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2 juillet 2008 3 02 /07 /juillet /2008 14:42
Après Fallout: Brotherhood of Steel, une nouvelle fois un petit malin a eu une drôle d'idée pour vendre un jeu d'action moyen : utiliser le nom d'un jeu de rôle trop peu connu pour espérer vendre beaucoup auprès du grand public, et trop adulé par ses fans pour qu'ils ne hurlent pas à la trahison en voyant leur licence chérie utilisée pour autre chose qu'un jeu de rôles fidèle à ses prédécesseurs.

Comme pour BoS, le Bard's Tale moderne n'est pas si mauvais que la presse a pu le dire, ni si atroce que ceux qui n'y ont jamais joué aiment l'affirmer, mais l'échec critique et commercial fut au rendez-vous quand même. Pourtant, c'est le co-créateur du jeu original, Brian Fargo, qui était aux commandes. Fondateur de feu Interplay et papa de Wasteland, le monsieur a quand même un cv respectable. Malgré ça, son dernier jeu en date s'est fait descendre pour usurpation d'identité. Il faut dire qu'après l'avoir présenté comme un remake de l'original, il a finalement admis qu'en dépit de son titre, le Bard's Tale du 21ème siècle n'avait aucun lien avec jeu éponyme de 1985... C'est pas beau d'induire les fans en erreur, M. Fargo...

4 ans après sa sortie, maintenant que le jeu prend gentiment la poussière dans le coin "petits prix" des rayons "Jeux PC" de plus en plus restreints de nos supermarchés, il est temps de passer l'éponge sur cette supercherie et de se réintéresser à ce titre sans penser à ce qu'il aurait dû être, à ce que les fans auraient aimé qu'ils soient, s'il est un digne successeur à Thief of Fate, fidèle au fameux "esprit Fallout" ou au Joystick de la Grande Epoque, mais en l'acceptant simplement pour ce qu'il est, c'est-à-dire un hack & slash avant tout destiné aux consoles, sans génie mais pas déshonorant pour autant.

Le jeu prend place dans un univers médiéval-fantastique qu'on imagine situé quelque part en Ecosse, et met en scène un aventurier, le Barde, qui à l'instar du personnage de la chanson Comme ils disent d'Aznavour est un peu guerrier, un peu artiste. En revanche, il n'habite pas seul avec maman dans un très vieil appartement, mais parcourt la lande en quête d'or et de femmes. Et lorsqu'au début de l'aventure, il accepte de rendre un "petit" service à une accorte aubergiste dont il espère obtenir les faveurs, il n'imagine pas encore dans quel engrenage il met le doigt.

Graphiquement, on ne peut pas dire que ce soit très spectaculaire, même pour un jeu de 2004.

Dans la peau du Barde, il vous faudra moissonner des hordes de monstres, aussi bien à l'arme blanche qu'à l'aide des pouvoirs magiques conférés par les talents de musicien du héros, qui peut utiliser son instrument pour invoquer diverses créatures. Comme d'habitude, au fil des tueries et des quêtes, on engrange de l'expérience, des points à répartir sur ses diverses aptitudes, et de nouvelles compétences comme la possibilité de se battre en utilisant simultanément une épée et une dague, ou d'entraîner un chien de combat. Le gameplay n'innove pas vraiment par rapport à la moyenne des jeux du genre, il est même un poil simpliste comparé à l'antique Diablo II puisqu'il n'y a qu'un seul type de personnage disponible, que les arbres de compétences ne sont pas très touffus, et qu'il n'y a pas vraiment d'inventaire à gérer (en dehors des armes et armures, quasiment tous les objets lâchés par les ennemis vaincus sont instantanément convertis en monnaie). Les dialogues avec les PNJ offrent simplement le choix entre répondre gentiment ou méchamment, les quêtes sont basiques (va tuer tel monstre dans telle grotte, va libérer Machin dans telle prison) et le gros du jeu se passe à se tailler un chemin à travers des nuées d'adversaires pas bien malins en cliquant comme un gros bourrin sur sa souris.

Choisir la réponse moqueuse/agressive donne souvent les répliques les plus drôles,
mais dans le cas du petit chien que l'on peut voir ici, choisir la réponse sympa vous fait gagner un familier gratos.


La possibilité d'invoquer divers familiers grâce aux chansons du Barde offre quand même une petite originalité sympathique, mais l'on regrettera l'interface craignos directement héritée des pads consoles et qui fait un peu de la peine sur PC. En tout cas, reconnaissons que la variété de ces compagnons de route (rat, araignée électrique, archère, fée...), qui n'ont pas tous la même fonction (certains se battent pour vous, d'autres comme la fée servent à s'éclairer dans les endroits sombres), est l'un des rares points sur lesquels The Bard's Tale surpasse le hack & slash phare de Blizzard.

Mais alors, pourquoi s'attarder sur un jeu à peine moyen alors que les classiques du genre sont à peine plus chers ? Eh bien, le titre de Brian Fargo a un gros atout dans sa manche : il est drôle. Un peu à la manière du récent jeu des
Simpson, The Bard's Tale mise beaucoup sur l'humour pour faire oublier que, sur le plan ludique, il n'est pas vraiment du taille à lutter avec les meilleurs de sa catégorie. Parodiant les jeux de rôles et d'aventures, il en recycle et détourne les clichés de façon rigolote et à mon sens un peu moins paresseuse et hypocrite que le jeu d'Electronic Arts.

Une quête dans laquelle vous devez retrouver un homme
qui a malheureusement de nombreux sosies portant tous le même nom.


J'hésite à vous donner des exemples, de peur que ça ne paraisse pas très drôle sur le papier, d'autant moins que The Bard's Tale doit beaucoup à ses excellents doubleurs, avec mentions spéciales aux deux personnages principaux, à savoir feu Tony Jay dans le rôle du narrateur et surtout le trop rare Cary Elwes dans celui de l'anti-héros. Mais si enfin, Cary Elwes, bande d'incultes, le Westley de Princess Bride, le meilleur film du monde ! En tout cas, le jeu pince-sans-rire des doubleurs porte des dialogues souvent très drôles et arrive même à faire digérer quelques échanges bien gras, car il faut bien avouer que les auteurs n'ont pas rechigné à recourir à quelques facilités, comme des sous-entendus sexuels aussi usés que peu subtils à chaque fois que le Barde discute avec une femme. Je n'ai rien contre les blagues de cul, mais je préfère quand elles volent un peu plus haut que les beauferies qu'on s'échangeait au lycée en se croyant hyper drôles, et la 1ère discussion avec l'aubergiste, avec ses réparties aussi fines que "Vous êtes sûr que votre arme est assez grosse pour ce travail ?", est assez typique des gags ras-des-pâquerettes dont le jeu use parfois... Bref, malgré ça, rien de trop grave quand même, et la plupart du temps on rit plutôt de bon coeur.

Même les vilains farfadets se permettent de faire de l'humour.

Comme je le disais (enfin, il me semble que je l'ai dit, vu que c'était plus ou moins ce que j'avais de plus important à dire dessus) sur Les Simpson, le jeu, être drôle c'est bien, mais ça ne fait pas un bon jeu, et il faut bien redire que The Bard's Tale n'est vraiment que moyen. Au prix fort ça n'aurait vraiment pas été un achat à conseiller, mais maintenant qu'il oscille entre 7 et 10 €, on supportera plus facilement son gameplay répétitif et daté grâce au plaisir pas si courant de jouer à un jeu vraiment drôle.

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Published by Toxic - dans Test (PC)
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