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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 10:19

L'une des seules explications que je peux trouver au succès des abominables Prison Tycoon, en dehors du fait que des gamins abrutis fans de Prison Break le mendient à leurs parents en espérant y retrouver l'ambiance de leur mauvaise série préférée, c'est l'existence d'un gros public d'amateurs de jeux de gestion et autres "god games" n'ayant pas envie de se prendre la tête avec toutes les complications d'un Sim City 4 ou d'un Anno 1701, et prêts à se tourner vers le 1er truc moisi qui leur tombera sous la main, tant que ce sera simpliste et pas cher. Alors je me suis mis en tête de trouver un tycoon à deux balles qui ne soit justement pas trop un tycoon à deux balles.

 

J'ai tenté de m'infliger Beer Tycoon, mais n'ai pas eu l'occasion de vérifier si son atroce réputation était justifiée, le jeu refusant de se lancer à cause d'un bug. Du coup, je me suis rabattu sur Cinema Tycoon, également connu sous le nom de Cinema Empire, et que l'on doit aux Allemands de Donkey Games. Au moins, le thème choisi avait un potentiel divertissant a priori plus élevé que la privation de liberté à but punitif...

 

Tandis que l'incroyablement décevant The Movies de Peter le Fanfaron s'intéressait à la production de films, Cinema Tycoon est quant à lui centré sur leur distribution. On y gère un cinéma et le but est de gagner des sous en faisant des entrées et en vendant divers aliments aux spectateurs. On démarre dans son ciné avec une seule salle, seulement équipée pour diffuser des films en 35 mm, et par la suite, on peut ouvrir d'autres salles pour projeter plus de films, et acheter du matériel pour les films en 70 mm et le numérique. Il faut aussi gérer les stocks de bouffe et de boissons en vente au stand.

 

L'incroyable créativité du slogan du jeu vous donne une idée

de la somme de travail investie dans son développement.


Il y a un plan de la ville en 3D pour naviguer entre les différents lieux-clés, mais concrètement, c'est juste pour faire joli. On peut en effet accéder automatiquement à ces divers endroits en cliquant sur le bouton adéquat, et comme on ne peut ni choisir l'emplacement de son cinéma, ni acheter ou faire construire de nouveaux bâtiments, l'utilité de la chose se voit donc réduite à néant, c'est de la poudre aux yeux pour que les captures d'écran ressemblent à ce qu'on voit dans les autres Machin Tycoon, et pas à la série d'affreux écrans fixes bariolés qui constituent le gros du jeu. Le déroulement du jeu est vraiment simple : on va chez le distributeur acheter un film à diffuser, on va à l'agence de pub signer un contrat pour passer un spot avant le film, on va chez le responsable marketing choisir par quel biais on va faire connaître son cinéma, on va au supermarché acheter de quoi arnaquer les spectateurs, on va dans sa salle pour fixer ses tarifs, et voilà, roulez jeunesse. Il n'y a plus qu'à attendre que l'argent rentre. Quand le contrat vis-à-vis de l'annonceur (que son spot soit vu par X spectateurs en un certain nombre de jours) est rempli, il faut retourner choisir une autre pub. Quand la période d'exploitation du film est terminée, il faut aller en acheter un autre. Quand les stocks de sucreries sont écoulés, il faut retourner faire les courses. Vraiment pas bien compliqué...

 

La vue aérienne de la ville, purement décorative.

 


Quand les caisses sont bien pleines, on peut se lancer dans quelques investissements : plus de salles pour diffuser plusieurs films simultanément et ainsi engranger plus d'argent, divers aménagements fournissant des bonus (une machine à café qui augmente les ventes de café, des tabourets chicos pour doper les revenus du bar...), des formations pour son personnel, afin que le caissier apprenne à entuber la clientèle sur le prix des billets, ou que le gars du stand de confiseries apprenne à restocker lui-même pour vous épargner cette corvée. Enfin, pour ceux qui ont besoin d'une petite avance, ou d'un peu de sous pour rester à flot, il y a une espèce de mafieux qui sert de banque et à qui l'on peut emprunter de l'argent.

 

Le jeu fait parfois de pauvres tentatives d'humour dans le résumé des films

mais la plupart sont juste des résumés de "vrais" films avec un titre légèrement modifié

("L'armée des 11 singes") et sans la moindre vanne.


Bon, jusque-là, on a le squelette de base pour un jeu de gestion de petite entreprise classique. Le problème, c'est que le jeu ne va pas plus loin que ça. Je vous ai décrit la totalité du jeu, là. On achète un film, on le passe deux semaines, on va racheter un film et c'est reparti pour deux semaines, le tout en pensant à se refournir régulièrement en pubs et en provisions. Il n'y a pas de concurrents à affronter, le choix du genre de film qu'on diffuse semble ne pas avoir d'incidence particulière sur les entrées. Du coup on se retrouve rapidement face au même problème que pour Prison Tycoon : le contenu est si limité, les mécanismes si simples, qu'on a vraiment très très vite fait le tour de toutes les possibilités offertes par le jeu.

 

Sur cette image chatoyante on peut lire que le responsable du marketing

s'appelle "Marcé Ting", parce que les créateurs du jeu sont aussi drôles que subtils.

 


Même à supposer qu'un gestionnaire "casual gamer" puisse se satisfaire d'un jeu aussi simpliste et répétitif, diverses sources supplémentaire de frustration achèvent d'enliser Cinema Tycoon. Déjà, tout dans le jeu coûte très très cher, et les retours sur investissements sont vraiment lents... Prenons le cas de l'appareil à hamburgers, qui vous permet de gagner 25 % de plus sur la vente de burgers. Le bestiau coûte quelque chose comme 6.000 dollars. Et la marge bénéficiaire sur la vente d'un burger est, si mes souvenirs sont bons, réglée à 1 dollar par défaut. Bien sûr on peut l'augmenter, mais ça ralentit d'autant les ventes. Alors, faites le calcul, faut vendre une sacrée cargaison de sandwiches avant que cette putain de machine commence à être rentable. Et c'est pareil pour tout. Bien sûr ce ne serait pas très intéressant si le joueur pouvait devenir multimillionnaire trop vite, mais quand il n'y a pas grand chose de trop stimulant à faire avant que son entreprise commence à gagner du fric, c'est un peu ennuyeux. A cela s'ajoute des événements aléatoires qui sont un peu comme les cartes "Chance" ou "Caisse de communauté" du Monopoly. Vous trouvez un billet par terre, gagnez 20 $. Votre femme va faire du shopping, perdez 2000 $. Votre ticket de loterie est gagnant, empochez 40 $. Votre projecteur a été saboté, réparez-le pour 1500 $. On ne peut pas dire que ça aide à équilibrer les comptes, et se retrouver déficitaire sur un simple gros coup de malchance et non pas à cause d'un choix idiot ou pour le moins hasardeux, c'est un peu pénible.

 

Hourra, 350 $ grâce à un gain à la loterie. C'est dommage que quelques minutes avant,

deux "cartes Chance" dans ce genre là m'ont fait perdre un total de 4000 $

sans me laisser le temps de dire ouf.

 


Certes, on peut dire que ça se trouve pour moins de 5 €, que ça tourne bien sur une config d'avant-guerre, que c'est facile à comprendre et à prendre en mains, que c'est un peu moins nul que Prison Tycoon. D'un autre côté, c'est d'une laideur agressive, pas très bien foutu, trop basique et d'un ennui profond. Dans le même genre je crois me souvenir que même le laborieux Moon Tycoon est un poil mieux, c'est dire. Pour le même prix et toujours dans le thème "gestion et cinéma", The Movies a beau n'avoir pas du tout tenu ses promesses, il est largement supérieur à ce petit navet. Mais c'est vrai qu'il est plus touffu et peut rebuter ceux qui n'aiment pas trop se compliquer. Bref j'ai pas encore trouvé le bon titre pour détourner les gens de Prison Tycoon. Promis, je continue à chercher.

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Published by Toxic - dans Test (PC)
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commentaires

Le+Faucheur 14/05/2009 03:09

C'est marrant, mais l'ensemble me fait penser au mythique Mad TV.Un excellent jeu datant de l'amiga.Sauf que la on dirigeait une chaine télé.

Toxic 14/05/2009 13:46



Sauf que là, c'est vraiment pas très bien foutu, très superficiel, ultra-répétitif et pas drôle...

Tiens dans le genre y avait eu un jeu des Guignols où il fallait diriger une chaîne de télé aussi, mais dans mes souvenirs c'était nettement plus intéressant que Cinema
Tycoon/Empire.