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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 09:56

Ultimate GamePauvre Gerard Butler, voilà un type qui n'a pas eu trop de bol dans sa carrière jusqu'à présent, a enchaîné les occasions manquées. Quand il joue Dracula, c'est dans le tout moisi Dracula 2000 (tellement pas frais que le temps qu'il sorte en France, il a fallu le rebaptiser Dracula 2001, d'ailleurs). Quand il joue Beowulf, c'est dans la plus ennuyeuse des adaptations ciné de Beowulf, derrière un nanar avec Christophe Lambert quand même, la honte. Quand il joue Léonidas, ses répliques deviennent les plus parodiées de l'année. Et voilà maintenant qu'on lui donne un film à porter entièrement sur ses épaules, sans qu'il y ait de personnage connu dedans, seulement son nom en gros sur l'affiche, et que c'est une épouvantable merde. Décidément c'est quand même pas de chance.

Ultimate Game appartient à ce sous-genre de la science-fiction que sont les films de sports futuristes ultraviolents voire mortels, façon Rollerball ou Running Man, voire Battle Royale. Ici, des condamnés à la peine capitale deviennent les participants d'une émission, Slayers, dans laquelle leurs corps sont contrôlés à distance par de jeunes amateurs de jeux vidéos lors d'authentiques affrontements à armes réelles sur des champs de bataille virtuels. Un condamné qui survit à trente matches gagne sa liberté, et justement la star du show, Kable, n'est plus très loin de devenir le premier participant gracié. Ce qui n'est pas du goût de l'organisateur du jeu, le multimilliardaire Ken Castle, qui va introduire dans les prochaines parties une véritable machine à tuer pour garantir l'élimination de Kable. Mais une organisation secrète veille à la santé du héros de Slayers, et conspire pour le faire évader...


Ultimate Game 06Bien entendu la résistance est contituée du triumvirat obligatoire de la SF post-matrixienne :
un chef noir avec un grand manteau, une blondasse à dreadlocks, un geek asiatique.


Ecrit et réalisé par la paire de couillons à qui l'on doit les deux épisodes d'Hypertension, Ultimate Game plaque sur des sujets modernes (les jeux de shoot en ligne à la Modern Warfare, les communautés virtuelles comme Second Life ou PlayStation Home) de vieilles idées repompées à ses prédécesseurs dans le domaine. Des Seigneurs de la route aux Condamnés, vous avez déjà à peu près tout vu, le détenu qui en réalité est innocent du crime pour lequel il s'est retrouvé dans cette situation, la jolie épouse blonde qui l'attend à l'extérieur, le rival taré, le méchant sans scrupules qui a des ambitions de domination du monde, le mouvement de résistance qui veut mettre un terme au jeu et aux agissement diaboliques de son créateur... Ce qui ne serait pas gravissime si les auteurs avaient le minimum de compétence pour faire un vrai film qui raconte une histoire susceptible d'intéresser le spectateur malgré ses clichés. Mais on parle de Neveldine et Taylor, là, des mecs qui ont appris à faire du cinéma en manipulant les caméras sur Biker Boyz, un sous-Fast & Furious avec des motos. Comment ces deux gars ontu convaincre des producteurs de leur filer des millions de dollars pour jouer aux cinéastes, c'est un mystère. C'est comme si deux types déguisés en infirmiers, après avoir nettoyé des scalpels avec des kleenex usagés en assistant une mammoplastie dont la patiente serait décédée pendant l'opération, avaient réussi à se faire nommer neurochirurgiens. Ou quelque chose d'approchant.

Hypertension et sa suite étaient déjà bourrés de ces tics visuels super pénibles qui tiennent lieu de style à nos deux abrutis. Mais comme ils semblaient se maîtriser encore un peu, qu'il n'y avait qu'un seul vrai personnage, que l'intrigue tenait en une phrase à chaque fois et n'avait pas vocation à être prise au sérieux, leur gloubiboulga d'images désaturées, déformées, accélérées, mal cadrées, filmées sous des angles tordus et montées à la mitraillette parvenaient quand même à raconter un peu quelque chose et à ressembler à un film. Dans Ultimate Game malheureusement, ça ne fonctionne plus. L'intrigue est un peu plus complexe et censément un peu plus ancrée dans le réel, mais ils insistent pour continuer à ne jamais poser leur caméra nulle part, retoucher la totalité des plans et en laisser le moins possible durer plus d'une seconde, du coup ça ne ressemble à rien. Ils mettent les bouchées doubles sur le "style" dans les scènes d'action qui du coup franchissent le seuil supportable d'illisibilité, et entre deux séquences où Gerard Butler court au milieu de trucs qui explosent et d'accidents de voiture et de gens qui s'envolent dans des gerbes de sang numérique, le rythme retombe pour que les personnages secondaires lui expliquent le scénario du film dans un charabia SF invraisemblable.


Ultimate Game 13Ultimate Game 11Ultimate Game 09Ultimate Game 12Ultimate Game 08Ultimate Game 10Un résumé des meilleures scènes d'action du film (enfin, je crois).


Le pire c'est qu'il y a dans ce hachis de portnawak il y a quelques idées qui tendraient à montrer que les auteurs avaient l'impression d'écrire de la science-fiction un peu intelligente qui fait réfléchir, et pas seulement l'envie de rejouer avec des explosifs et des caméscopes HD montés sur skateboards. Mais finalement comme l'univers du film est bien peu crédible et que tout reste superficiel tout le temps, ça finit par ne parler de rien. C'est juste une succession de scènes irregardables, les unes parce qu'elles agressent les yeux, les autres parce qu'elles agressent le cerveau. Et au fait, qui jouerait à un jeu vidéo dans lequel on ne comprend jamais rien à ce qui se passe ? Et qui suivrait ça comme un spectacle sans y participer ?


Ultimate Game 01De temps en temps, il y a une petite trouvaille visuelle à sauver au milieu du naufrage,
comme ces plans extérieurs qui dépeignent un futur où toutes les surfaces peuvent être transformées
en espaces publicitaires clinquants, mais c'est bien peu.


Il y a des scènes qui n'ont l'air de rien comme ça mais qui sont assez symboliques de la bêtise du film. Quand Kable gagne une partie, il y a des scènes de liesse populaire à l'échelle planétaire. On voit des foules entières, dans diverses villes à travers le monde, hurler de joie parce que l'idole a gagné. Donc apparemment, l'émission est diffusée gratuitement dans les rues sur des écrans géants. Sauf qu'un peu plus tôt on nous a dit que c'était une émission disponible en vidéo à la demande et que c'était comme ça qu'elle avait transformé son propriétaire en homme le plus riche du monde. En plus, le monde entier est prêt à se passionner pour la survie d'un ricain dans une compète où il n'a jamais eu de vrai rival. Et surtout, cerise sur le gâteau, il fait jour au même moment dans toutes les villes du monde. Non mais je sais c'est un détail hein mais quand même, ça vous donne une idée du niveau de soin et de réflexion que les mecs mettent dans leur travail. Ils ont vu des scènes comme ça dans d'autres films alors ils se disent qu'ils doivent en mettre aussi, mais ils sont incapables d'utiliser de bêtes images d'archives de façon cohérente.


Ultimate Game 03Si vous êtes super attentif et super physionomiste, vous reconnaîtrez peut-être
Zoe Bell dans un rôle aussi bref qu'inutile. En dehors de Kable, les candidats du jeu
ne sont pas grand chose de plus que de simples figurants.

Cette paresse se retrouve dans tous les éléments de l'histoire. C'est trop dur d'imaginer que l'horrible entreprise maléfique responsable de Society et Slayerz soit comme les autres, avec un conseil d'administration et des actionnaires, alors il y a juste son horrible propriétaire mégalo et il suffit de le tuer et tout le monde est libre, youpi. C'est trop dur d'imaginer que Slayerz fonctionne comme un vrai sport, avec plusieurs stars et des fans qui soutiennent différents personnages et différents joueurs, des versions adaptées aux différents pays du monde ou au moins des concurrents pour les représenter, alors il y a juste Kable qui est adulé par le monde entier, une masse d'adversaires anonymes, et le gamin qui contrôle Kable qui a juste gagné la notoriété suffisante pour que quelques filles veuillent coucher avec lui. Après l'arrestation de Kable, il se fait arrêter et interroger. Et puis il se fait relâcher sans explication et il disparaît du film, parce que c'est trop difficile de raconter comment il a été blanchi de tout soupçon et que l'intrigue n'a plus besoin de lui pour arriver à sa super conclusion, "Kable va tuer Ken Castle dans son repaire secret de méchant diabolique". Et comme le fait que Ken Castle soit à l'origine de projets aussi peu reluisants semble ne pas suffire à en faire l'homme à abattre de l'histoire, il a en plus l'intention de devenir le maître du monde, mais on ne le sait que parce que les révolutionnaires racontent cette partie du scénario au héros après l'avoir libéré, parce que le film est incapable de le raconter autrement.


Ultimate Game 05Michael C. Hall de Six Feet Under la joue façon "je suis trop bien pour être dans ce film"
et se fait plaisir dans un rôle qui tient à la fois du méchant de James Bond et du gourou technophile à la Steve Jobs.


Il y a pas mal d'acteurs un peu connus dans Ultimate Game, mais tout comme des éléments vaguement intéressants de leur histoire, Neveldine et Taylor ne savaient pas quoi en faire. Butler arbore tout du long la mine d'un type qui n'est pas en train de penser "il faut que je sorte de ce jeu de la mort" mais "pitié, sortez-moi de ce film de merde". Dans le rôle de Ken Castle, Michael C. Hall cabotine autant qu'il peut pour tromper son ennui, au début il fait un accent pour qu'on le dissocie de Dexter, puis après il abandonne l'accent, et après il a une scène de danse parce que ça fait genre "je suis un méchant cinglé excentrique comme le Joker" mais c'est assez pitoyable. Et le colossal Terry Crews qui était très rigolo en président des Etats-Unis dans Planet Stupid joue ici le gros musclé qui souffle fort en faisant des grimaces parce que les mecs ont dû lui dire "joue-la comme Kane dans See No Evil". Sinon il y a aussi Kyra Sedgwick de la série The Closer dans un rôle absolument inutile,  John Leguizamo dans un autre rôle qui sert à rien, Ludacris en Morpheus de Matrix qui a l'air presque aussi désespéré que Gerard Butler, Aaron Yoo qui était dans le remake pourri de Vendredi 13 pour faire le quota asiatique obligatoire dans un film sur les jeux vidéos, Alison Lohman de Jusqu'en enfer qui joue comme mes couilles mais Neveldine avait envie de se marier avec alors il l'a embauchée quand même, Keith Jardine le vilain ultimate fighter pendant une demi-seconde, Zoe Bell la cascadeuse de Boulevard de la Mort pendant trois secondes. En fait à peu près tout le monde est dans ce film, c'est même à se demander qui n'est PAS dedans. Et tout ça pour faire de la merde quand même au bout du compte, chapeau.


Ultimate Game 04Gâcher un talent comme Dwayne Elizondo Moutain Dew Herbert Camacho, quelle tristesse !


J'ai eu ça pour une dizaine d'euros parce qu'en ce moment il y a une promo dans les supermarchés, vous achetez deux films sur leur sélection (assez large) et vous avez 10 € de réduction sur la paire, ce qui vous met les films à pas trop cher. Renseignez-vous, pour d'autres films ça peut valoir le coup. Pour celui-ci non parce que c'est vraiment une abomination. Et moi qui vous parle, vous savez que j'en ai chroniqué, des trucs nazes, ici, mais celui-ci est vraiment l'un des pires. Sur le même thème, même Les Condamnés c'était mieux, et pourtant Les Condamnés, hein ? Bref. C'est vraiment pas la peine de vous infliger ça. Même les producteurs commencent à comprendre que ce n'est pas la peine de s'infliger Neveldine et Taylor, qu'ils ont virés de leur dernier projet (Jonah Hex). Vous n'allez pas me dire que vous pouvez vous montrer encore plus tolérant envers la nullité et l'incompétence qu'un producteur hollywoodien quand même, si ?

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Published by Toxic - dans DVDs pas chers
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