Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Cheap Games, le blog des joueurs radins
  • Cheap Games, le blog des joueurs radins
  • : Bonnes affaires, arnaques à éviter, ici on teste les jeux en solde (budget maximum : 30 €) et depuis peu, les DVDs aussi !
  • Contact

Recherche

19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 08:43
Sans surprise, Demolition Girl n'a pas détrôné War of the Monsters dans mon top des meilleurs jeux de monstres géants, mais j'avais un petit espoir que ce dernier épisode en date des aventures de Godzilla sur consoles se montre un peu plus convaincant dans le genre, même s'il est vrai que le gros lézard de la Toho n'a jamais eu beaucoup de chance dans les jeux vidéos depuis ses premières aventures sur NES. Pas très bien distribué en France depuis sa sortie mais trouvable autour de 10 € en cherchant bien, Godzilla Unleashed est un jeu de baston pour un à quatre joueurs dont le scénario reprend un schéma classique des films de monstres japonais : de fourbes aliens projettent d'envahir la Terre avec l'aide de créatures gigantesques et dévastatrices, mais les robots de la Force de Défense Mondiale et les géants bienveillants de l'Ile aux Monstres vont s'efforcer de leur barrer la route.

Très similaire dans son principe au War of the Monsters susmentionné, le jeu propose un mode "bagarre" qui permet de faire se fritter jusqu'à 4 monstres dans divers environnements (principalement urbains) dans des matchs par équipes ou chacun pour soi, et un mode "scénario" dans lequel on choisira une bestiole avant de l'envoyer aux quatre coins du globe affronter ses congénères pour la sauvegarde ou la domination de la planète selon le camp auquel elle appartient.

Seuls huit "daikaiju" sont proposés au départ mais comme dans tout jeu de ce type, on pourra en débloquer d'autres, jusqu'à atteindre la vingtaine. Les fans de cet univers ne devraient pas être déçus puisqu'en plus du Roi des Monstres, on retrouvera (presque) tous ses compagnons et adversaires les plus célèbres : Mothra, Rodan, Baragon, King Ghidorah, Gigan, la plupart des bébêtes farfelues chères aux amateurs sont là. On pourra néanmoins reprocher à la jaquette d'en mentionner plusieurs qui ne sont en réalité pas dans le jeu, comme Varan ou Biollante. En revanche, on a droit à une création originale approuvée par la Toho, Obsidius, fait de roche volcanique. Chaque monstre à ses propres attaques, des classiques coups de pattes ou de queue aux lasers, missiles, rayons atomiques et souffle de feu. Certains ont même des aptitudes spéciales comme le vol ou la faculté de s'enfouir puis se déplacer sous terre. Au total, la palette de coups n'est pas très impressionnante par rapport à un jeu de combat classique, mais plutôt pas mal pour un jeu de monstres géants si on compare à I Was an Atomic Mutant! ou, une fois de plus, à War of the Monsters.

Quand on lance le jeu en mode "Bagarre" avec un deuxième joueur histoire de s'échauffer, le premier bilan est plutôt satisfaisant : les "craignos monsters" ont de la gueule et les caractéristiques bien connues de leurs homologues cinématographiques (comme le cri de Godzilla ou l'illumination de ses plaques dorsales lorsqu'il s'apprête à cracher son rayon), et le fait de pouvoir piétiner des monuments célèbres dans des villes réelles (Sydney, San Francisco...) plutôt que des décors anonymes contribue à recréer l'ambiance des films. Les coups pleuvent, ça cogne, ça mord, ça se lance des buildings à la tronche, ça crache du feu, les immeubles s'écroulent tandis que les tanks et les hélicos de l'armée tentent en vain d'abattre les colosses, bref il y a de quoi bien se défouler entre fans de Godzilla. Et si comme moi, vous avez pour camarade de jeu quelqu'un qui n'est pas trop expert en jeu de baston, le relatif simplisme du gameplay vous évitera de vous retrouver trop vite tout seul face à l'écran suite à un "bon j'en ai marre, je perds tout le temps parce que je sais faire aucun coup spécial, j'arrête". D'autant que les créatures sont suffisamment résistantes pour éviter les matchs-éclair, ce qui laissera l'occasion de se ressaisir à un joueur en difficulté.

La légendaire Ile aux Monstres fait partie des environnements qui
deviennent accessibles en cours de partie.

Hélas, on déchante un peu au sortir de ces affrontements entre joueurs humains. Le mode "Scénario" n'est en effet pas une grande réussite. L'histoire elle-même n'est pas à blâmer : on a droit à du japonais sous-titré et à une intrigue dans le plus pur style des films, là encore de quoi plaire à un fan. Mais le déroulement de la campagne laisse plutôt perplexe. Celle-ci est découpée en jours et, chaque jour, divers lieux d'affrontements sont disponibles. On en sélectionne un, et on se retrouve transporté sur le théâtre des opérations, dans lequel on fera face à un à trois autres monstres. Jusque-là, rien à signaler. Sauf que malheureusement, le but exact de chaque niveau apparaît un peu flou lorsque l'on s'aperçoit que le jeu semble progresser de la même façon quel que soit le résultat obtenu. Choisir de ne pas combattre et se contenter de détruire les cristaux aliens, combattre et gagner, combattre et se prendre une branlée, au bout du compte il semble que ça ne change rien. Chaque fois, on passe au jour suivant, on va dans de nouveaux décors, on combat de nouveaux monstres, même en enchaînant les défaites ou les semi-échecs (genre s'allier à un deuxième monstre contre un troisième et se faire voler le privilège de lui porter le coup fatal). Il semblerait que seul le boss de fin doit obligatoirement être vaincu pour gagner le mode "Scénario", et qu'en dehors de ça, aucun autre combat n'ait de véritable importance.

Détruire ces grands blocs de cristal permettra à un monstre peureux de
remporter un niveau sans avoir à combattre ses congénères, mais les conserver intacts
est nécessaire pour accéder à certains pouvoirs spéciaux.

Pour ajouter à la confusion, il y a des jauges qui apparaissent de temps en temps en cours ou en fin de bataille, et rien pour indiquer à quoi elles servent. Il faut dire qu'il n'y a pas de didacticiel, et que même le mode d'emploi ne dit rien à ce sujet. On finira par deviner qu'il s'agit d'une espèce de baromètre "d'alignement" par rapport aux quatre factions du jeu, qui déterminera quelles créatures sont susceptibles de faire équipe avec le joueur en cas de combat à 3 ou 4. Par exemple, si l'on fait gaffe à ne pas trop détruire de bâtiments, l'affinité avec les monstres de la Force de Défense Mondiale (Jet Jaguar, Mecha Godzilla, etc...) augmente, tandis qu'à l'inverse si on les démolit sciemment, on s'attirera plus facilement la sympathie des Mutants (Destoroyah, Battra...). Un système qui n'empêchera cependant pas un allié de retourner sa veste en cours de baston s'il se prend trop de coups "perdus" et qui aurait mérité d'être expliqué d'une façon ou d'une autre. Dans le même ordre d'idées, il faudra également deviner comment s'activent les pouvoirs spéciaux obtenus en battant les monstres qui les ont absorbés puisque là encore, le manuel comme le jeu laissent le joueur se démerder seul. C'est vrai que carré + rond c'est pas très difficile à trouver mais quand même, quoi, merde.

Les différents lieux ne sont pas tous accessibles tous les jours de la campagne,
mais vous aurez généralement le choix entre plusieurs à chaque tour.

A défaut de garantir une progression plus rapide ou intéressante dans l'intrigue, mettre les monstres adverses KO dans le mode Scénario permet néanmoins d'engranger plus de points, qui s'utiliseront ensuite dans le "magasin" pour déverrouiller de nouvelles bêtes et de nouveaux théâtres d'affrontements pour le mode Bagarre. Et là, une fois de plus il y a de quoi grincer des dents car le moindre nouvel élément coûte excessivement cher. Certes, on pourra obtenir Moguera à 5.000 points, ou Mothra à 10.000, mais à de rares exceptions, chaque monstre ou lieu nécessite au bas mot 20.000 à 35.000 points. Pire, avant d'obtenir le droit d'acheter certains d'entre eux, vous devez d'abord raquer pour débloquer la faction à laquelle ils appartiennent ! Au final, pour accéder à la totalité du contenu, il faut compter plusieurs centaines de milliers de points. Sachant qu'un "bon" match en rapporte dans les 2.000, il y a de quoi être dégoûté du jeu longtemps avant d'avoir pu en profiter à 100%. Surtout qu'il n'y a que 4 fins disponibles au mode Scénario (une pour chaque faction) ; dans ces conditions, obliger le joueur à le recommencer 20 ou 30 fois est franchement débile. Certes, le mode Bagarre rapporte des points lui aussi, mais beaucoup moins ; autrement dit, ça permet de varier un peu les plaisirs mais pas de beaucoup accélérer le processus. J'ai rarement vu des conditions aussi frustrantes d'accès aux bonus dans un jeu de baston (et il y a pourtant des SvR bien laborieux en la matière).

La narration en images fixes fait un peu cheapos et le scénario est bateau,
mais il est également typiquement "godzillesque" et bénéficie d'un doublage japonais,
un plus pour les fans de ce cinéma si particulier qu'est le kaiju eiga.

Il y a, c'est vrai, des codes de triche disponibles sur le net pour régler le problème. C'est toujours un peu vexant d'en passer par là, mais difficile ici de s'en passer dans le cas présent. Mais il faut reconnaître que même avec les 20 monstres et 9 arènes à disposition, on n'est pas vraiment face à un grand jeu de baston. Comme je le disais plus haut, la palette de coups est assez limitée en comparaison d'un Tekken, d'un Soul Calibur ou d'un Virtua Fighter. Et malgré ça, le maniement des personnages n'est pas spécialement aisé puisque, en plus d'être particulièrement patauds (c'est un poil pénible, mais bon, reconnaissons que Godzilla n'est pas censé être un vélociraptor), les monstres ne répondent pas toujours très bien aux commandes. On se retrouve à utiliser un rayon alors qu'on essayait de tirer un projectile, ou à faire une prise alors qu'on tentait un enchaînement pieds-poings. On veut activer son mode "vol" et on se contente de sauter bêtement sur place. Ca n'est pas non plus le portnawak permanent mais c'est un petit peu crispant quand même par moments. Ne parlons même pas de l'absence d'une commande pour passer d'une cible à l'autre lors d'un combat contre plusieurs adversaires.

King Ghidorah, comme la plupart des monstres ailés du jeu,
ne vole hélas que très maladroitement.

Je mentirais en disant que je n'ai vraiment pas aimé Godzilla Unleashed, mais ça reste une déception. Malgré le plaisir d'incarner les stars en caoutchouc des séries Z nippones, difficile de faire abstaction des gros défauts, comme un mode Scénario absurde, la distribution au compte-gouttes de nouveaux monstres et le côté brouillon des combats eux-mêmes. Mais si vous êtes fan de monstres géants et que vous avez l'occasion d'y jouer plus souvent à plusieurs qu'en solo, il y a quand même de quoi passer de bons moments. C'est défoulant et l'ambiance est au rendez-vous. A ce niveau-là, le jeu est presque au coude-à-coude avec War of the Monsters en fait. Qui est un peu mieux réalisé peut-être c'est vrai, mais n'a que 10 monstres, qui ne sont que des "hommages" aux vrais dont dispose Godzilla Unleashed, et qui lui non plus n'est quand même pas beaucoup plus qu'un jeu bourrin pour se défouler à plusieurs.

La caméra peut se montrer un peu erratique : lorsque les protagonistent s'éloignent
les uns des autres, parfois elle recule pour les garder tous dans le même champ de vision,
mais parfois elle se fixe sur un seul d'entre eux.

Si le catch entre dinosaures radioactifs vous en touche une sans réveiller l'autre, si vous n'avez personne avec qui jouer, si vous cherchez un jeu de tatanes un peu pointu, ou si le prix affiché sur la boîte de Godzilla Unleashed dépasse de trop les dix euros, je ne me risquerai pas à vous le conseiller. Mais si comme moi vous êtes du genre à vous enthousiasmer comme un gosse à l'idée de recréer les affrontements immortalisés au cinéma par
Ishirō Honda et consorts, ET que vous avez un deuxième joueur sous la main, ET que vous dénichez le jeu pour un prix modique, laissez-vous tenter, c'est loin d'être un très bon jeu mais c'est rigolo quand même à petites doses, et c'est pas tous les jours que vous pourrez piétiner Tokyo ou New York dans la peau d'un ankylosaure de 150 mètres ou d'une hydre à trois têtes mais sans bras.

Partager cet article

Repost 0

commentaires