Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Cheap Games, le blog des joueurs radins
  • Cheap Games, le blog des joueurs radins
  • : Bonnes affaires, arnaques à éviter, ici on teste les jeux en solde (budget maximum : 30 €) et depuis peu, les DVDs aussi !
  • Contact

Recherche

31 janvier 2008 4 31 /01 /janvier /2008 21:10
undefinedSi vous trouviez qu'avec la transformation du personnage principal en djeunz' à bouc courant sur les murs en bullet time, la série créée par Jordan Mechner s'était déjà énormément éloignée de ses racines, vous risquez d'être encore plus dérouté par ce nouveau virage pris par le Prince de Perse lors de son passage sur DS. Ce titre, sorti lors des 1ers mois d'existence de la console, qui n'a pas vraiment marqué les esprits à l'époque, et a refait surface cet été dans mes chers bacs de solde, est en effet un jeu de stratégie au tour par tour.

Etant moi-même très friand de ce genre trop rare, j'étais plutôt content d'acquérir cet épisode, histoire de ne pas devoir me cantonner à la série (excellente, certes) des Advance Wars. Pour ceux qui s'intéresseraient au scénario (que j'ai pour ma part trouvé sans grand intérêt), les batailles prennent place entre Les Sables du Temps et L'Âme du Guerrier, et racontent comment le présomptueux prince a mis le Moyen-Orient à feu et à sang pour faire le malin. Rapidement, le Prince lui-même passe au second plan, et le joueur sera amené à contrôler une série d'autres personnages au cours d'un conflit de longue haleine ponctué de retournements de situation et de luttes fratricides. Au long d'une campagne de 24 missions, on incarne/affronte un total de 9 généraux répartis sur 3 factions, les Perses, les Indiens et les Dévas (une race de démons accidentellement libérés par le héros), chacune possédant bien entendu des unités différentes comme dans tout jeu de stratégie qui se respecte.

Dès les premières minutes de jeu, l'impression est mitigée : outre un didacticiel pas très complet et qui a le mauvais goût de tutoyer le joueur, le jeu propose quelques idées originales pour se démarquer de la concurrence, mais ne les exploite pas de façon tout à fait convaincante. Sa principale particularité, c'est de faire appel à un système de cartes à jouer façon "Magic". Les deux adversaires possèdent chacun un jeu de 30 cartes, qu'ils composent avant le combat à partir de la collection de cartes accumulées au fil des victoires, et qui déterminera leurs possibilités de déplacement pendant la bataille et les bonus de caractéristiques qu'ils pourront octroyer à leurs unités. En théorie c'est original, en pratique c'est souvent frustrant, une grande partie des cartes étant d'un intérêt douteux. On finit par utiliser de simples cartes de déplacement 80% du temps, à force de gâcher systématiquement son tour de jeu en voulant jouer une carte spéciale, parce que les conditions d'utilisation de tel boost de puissance sont si spécifiques qu'on n'aura finalement jamais l'occasion de l'utiliser, ou que telle attaque magique théoriquement puissante échouera les 3/4 du temps du fait de la résistance de l'ennemi.

L'autre originalité de BoPoP est la possibilité d'augmenter grandement les dommages infligés lors d'une attaque en l'attaquant sur le flanc ou à revers. Là encore, en théorie l'idée est bonne, le problème c'est que du coup la simple attaque de front paraît si inefficace en comparaison qu'on va  passer son temps à monter des pièges pour contourner l'ennemi, ce qui serait peut-être chouette pour un jeu sur une guérilla dans la jungle, mais un peu moins quand on prétend simuler de grandes batailles au beau milieu du désert. D'autre part, ce système favorise un peu trop celui qui jouera hyper défensif : on bouge pas pour ne pas exposer ses flancs, on attend que l'ennemi approche et  se disperse un peu, et hop on décime ses rangs en isolant et encerclant ses unités une à une.

Un mécanisme plus courant dans les jeux de ce type, mais qui là aussi tente d'introduire une nouveauté, et qui là non plus ne donne pas vraiment satisfaction : le système de papier-pierre-ciseau qui régit les affrontements. Déjà, l'habitué des jeux de stratégie sera peut-être surpris de voir ses piquiers attaquer une unité de cavalerie sans faire de dégâts particulièrement conséquent, alors que la formule "piquiers > cavalerie" est l'une des plus répandues dans le domaine des jeux de stratégie. Pas de ça ici. Le papier-pierre-ciseau se joue à 2 niveaux, en fonction de la taille et de l'arme de l'unité : la pique bat l'épée, qui bat le projectile, qui bat la pique ; les grandes unités battent les moyennes, qui battent les petites, qui battent les grandes. Ca aurait pu apporter plus de finesse et de tactique, ça aurait pu donner de la valeur aux unités apparemment plus faibles, concrètement comme on ne choisit pas soi-même la composition de son armée avant une bataille et l'équilibrage des unités a été mal pensé, l'intérêt de la chose tombe à l'eau.

Pour ne rien arranger, le jeu souffre d'une certaine pauvreté technique qui serait bien excusable si le gameplay était plus solide, mais qui en l'occurrence accentue encore la faiblesse de BoPoP par rapport à Advance Wars, à la fois plus intéressant et plus joli. Graphismes austères, musique qui lasse vite, bruitages nuls, et une animation qui merdouille comme aux plus beaux jours des consoles d'antan dès qu'il y a plus de 3 gros sprites à l'écran : rien de trop réjouissant à ce niveau-là. Quant aux contrôles... là encore, comparé à l'ergonomie et l'intuitivité d'un Advance Wars DS, le jeu ne fait pas le poids : devoir utiliser simultanément le stylet, la croix directionnelle et une gâchette latérale pour une action plutôt simple, c'est lourdingue quand on n'a pas des poulpes en guise de mains.

Enfin, cerise sur le gâteau, l'IA qui joue comme un enfant de 5 ans. Incapable de suivre un semblant de stratégie pour espérer vous contrer, elle se contente d'enchaîner des actions idiotes et vaines. Visiblement conscient de cette faiblesse, les développeurs ont tenté de la corriger artificiellement en imposant des conditions de victoire paraissant de plus en plus difficiles, voire ridiculement difficiles, exactement comme votre neveu en bas-âge qui, après s'être pris une série de branlées contre vous à Tekken, finit par vous dire "Bon, pour le prochain match tu prends le pire mec, je prends le mieux, tu me laisses te taper 5 fois avant de commencer à jouer, et t'as le droit d'utiliser que les coups de poing". Ici, on vous attribue de moins en moins de cartes, de soldats, de temps pour remporter la victoire, on place plus d'obstacles naturels sur votre route... et au final, l'IA ne parvient même pas à en tirer partie, continue à jouer n'importe comment et se fait mettre minable à chaque fois (il est peu probable que vous ayez besoin de plus d'une seule tentative pour remporter chacun des 24 niveaux du jeu).

Au final, je dois avouer que je me suis quand même donné la peine de terminer le jeu, ce qui n'aurait pas été le cas s'il avait été totalement nul, donc malgré ses très nombreux défauts, sans doute dûs à une inexpérience totale de ses créateurs en matière de design de jeu de stratégie, il faut admettre que Battles of Prince of Persia reste un titre qui peut permettre de faire patienter les inconditionnels du genre en attendant le prochain
Advance Wars. Mais clairement, si vous n'êtes pas fan de stratégie au tour par tour, ou si vous l'êtes mais n'avez pas encore fait le tour des incoutournables du genre, vous pouvez laisser BoPoP traîner encore quelques mois dans les bacs de soldes avant de vous décider à l'acheter. 

Partager cet article

Repost 0

commentaires