Sur consoles de 7ème génération, ce Fight
Night Round 3 avait à la fois le mérite d'être le 1er jeu de la série disponible et une très grosse claque graphique. Sur PS2 en revanche, il a connu la même carrière peu glorieuse que
plusieurs autres titres EA Sports de 2006 comme Tiger Woods 2007 ou Madden 2007 : un échec commercial lié à une trop grande similarité avec ses trop nombreux prédécesseurs, et
une chute rapide dans le bac de soldes à 10 €.
En explorateur inlassable de ce lieu de perdition, c'est donc là que je l'ai déniché avant de le ramener chez moi pour voir ce qu'il avait dans le ventre, soit en
gros la même chose que Fight Night Round 2, c'est vrai. Mais ne brûlons pas les étapes.
Dernier épisode en date de la série des Fight Night, et peut-être dernier tout court puisqu'à ce jour il n'y a toujours pas de quatrième round annoncé et
que les développeurs du jeu sont au travail sur ce qui s'apparente à une repompe moderne de Punch-Out!, Facebreaker, FNR3 pour les intimes est donc, comme sa jaquette l'aura indiqué aux plus observateurs d'entre vous, un jeu
consacré à ce sport que l'on surnomme "noble art" pour des raisons évidentes, puisque peu d'activités peuvent prétendre à autant de noblesse artistique que celle consistant à rouer de coups un
homme en short avant de lui manger une oreille.
Comme les précédents opus, le jeu offre un choix assez large de boxeurs de différentes catégories et plus ou moins célèbres : bien sûr, il y a Mohamed Ali,
Evander Holyfield, Jake LaMotta, mais aussi Ray Robinson, Ray Leonard, Joe Frazier, Marvin Hagler, Bernard Hopkins... une petite trentaine en tout que vous pourrez incarner dans des matchs
simples ou dans les "ESPN Classics", des matchs historiques comme ceux qui virent s'affronter "The Bronx Bull" et "Sugar Ray" dans les années 40 ou "The Greatest" et "Smokin' Joe" dans les
années 70. De quoi faire plaisir aux fans de boxe, qui pourront quand même regretter quelques absences comme celles de Tyson, Foreman, Marciano ou Cerdan.
Comme les 1ers épisodes également, le jeu propose de créer son propre combattant et de l'emmener si possible vers les sommets d'une carrière amateur puis
professionnelle. Le mode de création est toujours assez réussi sans être parfait, peu d'efforts ayant été faits pour l'améliorer depuis Fight Night Round 2. Le mode Carrière est
également très similaire à celui de 2005 : on signe pour le combat de son choix, pour l'argent qu'il rapporte ou les bonus qu'il débloque, on choisit un coach, on s'entraîne pour se renforcer
dans différents domaines (puissance, rapidité, endurance, résistance de la tête ou du corps...), on se bat, on gagne ou on perd, et on passe au prochain choix de match, chaque nouvelle victoire
amenant le boxeur un peu plus près d'une ceinture de champion.
James "Light Out" Toney demande Evander "The Real Deal" Holyfield en mariage.
C'est pas vilain pour de la PS2, mais on est loin du photoréalisme de la version nèstjèn.
Pendant le match, on dirige les mouvements du boxeur avec le stick gauche, et ses coups avec le stick droit (à part pour les coups spéciaux, qui utilisent les
boutons). Si vous avez déjà joué à un Fight Night, vous ne serez pas dépaysé, ça n'a pas changé d'un poil, vos mouvements de doigt reproduisant grossièrement le mouvement que vous
voulez donner aux bras du boxeur : quart de tour droit pour un crochet du droit, tiers de tour gauche pour un uppercut du gauche, quart de tour arrière pour charger un "super coup"... L'idée
étant de donné un côté plus "simulation", moins "arcade" que quand la série s'appelait Knockout Kings, ou que les quelques rares titres concurrents comme Rocky.
Les 3 mini-jeux d'entraînement sont exactement les mêmes qu'avant.
Soyons honnête, c'est un produit solide, bien foutu, et l'amateur de boxe ou de jeux de combat qui n'a jamais tâté du Round 2 devrait être séduit. Le
problème c'est que si vous possédez déjà l'épisode précédent, vous aurez grandement l'impression d'être en train d'y rejouer ; le jeu n'a pas vraiment progressé spectaculairement dans des
domaines comme les graphismes, l'animation ou la maniabilité (même si dans ces domaines-là, c'est de bon niveau pour la PS2), en fond sonore on se tape toujours de la soupe rap bien gavante, et
le gameplay n'a pas trop bougé lui non plus. Il y a quelques tout petits changements quand même, et pas toujours pour le meilleur. En négatif, on ne peut plus choisir sa "ring girl", ses feux
d'artifice ou sa musique d'entrée, c'est pas grand chose mais on se demande pourquoi avoir supprimé ces options. Le commentaire VO cède la place à Jean-Claude Boutier, ça ravira peut-être les
anglophobes abonnés à Canal +, mais je trouve pour ma part qu'il manque de punch, d'enthousiasme et de conviction. Et au niveau "placement de produit", EA s'en est donné à coeur-joie, puisqu'en
plus de marques d'équipement sportif comme Everlast qui ne choqueront pas vraiment dans un jeu de boxe, on pourra se faire entraîner par la mascotte de Burger King ou se battre pour gagner une
Dodge, ce qui est déjà plus discutable...
On peut toujours soigner son boxeur entre deux rounds.
Le mini-jeu est devenu complètement inintéressant a été simplifié.
Dans les changements bienvenus, il me semble que la difficulté a été revue un peu à la hausse, obligeant le joueur à un peu plus de finesse ; aligner 30 victoires
par KO en 1 round et demi en mode carrière rien qu'en enchaînant les frappes de bourrin n'est plus trop possible, les adversaires contrôlés par la console étant un peu plus coriaces qu'avant. A
part ça, certains défauts qui auraient mérité d'être corrigés, comme le manque de réalisme du mode carrière lié au fait que l'on puisse affronter en mode carrière des boxeurs réels d'époques
complètement différentes et au fait que les adversaires générés aléatoirement par la machine se retrouvent souvent avec des looks complètement
ridicules.
En définitive, c'est vraiment un bon jeu de boxe, mais il est clair que ceux qui ont déjà Fight Night Round 2 n'en ont pas besoin, même à 10 €. Pour les
autres, il est difficile de départager les deux épisodes tant ils sont similaires ; la préférence ira donc à celui que vous pourrez trouver pour le moins cher !