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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 08:50
Drôle d'idée de la part d'EuropaCorp Diffusion d'avoir apposé la mention "Tous publics" sur cette édition d'Hitman qui se proclame en même temps la "version intégrale non-censurée" du film. Non-censurée, mais tous publics ? Ca me paraissait un peu incompatible, et ça donnait un côté louche au produit, genre "ha ha ha vous allez voir ce que vous allez voir les gars, c'est du non-censuré, on s'est pas retenu, ça charcle !" et puis au final ça charcle pas parce que c'est classé tous publics comme Winnie l'Ourson et l'Efélant ou Franklin et le Trésor du lac. Mais après avoir vu le film, je dois dire, il n'y a pas tromperie sur la marchandise, c'est bien une version non-censurée, c'est-à-dire avec du sang et des nichons à l'écran. Du coup une classification "Déconseillé aux moins de 12 ans" ou au moins "Accord parental" aurait peut-être été plus appropriée mais bon, après tout les éditeurs font ce qu'ils veulent.

Le film est bien entendu l'adaptation du jeu vidéo éponyme, auquel j'avoue n'avoir jamais joué, mais comme je le disais déjà pour BloodRayne, c'est mieux puisque ça évite de juger le film en bien ou en mal pour de mauvaises raisons comme "est-ce que c'est fidèle ou pas au jeu dont c'est tiré ?", parce qu'on s'en fout. Le film est signé par un Français qui avait été stagiaire sur Risque Maximum de Ringo Lam avec Van Damme, et raconte l'histoire d'un tueur à gages en quête de vengeance après avoir été trahi par ses employeurs.

Le type s'appelle 47 parce qu'il a été élevé par un genre de secte qui recrute et forme des orphelins à devenir des machines à tuer, et décide que c'est plus simple de les numéroter que de les nommer. La secte elle-même s'appelle "l'Organisation" parce que c'est compliqué de trouver des noms originaux. 47 est le meilleur agent de l'Organisation et à peine sorti d'une mission, on lui propose d'assassiner le président russe. Alors qu'il pense avoir rempli son contrat, il se retrouve victime d'un complot et échappe de justesse à deux tentatives de meurtre, l'une par un de ses collègues, l'autre par un commando de la sécurité intérieure russe. Un peu fâché par la tournure que prend sa carrière, 47 décide donc de tirer l'affaire au clair, avec pour seule piste une jeune prostituée russe...

Seins à l'air et clope au bec, Olga Kurylenko la James Bond Girl de Quantum of Solace
montre ce que "non-censuré" signifie dans le cinéma moderne.

Désolé si je radote avec mes discours sur l'importance du scénario dans un film d'action, mais là quand même, quelle blague que l'intrigue d'Hitman. Au lieu de donner dans le simple et efficace, elle essaie d'être mystérieuse et complexe et n'en finit plus de se prendre les pieds dans le tapis. Entre les rebondissements absurdes (tout le monde lâche ses flingues et sort deux épées de sous sa veste pour se battre !) et les questions-clés qui restent en suspens jusqu'au bout (finalement, pourquoi il fallait à tout prix que l'Organisation sacrifie son meilleur élément au bénéfice de deux types aux motivations jamais expliquées ?), on atteint un niveau de couillonnade presque jouissif. Disons qu'au départ on est peu agacé par le côté brouillon mais que si l'on aime un tant soit peu les aspects "série Z" d'un film, on pourra être séduit par l'accumulation d'éléments qui clochent. Le commanditaire de l'assassinat du président veut absolument que l'opération se déroule au vu et au su de tout le monde bien que ce soit contraire aux méthodes de 47, puis étouffe lui-même l'affaire. L'Organisation choisit de mettre son meilleur homme sur le coup alors que la mission ne semble pas spécialement difficile, en sachant qu'ensuite aucun autre agent n'est à sa hauteur et donc ne pourra l'éliminer alors qu'il faudra absolument l'éliminer. Le flic d'Interpol veut empêcher les Russes d'abattre 47 pour pouvoir le capturer vivant, puis cherche à le flinguer deux minutes plus tard. Le méchant complote en russe avec son acolyte puis s'exprime en anglais lors d'une allocution au peuple moscovite. Face à un miroir, un garde du corps ne voit pas 47 arriver par derrière. Ce genre de choses qui, mises bout-à-bout, finissent par donner un charme idiot au film.

Même en déguisement de contrôleur de train, 47 cache toujours des sabres de ninja dans ses poches.

Le personnage de 47 lui-même est une belle source d'incongruités. Déjà faudra m'expliquer comment l'Organisation espère que ses tueurs restent discrets si ce sont tous de grands chauves en costard avec un gros code-barre tatoué sur le crâne. A priori c'est le genre de chose qui se remarque un peu quand même. A part ça, 47 est le meilleur agent de toute l'Organisation mais également le seul à avoir attiré l'attention d'Interpol. Ouais les autres agents ils sont nuls, ils bossent discrètement, personne ne sait ce qu'ils font, mais 47 lui c'est le meilleur parce qu'il a réussi à se mettre un flic obstiné aux trousses à force de laisser des indices de son existence sur les scènes de ses crimes, bravo 47. On le voit laisser des témoins à peu près partout où il passe, il s'encombre d'une fille qu'il ne connaît pas alors même qu'il vient de comprendre qu'il ne peut plus faire confiance à personne et qu'il aurait des raisons de la soupçonner de faire partie du complot. Alors, il est peut-être amoureux mais en même temps il semble décidé à faire son maximum pour qu'il ne se passe rien entre eux. Alors peut-être que l'amour et les filles ça l'intéresse pas mais il est quand même prêt à tout risquer et à buter plein de gens pour la protéger. Il faut dire qu'abattre des gens dont le seul tort est d'être au mauvais endroit au mauvais moment ne lui pose pas de problèmes de conscience, par contre il ne peut pas se résoudre à abattre le flic qui le poursuit et peut l'identifier, parce que bon, ben, voilà, il peut pas.

L'agent 47 retire sa casquette pour dévoiler son astucieux déguisement
de chauve avec un gros code-barre sur la tête.

Cerise sur le gâteau, 47 est joué par Timothy Olyphant, ce qui constitue une sorte de blague en soi tant le pauvre garçon n'est pas du tout fait pour jouer un dangereux assassin chauve. On dirait Billy Corgan, le chanteur des Smashing Pumpkins, ou un enfant cancéreux qui va pas survivre à sa chimio et à qui on a filé un beau costard pour pouvoir l'enterrer directement dedans. Là aussi, au début on est contrarié parce qu'un héros aussi peu crédible sape l'ambiance, puis une fois qu'on a admis que le film pouvait être pris comme un petit nanar, voir cette adorable tête de noeud essayer de jouer au tueur implacable alors qu'on s'attend à tout moment à voir une infirmière débarquer en larmes pour lui dire "oh mon petit Billy comme tu es courageux face à la maladie, tiens je t'ai apporté une peluche et des bonbons pour ton dernier Noël" ajoute encore un peu de sel à l'ensemble.

En hommage à Marcel Philippot du temps où il faisait "Je l'aurai un jour" dans Palace,
Timothy Olyphant vous présente sa plus belle grimace de mec courroucé.

Dans les moments où l'intrigue laisse place à l'action pure et dure, le film ne s'en sort pas trop mal. Rien de vraiment mémorable, mais c'est mis en scène et filmé avec une certaine compétence. Pas d'effets tape-à-l'oeil et cache-misère à la Hypertension, c'est du brutal à l'ancienne, des types qui se flinguent, se cognent, se découpent, se font exploser, avec gerbes de sang qui tâchent les murs et têtes qui éclatent. Dommage que presque tout ait un côté "déjà-vu", une petite touche d'originalité de-ci-de-là n'aurait pas fait de mal, mais à choisir entre deux réalisateurs sans grande imagination, je préfère celui qui essaie de faire du John McTiernan plutôt que du Michael Bay. Bref, l'action d'Hitman est d'honnête qualité, surtout pour une production au budget relativement modeste comme celle-ci, et fera passer le temps entre deux séquences involontairement drôles. Au moins, ça n'est pas frileux, ça change des "PG-13" hollywoodiens aseptisés où le sang ne coule jamais et où les filles ont toujours un drap sur la poitrine au réveil.

Sans égaler les vieux maîtres du genre, le réalisateur Xavier Gens
montre un certain savoir-faire lors des séquences d'action.

Au bout du compte, Hitman n'est pas tout à fait assez raté ou rigolo pour être considéré comme un vrai nanar, mais un peu trop couillon pour se voir comme une vraie bonne série B. Je l'ai pris dans l'offre "3 DVDs pour 20 €" en même temps que le tout bidon Skinwalkers et le soporiphique Hypertension, c'est celui dont je n'espérais vraiment rien de bon et au final le seul qui m'ait plutôt agréablement surpris, et le moins mauvais du trio. C'est très moyen et c'est plutôt à voir pour en rire, mais ça laisse espérer que Xavier Gens puisse un jour signer un chouette direct-to-DVD bien pêchu si on lui donne un peu plus de fric et un scénario moins ridicule (si tant est que toutes les scènes d'action de ce film-ci soient bien de lui parce que j'ai lu qu'une partie d'Hitman avait dû être re-tournée par quelqu'un d'autre à la demande des producteurs insatisfaits du 1er résultat). Bref je ne sais pas si je dois dire "Si vous êtes fan du jeu Hitman vous trouverez sûrement que le film aurait pu être plus nul quand on pense aux autres films tirés de jeu", et je suis pas sûr que ça vaille vraiment ses 6,66 €. Mais en tout cas je dois dire que si vous êtes fan de séries B un peu crétines et dans lesquelles le spectateur est encore autorisé à voir une fille nue et des blessures qui saignent comme dans l'temps, ça peut vous tenir éveillé pendant 1h30. C'est déjà ça.

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Published by Toxic - dans DVDs pas chers
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