Jeudi 20 mars 2008
free music
undefinedParfois considéré comme un GTA-like, les bagnoles en moins, Yakuza se définirait à mon avis mieux comme une version moderne de River City Ransom, vieillerie sur NES sans doute jamais sortie en Europe mais qui a fini par devenir un jeu-culte en Occident bien des années après sa sortie, quand le monde l'a redécouvert par des moyens que la morale réprouve. Pour ceux qui ne connaissent pas, River City Ransom est un beat'em all dans lequel le héros gagne des points d'expérience pour augmenter ses stats et peut entrer dans pas mal de magasins pour y faire divers achats destinés à restaurer sa barre de vie ou acquérir de nouvelles compétences avant de retourner démolir à la chaîne les membres de divers gangs par la force de ses poings, ses pieds, et d'armes à ramasser en route.

Vous prenez ce petit titre de Technos, donc, et vous y ajoutez un gros budget et les moyens techniques du 21ème siècle, et vous obtenez ce luxueux jeu de baston sorti en exclusivité sur PS2, et qui n'a vraisemblablement pas connu en France le succès qu'il a eu au Japon (où un 3ème épisode et une adaptation cinématographique sont en préparation) si l'on en croit sa chute assez rapide dans la section "petits prix" des magasins de jeux.

Bien qu'il s'agisse, en substance, d'un simple jeu de baston, Yakuza propose un scénario alambiqué développé avec force scènes cinématiques. L'histoire est celle d'un ex-gangster, Kazuma Kiryu, ayant volontairement accepté d'aller en prison pour un crime qu'il n'a pas commis ; à sa sortie 10 ans plus tard, la sale impression de s'être gravement fait enfler par le compagnon d'armes à qui il a évité la taule, et de lourdes menaces sur la vie d'une petite fille suite à un gros imbroglio incompréhensible impliquant son ancien clan et le vol d'une somme colossale par la mère de la gamine, qui pourrait être la soeur d'une ancienne amie de Kazuma (oui je vous avais prévenu, c'est pas simple), vont pousser notre bouillant héros au dos tatoué à aller péter la gueule à toute la pègre de de Kamurocho, quartier fictif de  Tokyo inspiré de celui de Shinjuku.

undefinedKamurocho, où le jour ne se lève jamais

Pour nous raconter tout cela, un casting prestigieux double les principaux personnages. Enfin, "prestigieux" au sens vidéoludique du terme, c'est-à-dire que concrètement c'est une brochette d'acteurs à la carrière cinématographique morte (Mark Hamill, Michael Madsen) ou abonnés à vie aux séries télé (Michael Rosenbaum, Eliza Dushku, Dwight Schultz), mais bon, dans un jeu, ça en jette quand même.

undefinedL'un des boss du jeu, Michael Madsen, qu'on n'imaginait pas aussi souple

Dans la peau de Kazuma, vous circulez librement dans les rues du quartier à la recherche de personnages et d'indices pour faire progresser votre enquête pour retrouver la fillette et l'identité de ceux qui en veulent à sa peau et la vôtre. En chemin, il faudra fréquemment faire face à de petits groupes de loubards qui tentent de vous racketter, ou des yakuza à votre recherche. Le jeu passe alors en mode "combat", vous transposant dans une aire de jeux moins ouverte où vous pourrez tabasser vos assaillants à loisir. Au départ, l'arsenal de coups est assez limité, mais le jeu se distingue par la possiblité d'interagir avec l'environnement pour venir à bout des adversaires. Par exemple, si vous arrivez à coincer un adversaire près d'une paroi, et que vous avez un "coup critique" en stock, vous pourrez saisir l'ennemi pour lui écraser la tronche contre le mur, et plus classique, vous pourrez aussi utiliser beaucoup d'objets qui traînent, poubelles, chaises, tables, etc, comme armes. Les combats vous font gagner des points d'expérience et vos passages de niveaux vous permettront d'augmenter vos capacités, de débloquer de nouveaux coups et prises, et d'apprendre de nouvelles techniques auprès d'un maître en arts martiaux.

undefinedBrigitte Lahaie vous le confirmera, il vaut mieux tomber sur un Gros Dur que sur un Petit Mou

En plus de ces bastons "aléatoires" qui vous tombent dessus un peu comme les rencontres avec un monstre dans les Final Fantasy, certains affrontements sont liés à l'intrigue, notamment les duels contre les boss, et d'autres encore sont déclenchés par les "quêtes annexes" que vous pourrez accomplir au cours du jeu. En effet, vous serez amené à parler à pas mal de PNJ, et parfois, certains vous proposent de les aider. Il y a la femme qui s'est fait voler son sac à main, celle qui a besoin d'un garde du corps pour protéger son night-club, celle qui se plaint d'être suivie par un pervers... La plupart du temps, vous les résoudrez en vous battant, mais d'autres exigent de retrouver certains objets pour les rapporter à qui de droit. Dans l'ensemble, il y a quand même assez peu de variété dans tout ça.

undefinedCe qu'il manquait aux beat'em all 2D de notre jeunesse :
la possibilité de casser le rythme trépidant des bastons incessantes en s'arrêtant pour aller faire ses courses

Les quêtes annexes ne sont pas les seuls à-côtés destinés à allonger la durée de vie du titre, puisque vous aurez aussi la possibilité de vous engager dans diverses activités non-violentes pour vous détendre. Il y a un casino où vous pourrez vous livrer à la débauche sous diverses formes (baccara, blackjack, roulette...), une salle de jeu avec des machines à sous, une salle de sport où les fans de base-ball pourront s'entraîner à la batte, des bars à hôtesses dans lesquelles vous pourrez engloutir une fortune en échange du privilège de draguer des prostituées à peine majeures, et un salon de massage dans lequel un mini-jeu ridicule vous permettra de reconstituer votre barre de vie. Pour ceux qui ne veulent pas avoir à coucher avec un personnage de jeu vidéo hors-champ en contrôlant à la manette ce qui semble être une "jauge d'éjaculation" sur un écran rose, vous pouvez aussi simplement regagner votre énergie en achetant divers aliments et médicaments dans les fast-foods, "combini" et pharmacies du quartier.

undefinedPour se décontracter entre deux altercations de rue,
vous pouvez participer à un tournoi d'Ultimate Fighting clandestin.

Ici on voit le champion Daniel Feldman
qui n'a pas seulement un nom d'expert-comptable, mais aussi un style de danseuse.

Offrir plein de petites conneries inutiles à faire en cours de partie pour rompre la monotonie, pourquoi pas, mais se concentrer pour que le "coeur" du jeu soit suffisamment réussi pour ne pas inciter le joueur à chercher autre chose à faire dans le jeu pour se distraire, c'est mieux. Et là malheureusement, ce n'est pas vraiment le cas. Les séquences de combat sont un peu confuses, on se fait encercler, on ne peut pas interrompre ses propres combos, on a parfois du mal à saisir les armes qui traînent, et en définitive on finit par se battre en utilisant toujours les mêmes attaques plutôt qu'en cherchant à tirer partie de la variété offerte. Si l'on ajoute à cela que l'on affronte toujours les mêmes ennemis clonés à l'infini, ça devient rapidement très, très répétitif. A la limite, ça passerait si c'était un flot ininterrompu d'ennemis à démolir à la manière des beat'em all "à l'ancienne" qui firent le bonheur des amateurs d'arcade et des possesseurs de Megadrive, mais le fait qu'ils soient espacés par les déambulations dans les rues, les cinématiques, les activités annexes et les temps de chargement (chaque combat étant précédé d'un loooooooong temps de chargement) finit, peut-être paradoxalement, par rendre tout ça plus lassant qu'un Streets of Rage ou un Final Fight.

Pourtant, les premières fois, leur côté cinématographique est plutôt enthousiasmant, on a l'impression de vivre un film d'action asiatique, avec les ralentis sur les "coups critiques" et l'utilisation de tout ce qui traîne comme une arme. Mais les films interactifs ne donnent pas de bons jeux, et le plaisir ne dure pas. Vraiment dommage donc que Sega se soit appliqué sur tout ce qui ne devrait pas être l'essentiel dans un jeu de baston, et a raté le principal : des combats intéressants, et une action dont le rythme ne faiblit pas. C'est vrai que les graphismes et la mise en scène ont la classe, c'est vrai qu'il y a une surface de jeu correcte sur laquelle se balader librement, c'est vrai qu'il y a les mini-jeux, c'est vrai qu'il y a l'ambiance "film de yakuza", et c'est vrai que le succès des Metal Gear Solid est là pour prouver que certains joueurs sont prêts à se contenter d'un gameplay inintéressant juste pour le plaisir de déclencher la prochaine cinématique de 10 minutes. Moi personnellement quand j'achète un jeu de baston, c'est pas pour le plaisir d'aller dialoguer avec une hôtesse de bar gloussante sur le genre de mec qui la fait craquer, ou d'aller ramasser des peluches dans une "machine à pince" comme on en trouve à la fête foraine. A vous de voir le plaisir d'épater vos potes avec un "T'as vu, j'ai un film de Takeshi Miike sur ma PS2" vaut de débourser 30 euros, mais a priori je dirais non.
par Toxic publié dans : Test (PlayStation 2) communauté : CULTURE JEUX VIDEO
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mardi 18 mars 2008
undefinedSur consoles de 7ème génération, ce Fight Night Round 3 avait à la fois le mérite d'être le 1er jeu de la série disponible et une très grosse claque graphique. Sur PS2 en revanche, il a connu la même carrière peu glorieuse que plusieurs autres titres EA Sports de 2006 comme Tiger Woods 2007 ou Madden 2007 : un échec commercial lié à une trop grande similarité avec ses trop nombreux prédécesseurs, et une chute rapide dans le bac de soldes à 10 €.

En explorateur inlassable de ce lieu de perdition, c'est donc là que je l'ai déniché avant de le ramener chez moi pour voir ce qu'il avait dans le ventre, soit en gros la même chose que Fight Night Round 2, c'est vrai. Mais ne brûlons pas les étapes.

Dernier épisode en date de la série des Fight Night, et peut-être dernier tout court puisqu'à ce jour il n'y a toujours pas de quatrième round annoncé et que les développeurs du jeu sont au travail sur ce qui s'apparente à une repompe moderne de Punch-Out!, Facebreaker, FNR3 pour les intimes est donc, comme sa jaquette l'aura indiqué aux plus observateurs d'entre vous, un jeu consacré à ce sport que l'on surnomme "noble art" pour des raisons évidentes, puisque peu d'activités peuvent prétendre à autant de noblesse artistique que celle consistant à rouer de coups un homme en short avant de lui manger une oreille.

Comme les précédents opus, le jeu offre un choix assez large de boxeurs de différentes catégories et plus ou moins célèbres : bien sûr, il y a Mohamed Ali, Evander Holyfield, Jake LaMotta, mais aussi Ray Robinson, Ray Leonard, Joe Frazier, Marvin Hagler, Bernard Hopkins... une petite trentaine en tout que vous pourrez incarner dans des matchs simples ou dans les "ESPN Classics", des matchs historiques comme ceux qui virent s'affronter "The Bronx Bull" et "Sugar Ray" dans les années 40 ou "The Greatest" et "Smokin' Joe" dans les années 70. De quoi faire plaisir aux fans de boxe, qui pourront quand même regretter quelques absences comme celles de Tyson, Foreman, Marciano ou Cerdan.

Comme les 1ers épisodes également, le jeu propose de créer son propre combattant et de l'emmener si possible vers les sommets d'une carrière amateur puis professionnelle. Le mode de création est toujours assez réussi sans être parfait, peu d'efforts ayant été faits pour l'améliorer depuis Fight Night Round 2. Le mode Carrière est également très similaire à celui de 2005 : on signe pour le combat de son choix, pour l'argent qu'il rapporte ou les bonus qu'il débloque, on choisit un coach, on s'entraîne pour se renforcer dans différents domaines (puissance, rapidité, endurance, résistance de la tête ou du corps...), on se bat, on gagne ou on perd, et on passe au prochain choix de match, chaque nouvelle victoire amenant le boxeur un peu plus près d'une ceinture de champion.

undefinedJames "Light Out" Toney demande Evander "The Real Deal" Holyfield en mariage.
C'est pas vilain pour de la PS2, mais on est loin du photoréalisme de la version nèstjèn.

Pendant le match, on dirige les mouvements du boxeur avec le stick gauche, et ses coups avec le stick droit (à part pour les coups spéciaux, qui utilisent les boutons). Si vous avez déjà joué à un Fight Night, vous ne serez pas dépaysé, ça n'a pas changé d'un poil, vos mouvements de doigt reproduisant grossièrement le mouvement que vous voulez donner aux bras du boxeur : quart de tour droit pour un crochet du droit, tiers de tour gauche pour un uppercut du gauche, quart de tour arrière pour charger un "super coup"... L'idée étant de donné un côté plus "simulation", moins "arcade" que quand la série s'appelait Knockout Kings, ou que les quelques rares titres concurrents comme Rocky.

undefinedLes 3 mini-jeux d'entraînement sont exactement les mêmes qu'avant.

Soyons honnête, c'est un produit solide, bien foutu, et l'amateur de boxe ou de jeux de combat qui n'a jamais tâté du Round 2 devrait être séduit. Le problème c'est que si vous possédez déjà l'épisode précédent, vous aurez grandement l'impression d'être en train d'y rejouer ; le jeu n'a pas vraiment progressé spectaculairement dans des domaines comme les graphismes, l'animation ou la maniabilité (même si dans ces domaines-là, c'est de bon niveau pour la PS2), en fond sonore on se tape toujours de la soupe rap bien gavante, et le gameplay n'a pas trop bougé lui non plus. Il y a quelques tout petits changements quand même, et pas toujours pour le meilleur. En négatif, on ne peut plus choisir sa "ring girl", ses feux d'artifice ou sa musique d'entrée, c'est pas grand chose mais on se demande pourquoi avoir supprimé ces options. Le commentaire VO cède la place à Jean-Claude Boutier, ça ravira peut-être les anglophobes abonnés à Canal +, mais je trouve pour ma part qu'il manque de punch, d'enthousiasme et de conviction. Et au niveau "placement de produit", EA s'en est donné à coeur-joie, puisqu'en plus de marques d'équipement sportif comme Everlast qui ne choqueront pas vraiment dans un jeu de boxe, on pourra se faire entraîner par la mascotte de Burger King ou se battre pour gagner une Dodge, ce qui est déjà plus discutable...

undefinedOn peut toujours soigner son boxeur entre deux rounds.
Le mini-jeu est devenu complètement inintéressant a été simplifié.

Dans les changements bienvenus, il me semble que la difficulté a été revue un peu à la hausse, obligeant le joueur à un peu plus de finesse ; aligner 30 victoires par KO en 1 round et demi en mode carrière rien qu'en enchaînant les frappes de bourrin n'est plus trop possible, les adversaires contrôlés par la console étant un peu plus coriaces qu'avant. A part ça, certains défauts qui auraient mérité d'être corrigés, comme le manque de réalisme du mode carrière lié au fait que l'on puisse affronter en mode carrière des boxeurs réels d'époques complètement différentes et au fait que les adversaires générés aléatoirement par la machine se retrouvent souvent avec des looks complètement ridicules.

En définitive, c'est vraiment un bon jeu de boxe, mais il est clair que ceux qui ont déjà Fight Night Round 2 n'en ont pas besoin, même à 10 €. Pour les autres, il est difficile de départager les deux épisodes tant ils sont similaires ; la préférence ira donc à celui que vous pourrez trouver pour le moins cher !
par Toxic publié dans : Test (PlayStation 2) communauté : CULTURE JEUX VIDEO
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Dimanche 16 mars 2008
free music
undefined Le jeu ayant été accueilli plutôt tièdement par la  presse, je ne l'aurais jamais acheté moi-même, mais puisqu'il m'a été offert par mon sympathique beau-frère à l'occasion d'un anniversaire (je sais que le lecteur moyen s'en bat un tantinet les roustons mais bon, officiellement c'est un blog ici, faut bien que je raconte un peu ma vie de temps en temps entre deux envolées lyriques sur les qualités exceptionnelles des jeux des pays de l'Est vendus à Carrefour en pochette cartonnée), je me suis quand même lancé dedans à corps perdu plutôt que d'aller comme un gros bâtard  ingrat l'échanger au Game du coin, vraisemblablement contre un truc princier dont ces gens-là sont coutumiers, genre un bon de 2 euros valable uniquement pour l'achat de deux N-Gage ou quelque chose comme ça.

Bien m'en a pris, le jeu étant une plutôt bonne surprise qui à mes yeux ne mérite pas l'opprobre et les quolibets reçus à sa sortie. Surfant sur la déferlante GTA, Just Cause vous propose une abondance de poursuites en voitures et de fusillades dans un environnement à explorer librement. A la différence de son inspirateur, peu de paysages urbains ici, puisque l'action se déroule sur une île sud-américaine fictive majoritairement recouverte de jungle, une île assez gigantesque, surtout pour un titre PS2.

Pour ceux qui s'intéressent au scénario, Just Cause met en scène un agent de la CIA chargé de renverser une dictature au profit de la guérilla locale. Le début du jeu donne le ton : parachuté au-dessus de l'île, vous devrez dès votre atterrissage sur la plage en découdre avec un comité d'accueil musclé, avant de vous lancer dans une fuite endiablée au cours de laquelle il faudra mitrailler des véhicules ennemis à la chaîne. Et là, de deux choses l'une : soit vous êtes immédiatement agacé par l'IA à la ramasse et la volonté évidente des développeurs de se torcher avec la notion de réalisme, soit vous vous laissez entraîner sans faire la fine bouche par le rythme trépidant, et la volonté évidente des développeurs de privilégier le fun et l'action débridée par-dessus des considérations comme "un parachute ça fonctionne pas comme ça" ou "c'est pas possible d'encaisser 30 chargeurs d'Uzi dans le buffet sans mourir".

undefined"Détruisez le barrage du gouvernement", une mission annexe que vous pourrez accomplir environ 463 fois dans le jeu

Pour ma part, sur Just Cause je suis plutôt dans la catégorie des joueurs qui ont décidé de s'amuser sans se demander si c'est le jeu le plus novateur, intelligent et beau du marché. Oui c'est vrai, le héros est du genre indestructible, les ennemis n'ont rien dans le citron, la physique des bagnoles est plus que douteuse. Je ne vais pas chercher à nier tout ça, et j'ajouterai même que graphiquement, sur PS2 le jeu est franchement pas très joli, voire salement moche, sans parler de l'animation des personnages, bien ratée. Il y a aussi le fait que les missions de la campagne ne sont pas toujours super intéressantes (et donnent souvent l'impression d'être résolues d'une façon beaucoup plus simple et abrupte que celle auxquelles les concepteurs du jeu avaient pensé, notamment parce qu'avec leur cerveau de pangolin, les conducteurs adverses n'ont pas leur pareil pour s'autodétruire sans que vous ayez trop besoin d'intervenir), quant aux missions secondaires, n'en parlons pas, c'est répétitif à souhait. Ca fait un paquet de casseroles à traîner. Reste que cette bonne île de San Esperito reste un bac à sable qui m'a paru finalement plus intéressant à explorer que San Andreas et son ambiance "gangsta".

undefinedRico décide courageusement de se jeter sur la version NES d'Ikari Warriors

La grosse bonne idée du jeu, ce sont les deux gadgets magiques de Rico Rodriguez, le James Bond latino qui tient la vedette : un pistolet à grappin et un parachute qui s'ouvre instantanément. Le 1er sert à s'accrocher aux véhicules, le second s'ouvre quand ceux-ci entraînent Rico à leur suite, afin de permettre à notre héros de s'élever majestueusement dans les airs au lieu de se retrouver tracté la gueule dans la boue. Accessoirement il permet aussi de se jeter du haut des falaises ou des hélicoptères et avions sans finir en steak tartare. Ce combo grappin/parachute permet de se lancer dans des cascades totalement invraisemblables qui font, au bout du compte, tout le sel du jeu. Eh oui ce n'est pas dans GTA San Andreas qu'on pourrait, en pleine poursuite, aller se poster sur le toit de sa bagnole, pour se jeter sur celle de sa cible, l'expulser en marche, ressortir à nouveau, s'accrocher à un autre véhicule au grappin, et utiliser l'élan pour s'envoler et se barrer dans la nature loin de ses poursuivants. Ou encore tirer au grappin depuis le sol sur un hélicoptère en vol, se faire remonter jusqu'au cockpit, éjecter le pilote, poursuivre un avion, se laisser tomber en chute libre sur celui-ci en plein vol, et en prendre les commandes ! Alors, une fois de plus, c'est clair que si vous aimez les jeux offrant un minimum de réalisme, vous aurez peut-être l'impression d'être pris pour un con en assistant à ce genre de scène faisant passer les films de Michael Bay pour des documentaires. Si vous savez juste apprécier un jeu pour le plaisir d'y faire des choses impossibles, vous devriez en revanche être plutôt émoustillé par les perspectives offertes par les gadgets de Rico, l'homme qui défie toutes les lois de la physique, de la logique et de la crédibilité.

undefinedUne simple pression sur X et Rico sera instantanément sur le toit du véhicule orange, prêt à en prendre le volant.
Un peu n'imp', mais fun.

Parmi les autres qualités du jeu, il y a la taille de l'île, l'absence de temps de chargement d'une zone à l'autre, et une assez grande variété de véhicules terrestres, aériens et marins à piloter, ça va de l'espèce de minibus Volkswagen aux tanks et hélicoptères militaires en passant par de petits avions, des bateaux de pêche ou des voitures de sport. Citons aussi les fumigènes de l'ami Rico, qu'il utilise pour appeler ses collègues de la CIA. Grâce à eux, vous pourrez vous faire transporter directement en divers points de l'île pour éviter d'avoir à vous taper tout le trajet vous-même, ou pour ceux qui ne rechignent pas à conduire, demander le largage d'un véhicule flambant neuf à l'emplacement où vous vous trouvez. Ca démarre petit avec une moto un peu pourrie, mais après quelques missions vous pourrez déjà prétendre à la livraison, en quantité illimitée, d'un genre de Hummer qui facilite grandement les choses (un peu trop peut-être, on finit par ne presque plus conduire que ça tant les voitures que l'on peut dérober à la population locale lui sont inférieure en rapidité, maniabilité et résistance). Plus tard encore vous aurez accès à un bateau à faire pâlir d'envie Hulk Hogan lui-même, et quelques autres bricoles pas dégueulasses. Enfin, que ce soit à pied où vous pourrez moissonner des escouades entières de soldats avec vos armes automatiques, vos grenades et vos bombes, ou en char d'assaut surpuissant à abattre des hélicos et pilonner des colonnes de blindés ennemis, le jeu vous offre une puissance de feu qui permet là aussi à ceux qui s'amusent facilement d'un beau feu d'artifice de tout faire péter à tout bout de champ juste pour le plaisir.

Alors je le répète, à côté de ça il y a l'IA vraiment ridicule, qui ne sait pas piloter ses véhicules (on voit des hélicos se crasher tout seuls, des bagnoles partir dans tous les sens ou se jeter dans le vide) et qui même à pied à du mal à comprendre un concept aussi simple que "si un agent de la CIA est en train de me cribler de balles, je devrais peut-être pas rester attendre sans bouger qu'il ait fini". Il y a les missions, mal conçues et/ou monotones. Et il y a la laideur générale de l'ensemble, les développeurs ayant renoncé à sacrifier un peu de la superficie du jeu, la qualité graphique en a largement pâti et on se croirait presque face à un titre PS1.

Au final, les nombreux défauts en font un jeu qu'il est difficile de qualifier d'excellent titre à posséder à tout prix, d'autant qu'il n'a pas vraiment une durée de vie impressionnante. Cela étant dit, maintenant qu'il est en gamme budget à 15 € Just Cause permettra aux joueurs pas trop snobs de s'éclater comme un gosse quelques heures à faire des cascades plus spectaculaires que James Bond et à tout exploser dans tout les sens.
par Toxic publié dans : Test (PlayStation 2) communauté : CULTURE JEUX VIDEO
ajouter un commentaire commentaires (5)    recommander
Vendredi 14 mars 2008
free music
undefinedJ'avoue, sur ce coup-là, je triche un peu, je fais une entorse à ma politique de "rien au-dessus de 30 euros", car à l'heure où j'écris ces lignes le jeu, neuf, est encore vendu 39 € en magasin. Disons que j'anticipe sur une probable baisse de prix voire une possible réédition en gamme "Platinum". Bref c'est mon blog et je fais ce que je veux, et donc aujourd'hui je vais vous parler de l'une des plus grosses sorties d'EA de l'année dernière, Les Simpson Le Jeu, sorti à peu près en même temps que le film tant attendu, bien que n'étant absolument pas adapté de celui-ci.

Les amateurs de la série n'ignorent sans doute pas que ces  personnages ont une longue histoire de jeux vidéos tout pourris derrière eux, des jeux foireux qu'on a parfois achetés quand même parce qu'on était jeunes et bêtes et que c'étaient les Simpson, et qui nous ont bien déçus, non seulement parce que l'univers des Simpson y était mal exploité, mais en plus parce que la plupart du temps, la partie ludique elle-même était franchement ratée.

Les premières vidéos qui ont circulé pour annoncer le dernier en date n'étaient pas des plus engageantes : certes il y avait du beau cel-shading, mais à part ça, le gameplay ne semblait pas bien brillant. Le service marketing d'EA a su rectifier le tir pour berner les pigeons comme moi, puisque par la suite, toute la communication s'est faite sur le thème "c'est un jeu drôle qui parodie vachement bien l'univers des jeux vidéos et avec plein de gags directement issus de la série" et plus du tout sur l'aspect "c'est un jeu de plate-formes pas terrible". Alors, ayant bien rigolé à la vue des vidéos Grand Theft Scratchy, de Medal of Homer, de Super Happy Fun Fun, j'ai acheté le jeu à sa sortie, comme un con...

Pourtant, des jeux de plates-formes/baston jouables en coop et basés sur une grosse licence juteuse, y en a des bien. Cette nouvelle aventure des Simpson, hélas, est bien loin d'avoir la qualité d'un Lego Star Wars et l'on en ressent assez vite les défauts les plus irritants.

Censément écrite par des scénaristes de la série télé, l'histoire met en scène la famille Simpson après la découverte d'un manuel de jeu à la lecture duquel les différents membres se découvrent des pouvoirs exceptionnels : Homer peut se transformer en grosse boule quand il mange, Bart peut devenir Bartman le superhéros, Lisa peut invoquer Bouddha (à ce propos, il semble qie les auteurs du jeu pensent que le bouddhisme est simplement une variation du christianisme), Marge peut persuader la foule de la suivre aveuglément avec son mégaphone. Ils commencent par utiliser ces pouvoirs pour servir leurs intérêts personnels, jusqu'à ce qu'une attaque extraterrestre ne les force à se battre pour repousser l'invasion, et à se mettre en quête de nouveaux pouvoirs pour les vaincre...

Le scénario est finalement assez bateau, malgré un petit coup de théâtre qui se veut malin mais ne l'est pas tant que ça. Il reste néanmoins un prétexte correct pour aligner beaucoup de bonnes situations comiques et de gags visuels bien drôles. Bien plus que le film, qui négligeait complètement les personnages secondaires et n'exploitait quasiment pas les 20 ans d'histoire(s) des Simpson, et bien plus que n'importe lequel des précédents titres tirés de la série, le jeu baigne à fond dans l'univers créé par Matt Groening. Le ton et les références omniprésentes à la série en font un prolongement sympa pour les fans (enfin, à part les fans ronchons pour qui la qualité des Simpson a chuté depuis longtemps et renient carrément les 5 ou 10 dernières saisons). Enfin assez sympa, parce qu'il y a quand même un gros hic...

Le problème est que, quand on achète un jeu, même un jeu Simpson, ben c'est pour le plaisir du jeu, pas pour le plaisir de regarder un chouette épisode d'une chouette série télé. Et si Les Simpson Le Jeu soigne bien la forme, avec son humour, ses clins d'oeil et ses graphismes cel-shadés reproduisant fidèlement Springfield et ses habitants, sur le fond, on a malheureusement affaire à un jeu assez médiocre du point de vue ludique...

Le gameplay, plutôt banal à la base, est desservi par une caméra très agaçante qui a le chic pour se placer là où c'est pas pratique, des personnages ne répondant pas parfaitement aux commandes (on a parfois l'impression qu'ils "glissent" plutôt qu'ils ne marchent), et une grande répétitivité dans l'action malgré une certaine variété dans les pouvoirs spéciaux des personnages et des tentatives pour varier un peu les objectifs, même si le gros du jeu consiste quand même à aller du point A au point B en suivant sagement le couloir en activant les leviers et les boutons. Le plus décevant reste le mode deux joueurs en coop, complètement raté et injouable. On ne voit rien dans ce pauvre écran splitté où les problèmes de caméra paraissent 2 fois pires et on finit par lâcher l'affaire et jouer seul.

Au bout du compte, à force de niveaux dans lesquels on utilise toujours le même combo de coups pour affronter toujours le même type d'ennemi cloné à l'infini, de passages très énervants mais qu'on peut recommencer autant qu'on veut grâce aux vies infinies mais qui restent bien casse-burnes, on finit par se lasser super vite de ce jeu pénible, et la seule motivation pour continuer n'est plus du tout le plaisir de jouer, devenu (quasi) inexistant, mais juste l'idée de débloquer la prochaine scène cinématique pour voir les prochains gags. Est-ce que ça vaut le coup de jouer à un mauvais jeu simplement pour voir des séquences de dessin animé, quand on peut simplement s'acheter les coffrets DVD de la série ? Certainement pas, à moins d'être un fan inconditionnel et collectionneur de produits dérivés des Simpson, et de trouver ce jeu à bas prix. Grosse déception donc ; espérons que s'il y a une suite, EA travaille un peu plus le gameplay plutôt que d'utiliser l'humour comme écran de fumée !

par Toxic publié dans : Test (PlayStation 2) communauté : CULTURE JEUX VIDEO
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander
Jeudi 13 mars 2008
free music
undefinedEh oui, 3ème jeu lié au catch testé ici en quelques jours, que voulez-vous, on ne se refait pas, et moi le catch je suis tombé dedans quand j'étais petit. Allez, n'ayez pas honte, je suis sûr que vous aussi, vous aimez regarder des messieurs huilés faire semblant de se bagarrer en slip...

Je ne sais pas vous, mais moi, j'ai commencé à en regarder dans les années 80. A l'époque, Hulk Hogan n'était pas encore vedette d'une émission sur sa vie privée, Macho Man n'était pas encore rappeur et Andre the Giant n'était pas encore mort. A part ces trois-là, c'était aussi l'époque des Nasty Boys, de Tito Santana, de Greg Valentine, l'époque de la Legion of Doom et du Million Dollar Man, de Mr Perfect et de Muraco le Magnifique. Une époque où un mouvement aussi basique qu'un DDT, un marteau-pilon ou une descente du coude servait de "finisher", où l'on se contentait d'un simple suplex pour impressionner la foule plutôt que de cascades suicidaires à la Jeff Hardy, où même un Ric Flair au mieux de sa forme aurait été bien incapable d'exécuter un C-4, un Green Bay Plunge ou un Canadian Destroyer comme les gars les plus doués de la jeune génération, où un catcheur n'était pas forcément un impressionnant athlète stéroïdé et tatoué mais généralement un quadragénaire moustachu bedonnant en justaucorps. Et si généralement je n'aime pas trop les discours de type "c'était mieux avant", je dois dire que malgré tout ça, je trouve que le catch était plus fun en ce temps-là qu'aujourd'hui, notamment parce que les stars actuelles sont quand même bien ternes et fades comparées à celles d'hier.

Fort du même constat, Acclaim qui avait perdu la licence WWF après l'avoir exploitée pendant 10 ans, WrestleMania sur NES à Attitude sur consoles 32-bit, a décidé de ne pas arrêter les jeux de catch pour autant et de se lancer dans un retour vers le passé, avec la série des Legends of Wrestling, qui comme son nom l'indique assez bien met en vedette les plus grands noms de l'histoire de la lutte professionnelle, comme on dit au Québec.

Ce troisième épisode, surtitré Showdown, fut le dernier, et se trouve encore pour pas cher dans certains magasins d'occaz. La nostalgie m'a poussé à en faire l'acquisition malgré la mauvaise réputation de la série, et il faut être honnête, passée l'inspection de l'effectif présent, très impressionnant avec plus de 70 personnalités du catch, j'ai déchanté assez vite.

Alors, j'insiste quand même à nouveau sur LE gros bon point du jeu : le titre n'est pas usurpé, et les "légendes" que l'ont trouve ici sont bel et bien les plus grandes stars que le catch ait connu, pas les "légendes" façon Hillbilly Jim ou Brutus Beefcake que l'on peut trouver dans la série des SmackDown vs Raw. Certes, on peut regretter l'absence de femmes, de catcheurs japonais ou mexicains, des quelques grandes stars sous contrat exclusif avec la WWE (Steve Austin, The Rock, Mick Foley, Undertaker...) ou encore de quelques champions comme Honky Tonk Man, Lex Luger ou Jesse Ventura, mais à part ça, il faut reconnaître que tout le gratin est là, y compris pas mal d'équipes et de managers, de Bret Hart à Sting, d'Abdullah the Butcher à Sabu, des Rock'n'Roll Express aux Road Warriors, de Jimmy Hart à Mr Fuji... Même l'humoriste Andy Kaufman est à l'appel, en l'honneur du canular qu'il monta en 1982 avec Jerry "The King" Lawler (présent dans le jeu également bien entendu), dont vous vous souvenez sûrement si vous avez vu le film Man on the Moon. Je ne vais pas vous détailler toute la liste, ils sont 73 dessus, mais tout de même, Randy Savage, Ultimate Warrior, Jake the Snake Roberts, King Kong Bundy, Dynamite Kid, Sid Vicious... voilà des noms qui ont de quoi allécher les trentenaires qui avaient Canal + quand ils étaient petits. A cela s'ajoute la présence de salles de spectacles légendaires elles aussi, comme le Madison Square Garden ou le Pontiac Silverdome, et une idée que les fans de catch voudraient voir exploitée dans les SmackDown depuis des années : le choix entre 4 apparences différentes pour chaque personnage, ce qui permettra par exemple de jouer avec Sting aussi bien en version "blondinet peinturluré comme les filles des pubs du déodorant Oé" qu'en version "The Crow". Avec tout ça, il est évident que l'amateur de catch "old school" à de quoi se laisser séduire par Showdown...

Malheureusement, le jeu en lui-même se révèle faiblard, et aura bien du mal à enthousiasmer le joueur habitué des SmackDown vs. Raw dans la mesure où aussi bien la réalisation que le gameplay sont nettement inférieurs, non seulement au meilleur de cette série, mais même à WWE SmackDown: Here Comes the Pain, l'épisode avec lequel il s'est retrouvé en concurrence à sa sortie. Malgré un choix correct (sans être spectaculaire) de types de matchs et un nombre de prises disponibles plus qu'honorable, malgré quelques bonnes idées comme la possibilité d'enchaîner plusieurs prises sans interruption sur un adversaire groggy, ça sent le jeu fini à la va-vite et avec un budget serré. La modélisation des personnages est grossière, le mode de création de catcheurs est extrêmement décevant, le mode "carrière" est très limité, les matchs ont tendance à traîner en longueur, notamment les matchs par équipe, rendus inintéressants par la redoutable inefficacité de votre partenaire qui laisse systématiquement l'équipe adverse interrompre tous vos "tombés" et prises de soumission sans réagir...On ne s'amuse pas des masses en jouant, notamment faute de réussir à varier ses prises, à la fois parce que les commandes répondent mal, mais aussi parce que la résistance des adversaires contrôlés par l'IA, pas bien malins mais un peu trop doués pour contrer, bloquer ou même simplement encaisser sans broncher vos attaques, poussera bien souvent à utiliser des techniques un peu "cheap" pour décrocher ses victoires (je ne compte plus le nombre de fois où j'ai fini par ruser pour gagner par décompte à l'extérieur). Même le côté "plaisir nostalgique" est parfois terni par la représentation franchement médiocre de certains des catcheurs ; ainsi quand on voit Koko B. Ware apparaître avec ce qui semble être le perroquet du sketch des Monty Python cloué à son bras, par exemple, on a un peu de peine. Divers bugs bien ridicules (personnages qui se téléportent, prises effectuées dans le vide) et même des plantages qui obligent à redémarrer la PS2 achèvent de faire de ce 3ème Legends of Wrestling un triste ratage.

Que de potentiel gâché donc pour l'ultime jeu de catch d'Acclaim après 15 ans de plus ou moins bons et loyaux service dans ce domaine ! Espérons qu'un développeur plus doué reprenne le concept un jour. En attendant, à moins de le trouver à très très bas prix, ET de pouvoir y jouer contre un adversaire humain (inutile de préciser que contrairement aux jeux de THQ, celui-ci ne propose pas d'affrontements en ligne), ET d'être tellement fan de catch des années 70, 80 et 90 que vous ne puissiez résister à l'envie de vous faire un petit Ricky Steambot vs. Brian Pillman ou un bon gros Ande the Giant vs Big John Studd de temps en temps, vous pouvez vous passer sans regret de Showdown et vous cantonner à WWE SmackDown vs. Raw 2007.
par Toxic publié dans : Test (PlayStation 2) communauté : CULTURE JEUX VIDEO
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mercredi 12 mars 2008

undefinedLa licence Star Wars n'a pas donné lieu à grand'chose de bon depuis une dizaine d'années : au cinéma,  une "édition spéciale" aux ajouts discutables et surtout 3 prequels pourries (non, non, ne me dites pas "Oh La Revanche des Sith c'était pas mal quand même" ni "ouais mais les effets spéciaux quand même ils en mettaient plein la vue", et SURTOUT pas "bah si tu les regardes juste comme du divertissement pas fait pour réfléchir, ça va"), et en jeu vidéo, une pléthore de titres ratés, pas terribles, oubliables, qui font regretter les X-Wing vs Tie-Fighter et Dark Forces d'antan. On peut dire que dans l'ensemble, le meilleur de Star Wars a être sorti dans cette période-là, c'est finalement les jouets, notamment les excellents (bien que trop coûteux) Lego...

L'annonce d'un jeu vidéo tiré des jouets tirés des films n'était cependant pas spécialement engageante à la base, ne serait-ce que parce que les jeux destinés au jeune public sont souvent des titres médiocres et bâclés, sous prétexte que les enfants sont moins exigeants que les grands. Mais aussi parce que bon, le jeu tiré des jouets tirés du film... Drôle d'idée quand même.

Et puis finalement, le 1er jeu, tiré des épisodes 1, 2 et 3, a été plutôt bien accueilli par la critique, ce qui me poussa à en faire l'acquisition, d'autant plus qu'il eut le bon goût de sortir directement pour pas trop cher (30 €). Je n'ai pas été déçu, le jeu étant bien plus plaisant et réussi que les films eux-mêmes. Du coup j'ai évidemment acheté le deuxième aussi, qui reprend pour sa part les épisodes 4, 5 et 6.

Je vous mets les deux d'un seul coup ici dans le même test parce qu'ils sont très similaires et d'aussi bonne qualité l'un que l'autre. Jeux de plates-formes mâtinés de baston, ils vous proposent donc de revivre l'intégralité de la Guerre des Etoiles sous forme de petits bonshommes de briques. Chacun des films peut être joué séparément, dans l'ordre souhaité, et chacun se décompose en 6 niveaux qui suivent assez fidèlement la trame des longs métrages. Vous contrôlez au moins 2 personnages à chaque fois, avec bien souvent la possibilité d'ajouter de nouveaux membres à votre groupe en cours de route. Il y a différentes catégories de personnages avec différentes capacités, sachant que toutes sont utiles pour parvenir à la fin d'un niveau. Ainsi, les droïdes ne peuvent pas se battre, mais sont indispensables pour ouvrir certaines portes électroniques. Les Jedi se battent au sabre-laser et peuvent utiliser la Force pour assembler divers édifices de briques indispensables à la poursuite de l'aventure, d'autres personnages encore comme Amidala ou Han Solo utilisent des blasters qui permettent d'attaquer à distance, et sont munis d'un grappin pour atteindre des hauteurs inaccessibles aux autres... L'une des principales différences entre les deux jeux est d'ailleurs l'ajout, dans le second épisode, d'une nouvelle classe de personnage (les chasseurs de primes, qui peuvent utiliser des détonateurs thermiques), et de nouvelles capacités pour certaines des classes déjà présentes dans le 1er. En tout, chacun des deux jeux propose une grosse cinquantaine de personnages jouables ; certains se rencontrent tout simplement en cours de partie parce qu'ils font partie de l'intrigue, d'autres peuvent être débloqués comme bonus.

Les contrôles sont très faciles à prendre en mains, sans pour autant que les jeux soient simplistes puisque vous devrez constamment passer d'un personnage, utiliser différents pouvoirs et armes et résoudre de petits casse-tête pour franchir les obstacles, ce qui évite la monotonie d'un simple "je saute sur une plate-forme, je pète la gueule à 3 mecs, je saute sur la plate-forme suivante, je pète la gueule à 3 autres..." Le deuxième jeu propose même des séquences de pilotage de vaisseaux pour varier les plaisirs, même s'il faut reconnaître que ce ne sont pas les meilleurs niveaux.

En dehors de quelques baisses de rythme ou passage bien relous qui vous laisseront bloqué quelques minutes, l'action faiblit rarement, ce qui est l'un des bons points du jeu. On appréciera aussi la créativité et l'humour avec lesquels les développeurs ont su utiliser les deux univers, les Lego et Star Wars. Les personnages tués explosent en petites briques, de nombreux passages demandent d'utiliser des briques pour construire les morceaux manquants de la route à suivre ou des véhicules, et les scènes cinématiques, entre les niveaux, entièrement muettes puisque les Lego ne parlent pas, parviennent à recréer les moments-clés des films de façon à la fois fidèle, gentiment parodique, et franchement drôle.

Le jeu permet à tout instant à un second joueur de rejoindre ou quitter la partie. En coop, il devient alors encore plus sympa. Si les deux joueurs ne sont pas de même niveau, il est vrai qu'en quelques occasions, le faible râlera parce que l'autre ne l'attend pas, ou le plus fort se plaindra que l'autre est un boulet, mais dans l'ensemble, pas de gros clash à prévoir : le jeu s'adressant quand même aussi au jeune public, il est visiblement conçu pour qu'un parent puisse y jouer avec son enfant, l'adulte pouvant s'occuper des obstacles les plus difficiles sans que l'enfant ait l'impression de ne rien faire pendant ce temps.

Techniquement, le jeu n'est pas franchement éblouissant c'est vrai, mais reste quand même bien mignon. Après tout, pas besoin de textures très fines pour reproduire l'univers en plastique des Lego. Sans rivaliser avec les productions les plus spectaculaires de la PS2, les deux titres tiennent très bien la route aussi bien au niveau des graphismes que de l'animation, de la musique et des bruitages.

L'un comme l'autre ne sont néanmoins pas totalement exempts de défauts. Au premier rang desquels un niveau de difficulté pas super bien conçu, puisque souffrant du syndrome du "jeu globalement trop facile mais avec des passages incroyablement casse-couilles qu'on pourra quand même franchir au bout de 150 tentatives grâce aux vies infinies, ce qui fait qu'au bout du compte il y a des moments où on ne s'amuse pas du tout, et qu'on finit le jeu très vite si on ne se retient pas d'y jouer trop longtemps d'un coup". Ajoutons aussi qu'il n'est pas toujours super facile de diriger ses personnages dans l'environnement 3D, problème qui est d'ailleurs pour beaucoup responsable du "saut au-dessus du vide qu'on rate 20 fois" et de la "plate-forme qu'on sait pas comment l'atteindre", 2 parasites qui tuent bien le fun par moments. A part ça, je trouve aussi le mode "création" de personnage anecdotiques et grosso modo inutile, bien qu'il soit rigolo deux minutes,

Tout cela étant dit, dans leur genre, voilà deux titres franchement très réussis, et pour leur petit prix, carrément indispensables pour les fans de la saga ou pour les joueurs qui ont des gamins. Les autres devraient quand même y jeter un oeil, tout en sachant qu'il ne faut pas s'attendre à des jeux de longue haleine pour gamers d'élite, seulement à passer un court mais très bon moment dans un univers rigolo et rafraîchissant.

par Toxic publié dans : Test (PlayStation 2) communauté : CULTURE JEUX VIDEO
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Mardi 11 mars 2008
free music
undefinedSi vous aimez le catch, il est probable que vous ayez déjà tâté de la série des SmackDown commencée il y a pas moins de 8 ans sur la première PlayStation, dans la mesure où ce sont à peu près les seuls jeux valables dédiés à cette discipline qui soient distribués en France. Personnellement, j'avoue acheter chaque année le nouvel épisode, par habitude, mais il faut bien le dire, cela fait quelques années que la série ronronne gentiment sans trop se renouveler...

La version 2007, 8ème jeu de la série dont les développeurs préparent actuellement la 10ème mouture, introduisait comme plus grosse nouveauté un système de commandes repensé, mais finalement pas radicalement différent du précédent, le principal changement étant la possibilité de pouvoir se déplacer sur le ring tout en maintenant l'adversaire dans une position permettant d'enchaîner plusieurs prises sur lui. Pour vous donner un exemple (qui ne parlera sans doute pas aux non-initiés), une fois l'adversaire chopé en enfourchement, vous pouvez commencer par l'attendrir avec un ou deux brise-reins, puis aller vous placer le dos aux cordes pour un "fallaway slam" qui l'enverra hors du ring. Dit comme ça, ça ne paraît pas révolutionnaire je sais, et d'ailleurs soyons honnête, ça reste un ajout tout à fait mineur au gameplay, que l'on n'utilisera pas particulièrement souvent. A part ça, le jeu propose aussi quelques nouvelles interactions avec le décor, mais dans l'ensemble, une fois de plus c'est le même jeu qui revient.

L'avantage, c'est que c'est quand même un bon jeu de catch à la base, et que même si ses développeurs ont renoncé à réinventer l'eau chaude à chaque fois, leur produit reste satisfaisant. Avec un choix de près de 70 personnages, représentant aussi fidèlement que la PS2 le permet leurs homologues réels, une grande sélection de matchs disponibles, un très grand nombre de prises, un mode "saison" qui propose un scénario pas trop couillon à défaut d'être particulièrement original, un mode "General Manager" qui n'a bien sûr pas la profondeur d'un Total Extreme Wrestling mais devrait convenir à ceux qui aiment jouer les grands patrons sans pour autant vouloir se consacrer à une simulation hyper touffue, il y a largement de quoi contenter le fan de catch, et même de quoi amuser le fan de jeux de combats désireux de tester quelque chose d'un peu différent de ses habituels Virtua Fighter et autre Tekken.

Si j'avoue avoir été, au départ, déçu parce qu'il n'y a toujours eu aucun effort de fait dans certains domaines comme le mode de création de catcheur qui me paraît avoir perdu en profondeur ce qu'il a gagné en qualité graphique, ou les commentaires toujours aussi répétitifs et pour la plupart directement importés de la version précédente, et désorienté par le nouveau système de commandes, au bout du compte je dois dire qu'entre les petites améliorations apportées dans certains domaines ratés de la version 2006 (adieu les challenges pourris pour débloquer des bonus, cette fois les challenges sont plus intéressants) et le fait que l'effectif proposé soit encore assez à jour, ce SvR 2007 est à mes yeux le meilleur de la série à ce jour, surpassant même sa propre suite sortie en novembre dernier.

Bref, dans la mesure où il est fort peu probable que Fire Pro Wrestling Returns sorte en version PAL un jour, et où les rares autres séries dédiées au catch sur PS2 (Legends of Wrestling, Backyard Wrestling, Rumble Roses) n'arrivent pas à la cheville des SvR, cet épisode est vraiment LE jeu de catch qu'il faut avoir sur PS2 quand on est fan de ce sport-spectacle. A moins d'être complètement lassé par le gameplay de la série, même les possesseurs de la version 2006 ne devraient pas hésiter à ce procurer la 2007, d'autant moins que le jeu est maintenant disponible en "Platinum" à 25-30 €.
par Toxic publié dans : Test (PlayStation 2) communauté : CULTURE JEUX VIDEO
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander

Présentation

Recherche

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Blog : Politique sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus