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12 septembre 2009 6 12 /09 /septembre /2009 09:38
Si le blog des jeux vidéos insolites ne semble malheureusement plus actif, vous savez que vous pouvez quand même toujours compter sur le mien pour vous parler de machins bizarres et méconnus. Aujourd'hui, j'avais décidé d'accorder une seconde chance aux créateurs du doûteux Zombie Hunters en m'intéressant à une autre de leurs productions, Demolition Girl, un titre que vous avez peut-être vu à une époque dans les sections "bonnes affaires" des supermarchés et dont les quelques exemplaires qui n'ont pas fini au rebut hantent aujourd'hui les bacs d'occaz et les échoppes de type Cash Express.

Je l'ai peut-être déjà dit à l'époque de mon test de I Was and Atomic Mutant!, mais je le redis : les monstres géants me fascinent. Je ne sais pas exactement à quoi c'est dû, j'ai probablement été particulièrement marqué par le cyclope de Ray Harryhausen dans Le Septième voyage de Sinbad, qu'on nous passait souvent à l'école en fin d'année quand j'étais petit. Je suppose que ça ne se fait plus de nos jours, les enfants doivent trouver ça ringard quand il n'y a pas d'images de synthèse, mais je suppose aussi que les instituteurs de maintenant savent utiliser un lecteur DVD, pas comme à notre époque où il fallait 20 minutes pour qu'ils réussissent à lancer une bête cassette VHS sur un magnétoscope.

Enfin tout ça pour dire que malgré sa provenance qui laissait augurer du pire, j'ai abordé le jeu avec indulgence. Pourtant, dès sa sortie du boîtier, le jeu prend un mauvais démarrage : tout comme Zombie Hunters, c'est l'un de ces disques bleus qui ont beaucoup de mal à se lancer sur la console, puis quand enfin le jeu démarre, il apparaît rapidement que le budget et le soin accordés à sa réalisation peuvent faire passer certaines productions des pays de l'Est pour des entreprises pharaoniques à la Yakuza. La scène d'introduction est entièrement en images fixes, sans voix, sans musique. Il y a des coquilles dans les textes, des majuscules oubliées dans les menus. Dans ces conditions, on revoir forcément tout espoir à la baisse.

L'histoire est celle d'un mannequin pour maillots de bain, Riho Futaba, qui lors d'une séance photo sur une plage d'Okinawa, est empoisonnée par une étrange créature, sorte de vilain crabe-méduse de l'espace, et se réveille aussi grande que Godzilla. Face à cette apparition, les autorités sont immédiatement sur le pied de guerre, mais elles souhaitent à la fois limiter les dégâts causés par la géante, et ne pas lui faire de mal, car il ne s'agit après tout que d'une innocente demoiselle (et accessoirement, d'une célébrité). Dans la peau d'un pilote de la Garde nationale, le joueur devra effectuer 6 missions pour juguler et protéger le charmant "monstre".

Contrairement à son prédécesseur donc, Demolition Girl évoque plutôt de gentillettes couillonnades cinématographiques qu'une perversion de malade mental, et c'est tant mieux. Est-ce pour autant un meilleur jeu ? Un petit peu, mais pas beaucoup. Concrètement, ça consiste à piloter 3 engins différents (hélicoptère, avion de chasse, tank) dans des décors que la donzelle géante est en train de démolir, et le plus souvent à viser différentes parties de son corps avec divers types d'armements dans le temps imparti. Ainsi, au 1er niveau l'hélicoptère est équipé d'un rayon-scanner et il faut l'utiliser pour prendre les mensurations de la fille et confirmer qu'il s'agit bien de Riho. Au 2ème, il faut l'anesthésier avec des seringues hypodermiques géantes qu'on logera successivement dans ses fesses, ses seins, ses jambes... Pour varier un peu, parfois il faut se battre contre des ovnis (ce sont de méchants aliens qui ont causé la mutation).

Raconté comme ça, ça peut paraître un peu original et/ou rigolo, mais concrètement, c'est une fois de plus à un jeu bien raté qu'on a affaire. Pour l'aspect comique, déjà, c'est vite vu : de temps en temps, la fille prend des postures "coquines" absolument grotesques qui peuvent prêter à sourire. Voilà, c'est tout. L'incongruité d'un monstre-mannequin en bikini n'est pas plus exploitée que ça. Sur le plan technique, on est dans le minimalisme absolu : les graphismes sont d'une grande pauvreté, la même musique naze se répète inlassablement à chaque mission, les bruitages sont bidons, l'ambiance apocalyptique d'une attaque de créature géante n'est pas du tout au rendez-vous... Le gameplay, enfin, n'est vraiment pas brillant. C'est répétitif, la maniabilité des engins laisse franchement à désirer, et il n'y a rien d'autre à faire que shooter la fille (ou les aliens) à répétition à chaque niveau, ce qui se révèle fort peu divertissant quand on est aux commandes d'une brique. Ajoutons que seuls les ennemis peuvent vous endommager, les collisions avec le décor étant sans autre effet que de bloquer votre chemin ; que le comportement erratique de la fille rend vaine toute velléité d'élaborer une stratégie d'attaque ; que vous pouvez laisser Riho détruire autant d'immeubles qu'elle veut sans que cela ait le moindre impact sur la réussite d'une mission... Autant d'éléments qui trahissent l'extrême paresse des développeurs qui ont probablement bâclé tout ça en quelques jours à peine.

On a beau savoir qu'il ne faudra pas espérer un chef-d'oeuvre quand on achète un jeu comme ça, malheureusement même en temps que "petit jeu étonnant en gamme budget pour s'amuser le temps de quelques parties", Demolition Girl ne tient pas du tout la route. C'est très court et pas franchement divertissant parce que c'est vraiment mal foutu et plutôt mou. Que vous soyez en quête d'un jeu de shoot, d'un truc un peu polisson avec des filles en petite tenue, ou de monstres géants, la PS2 a mieux à vous offrir, y compris en gamme budget. Pas forcément quelque chose qui réunisse les 3 en 1, c'est vrai, mais qui a absolument besoin des trois d'un coup ? Bref, à moins de collectionner les curiosité dans le seul but de les posséder mais pas d'y jouer, ne vous encombrez pas de Demolition Girl.

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