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6 avril 2008 7 06 /04 /avril /2008 18:12
Cryo, vous vous souvenez ? De leur vivant, ils étaient considérés par la presse généraliste comme le fer de lance du jeu vidéo français, avec leurs point'n'click Myst-esques à vocation éducative et culturelle. Evidemment, c'était chiant comme la mort, mais c'était la grande époque où internet n'existait pas encore comme source d'information principale du couillon lambda disposant d'un PC, et où les parents lecteurs de Télérama faisaient donc confiance aux fabuleux cédéroms (oui chez ces gens-là on ne dit pas CD-ROM hein) multimédia des nouvelles technologies du futur pour instruire leurs mômes trop vieux pour Adibou et à qui ils venaient d'offrir un ordi, ce qui permit donc à Cryo d'écouler quelques quintaux de Versailles, Egypte, Chine, Jérusalem et Atlantis, tout en développant ou distribuant en parallèle une floppée de jeux à licence minables (Hellboy, Les Chroniques de la Lune Noire, Astérix et Obélix contre César...), de titres un poil plus ambitieux mais buggés et pourris (Le 3ème Millénaire) ou encore de jeux d'aventure moisis (Hopkins F.B.I.).

La plupart des jeux estampillés de ce sceau officiel de qualité "French Touch" que fut le logo Cryo ont été bradés il y a longtemps, à la faillite de la boîte, et à part dans quelques boutiques d'occaz qui espèrent encore naïvement pouvoir écouler un vieux Gardien des Ténèbres ou Dreams to Reality sur PSOne, ils ont presque complètement disparu de la circulation. Monster Ville, c'est un peu le dernier survivant, l'ultime preuve tangible de l'existence de Cryo, puisqu'il refait régulièrement surface au moment des soldes jusque dans les bacs à bouses invendables de la Fnac (souvent au côté d'un autre titre inspiré des vieux films de monstres, I Was an Atomic Mutant!). Représentant de la branche "jeux à licence minables" de la défunte entreprise de Philippe Ulrich et développé par une boîte anglaise à qui l'on doit également quelques chefs-d'oeuvres impérissables du genre, comme Waterworld ou les jeux Action Man, il est donc basé sur les "Universal Studios Monsters", autrement dit les monstres des vieux films en noir et blanc qui alimentèrent les dernières parties de soirées de La Dernière séance sur la 3.

Afin d'éviter que MM. Lugosi et Karloff ne se retournent dans leur tombe,
je préfère vous montrer le Mutant de Metaluna,
monstre du film Les Survivants de l'infini

Evidemment, c'est plutôt le genre de personnages qu'on s'attendrait à voir dans un survival horror ou un jeu d'aventure, certainement pas dans un jeu de gestion. Pourtant, la jaquette du jeu ment avec aplomb à ce sujet, annonçant "un monstrueux jeu de gestion" sur la couverture et enfonçant le clou au dos pour tenter de faire passer ce machin pour une simulation politique. A vrai dire, pour saugrenue que soit l'idée d'utiliser Dracula, le monstre de Frankenstein, le Loup-Garou ou la Créature du Lac Noir dans un jeu de ce type, incarner un homme politique en campagne électorale dans un jeu est suffisamment rare pour susciter quand même une certaine curiosité vis-à-vis de Monster Ville...

La politique vue par Intelligent Games : le monstre de Frankenstein
joue les gros bras face à une maison pour gagner des voix.

Mais il suffira d'y jouer quelques minutes pour s'apercevoir de la supercherie. Intrigues, beaux discours, promesses en l'air, débats, scandales, corruption, manipulation, intimidation, oubliez tout ça, le gameplay à la profondeur d'un jeu gratuit en flash, et encore, y en a des mieux. Certes, officiellement le but est bien de se faire élire maire d'un village, au détriment du ou des candidats concurrents, mais concrètement, ça se réduit à envoyer de maison en maison le monstre qu'on a choisi d'incarner (sur les 4 proposés, quelle richesse !) et à le faire "hypnotiser" les villageois. On clique sur la maison, le monstre y va, il y reste jusqu'à ce que la jauge de sa couleur dépasse la jauge de couleur de l'adversaire et la jauge blanche de neutralité, et voilà, si la maison reste sous son contrôle jusqu'à la fin du temps imparti, les voix de ses habitants seront pour lui lors du vote. Evidemment, plus grosse est la maison, plus elle permet de remporter de voix.

A condition de disposer de l'énergie magique nécessaire,
on peut semer des obstacles sur le chemin du concurrent,
comme ici où le pauvre Boris Karloff se retrouve encerclé par les flammes.


Et le pire c'est que même avec un principe aussi basique et aussi éloigné du "jeu de gestion" promis, je suis persuadé qu'il y avait quand même de quoi faire un jeu correct, pas franchement un titre inoubliable sur lequel on passe des nuits blanches évidemment, mais le genre de petit machin pas gourmand en ressources qu'on peut lancer en cachette sur l'ordinateur du bureau pour tromper son ennui 20 minutes de temps en temps. Un tout petit effort a été fait pour épaissir un peu la sauce, avec la possibilité d'accumuler des ressources et de les dépenser pour construire des maisons directement acquises à sa cause sans besoin de les convertir, ou pour poser des pièges destinés à retarder son rival (des croix contre Dracula, des miroirs contre Quasimodo...). On peut également parfois s'attacher les services d'un deuxième monstre en convertissant son repaire, pour gagner des voix deux fois plus vite. C'est pas Byzance, mais une fois de plus, parfois un jeu simplet à 2 € peut se révéler un aimable passe-temps pour employé tire-au-flanc ne disposant que d'une vieille config. Et je précise à mon peut-être futur employeur, qui apparemment jette un oeil sur ce site de temps en temps, que moi personnellement je ne suis pas du tout ce genre de mec-là, hooooulà non, moi je suis un vrai bourreau de travail, pas du genre à jouer pendant le service, enfin sauf si le service consiste à jouer justement.

Danse de victoire pour le Mutant de Metaluna,
l'occasion d'admirer une fois de plus le talent et le bon goût des graphistes

Le problème, c'est que c'est lent, mou, répétitif, que l'IA de l'adversaire est trop limitée pour offrir un challenge intéressant et que c'est vraiment laid. La seule chose pas trop ridicule au boût du compte est la musique, à peu près réussie, mais c'est vraiment tout. Bref, c'est du navet bête et méchant, avec lequel on ne s'amuse pas une minute, vous pouvez donc le laisser sans regret pourrir là où il est s'il ressurgit lors des prochaines soldes...

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Published by Toxic - dans Test (PC)
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