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7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 10:00
Ha ha, avouez, je vous ai bien eus. Avec ce titre, vous pensiez que j'allais parler de BloodRayne, le jeu vidéo sur PS2 ou PC, et pas de BloodRayne, le film. Parce qu'ici normalement, on parle de jeux, pas de cinéma. Mais je vous avais promis une nouvelle rubrique pour cette année, et comme une fois sur mille je tiens mes promesses ici on se fout pas de la gueule du client, j'inaugure donc la catégorie "DVDs pas chers" histoire aussi de fêter dignement le 100ème article, et puis la fêtes des mères bien sûr, parce que je suis un mec comme ça moi, radin mais généreux. Bien sûr on s'éloigne un peu du monde du jeu (ouais enfin sauf là parce que je démarre par un film adapté de jeu, mais je ne compte pas en faire une habitude) mais bon, c'est pas complètement incongru non plus, après tout les PC et la PlayStation 2 ont un lecteur DVD, hein.

Avant de m'attaquer à BloodRayne, chopé pour 3 €, je précise que la limite se situera ici à 10 € et non pas 30, et que sans chercher à devenir une annexe de Nanarland en moins bien, je vais me cantonner à des trucs pas trop trop connus parce que ça ne sert à rien de parler de Indiana Jones ou Spider-Man même s'ils sont disponibles en édition pas chère.

BloodRayne, c'est mon premier contact direct avec le cinéma du tant décrié Uwe Boll dont je n'avais jamais rien vu avant. C'est aussi mon premier contact avec cet univers en fait, vu que je n'ai jamais joué aux deux jeux de la série, ce qui est à mon avis le meilleur moyen d'aborder une adaptation de jeu en film, vu que ça évite le parasitage par des considérations inutiles de type "C'est pas trop nul quand même parce que c'est assez fidèle au jeu" ou "C'est tout pourri parce que ça n'a rien à voir avec le jeu en fait".

Enfin bref. BloodRayne se passe en des temps assez reculés (j'aurais dit le Moyen-Âge, mais la jaquette parle du XVIIIème siècle), en une contrée qu'on devine roumaine ou assimilée. Déguisé en mamie, Ben Kingsley règne sur une alliance de vampires et d'humains qui terrorise la région dans le but d'y établir sa domination totale. Face à lui, les chasseurs de monstres de l'ordre de Brimstone, composé d'un Michael Madsen qui semble pendant tout le film avoir du mal à se remettre d'une petite gueule de bois, d'une Michelle Rodriguez qui affiche en permanence son habituelle moue de gamine qui boude parce que son père lui a encore refusé le téléphone dans sa chambre, et d'un jeune type à la personnalité et au charisme de chaise Ikéa d'entrée de gamme, mettons une Stefan à 9,95 €, et dont on suppose qu'il se tapera l'héroïne. Celle-ci n'est autre que la plutôt charmante Kristanna Loken, découverte en Barbie dans le superflu Terminator 3, et que des forains sans scrupules exhibent comme un monstre parce qu'elle a le pouvoir de déclencher des effets spéciaux pas très impressionnants quand on la mouille. Kristanna alias Rayne parvient à échapper aux méchants gitans et va alors chercher à se venger de Ben Kingsley, qui a violé et tué sa mère quand elle était petite. Elle n'est pas sûre de vouloir s'associer aux gens de Brimstone parce que c'est une individualiste qui n'a besoin de personne, un trait de caractère toujours incroyablement original chez un héros, et les gens de Brimstone ne sont pas sûrs de vouloir s'associer à elle parce que c'est une dhampir (mi-humaine, mi-vampire) et parce que malgré sa haine envers leur ennemi, c'est aussi sa fille. Et aussi parce que Michelle Rodriguez elle en a trop marre quoi merde et si personne ne l'écoute, elle va fuguer et tout le monde la regrettera bien. Pour remplir les 90 mn règlementaires il y a aussi une histoire de reliques qui rendent les vampires invulnérables, et des complots dans les deux camps.

Ben Kingsley en vieille dame indigne garde la même expression pendant tout le film.

Bon, je dois avouer que je suis un peu déçu. Avec toute la haine que suscite Uwe Boll, je m'attendais vraiment à autre chose. Soit un film foireux mais involontairement comique et divertissant, soit un abominable ratage complètement bidon et irregardable, mais en tout cas un truc marquant. BloodRayne n'est ni l'un ni l'autre, ça n'est qu'une série B pas terrible. On n'est jamais vraiment consterné au point d'abandonner le visionnage, et on n'a jamais de fou-rire devant. On s'ennuie un peu, mais sans que ce soit insupportable. On peut y décerner quelques touches de ce qui serait la "touche Uwe Boll", mais rien de mémorable. C'est pas un nouvel Ed Wood, il n'est pas plus incapable que le réalisateur lambda, il a juste moins de fric que Michael Bay et consorts. Tenez, si je compare à un autre truc foireux avec des vampires, je dois dire que je me suis moins fait chier que devant Van Helsing, c'est dire si la réputation de Boll en tant que pire cinéaste actuel me paraît surfaite pour le moment (je suis assez curieux de jeter un oeil sur quelques-unes de ses autres oeuvres du coup).

Géraldine Chaplin, déguisée en Mylène Farmer, a une scène de deux minutes
pour faire progresser le scénario et payer ses impôts.


Je vais quand même pas le défendre avec passion face à ses détracteurs, d'autant que le personnage lui-même s'est rendu assez détestable de par ses fanfaronnades dans la presse. Mais pour médiocre qu'il soit, BloodRayne n'est pas complètement déméritant. C'est pas prétentieux. Ca ne nous ressert pas du sous-Matrix ringard avec lunettes de soleil, trench-coats noirs sur combinaisons en vinyle, kung fu au ralenti et fusillade avec rotation de caméra sur musique techno-industrielle de chie. Ca n'abuse pas des images de synthèse (il faut dire que ça coûte cher). Les scènes d'action ne sont pas filmées avec une caméra qui tremble et qui cadre 10 fois trop près pour faire genre "reportage en plein coeur de l'aventure" comme tant de films de genre ces dernières années. Il y a du sang qui gicle et des seins nus qui gigotent parce qu'une sortie directement en DVD s'accommode très bien de la classification "R" (interdit aux mineurs non accompagnés) et que Boll n'était donc pas obligé de s'autocensurer pour décrocher un "PG-13" (déconseillé aux enfants de moins de 13 ans) comme le font aujourd'hui tous les réalisateurs qui signent des films d'action pour les gros studios, de Die Hard 4 à Terminator Renaissance. Enfin bref, tout ça pour dire que, si médiocre que ça puisse être, ça n'est quand même pas Underworld. Mais c'est vrai que c'est à peu près tout ce qu'il y a à dire de gentil sur le film.

Enfin un film qui, en matière d'effets sanguinolents, n'a pas froid aux yeux.
Un peu comme moi en matière de gags pourris.


Car même si Boll n'est pas forcément aussi incapable que le déclare la geekerie internationale qui a lancé une fatwa contre lui (Gametrailers a carrément classé BloodRayne premier du Top 10 des pires films tirés de jeux, c'est portnawak), il faut quand même dire qu'il est sacrément paresseux et du genre à faire les trucs par-dessus la jambe. Bâclé, BloodRayne affiche un je-m'en-foutisme certain, et donc s'il y a un style Uwe Boll, c'est ça : ce côté branleur brouillon dont le seul souci est de respecter un budget et des délais restreints. Vous me direz que beaucoup de réalisateurs de séries B destinées au marché du DVD sont comme ça, mais lui il pousse peut-être le bouchon encore un peu plus loin. C'est le genre de mec, non seulement il ne vise pas l'excellence, ne cherche jamais à faire mieux que le minimum, mais en plus il tient à ce que ça se voie, qu'on le sache ; ça doit être une illustration de sa profession de foi, selon laquelle un film doit rester superficiel et ne pas s'encombrer de complications. Si ses acteurs ne savent pas manier l'épée par exemple, il ne va pas certainement pas leur demander de répéter ne serait-ce que vingt minutes avec un maître d'armes pour ne pas avoir l'air trop ridicule dans les scènes de combat. Mais il ne va pas non plus chercher un moyen de les filmer de façon à masquer leurs limites et à pouvoir utiliser des doublures de façon discrète. Il va juste les filmer tels qu'ils sont. Alors Michael Madsen promène sa grosse épée avec l'air de ne même pas savoir ce que c'est ni à quoi ça sert, Kristanna Loken est assez pataude avec sa paire de sabres, Ben Kingsley reste pratiquement immobile avec sa rapière pendant son duel final... Il n'y a guère que Stefan La Chaise et l'adjoint de Ben Kingsley qui fassent un peu illusion. A propos de l'adjoint, d'ailleurs, notons qu'il s'agit d'un sosie parfait de Matt Hardy, de la WWE, ce qui n'a aucun intérêt je vous l'accorde, mais dans la mesure ou "Hardy" et "WWE" sont des mots-clés Google qui m'amènent de la visite, je ne vais pas me gêner pour m'en servir.

I WILL NOT DIE

Même la scène de cul est morne, et là excusez-moi mais bon, pour ne même pas chercher à rendre une scène de cul sexy et excitante alors qu'on a l'autorisation de faire du "R-Rated" et Kristanna Loken à sa disposition, faut vraiment en avoir rien à battre de ce qu'on met à l'écran. A part ça, signalons une participation de Billy Zane, visiblement filmée après la fin du tournage quand le distributeur s'est dit que ce serait pas mal de pouvoir mentionner "avec Billy Zane (TITANIC)" sur la jaquette (cela dit, la version que j'ai n'en parle même pas !), et constituée de deux scènes artificiellement rattachées à l'intrigue par une histoire de complot mais n'ayant absolument aucune incidence sur le reste de l'histoire ; une autre de Meat Loaf en vampire ayant la drôle d'idée de batifoler en plein jour dans une pièce pourvue de fenêtres...

Je suis une célébrité, sortez-moi de là.

Bref, comme je le disais, j'espérais vraiment autre chose de ma découverte d'Uwe Boll et je suis resté sur ma faim. C'est pas nul, c'est pas hilarant, c'est assez inoffensif en fait. Le plus intéressant parmi le contenu du disque en fait, c'est peut-être l'entretien qu'Uwe Boll a avec deux jeunes gens autour d'une table. Ca dure à eu près trois quarts d'heure, il parle de comment il a débuté dans le cinéma, comment il se retrouve avec tous ces projets de films tirés de jeux, reconnaît de bonne grâce que ses précédentes réalisations n'étaient peut-être pas complètement réussies... C'est assez étonnant comme interview, déjà parce qu'ils font ça en bouffant, mais aussi parce qu'on voit des trucs qu'on voit pas d'habitude comme la nana qui se défait les cheveux en pleine interview par exemple (ouais je sais que c'est pas très intéressant mais quand même, on voit pas ça ailleurs) et que Boll n'y apparaît pas antipathique, ce qui tranche avec l'image que j'en avais de gros connard qui lance des défis puis se dégonfle, insulte ses détracteurs et ses confrères et claironne que son Postal est le film le plus drôle et irrévérencieux et génial jamais réalisé.

Et là, l'intervieweuse, ELLE SE DETACHE LES CHEVEUX !!!

Un film pas très réussi mais pas trop ennuyeux, les décolletés de Kristanna Loken et une interview, ça ne fait peut-être pas assez quand même pour dépenser 3 € si vous voulez mon avis, ce que je suppose puisque vous êtes ici. A votre place j'attendrais plutôt une diffusion gratos sur une chaîne spécialisée dans les couillonnades genre NRJ12 ou TF6 un soir où il n'y a rien d'autre.

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Published by Toxic - dans DVDs pas chers
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commentaires

Spooky 10/06/2009 09:26

Bon c'est noté, ça a l'air bien rigolo quand même :)

Toxic 10/06/2009 13:51


Y a quelques moments marrants et une superbe collection de perruques foireuses, mais ça aurait pu être plus nanaresque, ça manque un peu de fantaisie.