Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Cheap Games, le blog des joueurs radins
  • Cheap Games, le blog des joueurs radins
  • : Bonnes affaires, arnaques à éviter, ici on teste les jeux en solde (budget maximum : 30 €) et depuis peu, les DVDs aussi !
  • Contact

Recherche

26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 10:03

Dans ma quête sans fin de machins obscurs et improbables proposés à des prix défiant toute concurrence, je n'hésiterai pas aujourd'hui à dire que je me suis surpassé avec Dark Apes. Acquis pour 59 centimes après avoir extirpé le tout dernier exemplaire du fond d'un bac où il était enfoui sous un monceau de Create City, de casse-briques, de Chicken Shooter et de sudokus, cette production éditée par les Suisses d'Incagold ferait passer un EuroCops, un Tombstone 1882 ou un FBI Hostage Rescue pour un gros succès hyper connu. Je n'en avais en effet jamais entendu parler, je ne l'avais jamais vu nulle part alors qu'il est réédité dans cette collection en carton qui moisit depuis longtemps dans les bennes à "bonnes affaires" un peu partout, et je n'en ai trouvé aucun test sur le net. Ce qui m'amène tout naturellement à penser que, après avoir été le premier testeur de jeux vidéos au monde à avoir fini le niveau 1 de FBI Hostage Rescue, je suis également la seule personne au monde, en dehors de ses développeurs, à avoir joué à Dark Apes. Ce qui fait de moi, n'hésitons pas à le dire, une espèce d'Edmund Hillary du 21ème siècle, ou un truc du genre, en tout cas ça devrait vous rendre fier de lire ce blog. Avouez que je me décarcasse pour vous prouver que l'année 2009 ne vous décevra pas par rapport à la précédente : ici, vous trouverez toujours du catch et de la daube comme s'il en pleuvait.

À part ça, je ne sais pas si vous vous souvenez du film Congo mais moi, presque pas, juste qu'il y avait Bruce Campbell dedans pendant environ 3 secondes, mais c'est tout. Bon, et aussi le nain déguisé en singe qui parlait le langage des signes, et qui avait un gant qui transformait ses signes en sons. Ouais c'était bien débile. Et pourtant quelqu'un en a tiré un jeu sur Saturn à l'époque. Et si j'en parle c'est pour signaler qu'en matière de FPS pourri avec des singes tueurs, il y a eu un précédent, mais que visiblement, ça n'a pas suffi comme avertissement, et que quelqu'un a cru pouvoir faire mieux malgré la malédiction qui pèse sur les FPS avec des singes tueurs.

L'intrigue démarre quelque part dans les années 30, alors que notre héros sort du coma dans une chambre d'hôpital. Mais à peine a-t-il repris connaissance que le chaos se déclenche dans le bâtiment. Par chance, il a été hospitalisé avec tout son barda et c'est donc armé d'un flingue, de deux fusils et même d'une "tommy gun" qu'il quitte son lit, pour se retrouver nez-à-nez avec une créature mi-femme mi-singe, visiblement un membre du personnel en train de muter horriblement. N'écoutant que son courage, le vaillant explorateur remplit de plomb la donzelle velue et se lance dans un safari improvisé au cours duquel il comprendra que les cristaux magiques qu'il a ramené d'une île mystérieuse sont protégés par une malédiction qui a déclenché une invasion de primates furieux dans le monde civilisé...

Même avec un beau headshot comme ça, il faudra
une longue rafale de mitraillette pour venir à bout
du Dr Zaius dans sa version travelo.

Bon, le scénario est complètement tarte et assez mal raconté par des planches de BD entre les niveaux, mais si c'était là le seul défaut du jeu, on pourrait estimer qu'on en a pour ses 59 centimes. Malheureusement, Dark Apes atteint des sommets de moisitude qui n'auraient pas manqué de titiller la curiosité de ce cher Edmund Hillary que j'évoquais tout à l'heure avec beaucoup d'à-propos, si toutefois il était encore en vie et s'intéressait aux jeux pouilleux plutôt qu'à l'alpinisme. En fait, on sent que le jeu n'a pas vraiment été conçu pour que les gens y jouent, mais simplement pour qu'ils l'achètent. Leur truc à Incagold, c'est le produit destiné à "l'achat impulsif" : un machin qui sera proposé en rayon de supermarché à si bas prix qu'ils trouveront toujours des curieux pour se dire "allez, j'achète pour voir, au pire si c'est nul ça m'aura presque rien coûté" et sur lequel ils peuvent espérer faire du blé quand même parce qu'ils l'auront produit par une misère à la base. Tout ce dont ils ont besoin pour ce genre d'opération, c'est d'un machin dont ils pourront tirer 4 screenshots distincts à mettre au dos de la jaquette. Alors, bien sûr, pour obtenir ça, il faut quand même un semblant de jeu, mais n'importe quelle merdouille torchée en une après-midi de boulot sur un logiciel pour amateurs comme FPS Creator fait l'affaire.

Pour ne pas rendre les choses trop compliquées,
ces gros gorilles armés de massues cloutées
ne sont pas plus dangereux que
n'importe quel autre adversaire du jeu.


Alors donc, voilà, pour faire les 4 screenshots règlementaires, les tâcherons de service ont pioché 4 armes dans le catalogue de modèles proposé par FPS Creator, créé 4 décors, modélisé une poignée d'ennemis (5 ou 6 à tout casser) et lié le tout par un semblant de gameplay rudimentaire dans lequel on avance et on shoote en ramassant des cristaux et des munitions. Tous les ennemis utilisent la même technique d'attaque, avancer vers le joueur et frapper, et du petit singe ridicule au gros gorille monstrueux, ils occasionnent tous les mêmes dégâts et encaissent le même nombre de tir avant de mourir. Pour les vicieux, il y a parfois des espèces de lunettes de vision nocturne à ramasser (une technologie très répandue sur les îles tropicales dans les années 30) dont la seule fonction semble être de perturber votre vue pour rendre les choses plus pénibles. Et il n'y a vraiment rien d'autre dans le je que ce que je viens de vous décrire. Même des éléments basiques qu'on trouve dans les FPS depuis l'apparition du genre sont ici absents : pas l'ombre d'une clé à dénicher pour ouvrir une porte, pas le moindre passage secret, aucun élément de décor destructible genre un pauvre baril à faire sauter, rien. Juste un flot continu de singes décérébrés et comme "aimantés" vers le personnage principal, à dézinguer avec des armes pourries dans des environnements laids.

Ah, c'est vrai que ça va tout de suite mieux
avec ces putains de lunettes !


On pourrait comparer ça à une version simiesque et ultra-cheap de Starship Troopers, mais aussi raté qu'était ce dernier, il sentait nettement moins le foutage de gueule que ce minable étron. Le seul point positif de Dark Apes est que tout y est tellement ridicule qu'il y a moyen de rigoler un peu, mais c'est tout, et comme jouer à un jeu-nanar n'est pas aussi marrant que regarder un film-nanar, ce n'est pas forcément une activité qui attirera grand monde. Bref, si vous êtes fasciné par la nullité en matière de jeu vidéo, vous pouvez toujours claquer 50 centimes voire un euro dans cette calamité, mais ne vous attendez quand même pas à vous tordre de rire, c'est quand même surtout foireux et chiant.

Partager cet article

Repost 0
Published by Toxic - dans Test (PC)
commenter cet article

commentaires