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21 mars 2008 5 21 /03 /mars /2008 09:56

undefinedLes jours où je doute du bien-fondé de l'existence d'un site qui ne chronique quasiment que des jeux ratés et médiocres parce que c'est généralement ce qui atterrit dans les bacs de soldes, je me souviens que c'est dans des collections en pochette carton à 10 F/2 € que j'ai découvert quelques grands titres comme Fallout ou quelques jeux qui à défaut d'être géniaux se sont révélés originaux et sympathiques comme Nocturne ou Die by the Sword. Si je vous parle de ça, c'est non seulement pour vous dire "Allez les gars, restez, il finira bien par y avoir un bon jeu sur ce site !", mais aussi parce que c'est grâce à une réédition cheapos comme ça que j'ai pu découvrir Railroad Tycoon II sur lequel j'ai passé une quantité d'heures impressionnante, et que le Railroads qui nous intéresse aujourd'hui en est évidemment un cousin, lui aussi vite condamné au rayon des "trucs dont personne ne veut, même bradé à 3 euros".

Est-ce censé être un Railroad Tycoon 4 non-officiel ? Un remake du 1er Railroad Tycoon comme il y a eu un remake de Pirates! du même Sid Meier ? C'est un peu flou mais toujours est-il que le concept reste le même : dans la peau d'un magnat du rail, vous devrez établir le meilleur réseau ferroviaire d'une région ou d'un pays donné. Vous placez les voies, vous construisez les gares, vous achetez des locomotives et vous organisez les trajets en fonction des besoins des différentes villes que vous décidez de relier. On démarre petit en se contentant de convoyer passagers et courrier entre deux villes proches, puis on étend son réseau et on diversifie ses cargaisons, on achemine des matières premières vers les usines qui les transforment et on transporte les produits finis vers les villes qui en ont besoin. Pour augmenter vos bénéfices vous pouvez même acheter les usines en question ; si vous les approvisionnez bien et que les villes que vous desservez leur achètent beaucoup de marchandises, ça peut devenir une source d'argent secondaire bien juteuse.


Les nombreuses petites icônes permettent de voir en un clin d'oeil
tous les besoins et toutes les exportations d'une ville

Voilà, là mine de rien je viens de vous résumer à peu près tout le jeu. Il y a quelques petits à-côtés, comme les "missions" données par les maires de certaines villes (Untel veut juste que son bled soit raccordé, Machin voudrait qu'on lui livre 10 wagons d'acier...) qui peuvent vous rapporter une belle prime, les objectifs liés aux différentes cartes (relier Washington à New York sur la carte du Nord-Est des Etats-Unis par exemple), la possibilité d'acheter des brevets vous permettant de diminuer vos coûts ou d'améliorer les performances de vos trains dans différents domaines, mais le gros du jeu consiste donc à faire circuler le cheval de fer, comme amaient à l'appeler ces imbéciles de Peaux-Rouges, à travers la carte que vous avez choisie en accumulant le plus d'argent au passage. Bref, un Railroad Tycoon classique, qui ne dépaysera pas les habitués, et fera sans doute chier ceux que l'idée de jouer au tchou-tchou sur ordi rebute ou ceux qui détestent les jeux de gestion.

Alors le problème, c'est que des Railroad Tycoon, il y en a déjà 3 ; qu'apporte donc celui-ci que n'auraient pas ses prédécesseurs ? Eh bien, pour le meilleur et pour le pire, il apporte une certaine simplification, pour rendre le concept accessible à un plus large public. Par exemple, en début de partie, vous n'avez plus à créer votre entreprise, elle est déjà prête, vous pouvez commencer tout de suite à poser des voies. Ou encore, pour améliorer une gare, plus besoin d'acheter séparément divers nouveaux équipements, vous cliquez sur "améliorer" et elle passe au niveau suivant. Ceux qui n'ont pas trop envie de se casser la tête sur la partie "gestion" du jeu et veulent se concentrer sur la partie "je me construis le super train électrique que j'ai jamais pu avoir quand j'étais gosse" seront sans doute satisfaits, mais il faut reconnaître que ce genre de petites choses mises bout-à-bout fait finalement perdre au gameplay pas mal de la profondeur qu'il avait dans Railroad Tycoon II.

Encore un défaut assez gênant :
même en dézoomant au maximum, la zone visible reste vraiment très réduite.
Faute d'une meilleure vue d'ensemble de la région, difficile parfois de bien organiser son expansion.

Et le pire c'est que malgré cette simplification, le jeu pourra quand même rebuter le casual gamer à cause de son plus gros défaut : un système de pose de voies qui paraît simple et pratique au début et se révèle en fait assez vite complètement con et mal foutu. En effet, il est désormais impossible de poser directement des voies doubles : vous devez poser une voie simple d'abord, puis utiliser l'outil "voie double" pour lui ajouter une soeur jumelle. Déjà c'est un peu idiot quand on pense que, même si c'est plus coûteux, il est de toutes façons beaucoup plus pratique de poser des voies doubles presque partout, mais ça devient rageant quand on constate qu'on ne peut pas croiser les voies doubles, ce qui obligera bien souvent à construire des voies triples, quadruples, ou des ponts, afin d'éviter les bouchons, tout ça parce que le concept de "rails avec des aiguillages" semble avoir échappé aux développeurs. Il faut alors choisir entre engloutir des fortunes pour multiplier les voies (bonjour la facture quand il y a un tunnel ou un pont), regarder son trafic se bloquer toutes les vingt secondes, ou limiter au maximum sa flotte de locomotives pour éviter qu'elles n'encombrent vos rails, les trois solutions étant aussi frustrantes les unes que les autres.

Génial, je voulais connecter Los Angeles à San Diego et au lieu de ça,
le hasard me contraint à démarrer dans le trou-du-cul de l'Arizona.

On regrettera également que le jeu vous force à démarrer votre réseau sur le 1er morceau de ligne déjà construit en début de partie, au lieu de vous laisser vous installer où vous le souhaitez, puis vous oblige à raccorder tout nouveau bout de rail à ceux déjà posés. Impossible de créer séparément une ligne reliant la ville A à la ville B et une deuxième reliant la ville C à la ville D ; vous n'aurez pas d'autre choix que de relier A à B puis B à C et C à D. Là encore, ça permettra sans doute aux débutants d'éviter de s'éparpiller, mais quand on a un certain nombre d'heures de Railroad Tycoon II sous le capot, on est sacrément déçu d'être ainsi bridé.

Un exemple de situation qui donne envie de balancer le jeu aux orties :
l'adversaire, qui démarrait mieux placé sur la carte, a ainsi pu s'installer le 1er sur la zone la plus intéressante.
Bloqué à l'Est dans le désert, le joueur n'a plus qu'à crever.

Et le jeu souffre encore de pas mal d'autres défauts et lacunes ; le nombre de locos disponibles n'est pas franchement spectaculaire (plus de Shinkansen par exemple et peu de trains modernes en général), tout comme le nombre de cartes. Et sur une carte comme la France, la distance entre deux villes est parfois si petite, et l'échelle si peu respectée, qu'il arrive que la longueur d'un train couvre déjà la moitié du trajet, si ce n'est plus. Les voyageurs du wagon de queue de votre Paris-Dijon seront toujours au départ que ceux du wagon de queue seront déjà à destination, ça fait un peu crétin quand même.

Parmi les quelques éléments bien conçus du jeu,
la carte qui permet d'organiser ses lignes est claire et pratique.

A côté de ça, il faut reconnaître que le jeu est mignon comme tout et que, passé l'agacement face à l'abâtardissement de ce jeu de légende et les problèmes de double-voies, on pourra quand même se laisser prendre au jeu et passer quelques bonnes heures à monter son réseau et à le regarder fonctionner : le concept garde quand même partiellement son charme, son côté hypnotique. Mais au final, jouer à Sid Meier's Railroads! donnera surtout au fan l'envie de se réinstaller Railroad Tycoon II qui, s'il n'est pas aussi beau (et possède quelques options intéressantes en moins, comme la possibilité de construire des tunnels), offre bien plus de liberté, de richesse et de profondeur. Néanmoins, pour ceux qui n'arriveraient pas à dénicher l'antique titre de Gathering of Developers (qui va quand même sur ses 10 ans), pour son prix désormais dérisoire Sid Meier's Railroads! n'est quand même pas un si mauvais investissement.

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Published by Toxic - dans Test (PC)
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commentaires

Over01 24/03/2008 16:25

En voila un jeu qui a l'air pas mal du tout ! les graphismes sont pas extra mais mignons et le style construre son réseau pour développer des villes aux States et voir pousser des immeubles par la simple alimentations de chemin de fer est sympa ......

Toxic 24/03/2008 20:49


Oui le jeu n'est vraiment pas mauvais du tout, il est juste très décevant pour quelqu'un qui a déjà joué à un Railroad Tycoon. Dommage qu'il y ait peu de cartes (il doit y avoir 3 ou 4
cartes aux Etats-Unis, une en France, une en Allemagne, une en Angleterre, et une poignée de régions fictives, et comme elles ne sont pas très étendues, ça limite méchamment la durée de vie) mais
vraiment pour 3 € ça reste un petit jeu sympa et valable.


romain 21/03/2008 18:49

je n'ai pas ce je la mais j'ai civilization 3 et le 4 que je trouve bien sinon ca donne envie de jouez a sim city 4 ^^