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28 août 2008 4 28 /08 /août /2008 10:08


Sur une console dont la logithèque semble désormais destinée à ne plus s'enrichir que de titres comme J'arrête de pisser au lit avec mon Coach Personnel ou High School Musical 57: featuring Hannah Montana!,  un jeu déconseillé aux moins de 16 ans est une chose rarissime. Assez mal distribué, mais disponible en gros stocks et en solde dans les magasins Carrefour (pour ceux qui compteraient l'acheter, contrôlez bien l'étiquette code-barre avant de passer à la caisse d'ailleurs, le prix peut varier de 10 € d'un exemplaire sur l'autre), Dead'n'Furious est pourtant de ces exceptions. Egalement connu sous le nom de Touch the Dead pour ceux qui achètent leurs cartouches en import, le jeu n'est pas plus une simulation d'attouchements sexuels sur des cadavres qu'une invitation à piloter à 350 km/h un corbillard tuné par Vin Diesel, mais un genre de House of the Dead ou Resident Evil: Survivor dans lequel le stylet remplacerait le lightgun.

Le joueur y incarne Rob Steiner, un taulard qui a non seulement un nom assez pourri pour un héros de jeu vidéo dur-à-cuire (à la manière de Daniel Feldman, le
Bill Goldberg du jeu Yakuza), mais également une malchance de type dont la nana est fidèle, puisqu'il se réveille en pleine nuit dans une prison dont tous les autres détenus et les gardiens ont été transformés en zombies. Armé de son flegme imperturbable et d'un pistolet qu'une âme charitable a laissé là pour lui, notre homme va devoir se frayer un chemin hors de ce cauhauhauchemar.

Bon, le scénario est un peu bidon et, même si l'on peut considérer que ça n'est pas d'une importance capitale dans un jeu-défouloir comme celui-ci, il faut reconnaître que pour faire un bon
jeu de zombies, une intrigue un peu développée et pas trop tarte n'est pas du luxe, pas plus qu'une bonne mise en scène d'ailleurs. Et là, c'est clairement raté sur ces deux tableaux. Dead'n'Furious surfe fourbement sur la vague zombie, et c'est vrai qu'on y shoote des cadavres ambulants, mais vu le peu d'effort consacré à immerger le joueur dans une véritable ambiance horrifique, les cibles pourraient aussi bien être des employés de bureau, des pingouins ou des membres du parlement letton sans que ça change fondamentalement grand'chose. A moins d'être particulièrement peu exigeant en la matière (du genre à aimer Diary of the Dead par exemple), l'amateur de morts-vivants pourra donc hélas se sentir floué.

Ne tirant aucune leçon du
passé, le jeu mise sur une représentation 3D tendance "réaliste" (enfin, réaliste par opposition à la 3D d'un Mario Kart ou d'un Animal Crossing, s'entend) qui, sur une DS, nous donne des personnages constitués d'empilements de gros blocs bien anguleux, évoluant dans des décors chichement texturés. C'est pas que ce soit atrocement laid, mais c'est franchement pas très réussi non plus.

Mais vous me direz, y a toujours le gameplay. Or l'
article Wikipédia consacré au jeu, vraisemblablement rédigé par l'attaché de presse du développeur ou de l'éditeur, nous informe que le jeu a été "salué pour son gameplay innovant", et si Wikipédia le dit, ça doit être vrai, même si j'ai du mal à considérer qu'une sorte d'équivalent DS du jeu Starship Troopers, monté sur rail et contrôlé au stylet, constitue une expérience de jeu particulièrement originale. Le personnage avance automatiquement le long d'un chemin prédéterminé et chaque fois qu'un ennemi apparaît, c'est-à-dire à peu près une fois toutes les demi-secondes, il faut lui cliquer la gueule sur l'écran tactile jusqu'à ce qu'il crève. Au fil des niveaux, on ramasse pas moins de 4, non vous ne rêvez pas mesdames et messieurs, QUATRE armes totalement inédites (pistolet, pied-de-biche, fusil, mitraillette, mais où vont-ils chercher tout ça ?) et des upgrades pour celles-ci, et parfois en plus de dégommer des zombies normaux, on dégomme des zombies plus gros (ils se déplacent pareil, attaquent pareil, survivent à autant de tirs, mais bon, ils sont plus gros quoi). Mais malgré une telle débauche de contenu, il faut bien reconnaître qu'il n'y a pas de quoi être ébloui par la richesse et l'originalité de Dead'n'Furious. Je flingue je flingue je flingue je flingue je flingue je flingue je flingue je flingue je recharge je flingue je flingue je flingue je flingue je flingue je flingue je flingue je flingue je recharge je flingue je flingue je flingue etc, multiplié par 4 chapitres de 3 niveaux chacun, et vous avez la totalité de ce qu'il y a à faire dans le jeu résumée en quelques mots...

Ca pourrait ne pas être un vrai défaut, remarquez. Au risque de me répéter, je m'amuse souvent plus avec un jeu d'action simple et efficace qu'avec, mettons, un jeu de bagnoles qui me propose également de manger des pizzas, faire de la muscu, jouer au PMU, draguer des pouffes et aller chez le coiffeur. Tenez, pour vous dire : si au moment de la sortie de Terminator 4 (ou plutôt Terminator Salvation puisque,
comme je l'écrivais récemment, le chiffre 4 est désormais illégal), un éditeur choisit de sortir un portage DS de T2: The Arcade Game au lieu d'une adaptation foireuse d'un film de merde, je suis preneur. Le genre "bourrin et sans fioriture, mais solide et pêchu" n'a rien de honteux. Mais la frontière entre "simple et efficace" et "simpliste et répétitif" est ténue, et vite franchie, et là malheureusement, c'est certes marrant et défoulant dans un 1er temps, mais on prend si vite conscience des limites du jeu qu'on s'en lasse vraiment très, très rapidement...

De toutes façons, le jeu est court, même s'il ne recule pas devant les coups bas pour se rendre difficile et ainsi espérer allonger sa durée de vie. Non content de noyer le joueur sous un flot d'ennemis quasi-continu, Dead'n'Furious recourt à diverses mesquineries de mauvais aloi : autosave impossible à désactiver, un seul emplacement de sauvegarde et pas de rechargement complet de la barre de vie entre deux niveaux, vous voyez où ça mène ? Ben, ça mène à recommencer le jeu à zéro après être arrivé au dernier chapitre et s'être rendu compte qu'on n'aura jamais assez de points de vie pour finir, le genre de truc qui donne envie de baffer les développeurs. Comme ces passages où il faudra éliminer 10 ennemis à la suite avec un chargeur de 8 balles et absolument pas le temps de recharger (notons au passage que le contrôle du rechargement, pas super pratique à la base, est rendu d'autant plus pénible qu'il faut recharger toutes les trois secondes). Eh oui ça veut dire 2 points de vie perdus obligatoirement, même avec une précision au tir de 100%. Pénaliser un joueur qui se plante, c'est normal, mais pénaliser un joueur qui effectue pourtant un sans-faute, voilà bien un moyen très paresseux d'augmenter la difficulté d'un jeu pour éviter qu'on en fasse le tour en une heure.

Le pire c'est qu'au bout du compte, je crois que le plus gros problème du jeu, ce n'est pas qu'il soit laid, monotone et mal pensé, ce n'est pas qu'il vous gifle les couilles périodiquement pour que vous le finissiez moins vite, mais tout simplement qu'un rail shooter sur DS est voué à l'échec dans la mesure où la principale raison qui pousse à s'adonner à ce type de jeu est le plaisir coupable, la satisfaction primitive, la joie mauvaise qu'il y a à tenir un flingue, fût-il un pauvre joujou en plastique, et à abattre des cibles avec. Faire ça au stylet, ça n'amuse vraiment pas longtemps. Jouer à un jeu de caisses sans volant est parfaitement envisageable, mais jouer à un jeu n'offrant que deux actions, tirer et recharger, sans le substitut phallique idoine au creux de la pogne, c'est  un peu comme mater Canal + tout seul un premier samedi soir du mois après avoir subi une double amputation trans-humérale : c'est pas que ce soit complètement inintéressant, mais il manque clairement quelque chose pour vraiment en profiter. Bref, soldé à 10 €, je n'aurais peut-être pas trop fait la fine bouche, mais à 25 €, j'avoue que je regrette mon investissement ; le jeu est vraiment trop pauvre pour donner satisfaction à ce prix-là.

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