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22 mars 2008 6 22 /03 /mars /2008 18:18
undefinedA l'instar de Pac Man, Space Invaders ou Frogger, Defender of the Crown est un de ces anachronismes qui ne peuvent pas mourir malgré leur totale obsolescence dans le monde du jeu actuel. Il se trouvera toujours un éditeur pour, périodiquement, redéterrer la licence et tenter une nouvelle réactualisation ; alors parfois, les supermarchés arrivent quand même à écouler quelques brouettes de Frogger, mais dans le cas de DotC, le destin est toujours le même : être ignoré ou éreinté par les magazines et finir dans le bac de soldes en attendant la prochaine résurrection, tel un Chucky vidéoludique.

Hé, à ce propos, quand est-ce qu'un éditeur de jeux de chie va se décider à acheter la licence Chucky pour en faire un jeu raté ? Ils ont bien sorti Reservoir Dogs, Scarface et Le Parrain de la naphtaline, il y a même un Inspecteur Harry en développement, pourquoi pas transformer Chucky aussi en jeu minable ?

Mais je m'égare. Je vais pas vous re-raconter l'histoire de ma relation avec Defender of the Crown, vous l'ayant déjà relatée lors du test de la version Game Boy Advance de ce jeu de légende, mais il est évident que je n'allais pas résister le jour où j'ai déniché cette version de 2004 pour moins d'1 €. Au passage, signalons aux distraits qu'il ne s'agit pas de la nouvelle nouvelle version de Defender of the Crown vendue depuis quelques mois en magasins pour 30 €.

Dès la page de titre, le nostalgique ne pourra qu'être ému en entendant une version, fidèle mais évidemment réorchestrée pour profiter des possibilités sonores des machines modernes, du thème bien connu du jeu. Le scénario a un peu changé mais reste centrée sur les intrigues politique de l'Angleterre du XIIème siècle : le roi Richard est prisonnier en Autriche, le prince Jean a pris sa place, plusieurs seigneurs s'opposent à cette succession, Robin des Bois va aider l'un d'eux à empêcher que le pays ne reste entre de mauvaises mains tout en oeuvrant pour la libération de l'inventeur du camembert qui porte encore aujourd'hui son nom. Ce point de départ établi, on constatera que ce nouveau Defender of the Crown n'est certes pas tout à fait un portage de l'original, mais qu'il n'est pas tout à fait un nouveau jeu non plus, tant il est largement basé sur son illustre modèle.

Une flèche c'est plus lent qu'une balle, alors comme dans Space Invaders,
il faut penser à ne pas tirer là où se trouve l'adversaire,mais là où il se dirige


Comme précédemment, le jeu se joue au tour par tour et se décompose en diverses phases. Ici ça démarre par de l'inédit : du tir à l'arc ! Pour un jeu qui a toujours mis Robin des Bois en scène, il était temps. Perché sur un arbre, Robin fait pleuvoir les flèches sur une caravane de marchands afin de subtiliser l'argent qu'ils transportent. La première impression n'est malheureusement pas super favorable dans la mesure où la visée est difficile, et cette première minute de jeu (oui, parce que c'est court) frustrante.

La traditionnelle épreuve du tournoi de chevalerie

Ca continue avec une  mini-campagne didacticielle qui vous expliquera le déroulement de la partie et les différents mini-jeux, qui sont ici chacun lié à un personnage en particulier : pour la phase de combat à l'épée, c'est Robin qui se faufile dans les châteaux pour y dérober des trésors ; pour les batailles, c'est Petit-Jean qui mène la troupe ; pour les tournois, Wilfred d'Ivanohé le chevalier s'y colle ; enfin, Marianne est l'espionne de service, Frère Tuck collecte la rançon pour faire revenir Richard Coeur-de-Lion au pays et Will Scarlet gère vos finances. Chacune de ces différentes partie est une version légèrement modernisée de ce que l'on pouvait faire avant mais disons que le vieil habitué ne sera pas trop dépaysé, tandis que le petit nouveau s'ennuiera peut-être vu que le gameplay ne s'est pas beaucoup enrichi en 20 ans.

Lors des sièges, vous avez un temps limité pour ouvrir une brèche
dans au moins l'une des quatre faces de la muraille à coups de catapultes.

Quand c'est fait, vous pouvez envoyer votre troupe à l'assaut de la forteresse,
par le biais d'un menu qui nous offre un grand moment de traduction pourrie,
puisque "Storm Castle" (attaquer le château) y devient
un involontairement comico-poétique "Château de Précipitations".


Certes, il y a de nouveaux mouvements disponibles pour les combats singuliers, et les sièges de château à la catapulte sont un poil plus dynamiques et intéressants, mais dans l'ensemble, ça reste ce que le jeu a toujours été : une compilation de petites épreuves basiques et pas toujours passionnantes, sur fond de conquête du territoire à la Risk. La partie la plus pourrie de l'époque, le combat "stratégique", est d'ailleurs restée la plus pourrie même si peut-être celle qui a le plus changé, c'est dire l'effort colossal qui a été fait pour améliorer cette chère antiquité...

Le scénario vous fait parfois affronter un "boss" en duel

Finalement, la plus grosse différence entre cette réactualisation et son ancêtre est sans doute une place plus importante laissée à l'intrigue, puisque pas mal de dialogues et diverses scènes cinématiques viennent ponctuer la partie. Parmi les autres changements assez nets, les territoires à conquérir rapportent tous autant d'argent et il n'y a plus de limite au nombre d'hommes recrutables sur chacun, mais en revanche, certains territoires particuliers peuvent vous fournir des bonus (diminution du coût de construction des châteaux, ou du coût de recrutement de divers types de soldats), les territoires côtiers sont susceptibles d'être envahis par les Français... Mais dans l'ensemble, les mécanismes du jeu resteront très familiers aux fans de l'original : déplacement sur la carte au tour par tour, conquête des comtés un par un, possibilité de prendre un territoire à l'adversaire en remportant un tournoi, de renflouer son trésor en envoyant Robin se servir dans les coffres des autres seigneurs...

Comme dans toute bonne modernisation révisionniste d'une histoire ancienne,
le héros devient un djeunz marrant à bouc, et l'héroïne une femme déterminée
pourvue des lèvres et des seins de Lara Croft.


Et le pire, ben... le pire, c'est que pour le vieux con nostalgique, ça fonctionne pas mal finalement. Ceux qui ont apprécié les premières versions de Defender of the Crown au siècle dernier trouveront sans doute comme moi dans celle-ci de quoi se laisser à nouveau entraîner avec un certain plaisir coupable dans cette conquête de l'Angleterre, au moins pour quelques heures. Malgré la répétitivité des épreuves et le manque de profondeur de l'ensemble, malgré la déception des batailles sans intérêt, il reste un côté "jeu de plateau stratégique" pas complètement inintéressant.

La carte 2D "à l'ancienne" permet de surveiller la progression des adversaires entre deux tours.
Dommage que les déplacements du joueur doivent forcément se faire sur une carte 3D
vue à ras-le-sol même en dézoomant au maximum


Alors il faut être honnête quand même : malgré la volonté de séduire un public
jeune, avec une sortie console (le jeu est également dispo sur PS2 et XBox, et les menus de la version PC n'ont même pas été adaptés, on y proposera au joueur de configurer sa "manette"), avec son héros barbichu, son héroïne décolletée et une légère modernisation du gameplay et des graphismes, c'est en définitive uniquement aux nostalgiques que le jeu s'adresse, ceux qui découvraient leur premier jeu de stratégie/gestion dans les années 80/90 avec ce titre phare de l'Amiga, et pourront espérer s'amuser encore un peu en y jouant sans regretter les quelques centimes déboursés à l'achat. Il est quand même dommage que Cinemaware n'ait pas fait plus d'efforts pour rafraîchir et approfondir le concept de base et n'ait pas ajouté un mode multijoueurs qui aurait pu largement allonger la durée de vie. Du coup, pour ceux qui n'ont jamais vécu dans leur jeunesse les aventures des personnages de Sir Walter Scott sur un écran d'ordi ou de console, ou connaissent mais n'ont jamais aimé Defender of the Crown, je conseillerais plutôt d'éviter ce titre moyenâgeux pour se tourner vers de la stratégie au tour par tour plus riche (et pas chère non plus) comme un Heroes of Might & Magic V.


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Published by Toxic - dans Test (PC)
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