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17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 14:15
La quête d'un tycoon susceptible de détourner les pauvres gens de la tristement célèbre série des Prison Tycoon a été assez infructueuse jusqu'à présent mais je ne l'ai pas abandonnée pour autant, même si je m'en suis un peu éloigné ces dernières semaines. On reprend donc aujourd'hui avec Tycoon City New York, jeu de 2006 réédité dans la collection à 5 € d'Atari (Replay).

Pour une fois, le candidat a l'air sérieux
: il n'émane pas d'un petit développeur slave payé trois zlotys par Akella pour pondre des bouses à revendre ensuite à Nobilis et Anuman ; le sujet paraît ambitieux (on peut croire à un Sim City dédié à la construction de New York) ; les screenshots sont raisonnablement prometteurs ou tout au moins exempts du design façon cartoon allemand flashy qu'on retrouve dans un paquet de jeux de gestion. En même temps, on ne va pas jouer les naïfs et faire semblant d'ignorer que le jeu n'a pas eu très bonne presse à sa sortie. Bref, l'idée ici était de déterminer si le jeu était simplement nul, ou bien s'il s'agissait de l'un de ces titres qui, bien qu'un peu ratés, méritent tout de même une séance de rattrapage lorsque leur prix de vente passe de cinquante à cinq euros.

La première chose à savoir, c'est que malgré les apparences il ne s'agit pas d'un pur clone de Sim City. C'est vrai que ça y ressemble, mais ici on ne joue pas un maire qui doit veiller au bien-être de ses habitants et construire la ville la plus grande et la mieux organisée possible. Ici, on est un homme d'affaires et le but sera d'implanter un réseau de commerces prospères à travers la ville de New York, dont les limites et les zones constructibles sont déjà fixées et immuables. On démarre dans le quartier de Greenwich Village, dans lequel on pourra faire ériger divers établissements pour s'enrichir, en veillant à ce qu'ils correspondent aux désirs des consommateurs locaux. Le plus simple est de commencer par un quelconque débit de boissons bas de gamme, mais rien ne vous obligera à vous cantonner par la suite à ce seul secteur d'activité et vous pourrez tout à fait vous offrir librairies, magasins de téléphones portables, cinémas ou supermarchés.

Le didacticiel n'est pas trop mal fait, et vous guidera tranquillement à travers l'apprentissage des commandes et des mécanismes du jeu. On clique sur les immeubles d'habitation pour y étudier les graphiques montrant les besoins des autochtones, on détermine en fonction de cela quels magasins on veut ouvrir, on sélectionne une première échoppe, on déplace son "fantôme" sur la carte 3D afin de dénicher le meilleur emplacement, les bâtiments se colorant au passage pour montrer la quantité de clients potentiels logés dans les environs, on clique sur un bout de trottoir vide et quelques secondes plus tard, le magasin est construit et opérationnel. Il n'y a ensuite plus qu'à répéter l'opération autant de fois qu'on veut de boutiques.

Au début du mode campagne, New York se limite au Village et
ressemble à un groupement de terrains vagues au milieu du désert,
mais en progressant dans le jeu on débloquera les autres quartiers.

Les premiers pas dansle jeu ne sont pas désagréables : on voit pousser son petit coin de New York gentiment, l'argent rentre dans les caisses à un rythme soutenu et diverses petites missions sont proposées à intervalles réguliers pour varier un peu les objectifs et ne pas se limiter à "engranger un max de pognon" : embellir tel parc, préparer telle avenue pour une parade... Il y a un peu trop de menus, sous-menus, tableaux et statistiques mais on apprend assez vite à se limiter aux quelques-uns qui sont réellement utiles et la navigation ne paraît donc pas trop lourde. Il y a pas mal de bâtiments disponibles, des galeries d'art, des fast-food, des boîtes de nuit, des appartements, des agences de voyage, si bien qu'on peut en construire une dizaine à la suite sans avoir l'impression d'avoir installé deux fois le même.
L'IA ne donne pas l'air de se tourner les pouces, vos concurrents bâtissent de nouveaux commerces un peu partout, ce qui incite à se bouger le cul soi-même pour ne pas se laisser souffler les meilleurs emplacements. C'est mieux foutu et nettement plus riche qu'un Cinema Tycoon, moins austère qu'un Moon Tycoon, moins contemplatif qu'un Oil Tycoon 2. Pour autant, est-ce enfin un bon jeu ? Hélas non, mes pauvres amis, hélas non.

Tiens, ma lingerie coquine se vend mieux auprès des mères de familles et des musiciennes
qu'auprès des institutrices et étudiantes en lettres, je me demande si c'est dû
au choix du la police de caractère de l'enseigne "Open" que j'ai accrochée.

En effet, très vite, on s'aperçoit que tout cela est quand même extrêmement superficiel et creux. On est plus proche d'un bête jeu de construction que d'une véritable simulation économique. On pose ses bâtiments, on installe des panneaux, des présentoirs pour attirer plus de clients, l'argent rentre à flot continu, et voilà. C'est cool d'avoir le choix entre 20 modèles de tables pour ses restaurants et de pouvoir déterminer soi-même leur emplacement en terrasse, mais c'est presque purement décoratif, on peut finalement placer n'importe quoi n'importe comment, plus on accumule de saloperies par magasin plus ça en augmente le niveau et plus les bénéfices augmentent à condition d'avoir choisi un type de commerce qui intéresse les habitants du quartier. Même si les entrepreneurs gérés par l'ordi construisent la même chose à côté, pas grave, il n'y a pas de vraie concurrence, si vous êtes dans un coin où les gens veulent des téléphones portables, peu importe qu'il y en ait 3 vendeurs dans les environs, tant que vous installez régulièrement des upgrades pour votre enseigne, vous écoulerez votre marchandise sans soucis. Au pire, si vous avez vraiment l'impression que les autres vous ont piqué les meilleurs points de vente, il suffit de les leur racheter, ça coûte à peine plus cher que de faire construire et ils ne refusent jamais de céder leur terrain.

De temps en temps, les citoyens énoncent clairement le genre de commerce
qu'ils veulent fréquenter histoire de vous faciliter encore plus la tâche.

Il ne faut donc pas trop longtemps pour commencer à s'ennuyer face à l'absence de résistance offerte par le jeu, cette impression qu'on pourrait laisser les choses en pilote automatique
pour aller voir un film après dix minutes de construction intensive, et retrouver quand même une entreprise florissante à son retour devant le PC deux heures plus tard. Un jeu accessible c'est bien, mais un jeu facile au point de n'avoir presque pas besoin de l'intervention du joueur, faut reconnaître que ça n'est pas super divertissant. Les missions données en cours de campagne sont d'ailleurs assez emblématiques de cette facilité frustrante : souvent, dès qu'on l'accepte, à peine les conditions de victoire sont elles affichées que les deux tiers d'entre elles apparaissent comme déjà remplies sans que l'on n'ait rien fait de spécial pour ça.

De temps en temps, réussir une mission déclenche un événement
qui anime vos rues, comme ici avec la parade d'Halloween dans Greenwich Village,
rendue possible en transformant une avenue en lieu de passage

Bref, y avait du potentiel, de bonnes idées, de l'ambition, mais y a tellement rien derrière la façade qu'un amateur du genre se fera rapidement chier. Même un débutant ne pourra pas se satisfaire longtemps de cette espèce d'économiseur d'écran interactif s'il cherche quand même un vrai jeu de gestion et pas seulement un bac à sable où poser des briques Lego. Alors non, même à 5 €, Tycoon City New York ne mérite pas d'être redécouvert. La quête continue...

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Published by Toxic - dans Test (PC)
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