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23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 09:34
Allez hop, encore un DVD Prism Vision à 3 €, on ne s'en lasse pas. Aujourd'hui, fait assez exceptionnel, pas de tromperie sur la marchandise : c'est la bonne jaquette avec les bonnes photos, le bon résumé, la bonne distribution. Seul le titre change, puisque la jaquette et le disque nous vendent Maniac, que le menu du DVD lui-même appelle le film Le Maniac (comme Le Big Mac, je suppose ?) alors que le générique parle quant à lui de L'Abattoir (et d'après IMDB, le film a également été distribué en vidéo en France sous le titre Slaughterhouse, l'abattoir de l'angoisse). Mais c'est pas grand chose quand même, donc pour une fois on ne peut pas vraiment parler d'arnaque. Bravo, Prism Vision.

Ecrit et réalisé par un inconnu qui n'a rien fait d'autres, Maniac/L'Abattoir est un sous-Massacre à la tronçonneuse, réexploitant sans vergogne l'idée d'une famille de ploucs tordus spécialistes du tranchage de bidoche et reconvertis dans la découpe de chair humaine après avoir été mis au chômage par la modernisation de l'industrie de la viande. Ici, c'est à un tandem d'anciens éleveurs et abatteurs de porcs qu'on a affaire, le vieux Lester Bacon (ha ha ha) et son fils Buddy, attardé mental doublé d'un psychopathe dangereux. Lester a fait faillite mais vit toujours avec son rejeton, que la rumeur prétend issu d'une relation avec l'une de ses truies, sur son exploitation désormais obsolète. Il refuse de vendre son terrain à un magnat local de la viande de porc, qui cherche du coup à le faire expulser avec l'appui des autorités. Alors qu'il va être expulsé, Lester décide d'utiliser les tendances meurtrières de Buddy pour se débarrasser de ceux qui veulent le mettre à la porte. Il tend donc un piège à son avocat et au roi du porc, les conviant à venir chez lui officialiser la vente de sa ferme pour mieux les attirer sous la lame de son fils. Parallèlement à cela, des adolescents en goguette font du repérage sauvage pour un film d'épouvante dans l'ancien abattoir. Le shérif arrivera-t-il avant que tout ce petit monde ne tombe sous le couperet de l'abominable Buddy Bacon ?

L'intrigue n'est, dans ses grandes lignes, pas plus tarte que dans la moyenne des slashers movies ; malheureusement, comme elle met à peu près 35 minutes à se mettre en place sur un film qui en dure à peine 80, on peut dire que c'est un peu lent et bancal. Malgré ça, les spectateurs patients qui auront survécu à un début poussif pourront être tentés de croire que le film va se révéler plus intéressant que le vieux caca lambda pour bac à 3 € de solderie auquel on peut s'attendre, puisqu'après avoir abusé des clichés du film d'horreur dans sa scène d'ouverture (avec couples d'ados qui se tripotent dans des bagnoles la nuit dans la nature, la scène censée faire sursauter et faire croire que le tueur est déjà là alors que c'est juste le petit copain qui fait une blague...) puis son générique (à base de snuff animalier à la manière des cannibaleries à l'italienne), Maniac semble prendre un tournant un peu original : le tueur fou n'est pas là pour s'en prendre aux jeunes gens pour les punir d'avoir eu envie de s'éclater, sa vraie cible ce sont les magouilleurs qui mettent le brave ouvrier au chômage.

Evénement rarissime chez Prism, le contenu du disque
correspond réellement à ce qu'on voit sur la jaquette !

Hélas, cet espoir sera vite déçu et Maniac s'embourbe à nouveau dans la banalité dont il n'est jamais vraiment sorti. Tout a déjà été vu en mieux dans Massacre à la Tronçonneuse, les victimes pendues à des crocs de boucher et traitées comme de la viande  (même si ici, elles ne sont pas consommées), les décors jonchés d'ossements et de carcasses, il y a même une scène vers la fin qui est visiblement calquée sur celle du film de Tobe Hooper où l'on accorde au grand-père l'honneur d'abattre l'héroïne prisonnière. Aucun des plaisirs coupables de l'amateur d'horreur ne nous sera accordé : les exécutions ne sont pas originales, les effets gores sont bidon, les quelques tentatives d'humour noir tombent presque toutes à plat. L'un des seuls éléments un peu rigolos provient du fait que le personnage de Buddy Bacon s'exprime uniquement par des cris de cochon, que son père semble comprendre parfaitement à la manière de Solo avec Chewbacca, ou des humains avec le clébard dans Lassie. "Qu'est-ce que tu dis, Buddy ? Tu les as tués parce qu'ils embêtaient tes cochons ?" Ouais, bon, c'est pas hilarant non plus mais un peu marrant quand même.

Les meurtres sont fort platement mis en scène,
et les effets sanguinolents guère convaincants.

L'autre source de comique du film n'est à vrai dire susceptible d'amuser que les amateurs les plus acharnés de nanaritude, tout en faisant fuir ou dormir les autres. Maniac est en effet d'une mollesse rare, en partie parce qu'il ne se passe pas grand chose et que le réalisateur meuble donc avec des scènes inutiles pour arriver à 80 minutes, en partie parce que les doubleurs français mettent à peu près autant d'énergie et de conviction dans leurs répliques qu'un Droopy sous anxiolytiques n'en mettrait à annoncer que, vous savez quoi, il est heureux. La prestation du shérif est également à saluer, puisqu'il travaille avec la vivacité d'un vieux Derrick au bout du rouleau. Deux adolescents ont disparu ? Bon ben, il ira jeter un oeil plus tard. Son adjoint disparaît à son tour en enquêtant dessus ? Bah il va aller demander aux gens du bar s'ils l'ont vu et puis si personne l'a vu ben il règlera ça plus tard. Mais attention hein, ce n'est pas parce que le personnage est censé être un shérif véreux/je-m'en-foutiste/paresseux/incompétent comme le chef Wiggum dans Les Simpson hein, c'est juste parce que s'il se décidait trop vite à agir le film serait vite bouclé. Alors il glandouille en attendant son tour d'entrer en scène pour de bon (c'est-à-dire en attendant que presque tous les autres personnages soient morts).

C'est vrai, son adjoint et deux amis de sa fille sont probablement morts
sur les lieux mêmes où elle compte aller s'amuser ce soir,
mais pour le shérif ce n'est pas une raison pour s'en faire et ne pas prendre le temps
de rentrer chez lui savourer un bon Pepsi, l'un des sponsors du film.

Dans le même ordre d'idée, les amis des deux disparus dépassent tout ce que les Scream ont pu parodier dans le genre "comportement absurde de personnages de films d'horreur". Apparemment pas contrariés le moins du monde à l'idée que leurs copains soient peut-être morts, non seulement ils ne s'en inquiètent à aucun moment, mais en plus ils retournent dès le lendemain au dernier endroit où ils les ont vus, et ce n'est même pas pour faire leurs propres recherches, non, c'est juste pour rigoler. Ah ben que voulez-vous ma bonne dame, il faut bien des victimes supplémentaires pour le tueur, alors on ne va pas s'embarrasser avec des réactions crédibles ou des émotions humaines hein, ou bien là aussi le film s'arrêterait à peine après le prologue.

Comme Kane dans See No Evil, Buddy Bacon est un des quelques tueurs ni masqués ni défigurés,
mais histoire de copier encore mieux Massacre à la Tronçonneuse, pour la fameuse scène
avec la fille prisonnière il enfile un nouveau visage exactement comme le fait Leatherface.

Au bout du compte je ne collerais tout de même pas le label "nanar" à la chose. C'est un énième téléfilm d'horreur médiocre et sans grande personnalité, plus ennuyeux qu'autre chose, le genre de merdouille qui passait tous les jeudis en deuxième partie de soirée sur M6 il y a une quinzaine d'années. Mais si, "Les jeudis de l'angoisse", souvenez-vous. C'est sur ce créneau-là aussi qu'ils diffusaient Les Contes de la Crypte d'ailleurs, et à la limite, Maniac aurait sûrement gagné à exister plutôt au format d'un épisode de cette série, en coupant tout le remplissage pour ne garder que les 25 meilleurs minutes, plutôt que de s'étirer sur 1h20. Enfin, ce qui est fait est fait et en l'état on ne peut pas dire que ça vaille ses trois euros.

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Published by Toxic - dans DVDs pas chers
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