Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Cheap Games, le blog des joueurs radins
  • Cheap Games, le blog des joueurs radins
  • : Bonnes affaires, arnaques à éviter, ici on teste les jeux en solde (budget maximum : 30 €) et depuis peu, les DVDs aussi !
  • Contact

Recherche

14 mars 2009 6 14 /03 /mars /2009 11:06

Sous ce titre incroyablement original et cette jaquette magnifique se cache une petite production dénichable en supermarché pour une quinzaine d'euros. Honnêtement, je crois que je pourrais simplement vous dire que c'est distribué par Zoo Digital Publishing, spécialiste du jeu à licence super bas-de-gamme pour enfants (Hot Wheels, Polly Pockets, M&M's...), que c'était à la base un jeu prévu pour la Game Boy Advance et qu'il a été transformé à la va-vite en jeu DS, et qu'on le doit à un studio tchèque également coupable de Crazy Frog Faces (produit dérivé de Racer) et de 1 contre 100 (adaptation d'un jeu télé dont je n'avais jamais entendu parler) sur la portable à écran double, et arrêter là le test, en ayant l'impression de vous avoir dit tout ce qu'il y avait à savoir sur le jeu avant de prendre la décision de l'acheter ou non. Avec un pedigree pareil, personne ne s'attend à des merveilles, et le plus gros effort de Cypron Studio semble d'ailleur d'avoir été de bien veiller à ne pas dépasser les espérances de qui que ce soit.

Bon, ok, peut-être que j'exagère un peu. C'est vrai que sur le papier, il y a vraiment de quoi craindre le pire, et qu'au bout du compte Command & Destroy est vraiment très mauvais mais n'est pas la pire daube à laquelle j'ai pu jouer. Disons déjà que c'est l'un des très rares titres de stratégie en temps réel sur la console, et que cette absence quasi-totale de concurrence le situe forcément d'emblée comme l'un des meilleurs de sa catégorie. Quand il n'y a que 3 participants à une compétition, ils finissent tous sur le podium, c'est logique, c'est comme ça que j'ai été médaille de bronze en karaté quand j'étais jeune. On comprend que cet état de fait ait incité à la paresse, sauf que là, c'en est au point où l'on peut se demander s'ils pensaient que leur STR était le seul et unique en son genre tous supports confondus depuis la sortie de son modèle avoué, Command & Conquer. Ce qui nous ramène à 1995, et je sais pas si vous vous rendez vraiment compte, mais ça fait loin. Chirac entamait sa première présidence, j'étais à la fac, un processeur à 233 Mhz était un engin digne d'un film de science-fiction, un téléphone portable pesait entre 5 et 10 kilos et servait à dire "Ouais, t'es où, là ?" au lieu de jouer des mp3 de rap de chie sans écouteur, les messages pourris de type "renvoie cette lettre à 50 personnes et le trésor de Rackham le Rouge est à toi" circulaient encore sur papier et il n'y avait pas encore de connards pour écrire des blogs. Toute une époque ! Mais de l'eau a coulé sous les ponts depuis, et un jeu vidéo resté bloqué sur 95 dans un domaine qui a autant progressé que le STR a peu de chances de séduire de nos jours...

Le semblant de scénario met face à face deux factions, humains et aliens, chaque camp étant bien décidé à anéantir l'autre. On appréciera au passage la créativité des développeurs, vraiment, bravo. Parce que vraiment, là, je vous ai résumé toute l'intrigue dans ses moindres détails. Les aliens s'appellent juste "les aliens", ils n'ont pas un nom rigolo genre les "roudoudoulians" ou les "plectrudiens", les humains sont juste "les humains" et pas la "Confédération Armée Globale" ou la "Force Unie Mondiale" et il n'y a pas d'autre motivation au conflit que le fait que les deux espèces aient envie de s'entretuer. Or, s'il y a bien un truc qui peut donner un charme à un jeu de stratégie par ailleurs pas du tout révolutionnaire, c'est bien son univers. Les Command & Conquer ne réinventent jamais l'eau chaude, mais en plus du gameplay solide il y a les cinématiques pleines d'acteurs de série B. ParaWorld avait beau être calqué sur Age of Empires II, son côté "steampunk avec des dinosaures" le rendait bien sympathique. Même cette pauvre bouse de Tombstone 1882 s'aventure sur un terrain relativement peu exploré dans les STR, le far west. Là, c'est juste Humains vs. Aliens, basta. Et tout le reste, hélas, est à l'avenant.

Car je n'ai pas exagéré en disant que Command & Destroy était bloqué sur 1995. L'aménagement de la base, la collecte de ressources, les unités, tout est calqué sur son quasi-homonyme. Le tibérium est remplacé par des lacs de pétrole, et les unités rouges du NOD par des unités vertes d'aliens, mais c'est tout. Et ce qui était encore nouveau il y a 15 ans a malheureusement peu de chances d'amuser encore un amateur du genre aujourd'hui. Comme si le côté simpliste et passéiste ne suffisait pas, les contrôles sont franchement bien pourris. Et cerise sur le gâteau, il n'y a pas de sauvegarde. Tenez-vous bien : il faut noter des codes à la fin de chaque niveau. Vous vous souvenez de la dernière fois que vous avez dû noter un code de niveau, vous, même sur un jeu console ? Si ça se trouve, certains parmi vous ne savent même pas de quoi je parle, c'est dire.

A 5 €, ET sans cette maniabilité de merde, ET si le jeu avait été un remake officiel du jeu de Westwood et pas un plagiat, on tenait de quoi s'offrir un petit plaisir nostalgique fugace. 3 fois plus cher, super pénible à jouer et totalement dépourvu de personnalité, c'est un jeu à éviter absolument, même pour un gros fan du genre en manque.

Partager cet article

Repost 0

commentaires