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29 mai 2008 4 29 /05 /mai /2008 10:12
C'est vrai que Medieval II: Total War Gold Edition ne coûte plus que 30 € et aurait donc sa place ici. Mais c'est connu et tout le monde sait déjà que c'est génial, donc c'est pas trop la peine que je vous en parle. En revanche, dans le genre STR au moyen-âge, un titre moins connu que le jeu de Creative Assembly ou même que la série des Stronghold mérite de ne pas rester moisir sur l'étagère à 10 €, coincé entre Code d'honneur : Légion Etrangère et Caméra Café 2. Et ce titre, vous l'aurez bien compris, n'est pas Knights of the Cross, mais Castle Strike dont je m'en vais vous parler aujourd'hui.

Prenant place dans ce même XVème siècle que les gammes budget vous ont sans doute déjà amenés à
revisiter régulièrement, le jeu de Data Becker (les Allemands sont décidément abonnés au genre) vous invite donc à revivre ce qu'il y avait de plus intéressant à faire à l'époque en dehors de courir la ribaude : se construire un beau château, et abattre celui du prétentieux d'en face. Comme il se doit dans un STR, tout cela se fait en exploitant des paysans dévoués, dont les seules joies dans la vie consistent à amasser des ressources (les classiques bois/pierre/fer) et ériger des bâtiments pour le compte de leur bien-aimé souverain.

Le château et le village sont ici envisagés comme deux entités interdépendantes mais distinctes, l'un servant à entraîner les troupes et à protéger la populace, l'autre à accumuler les richesses. Il faut réserver un emplacement à chacun et les développer en parallèle, sachant que l'un ne peut espérer survivre sans l'autre. Pour être honnête, si le principe est légèrement différent de la classique construction de base d'un STR lambda, on n'est pas vraiment non plus chaviré par le doux frisson de l'inconnu en le découvrant, vu qu'on y retrouve le traditionnel triptyque "cabane à bois/à pierre/ à fer", la caserne pour l'infanterie, le stand de tir pour les archers, l'écurie pour la cavalerie... On décelera tout de même quelques petites touches d'originalité bienvenues, comme la nécessité d'un puits qui permettra aux villageois, en cas d'attaque, d'éteindre les incendies à coups de seaux d'eau. Car oui ici pour une fois, quand on veut raser une maison, il n'y a pas forcément besoin de cogner dessus jusqu'à ce qu'elle perde tous ses points de vie : on peut l'incendier et laisser le feu finir le travail tout seul tandis qu'on s'attaque aux autres bâtiments.
Au feu ! Les chiens d'en face ont été mis en déroute, mais ont eu le temps d'incendier la ville avant.
Il faut se dépêcher d'envoyer les villageois survivants faire le nécessaire pour éviter un désastre.

Au chapitre des originalités, il convient de signaler et saluer l'interface, qui peut paraître déroutante de prime abord, mais se révèle finalement très bien pensée. Fini de micro-gérer les travailleurs pour savoir qui va extraire la pierre, le minerai ou construire les bâtiments, fini de cliquer séparément sur la caserne puis sur l'archerie pour entraîner 15 fantassins et 15 archers : une seule fenêtre vous permet de lancer l'entraînement de tous les types d'unités disponibles, "du paysan au chevalier" comme aimait à le chanter
Gérard Lanvin, une jauge fixe le nombre de travailleurs affectés à la construction et ceux chargés d'amasser les matières premières, et pour ces derniers, un "camembert" sert à allouer le pourcentage désiré de main d'oeuvre à chacune des 3 ressources. C'est bien pratique, quand vous avez une pénurie de fer, de pouvoir simplement tripoter un curseur pour envoyer vos serfs y remédier, plutôt que d'aller piocher un par un les bûcherons en forêt pour les convertir en mineurs, ou quand il vous faut d'urgence renflouer les rangs de votre armée en difficulté, de ne pas avoir à jongler entre toutes vos bâtiments militaires pour recruter des remplaçants. Dommage que certaines icônes servant à naviguer dans ces menus soient inexplicablement minuscules (il y avait la place de caser bien plus gros) et peu lisibles, sinon on tenait vraiment l'interface de STR parfaite, là.

Le château commence gentiment à prendre forme, admirez mon beau parapet en bois...

Je suis nettement moins convaincu par la fonction qui permet de tracer un "brouillon" de ses fortifications avant de les construire pour de bon : en théorie c'est une très bonne idée qui évite de gâcher des ressources dans la fabrication d'une muraille qui au final se révèlera inadaptée aux besoins du joueur, en pratique ça ne fonctionne pas très bien, et comme c'est la seule construction qui bénéficie de ce traitement (on ne peut pas les faire avec les bâtiments eux-mêmes) ça en limite grandement l'intérêt.

Pour le reste, c'est du STR classique, si ce n'est que le thème du château-fort vous amènera à utiliser plein de machines et tactiques pour mener à bien vos assauts sur les murailles adverses, ça va de l'échelle au canon en passant par la tour de siège, la catapulte ou le sapeur qui creuse pour provoquer un effondrement. Cerise sur le gâteau, quand vous tuez les soldats affectés à la manipulation d'un engin de siège, vous pouvez vous l'approprier plutôt que simplement le détruire.

Il ne faut pas oublier de développer aussi le village, avec son indispensable croix
permettant de recruter des Jésus.


J'avais vraiment envie de l'aimer plus que ça, ce jeu, parce que bon, la chevalerie, les châteaux, tout ça, hein, quand même. Je sais bien que les enfants de nos jours ne rêvent plus que de devenir administrateurs réseaux, téléacteurs ou chefs de projets logiciels, mais moi quand j'étais petit, nos plans de carrière, quand c'était pas cowboy, astronaute ou pirate, c'était chevalier. Alors forcément, un jeu qui propose d'assiéger des remparts ou de se construire de beaux murs crénelés et de belles tours à meurtirières, ça enthousiasme. Et puis y a de bonnes idées comme je le disais, et même le mode campagne est raisonnablement sympa. Or malheureusement, s'il n'est pas déshonorant pour un jeu à ce prix-là, reste que Castle Strike n'est quand même pas du genre qui vous tiendra collé devant votre PC des nuits entières. Je ne dis pas que c'est de la daube, je vous faisais même comprendre en début d'article (suivez un peu) que le rapport qualité/prix était correct. Mais je vous parlais aussi, dans ce même début d'article, de Medieval II: Total War, et le gros problème est que le pauvre Castle Strike ne soutient pas une seconde la comparaison. C'est vrai qu'il est 3 fois moins cher, mais il est 30 fois moins bien. Ca peut paraître injuste d'opposer ainsi une superproduction à un modeste jeu d'artisans, mais le titre de Data Becker souffre quand même d'un cruel manque d'envergure, avec ses 3 factions, un éventail d'unités somme toute limité, ses cartes trop étriquées, ses batailles à 50 soldats...

Un poil déprimant, le niveau de "dé-zoomage" maximum est ridicule et souvent,
il ne permet même pas de voir où tirent vos machines de guerre.

La petite taille des cartes a le mérite de rendre le mode campagne assez dynamique, mais en mode escarmouche, c'est limite injouable, tout le monde se marche sur les pieds au bout d'une minute de jeu environ, ce qui est très décevant pour un jeu où l'on aimerait pouvoir le temps de se construire un beau château-fort, pas seulement de jouer à "le 1er qui envoie son éclaireur massacrer tout le village adverse a gagné".

Attention, construire des tours pour protéger le château ne suffit pas,
il faut penser à les garnir d'archers où elles ne servent à rien.

Reste donc un mode campagne pas trop mal fichu, et des bonnes idées, qui auraient quand même mérité d'être exploitées dans un meilleur jeu. Si 30 € c'est vraiment trop cher pour vous où que votre bécane est incapable de faire tourner M2TW même avec tous les réglages au mini, vous pouvez risquer 10 € dans Castle Strike. Par contre pour le trouver, je dois vous prévenir que ça va peut-être être un peu plus difficile que je ne pensais au départ, car même s'il est dans la "Hits Collection" argentée de Mindscape qu'on trouve facilement en supermarchés, il a très récemment disparu de leur catalogue en ligne, et de divers autres sites qui le vendaient, il n'y a donc vraisemblablement plus de stock en dehors des exemplaires déjà en circulation. Alors si vous le voulez, il faut vous dépêcher un petit peu. Et si vous ne le trouvez pas, consolez-vous en vous disant que ce n'est quand même pas à côté d'un chef-d'oeuvre méconnu que vous passez.

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Published by Toxic - dans Test (PC)
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