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4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 09:12


Si pouvoir incarner un criminel dans un jeu vidéo n'est plus vraiment un tabou depuis les GTA, certains aspects de la vie d'un hors-la-loi, en gros tous ceux qui n'incluent pas le pilotage de véhicules automobiles et les fusillades en pleine rue, sont fort peu exploités sur PC et consoles. J'évoquais déjà l'autre jour, avec cette justesse qui me caractérise, le cruel manque de bons jeux sur la cambriole et le braquage dans mon test de Safecracker, mais l'univers carcéral est lui aussi boudé par nos amis développeurs. Certes, il y a bien la série Prison Tycoon, qui semble remporter un franc succès puisqu'un quatrième épisode est prévu pour ce mois-ci aux Etats-Unis, mais en dehors de ça, pas grand chose. Tenez, même Mobygames ne s'est pas donné la peine de créer un thème "prison", et même Wikipédia, qui pourtant a des milliards de catégories pour tout et n'importe quoi, genre "Personnages fictifs issus de relations consanguines" ou "Monégasques fictifs", n'a pas de catégorie "Jeux vidéos sur le thème de la prison". C'est vous dire si j'ai raison.

Evidemment, le bon côté des choses, c'est que ça nous épargne d'avoir à lire, dans la presse spécialisée, les mêmes sempiternelles blagues graveleuses liées aux lâchers de savonnettes dans les douches à chaque nouveau test sur un jeu de taulards. On ne peut pas trop leur en vouloir de manquer d'originalité hein, il faut savoir que dans ce métier nous sommes tous tenus de respecter un certain quota de vannes dans nos articles afin de séduire un public jeune en quête de saine rigolade, mais être drôle n'est hélas pas donné à tout le monde, et beaucoup de testeurs se voient donc contraints d'avoir recours à de vieux ressorts comiques beaufs et usés pour tenter de faire rire quand même un lectorat heureusement suffisamment peu exigeant pour se marrer encore à la 14.000ème blague sur les rapports sexuels non-consentis en salle d'eau collective d'établissement pénitenciaire.

Mais trêve de langue-de-putage, parlons un peu du jeu du jour, à savoir Alcatraz: Prison Escape, qui fait donc partie de ces quelques titres exploitant le thème de l'évasion de taule. Une rareté qui pourrait convaincre quelques joueurs de se laisser aller à l'acquérir malgré les stigmates de jeu de chie qu'il porte sur lui : distribution en France par Nobilis, les spécialistes du caca-qui-coute-que-dalle-mais-déjà-trop-pour-ce-que -c'est ; édition originale par Activision Value, une gamme qui semble avoir choisi pour sacerdoce de réunir les
jeux PC les plus ratés de la terre (y compris des bouses de légende comme Big Rigs: Over the Road Racing, et l'inénarrable FBI Hostage Rescue) ; un prix d'environ 40 centimes, auquel il est exceptionnel de trouver autre chose que des déchets... Tout ça n'est pas très engageant, c'est vrai, mais si même moi je me mets à snober ce genre de titre, le site n'a plus trop lieu d'être, n'est-ce pas ?

C'est marrant, j'ai vu L'Evadé d'Alcatraz avec Eastwood et même Rock de Michael Bay
et je me souvenais pas
que la plus célèbre prison américaine ressemblait au Stalag 13.

Le jeu vous met dans la peau d'un professeur d'histoire condamné à tort pour le meurtre de deux étudiants. Et comme notre homme n'est pas du genre à faire appel comme une mauviette et à laisser ses avocats tenter d'établir son innocence par les moyens conventionnels, le monsieur décide qu'il va s'évader pour se blanchir lui-même. Le jeu démarre alors qu'il est enfermé dans ce qui ressemble plus à un camp de prisonniers de guerre qu'à un pénitencier, et certainement pas à Alcatraz, mais ça c'est normal, Alcatraz n'est plus utilisé comme prison depuis des décennies. Enfin sauf dans ce jeu où la plus célèbre geôle du monde a été remise en service parce qu'un titre comme San Quentin: Prison Escape est quand même moins vendeur. Bref, l'histoire démarre dans un genre de barraquement de stalag dont il faut s'échapper.

L'enfermement a détruit la volonté de ces malheureux au point que même si vous éliminez les gardes
et déverrouillez la porte, aucun ne lèvera le petit doigt pour s'enfuir.


Concrètement, Alcatraz: Prison Escape se veut un jeu d'infiltration en vue à la 1ère personne composé de 5 niveaux représentant chacun une prison, ou une zone de prison (les 3 derniers se déroulent à Alcatraz) dont il faut réussir à trouver la sortie sans se faire repérer par les gardes. On peut discuter avec quelques autres détenus pour obtenir des indices sur la manière de procéder, ramasser et utiliser divers objets pour mettre ses plans à exécution, et en cas d'absolue nécessité, se battre. Mais si le principe est séduisant, assez vite, on s'aperçoit que le jeu ne rvialisera pas vraiment avec l'excellent Escape from Butcher Bay...

Sega a eu des ennuis avec Marlboro pour moins que ça à l'époque de Monaco GP...

Avec certains mauvais jeux, il est facile de pointer du doigt LE gros défaut qui en fait des ratages. Mais celui-ci est foireux à tant de niveaux que je ne sais pas trop par quel bout le prendre, par où commencer la liste. Même en faisant abstraction des graphismes hideux, parce qu'après tout c'est un jeu de 2001, j'avoue qu'entre le gameplay basique et mal foutu, l'IA pourrie, l'ambiance bidon, les incohérences, les bugs, mon coeur balance. Tout est si mauvais qu'il faut vraiment se forcer pour rester devant plus de 10 minutes. Démarrer dans une prison d'opérette semblant gérée par le Colonel Klink, gardée par des clones sourds et insouciants et habitée par des détenus plus apathiques que des grunges sous morphine n'aide pas à l'immersion dans l'enfer carcéral. Enfin quoi, merde, se sauver de la 1ère baraque se fait à l'aide d'une simple  trappe dans les chiottes ? Aucun gardien ne l'a jamais remarquée, aucun autre taulard n'essaie de l'utiliser ? Sans parler des objets à ramasser : un paquet de clopes négligemment abandonné sur une table de chevet (vu la valeur de cette denrée derrière les barreaux, c'est pas le genre de truc qu'on laisse comme ça à la portée de ses camarades de chambrée), une clé à molette qui traîne en cellule, un passe-partout dont un co-détenu n'hésite pas à révéler la cachette plutôt que l'utiliser pour son profit... Je sais que ça n'est qu'un jeu, ça ne peut pas être réaliste à 100 %, mais on n'aurait quand même apprécié que ce soit un minimum crédible.

Un panneau coulissant dans les latrines suffit à retourner à l'air libre.
Mais que fait le Sergent Schultz ?


Mais à la limite on pardonnerait ce décor de geôle en carton si s'en évader présentait un tant soit peu d'intérêt mais, comme je le disais plus haut, vraiment TOUT est raté dans le jeu. On suit docilement les instructions des uns et des autres pour aller chercher tel objet qui déclenchera tel dialogue ou débloquera telle porte, pas besoin de ruser, pas besoin d'être créatif, pas besoin d'élaborer un plan compliqué. Esquiver les gardiens ne provoquera pas de grosse montée de tension ni de bonne poussée d'adrénaline. Ils regardent toujours bien droit devant eux sans jamais dévier de la ronde de 10 mètres qu'ils effectuent (quand ils ne sont pas totalement immobiles), n'entendent rien, abandonnent les poursuites au bout d'une dizaine de secondes si l'alarme est déclenchée, ne s'inquiètent pas de voir un collègue assommé... On se moque parfois de l'intelligence limitée des ennemis de la série Splinter Cell, mais j'ai rarement vu des gardes aussi demeurés que ceux d'Alcatraz: Prison Escape, au cerveau à peine plus développé que celui d'un Koopa Troopa. Où est le challenge, où est le fun, comme disent les jeunes, quand il suffit d'attendre que ces imbéciles tournent le dos pour filer leur mettre un taquet sur le crâne et s'en débarrasser ?

Dommage qu'on ne puisse pas l'ouvrir, on saurait peut-être ce que cette enveloppe
fait planquée sous un baraquement de prison.

Divers bugs achèvent de tuer toute volonté de s'acharner pour voir si les choses s'améliorent au fil du jeu... Les sauvegardes qui ne fonctionnent pas, par exemple, c'est quand même ballot d'avoir laissé passer une erreur pareille...

Les gardes mettent souvent à profit les 10 secondes qu'ils consacrent à vous poursuivre
pour se coincer définitivement dans le 1er obstacle rencontré.

Bon, vous aurez compris que le jeu est une sinistre bouse et que même à 46 centimes, il est absolument impossible d'être indulgent. Du bon jeu d'infiltration/évasion de prison très peu cher, il y en a, prenez-vous n'importe quel Splinter Cell ou un Chronicles of Riddick, vous ferez un bien meilleur achat qu'avec ce machin.

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Published by Toxic - dans Test (PC)
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