment d'excellents jeux de plates-formes qui n'ont pas trop pris de rides. Shinobi III tient encore plutôt mal la route, Ecco the Dolphin et sa suite The Tides of Times sont des jeux d'aventure-action agréables et qu'on peut encore considérer comme assez originaux aujourd'hui, Columns est un Tetris-like classique mais sympa même si ce n'est pas trop le genre d'exercice que j'aime pratiquer sur console de salon, Ristar cache sous des airs enfantins un chouette jeu de plates-formes qui mérite qu'on s'y attarde. Pour Phantasy Star II à IV et Sword of Vermillion, bon, que dire... Si vous avez eu une Megadrive au début des années 90, il y a des chances pour que, comme moi, vous ayez 30 ans passés, un boulot, une femme et plus du tout le temps de vous lancer dans 4 RPG d'un coup... Mais si vous êtes encore célibataire et chômeur, déjà je tenais à vous dire que vous ne savez pas la chance que vous avez, enfoiré, mais aussi que ce sont des classiques du genre qui a priori ne devraient pas vous décevoir. Ajoutons à ça la possibilité de sauvegarder sa partie de n'importe quoi à n'importe quel moment, tout de même bien appréciable quand on n'a justement plus le temps de consacrer un après-midi entier à essayer de finir Sonic (et à échouer au dernier niveau) ou de noter les codes d'Ecco.

 

Golden Axe III ne vous fera pas forcément oublier God of War,

mais les fans des 2 premiers épisodes passeront un bon moment.


Mais la cerise sur le gâteau, ce sont les quelques titres sortis vers la fin de vie de la machine, et pas toujours super bien distribués en France (voire pas distribués du tout). Donc non seulement il y a des chances pour que même un fan de la Megadrive ne les ai pas déjà eus dans sa collec' à l'époque, mais en plus, ce sont sans doute les meilleurs jeux de cette compil. Il s'agit de trois jeux d'action bien pêchus, Vectorman 1 et 2 et Comix Zone. Les premiers vous placent aux commandes d'un robot collecteur d'ordures (le début de l'histoire n'est d'ailleurs pas sans rappeler Wall-E) dans des niveaux mêlant shoot et plates-formes. L'utilisation de personnages modélisés en 3D n'impressionnera plus de nos jours, mais le gameplay est solide et efficace et propose quelques petites touches sympa (comme les transformations occasionnelles du robot). Mais le mieux à mon goût, ça reste encore Comix Zone, l'histoire d'un auteur de BD coincé dans les pages de son oeuvre et en lutte contre ses propres créations. Le personnage dispose d'un arsenal de coup assez varié, peut utiliser diverses armes (couteau, bombe), et bénéficier de l'aide d'un rat apprivoisé capable d'activer ou désactiver à sa place certains mécanismes en se faufilant dans des endroits étroits d'accès. Certes, Comix Zone reste un jeu de baston, mais un jeu de baston un peu "raffiné" et doté d'une mise en scène inventive, qui se démarque vraiment de ce qui se faisait sur la machine à l'époque dans le même genre.

 

Comix Zone, probablement le meilleur jeu de la compil.


Au bout du compte, je dirai que la moitié du contenu est assez "jetable" mais que l'autre moitié est d'un niveau largement suffisant pour justifier l'achat quand même, du moins à condition de trouver SEGA Mega Drive Collection pour 10-15 € et pas 30, et de n'être pas complètement indifférent au retro-gaming évidemment. C'est également un achat chaudement recommandé pour ceux qui ont des gosses, qui ne font pas la fine bouche face aux jeux en 2D, ça évitera qu'ils vous pourrissent votre ordi avec les saloperies qu'on récolte sur les sites de jeux flash dont ils raffolent.

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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 21:43
Etant, comme d'habitude, en retard sur les tests que je comptais publier cette semaine, aujourd'hui une petite note vite fait histoire de faire la pub d'un autre blog de quelqu'un que je ne connais même pas (parce qu'au départ je voulais faire la pub de la Fée Breizh, que je connais, mais elle est timide et préfère que personne ne s'intéresse à elle) mais qui a choisi lui aussi d'aider les joueurs à économiser des sous, un certain Le Radin.

Lancé avant-hier, son site Radin-Gaming a choisi une orientation différente du mien, puisque lui ne fait pas de tests, mais liste les diverses promotions sur les jeux, consoles et produits dérivés disponibles sur le net.

Ses pages
, au style assez laconique (c'est des listes, pas trop pouet pouet délire), ne sont pas exemptes de reproches : déjà, il ignore totalement le PC et privilégie les consoles modernes, mais en plus, je dois avouer que je le trouve un peu trop lourdement sponsorisé, au point que je ne serais pas surpris que chaque clic effectué depuis sa page lui rapporte des sous. Bon j'aurais pu le contacter avant d'écrire ça plutôt que de lui faire cette espèce de faux procès, vous me direz, mais je fais quand même encore ce que je veux ici bordel.

Bref, voilà. Radin-Gaming : Les Radins du Jeu Vidéo, un blog pour tous ceux qui ont une XBox 360, une PS3 ou une Wii et veulent savoir où trouver des nouveautés pour un peu/beaucoup moins cher que dans les magasins. C'est moins bien que chez moi, mais les jours où je ne publie rien, ça vous occupera.
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