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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 08:52
DOA Dead or AliveLa bande annonce du film adapté du jeu vidéo Tekken est disponible sur le net depuis quelques jours, et le moins que l'on puisse dire, c'est que ça a l'air nul. Pourtant, les jeux de combat de ce type devraient être les plus faciles à transposer en film. On suit la formule des premiers Van Damme comme Tous les coups sont permis ou Kickboxer, on engage quelques bons spécialistes de la tatane aux styles divers et variés, un bon chorégraphe, on met tout ça en scène sur un scénario simple et efficace de tournoi d'arts martiaux avec un quelconque enjeu supplémentaire en dehors de "Qui va gagner le championnat ?" (genre une histoire de vengeance ou autre) et c'est réglé, à défaut d'avoir un nouveau chef-d'oeuvre du 7ème Art normalement on peut pondre un film de bagarre potable. Enfin, il faut croire que non, parce que Tekken a l'air raté, que le premier Street Fighter était bien nul (je ne jugerai pas le deuxième que je n'ai pas encore vu, mais j'ai lu qu'il était pire) et que les Mortal Kombat n'étaient pas bien fameux non plus.

C'est dire si j'avais peu d'espoir que DOA: Dead or Alive soit autre chose qu'une sombre merde. Déjà que la série de jeux n'est pas vraiment la plus intéressante du marché à la base, comme en plus le film semblait tout miser sur les jolies nanas, ça sentait le truc racoleur moisi. Comme ça se trouve maintenant à 5 € et que je suis un garçon curieux, j'ai acheté et me suis donc retrouvé à passer environ 1h20 en compagnie d'une bande de pimbêches invitées (en compagnie de quelques quasi-figurants masculins) au "Dead or Alive", une compète d'arts martiaux top secrète sur une île top secrète où Eric Roberts offre 10 millions de dollars au vainqueur. La petite asiatique rouquemoute y va pour retrouver son frère qui a disparu lors du DOA de l'an passé, la voleuse blonde en a après le fric qu'elle compte dérober si elle ne gagne pas, l'autre blonde est une ex-catcheuse qui veut prouver qu'elle sait se battre pour de vrai, l'autre blonde est là parce que c'est la fille de l'ancien organisateur et qu'apparemment ça lui donne l'obligation morale de concourir, et enfin la dernière a les cheveux mauves parce qu'il ne peut quand même pas y avoir que des blondes mais elle n'est pas là pour remporter le DOA mais pour assassiner sa collègue la petite asiatique parce qu'elles sont toutes les deux ninjates dans un clan assez strict sur les horaires de sortie de ses pensionnaires.

DOA 06Les fanatiques de la fidélité absolue au matériau source
seront sans doute ravis de voir que le réalisateur a attribué des sabres à ses héroïnes.

A cette description, vous pourriez croire que DOA applique la formule énoncée plus haut, mais ça n'est pas complètement le cas, notamment parce que les "actrices" du film ne sont pas du tout de vraies pratiquantes de sports de combat mais des mannequins, que les styles utilisés par les personnages sont principalement à base de trucages plutôt que de vrais arts martiaux, et que le tournoi lui-même est totalement abandonné en cours de film au profit d'une intrigue secondaire. On pourrait donc craindre le pire, et pourtant, je dois avouer avoir été assez vite séduit. Certes, c'est complètement idiot, mais c'est un peu ça qui est beau, et ça fait preuve d'une fantaisie qui hélas devient rare de nos jours. C'est le genre de film où les ninjas cachent des deltaplanes dans leur sac à dos, où les tueuses à gages enfilent leur soutien-gorge au vol tout en continuant de se castagner contre les flics, où le millionnaire a fait tatouer l'emplacement et la combinaison de son coffre-fort sur la nuque de sa fille parce que c'est vraiment une chose totalement sensée à faire, où l'on reçoit son invitation à un tournoi ultrasecret par le biais d'une espèce de shuriken électronique qui trouve ses destinataires par magie, où une même île paradisiaque à laquelle on accède en sautant en parachute depuis un jet privé peut contenir tous les différents types de décors courants dans les jeux de baston, de la plage à la forêt de bambous en passant par le temple bouddhiste, le palais chinois ou l'immeuble high tech. Ca n'est pas aussi impressionnant qu'Ultraviolet dans le genre "ouate zeu feuque", mais si vous savez apprécier le cinéma portnawak, DOA réserve vraiment de bons moments.


DOA 03DOA a le mérite de ne vraiment pas se prendre au sérieux, comme avec cette scène
de rêverie où le geek de service imagine séduire la plus jolie des blondes.

Je m'en veux un peu de dévoiler un bout de l'intrigue qui ne survient que dans la dernière partie, d'ailleurs ceux qui préfèrent ne pas se gâcher la surprise peuvent sauter directement au paragraphe suivant comme ça c'est réglé, mais je voudrais vraiment réussir à convaincre les amateurs de nanars qu'on n'est pas face à un produit fade, médiocre et soporifique comme ce que peut faire Uwe Boll, mais face à une vraie série Z tout à fait recommandable. Dead or Alive, c'est un film où Eric Roberts est super fort en karaté parce qu'il a téléchargé tous les coups de ses invités dans ses lunettes genre A
vatar 3D grâce à la magie de la nanotechnologie. Et ça franchement excusez-moi mais c'est pas tout le monde qui peut inventer ça pour son film hein. Le mec il met des nanomachins dans le sang des gens et ensuite les données sont collectées dans ses lunettes de soleil et ça le rend hyper fort à la bagarre tant qu'il les porte, et ça a tellement d'applications importantes comme technologie qu'ensuite il la vend pour une fortune à plein de gens mystérieux à travers le monde en la leur envoyant depuis son téléphone portable. Citez-moi un autre film où il y a ça tiens. En plus ce plan diabolique n'est autre que la raison d'être du tournoi, alors qu'à la base pourtant le tournoi a été créé par l'associé d'Eric Roberts, qui était totalement opposé à cette technologie, mais a quand même embauché le jeune geek qui l'a mise au point, donc c'est à n'y rien comprendre, mais vous voyez là on atteint un niveau d'absurdité que je trouve quasiment admirable.

DOA 05Eric Roberts s'est acheté un beau kimono en satin pour avoir l'air
d'un vrai expert en arts martiaux, mais il ressemble surtout
à un pré-retraité en pyjama, malheureusement.

Ce n'est d'ailleurs pas la seule absurdité du scénario, le film de Corey Yuen (réalisateur du premier Transporteur) n'obéissant que rarement à la logique ni même à ses propres règles (ainsi, l'introduction du tournoi annonce que les combattants éliminés devront quitter l'île, mais en fait ils restent tous sur place à profiter des charmes de la propriété de leur hôte). Si vous préférez regarder les films au premier degré, ce qui n'a rien de honteux rassurez-vous, je peux comprendre que vous lâchiez l'affaire au bout de dix minutes, mais pour les gens à la cinéphilie un peu tordus comme moi il y a vraiment de quoi se consoler de bien des "nanars volontaires" foireux et autres "séries B assumées décomplexées" à deux balles. Il faut dire aussi que le rythme du film et sa courte durée ne laissent pas vraiment le temps de s'ennuyer.

DOA 02Devon Aoki dans une démonstration de son incroyable talent d'actrice
à paralysie faciale ; la relève de Steven Seagal est assurée.

Tout cela étant dit, il faut être honnête : c'est vrai que c'est bien marrant, mais c'est vrai aussi que certains éléments auraient mérité d'être plus soignés pour rendre l'expérience encore plus appréciable. Après tout, quand on regarde un film de baston, même très con, c'est mieux quand les scènes de baston ont de la gueule. Là, c'est pas qu'elles soient complètement mauvaises, mais il n'y a rien de vraiment mémorable non plus. Dans la mesure où le film s'adressait à des fans d'un jeu surtout connu pour ses petites pépées aux seins démesurés,  il était inévitable que les filles soient recrutées pour leur côté photogénique et pas pour leur crédibilité sur un ring, mais compléter le casting avec quelques "artistes martiaux" un peu convaincants n'aurait pas été du luxe. Je comprends bien qu'une vraie star du genre coûte cher et risque de voler la vedette aux nanas, je ne réclamais pas un Jet Li, un Wesley Snipes ou ce bon Jean-Claude, et je suppose que des seconds couteaux vétérans comme Bolo Yeung ou Gerald Okamura ne sont plus très actifs, mais tout de même, un petit Michael Jai White par-ci, un petit psychopathe échappé de l'Ultimate Fighting Championship par-là, ça aurait pu donner un peu plus d'allure à l'ensemble. Et c'est tout de même un comble d'avoir Robin "Liu Kang" Shou dans le film, et de lui filer deux scènes super courtes dans un rôle similaire à celui des pirates d'Astérix plutôt que d'en faire un des participants du tournoi.

DOA 01Christie pratique une forme d'arts martiaux vraisemblablement inspirée du karaté de Cat Sassoon.

Du coup, Corey Yuen et son chorégraphe abusent un peu trop du style Tigre et Dragon, avec poses invraisemblables en équilibre dans les arbres et vols planés sabre au vent. Et malheureusement, les acteurs  en kimono flottant suspendus à des câbles qui marchent aux murs avant d'aller se percher sur un roseau en s'agrippant avec les orteils dans des décors bariolés, c'est pas pour faire mon blasé mais ça s'est quand même un peu ringardisé depuis que tout le cinéma sino-américain destiné au marché occidental sorti après le succès du film d'Ang Lee, de Hero à La Cité interdite en passant par Le Secret des poignards volants, l'a surexploité.

DOA 04En guest stars, on trouvera l'acteur qui jouait Tavon dans The Shield avec cheveux et boucs teints en vert...
DOA 09
...et Kevin Nash le catcheur dans le rôle de Bass Armstrong, inspiré à la base de son pote Hulk Hogan.

Les scènes de combat sont donc assez décevantes mais, je répète, le comique involontaire du film rattrapera l'ensemble aux yeux des amateurs de nanardise. C'est d'une bêtise réjouissante, c'est rigolo, dynamique, beaucoup moins putassier qu'on ne pouvait le craindre, ça ne vous fera perdre que 5 € et 80 minutes de votre vie donc pas grand'chose. Si ce genre de couillonnade est votre tasse de thé, n'hésitez pas, ça vaut le coup d'oeil.

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Published by Toxic - dans DVDs pas chers
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PurpleSkunk 10/06/2010 21:53



Franchement, c'est pas mal marrant ouais. C'est surtout Jason Lee qui fait la série, mais tous les personnages sont hauts en couleur. Ethan Suplee notamment, qui joue le frère de Earl.


L'histoire sans spoiler : Earl est un sale con en plus d'être un redneck. Un jour, il gagne 100.000 dollars grâce à un ticket à gratter, juste avant de se faire heurter par une voiture. À son
réveil à l'hôpital, il se persuade en regardant une émission de télévision débile que le karma lui en veut. Il prend peur et décide donc de réparer toutes les vacheries qu'il a commises par le
passé, persuadé qu'il lui arrivera donc de bonnes choses par la suite.


À partir de ce plot un peu idiot mais déjà bien barré, chaque épisode (pour la plupart) se consacre à l'une de ces vacheries, et à la façon dont Earl parviendra se racheter. C'est parfois
inégal, mais bon voire très bon dans l'ensemble. Si mes souvenirs sont bons, les deux premières saisons sont construites plus ou moins sur ce modèle, et les deux dernières possèdent un fil
conducteur un peu plus étoffé.


C'est très con (mais drôle), ça se regarde cerveau éteint, évidemment, mais je garde vraiment un bon souvenir de cette série qui offre des moments de détente bien sympa. Mention spéciale à (ou
aux, je ne sais plus) épisode(s) sur l'émission américaine C.O.P.S. À regarder en VO par contre, comme beaucoup de séries humoristiques, la VF est insupportable à mon sens.



PurpleSkunk 09/06/2010 10:04



À noter aussi dans les « guest stars » que figure dans ce film Jaime Pressly, l'actrice qui jouait l'excellente Joy Turner dans la défunte série « My name is Earl ».



Toxic 10/06/2010 19:24



Et c'est bien, My Name is Earl ? J'ai jamais regardé, je sais même pas sur quoi ça passe en France...