Lundi 31 mars 2008
Si le nom de Trevor Chan n'est pas aussi connu dans le monde du jeu vidéo que ceux de "stars" comme Peter Molyneux, Will Wright, Warren Spector, John Romero ou même American McGee, c'est quand même le type à qui l'on doit la série des Capitalism, qui est aujourd'hui encore dans les mémoires de tous les amateurs de jeux de gestion bien touffus. Il est aussi l'auteur des Seven Kingdoms, des jeux de stratégie un peu tombés dans l'oubli mais originaux. Et si je vous en parle aujourd'hui, c'est parce que c'est encore lui qui est à l'origine de cette adaptation sur PC des aventures de la mascotte du plus célèbre borgne de France sortie chez nous sans grand bruit il y a 4 ans. Avouez tout de même que c'était le jeu idéal pour conclure ce mois de mars, déclaré mois de l'histoire des femmes par nos amis américains.

Je ne le savais même pas en achetant ce jeu, et ça m'a pas mal rassuré, parce qu'à la base, un titre publié par Nobilis et échoué dans une foire-à-la-merdouille, c'est vraiment le genre de machin que je prends pour alimenter le site parce que ça coûte que dalle, mais dont je n'espère jamais vraiment grand'chose. Mais là, bon, Trevor Chan quoi, merde. Capitalism II, c'était pas du tycoon à 3 balles comme on en voit fleurir de nos jours, c'était du solide, du vrai jeu qui en a sous le capot. Du coup, ce Jeanne d'Arc avait des chances de valoir mieux que le sort qui lui est réservé...

Une intro "à l'hollywoodienne" donne le ton du jeu : on y voit divers personnages historiques, armés et armurés comme des guerriers de Warhammer, se démener sur un champ de bataille à coups d'attaques spéciales montrées au ralenti. Après avoir vu le Duc d'Alençon manier la hallebarde façon Jet Li ou La Hire faire trembler la terre d'un coup de masse, on s'attend presque à voir débarquer le Bâtard d'Orléans à dos de dragon, où Jésus descendre de sa croix pendant que Jeanne prie, pour un "high five". Jeanne d'Arc sur PC, ce n'est pas le 15ème siècle austère qu'on peut voir dans Knights of the Cross ou The Guild, c'est un 15ème siècle jeune et pêchu, un 15ème siècle à effets spéciaux qui sait que Luc Besson et le Seigneur des Anneaux sont moins chiants que les cours d'histoire, dans lequel vous devrez contrôler une Lara Croft médiévale qui, toute pimpante dans son armure moulante, boutera l'Anglois hors de France avec des 12-hit combos dans un jeu d'action à la Dynasty Warriors.

Le Duc d'Alençon et sa fameuse technique dite de la
"Hallebarde de Shaolin"


La première mission du jeu vous apprend les bases : déplacer la Jéhanne, frapper en finesse ou en force, réaliser des combos, parer, utiliser son arc, et aussi, comme c'est un "action-RPG", à gérer l'inventaire et les points d'expérience des différents personnages (car la Pucelle est souvent accompagnée d'un ou plusieurs autres héros). Les 1ers combats sont simples et dynamiques, les commandes répondent plutôt bien (même si les mouvements de souris ont tendance à envoyer la caméra dans l'herbe ou à perdre Jeanne au milieu d'un groupe d'assaillants), le jeu fait assez "console" (il y avait d'ailleurs un portage prévu sur XBox, qui n'a finalement jamais vu le jour) mais c'est loin d'être désagréable, et c'est plutôt une bonne surprise pour un jeu à 4 euros.

Ah tiens, Jeanne s'est déniché un hobbit,
la Communauté va pouvoir se mettre en route.

Le niveau suivant est bien plus consistant, puisqu'il faudra cette fois défendre une ville assiégée. Vous avez d'abord la possibilité de dépenser quelques pièces d'or chez le forgeron et l'épicier et à ce niveau-là, il faut avouer que malheureusement, le choix d'articles proposé est plutôt restreint et décevant, c'est pas vraiment du Diablo. Une seule armure (très chère), une seule amulette, des flèches pour l'arc, de la bouffe pour restaurer les points de vie, et c'est tout. Les armes supplémentaires et les meilleures amulettes seront à ramasser sur les ennemis vaincus. Pas trop grave, mais dommage quand même.

Les livres d'Histoire en parlent peu,
mais quand elle se retrouvait cernée de toutes parts par le vil envahisseur bourguignon,

la Pucelle aimait à placer un combo de 48 coups pour se tirer d'affaire.

Une fois équipée, Jeanne doit vite contenir l'attaque de l'armée ennemie qui s'est infiltrée dans le château et commence à massacrer la population, puis il lui faudra grimper sur les remparts pour repousser les troupes qui bombardent la muraille à coups de canons, et enfin partir libérer les camps alentours. Pour le joueur, c'est là que ça passe ou ça casse : le niveau de difficulté grimpe de façon surprenante par rapport au 1er niveau, et le gameplay se révèle vraiment très bourrin et répétitif. Ca ne plaira pas à tout le monde, mais si un petit hack'n'slash à l'action bien nerveuse n'est pas du genre à vous rebuter, vous prendrez sûrement plaisir à moissonner des vagues de soldats ennemis à grands renforts de gros combos d'arme blanche façon God of War.

Chaque héros peut également se battre à cheval,
bon moyen d'aller calmer rapidement les archers qui harcèlent ses compagnons
tandis qu'ils affrontent spadassins et hallebardiers.

Une fois le niveau bouclé, Jeanne continuera sa libération des villages et camps autour d'Orléans en compagnie de Jean de Metz puis de La Hire, respectivement le jeune bellâtre et le gros costaud de service. Cette fois, on pourra même récupérer des chevaux, bien pratiques pour avancer plus vite, éviter les flèches, et tailler plus facilement dans un gros tas de rosbifs. On peut passer d'un personnage à l'autre pour éviter que ce ne soit toujours le même héros qui engrange tous les points d'expérience, car à moins de jouer comme une buse et de laisser les compagnons se taper tout le boulot, c'est le héros contrôlé par le joueur qui accumulera l'expérience le plus vite. A vous de voir si vous voulez faire de Jeanne de niveau 20 tandis que les garçons peinent à grimper au niveau 10 ou si vous préférez essayer de garder une équipe un peu plus équilibrée.

La gestion des capacités et de l'inventaires des héros se fait "à la Diablo"
mais à ce niveau-là on est assez loin de la richesse du titre de Blizzard.


Malgré les différences d'armes et de styles, et malgré la possibilité de débloquer de nouveaux coups avec l'expérience, le jeu reste quand même répétitif : on frappe, on court, on frappe, on frappe, on frappe, on tire à l'arc, on court, on frappe... Cela dit, comparé à un
Starship Troopers testé ici pas plus tard qu'hier, l'expérience de jeu est bien plus satisfaisante : certes l'ambiance sonore du champ de bataille est presque aussi foireuse, mais pour le reste, un grand moulinet d'épée qui envoie 10 hommes en armure au tapis en même temps, ou un "90 combo" à l'écran, ça flatte bien mieux les instincts primaires de l'amateur d'action débridée qu'un fusil à la portée de 5 mètres qui surchauffe au bout de 3 rafales.

Régulièrement, on peut discuter avec des PNJ, et parfois les recruter,
comme ici avec La Hire et sa massue à ondes de choc.


Ce qui inquiète un peu c'est qu'après plusieurs heures de jeu, on n'a toujours pas vu trace des phases de STR promises sur la jaquette. Parce que oui, officiellement, Jeanne d'Arc n'est pas qu'un jeu d'action, il y a aussi de la stratégie. Ca finit par arriver, bien tard dans le jeu... On peut alors prendre les commandes de troupes à plus grande échelle pour attaquer l'ennemi, tout en gardant la possibilité de revenir en mode "action" pour prendre le contrôle de l'un des héros, un peu à la Kessen (après Dynasty Warriors et God of War, encore un jeu PS2, décidemment). Et à vrai dire, c'est ce qu'on fera la plupart du temps, parce qu'il est paradoxalement bien plus facile d'envoyer ses personnages déblayer le terrain l'épée à la main tout seuls, même s'il y a 50 ennemis sur le chemin, que de contrôler l'armée et de l'envoyer là où il faut. Dommage que la partie stratégie, qui aurait apporté un peu de variété au gameplay, soit ainsi ratée.

Le fait de pouvoir y utiliser armes de sièges et pièces d'artillerie
est sans doute la seule raison qui pousse à utiliser un peu le mode STR
et à ne pas jouer à 100% en mode action.


Au final, il est clair que ce Wars and Warriors (je suppose que ça devait être le thème de toute une série de jeux, mais Jeanne d'Arc est le seul épisode jusqu'à présent) n'est pas le jeu du siècle ni la plus grande réussite de son créateur. La partie stratégique est plus que décevante, n'arrive que vraiment tard dans le jeu, et la partie hack'n'slash ne brille pas par la variété de l'action ni par la liberté laissée au joueur, qui se contente la plupart du temps de suivre un sentier bien délimité en tuant tout ce qui bouge. La durée de vie risque d'être écourtée par la lassitude, même si les niveaux sont longs (le 1er se boucle en 20 minutes, mais par la suite il faut compter facilement 1h30 par niveau, et c'est un minimum). D'ailleurs, ils sont trop longs. Néanmoins, le prix très bas, la rareté du genre sur PC et un côté bien défoulant m'incitent personnellement à l'indulgence : à doses raisonnables, Jeanne d'Arc peut être très fun et attachant.
par Toxic publié dans : Test (PC) communauté : CULTURE JEUX VIDEO
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Dimanche 30 mars 2008
Le controversé film de Paul Verhoeven avait déjà fait l'objet d'une 1ère adaptation sous forme de STR à l'époque où il sortait 50 STR par semaine, voilà sa 2ème apparition cette fois sous forme de FPS, sortie à l'époque où il sortait 50 FPS par semaine. De là à dire que Starship Troopers est condamné à être réexploité tous les 5 ans par des développeurs opportunistes utilisant un nom connu pour fourguer un produit médiocre dans un genre à la mode... Qui sait ce que donnera le jeu Starship Troopers de 2010 hein ? Un crossover Léa passion Starship Troopers, qui permettra d'élever un arachnide de compagnie sur sa DS ? Un party-game minable sur Wii ? Un GTA: Klendathu sur XBox 360 ? L'avenir nous le dira, mais en attendant, intéressons-nous donc à ce titre dont les nombreux exemplaires invendus s'écoulent maintenant dans les solderies.

Attention, séquence "je raconte ma vie parce que c'est un blog ici après tout" : un jour que je fouinais dans le bac à 5 euros du rayon jeux vidéos d'un magasin aujourd'hui disparu, mon attention avait été attirée par une preview du jeu franchement alléchante qui tournait en boucle sur un écran de démonstration. Directement inspirée d'une scène du film, la vidéo réalisée avec le moteur du jeu montrait la défense d'une base au milieu du désert assaillie par des centaines de bestioles, ça avait la pêche et ça donnait bien envie, au point que je me disais déjà "j'aime pas trop les FPS mais celui-là, quand il sort, j'achète !" La désillusion a été cruelle quand, longtemps après, le jeu est finalement sorti et a été unanimement descendu par la presse. Mais il était dit que je l'aurais quand même un jour et que la boucle serait bouclée, puisqu'après un tour dans le bac à merdes pas chères d'une autre boutique, j'ai pu l'acheter pour vérifier s'il s'agissait de l'un de ces vilains petits canards injustement boudés par la critique, ou bel et bien une bouse... Voilà, fin de la séquence "racontage de vie", mais que voulez-vous, quand il n'y a pas grand chose à dire sur le contenu d'un jeu il faut bien faire un peu de remplissage.

Les décors ne sont ni très beaux ni très variés mais quelques scripts y apportent un peu de vie,
comme ici avec cet infirmier qui traîne un blessé en lieu sûr avant de le soigner.


Située 5 ans après les événements du film, l'action du jeu vous emmène à l'assaut de la planète Hesperus alors que celle-ci est victime d'une invasion arachnide. La première chose qui frappe, c'est que les voix VF font bien pitié, et la deuxième, c'est que c'est un peu débile d'utiliser des extraits de l'adaptation ciné du roman de Heinlein pour illustrer une intrigue qui met en scène d'autres personnages sur une autre planète à une autre époque. Bref, une fois passé le briefing et lâché dans le jeu lui-même, on pourra être un peu déçu par le fait que graphiquement, le jeu ne soutient pas la comparaison avec un autre FPS futuriste pourtant plus ancien : Les Chroniques de Riddick. Malgré quelques effets sympa (la déformation à travers la vitre de l'ascenseur par exemple), c'est pas très beau.

Escouades se mettant en position, vaisseaux larguant des troupes fraîches,
explosions, soldats apeurés se planquant dans des recoins, cadavres démembrés,
en apparence les éléments étaient là pour plonger le joueur dans une ambiance guerrière...


On appréciera par contre l'effort réalisé pour donner un peu de vie au premier environnement visité, une base spatiale servant de niveau didacticiel, puisque ça grouille de PNJ (avec lesquels vous ne pouvez malheureusement pas interagir) vaquant à leurs occupations. Ce petit bon point sera hélas vite occulté dès que vous aurez vos premières armes entre les mains, car leur feeling est sacrément pourri. Aussi bien sur le plan visuel qu'au niveau des effets sonores, on a grosso modo l'impression d'être en train d'imiter le célèbre
Roi Heenok et ses légendaires "brrrla brrrla", pas de s'entraîner à manier de bonnes grosses pétoires destinées à faucher de l'insecte géant par paquets de 500.

Au début de la première grosse fusillade, l'un des gars lâche une petite phrase
qui malheureusement résume assez bien les combats du jeu : "Un de moins, plus qu'un million !"


Et ça mes amis, dans un jeu qui consiste la plupart du temps à mitrailler des nuées d'insectes arrivant à flot continu, c'est vraiment, vraiment très dommage. Les ennemis n'étant que des insectes décérébrés, on leur pardonnera d'avoir une IA minimaliste limitant leur stratégie à "je fonce droit sur le joueur en espérant le noyer sous le nombre et tant pis si on se fait tous buter", mais dans ce cas, puisque l'intérêt des combats n'est pas à chercher dans la mise à l'épreuve de la ruse, de l'organisation ou de l'habileté du joueur, la moindre des choses aurait été de rendre un peu plus spectaculaire et défoulante cette boucherie échevelée. Après tout, simplement foncer sur un champ de bataille bien furieux en déchiquetant des troupeaux de bestioles à la gatling ou en cramant des essaims entiers au lance-flammes, ça aurait pu être jouissif à défaut d'être subtil. Mais non, il faut se contenter de vider mollement chargeur après chargeur sur des vagues successives d'ennemis tous identiques pour pouvoir déblayer le terrain et avancer jusqu'au prochain "point chaud" du niveau où, à nouveau, il faudra se trouver un petit coin à couvert d'où arroser un million de bébêtes avec sa petite mitraillette miteuse avant de courir jusqu'à l'objectif suivant.



Comme le blog du joueur radin version 2.0 n'arrête jamais d'évoluer pour rester toujours à la pointe de la technologie, après l'ajout de musique j'inaugure aujourd'hui les vidéos avec l'extrait du jeu ci-dessus, réalisé par mes soins. Je sais, c'est court et la qualité n'est pas exceptionnelle, mais si vous multipliez à l'infini ces 30 secondes vous aurez une bonne idée de ce à quoi ressemble le jeu. On se poste dans un coin à l'abri et on tire, on tire, on tire, jusqu'à ce que des monceaux de cadavres d'arachnides finissent par obstruer la vue. Quand ça se calme, on continue d'avancer dans le niveau qui, bien qu'il soit à ciel ouvert, n'en reste pas moins un grand couloir ne laissant que fort peu de liberté d'action, et quand on aperçoit le prochain troupeau, on s'arrête et on arrose à nouveau la zone pendant 5 minutes non-stop avant de reprendre sa course.

Les armes ont toutes leurs points forts et leurs points faibles,
les points faibles pouvant tous se résumer à "elles sont merdiques".


Bien sûr, de temps en temps, il y a un nouvel objectif censé donner un peu plus de variété à l'action. Avancer à l'abri alors que l'ennemi pilonne le sol de ses tirs de plasma. Explorer une grotte infestée pour y trouver un objet particulier. Protéger un ingénieur pendant qu'il effectue des réparations. Mais ces missions aboutissent toutes à la même chose : oui, vous avez deviné, on avance jusqu'à une nuée d'insectes, on s'arrête et on tire dans le tas jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus un seul qui bouge, on repart.

Ici, il faut protéger l'ingénieur (à gauche) tandis qu'il réactive une clôture anti-bestioles.
Evidemment,  son IA est aussi développée que la leur et il a la fâcheuse habitude
de foncer directement vers son prochain objectif même si 8.500 monstres lui barrent la route,
et qu'on est encore occupé à nettoyer la zone autour de soi pour éviter une mort rapide,
ce qui rend la mission particulièrement pénible.


Je n'ai rien contre les plaisirs simples : je suis de ceux qui ont passé beaucoup de temps sur la borne d'arcade
Terminator 2, et même sur son portage Game Gear, c'est vous dire. Et l'action y était là aussi basique et répétitive : flinguer, flinguer, flinguer, en ne s'interrompant que de temps en temps pour ne pas que l'arme surchauffe, exactement comme dans Starship Troopers. Mais ça fonctionnait, parce qu'il y avait une putain d'ambiance et que le jeu était défoulant, ce qui n'est pas du tout le cas ici puisque tout ce qui aurait dû créer l'ambiance nécessaire à l'appréciation d'un jeu bourrin est raté : bruitages, voix et armes sont ridicules, les ennemis tous identiques ne représentent une difficulté que par leur nombre colossal, et la "vie" qui anime le champ de bataille (blessés qui rampent ou se cachent, (escouades qui défendent des positions ou partent à l'attaque, coéquipiers qui se font cisailler par un insecte bondissant hors d'une cachette...), se révèle trop vite artificielle et décevante, puisque tous les événements sont scriptés et qu'il est impossible d'interagir avec qui que ce soit.

L'un des événements scriptés qui animent le champ de bataille :
un arachnide bondit sur un soldat et le coupe en deux d'un coup de mandibules.
Ouais, cool, c'est comme dans le film.
Sauf qu'ici c'est un jeu, et qu'on aimerait ne pas rester simple spectateur.

Répétitif, ennuyeux, mal foutu, le jeu donne rapidement envie de récupérer les 4 Go d'espace disque qu'on a été contraint de lui accorder à l'installation. Il est des jeux qui ne valent pas le coup à leur sortie parce que 50 euros c'est trop cher payé pour si peu, ou parce qu'il leur manque un bon gros patch pour corriger leurs défauts ; celui-ci, même payé 3 € et patché bien comme il faut, reste une merde sans aucun intérêt. Les fans de Starship Troopers préféreront tout simplement se repasser le film plutôt que de s'infliger cette séance de désinsectisation bien lourdingue.
par Toxic publié dans : Test (PC) communauté : CULTURE JEUX VIDEO
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Vendredi 28 mars 2008
undefinedSi aujourd'hui la pauvre fille n'est plus qu'un naufrage ambulant dont les anciens fans se sont désormais détournés au profit de musiques et modes encore bien pires, les rayons de soldes de jeux portent encore la trace de sa gloire passée, d'une époque où la demoiselle était encore suffisamment vendeuse et sexy pour justifier la mise sur le marché de divers produits dérivés mettant en avant ses courbes et ses gesticulations, comme ce jeu décliné sur les supports les plus populaires en ce temps, à savoir la PS2, la Game Boy Advance, et sur PC donc pour la version traitée ici.

Pour fêter l'arrivée de musique sur le blog, il était temps que je me décide à essayer cette couillonnade, piochée pour rigoler dans le bac à 3 euros en des temps immémoriaux, et qui moisissait depuis longtemps dans ma pile de jeux à tester.

A la différence d'un certain pédophile s'étant imaginé en
sauveur d'enfants, de divers rappeurs abrutis se fantasmant en gros durs champions d'arts martiaux, ou de rockeux chevelus ayant prêté leurs morceaux à des rail shooters ou des FPS, THQ a choisi une façon un peu plus modeste et logique de mettre en scène sa starlette, puisque que Britney's Dance Beat est tout simplement un jeu de rythme, dont la réalisation a été confiée à un développeur spécialisé dans l'exploitation de licence à deux balles, puisqu'on doit aux "Hyperspace Cowgirls" des jeux basés sur les Cheerios, Stuart Little ou encore Spirit l'étalon des plaines, autrement dit rien que du titre de qualité pour authentiques hardcore gamers donc.

Le jeu vous place dans la peau d'un jeune danseur désireux de faire partie de l'équipe de Britney Spears pour sa tournée mondiale. Après avoir choisi votre personnage, il faudra participer à plusieurs auditions avant de finalement être retenu pour danser en concert. Et si vos prestations scéniques plaisent à la patronne, vous gagnerez finalement l'honneur de danser directement à ses côtés.

Un choix impressionnant de pas moins de 7 personnages moches est proposé,
mais vous pourrez par la suite n'en débloquer aucun autre parce qu'il n'y en a vraiment que 7 en tout.
Enrique a un tatouage, signe de sa rebelle attitude, il ne pouvait que me séduire.


Concrètement, tout ça se présente sous la forme de 7 niveaux au cours desquels il faudra appuyer aux bons moments sur les bonnes flèches du clavier tandis qu'elles défilent à gauche de l'écran au rythme d'une chanson de l'ex-sociétaire du Club Mickey dont le clip est diffusé sur un petit écran derrière les personnages. Si vous réussissez, vous verrez votre personnage danser, sinon, vous le verrez attendre comme un con la prochaine combinaison de touches. Plus vous dansez, plus vous marquez de points, il y a même des bonus si vous réussissez une longue combinaison sans vous planter, mais plus vous ratez, plus votre "barre de vie" se vide et plus vous risquez d'être recalé.

Séance d'entraînement inutile vu la facilité du jeu.
Enrique le rebelle se déhanche virilement dans un décor splendide
où même les meubles sont des autocollants posés au mur.


La description n'aura pas beaucoup surpris les habitués des jeux de rythme et jeux de danse puisque c'est grosso modo toujours le même principe à chaque fois depuis des ancêtres comme Bust-a-Groove il y a 10 ans. Le gameplay dans ce type de jeu est toujours assez basique ; après, en fonction de la qualité musicale ou des petites touches d'originalité, certains titres se démarquent, d'autre pas...

1ère audition, Enrique le rebelle tektonique sa race
sur fond de textures chatoyantes


Certains jeux de rythme peuvent être très fun même quand la musique n'est pas de toute première qualité, Elite Beat Agents sur Nintendo DS en est la preuve, on s'amuse bien malgré son fort contenu en chansons de daube. Ce n'est malheureusement pas le cas de celui-ci car, outre le fait qu'on doive se farcir du Britney Spears, la partie ludique elle-même est franchement indigente.

Enrique le rebelle a enfin réalisé son rêve :
lever la patte auprès d'une pouffe qui faisait fantasmer les gens au siècle dernier


En effet, Britney's Dance Beat ne propose que 5 chansons + 2 remixes et 3 environnements, tout est terriblement laid, les danseurs répètent inlassablement les mêmes mouvements crétins sans jamais vraiment sembler en rythme avec la musique, et le gameplay est aussi simpliste que mou. D'une facilité insultante même si l'on considère qu'il s'adresse plutôt au jeune public, le jeu nécessite à peu près une demi-heure pour en faire le tour complet, et les seuls bonus à débloquer sont des vidéos, rien qui ne donne envie de rejouer une fois la partie gagnée.

Enrique s'est planté en beauté et Britney paraît bien dégoûtée.
Notre danseur rebelle n'a plus qu'à retourner se prostituer.


Même les fans de l'immortelle auteur de Baby One More Time et autre I'm a Slave 4U ne pourront que se sentir floués devant l'extrême pauvreté du contenu, la cruelle absence de difficulté et d'amusement ; quant aux fans de jeux de rythme, même sur PC où le genre est moins présent que sur consoles, ils trouveront quand même facilement mieux que ça. Britney's Dance Beat est d'une nullité absolue, et ne fera même pas rigoler les amateurs de jeux de série Z, vous êtes prévenus !
par Toxic publié dans : Test (PC) communauté : CULTURE JEUX VIDEO
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Jeudi 27 mars 2008








Comme certains l'ont sans doute déjà remarqué, pour fêter dignement le 40ème article du blog, j'ai décidé d'ajouter de quoi sonoriser votre lecture. Oui j'aurais peut-être dû prévenir avant, pour éviter que ceux qui consultent le site depuis le bureau se retrouvent avec la chanson des pirates de Monkey Island dans les hauts parleurs par surprise au moment où leur chef passait s'informer de l'état d'avancement de leur travail sur le dossier De Mesmaeker, mais avouez quand même que c'est une idée formidable et que vous êtes ravis d'avoir désormais la possibilité d'écouter des morceaux savamment sélectionnés tout en lisant les tests, rien qu'en cliquant sur le petit lecteur au-dessus de la jaquette du jeu. C'est beau la technologie quand même.
par Toxic publié dans : Actualités et couillonnades diverses
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Jeudi 27 mars 2008
Nos chers voisins germains pondent des jeux de gestion comme les Japonais pondent des jeux de viol. Rien que sur ce blog, il y avait déjà de la gestion à la teutonne dimanche dernier (et en plus c'était la suite d'un autre jeu testé ici), et en voici donc à nouveau aujourd'hui (et vu la constance avec laquelle ces productions viennent s'échouer sur les rivages de nos rayons "petits prix", attendez-vous à en revoir à l'avenir).

Loin de la grisaille de l'Europe du 15ème siècle, c'est sous le soleil des Caraïbes du 17ème siècle que se situe l'action de Port Royale 2. Assez similaire à l'antique Corsairs de Microïds, et dans une moindre mesure au presque aussi ancien Sea Dogs, il vous propose de gérer d'abord un navire, puis toute une flotte, et d'écumer les mers en quête de richesses à obtenir soit par le commerce, soit par le pillage de vos adversaires. Au départ du jeu, vous choisissez l'une des 4 nations se partageant cette région chère aux elfes efféminés, aux anorexiques à bouche collagénée et aux maris de Vanessa Paradis à dreadlocks, à savoir l'Espagne, la France, la Hollande et l'Angleterre, mais vous êtes libre de traiter avec qui vous voulez tant que votre engagement auprès de votre nation d'origine se limite à convoyer des marchandises comme un brave et honnête marchand.

Si les activités proposées par le jeu ne se limitent pas au commerce, à vos débuts c'est à ça que vous passerez le plus clair de votre temps. Il y a une vingtaine de denrées disponibles dans le jeu (du blé, du bois, du chanvre, du rhum, des cigares...), et l'offre et la demande pour celles-ci varie selon les ports ; à vous donc d'acheter là où c'est moins cher pour revendre là où c'est le plus cher, sachant que de toutes façons les prix fluctuent, donc ne vous attendez pas à simplement pouvoir refaire éternellement le même aller-retour pour voir l'or couler à flots dans vos coffres, c'est un peu plus compliqué que ça.

Graphiquement, ce n'est pas immonde mais évidemment
on est loin de la finesse d'une production à gros budget comme
Anno 1701

Quand vos voyages de commerce vous auront rapporté suffisamment d'argent, vous pourrez prétendre à un rôle un peu plus gratifiant que celui de simple colporteur de cacao et de café. Il est ainsi possible d'établir vous-mêmes plantations et fabriques afin de vendre votre propre camelote au lieu de trimballer celle des autres. Mais les plus aventureux voudront acheter une "lettre de marque" à un gouverneur afin de devenir corsaire, c'est-à-dire avoir l'autorisation officielle de s'en prendre aux flottes des nations ennemies de celle que vous avez choisi de servir, et de conserver tout navire capturé et tout butin obtenu.

Bien entendu, si vous êtes téméraire, vous pouvez dès le début armer votre petit navire et vous mettre à attaquer qui vous voulez. Cela étant dit, au lancement de la partie, vos maigres finances ne vous permettront pas d'acquérir un vrai vaisseau de guerre et sans lettre de marque, ouvrir le feu sur qui que ce soit relève de la simple piraterie et ne vous attirera pas de nouveaux amis, même pas parmi les ennemis de ceux que vous avez dépouillés ou coulés ; en revanche cela mettra à vos trousses une nuée de flotilles revanchardes... Autrement dit, c'est un très gros risque qui risque d'entraîner une fin de partie assez rapide.

Les petites icônes sur la carte permettent de surveiller les pénuries dans les différentes villes,
et ainsi d'espérer améliorer votre réputation (et vos finances) en apportant précisément ce dont elles ont besoin.


Commerce, gestion de construction et de production, combat naval et même un mini-jeu de cartes pour vous enrichir dans les tavernes... voilà qui paraît varié en théorie, et tout cela serait bel et bon si Port Royale 2 ne souffrait de défauts récurrents chez beaucoup de jeux de gestion : un démarrage trop lent, et une grande répétitivité. Bien sûr, il est évident que le principe même du genre veut que l'on commence petit et que l'on bâtisse son empire sur le long terme en y travaillant intelligemment. Malheureusement, si démarrer petit signifie carrément passer les 3 premières heures de jeu à faire 8.000 allers-retours entre les 6 ports les plus proches pour acheter et vendre les 4 ou 5 mêmes produits jusqu'à ce que l'accumulation de bénéfices misérables finisse quand même par permettre de s'offrir un navire de guerre et des canons pour partir en quête de sources d'argent facile, sans grand chose à faire à côté pour rompre la monotonie, le risque est gros de trouver le temps long. Alors c'est vrai, j'exagère un peu, mais c'est quand même vrai qu'il est difficile de s'assurer de bons revenus par le biais du commerce, au point que personnellement j'avais souvent l'impression de gagner bien plus de fric par voyage en jouant au "Pirate Manchot" à la taverne qu'en fourguant des marchandises, ce qui à la limite aurait pu être un moyen plaisant de patienter en attendant la fortune, si ce jeu de cartes avait eu un peu plus de profondeur... La possibilité de pouvoir faire également un peu de piraterie sans se faire rétamer dès son 1er combat ou, en cas de victoire, devenir instantanément l'homme le plus recherché des Caraïbes, aurait été un bon moyen de tuer le temps avant de pouvoir se racheter une respectabilité, malheureusement les finances attribuées au joueur en début de partie sont beaucoup trop faibles et rendent la chose suicidaire.

Les parties de cartes à la taverne
représentent souvent une meilleure rentrée d'argent que le commerce...


Et le pire, c'est que même une fois acquis un statut vous autorisant à vous faire missionner par les gouverneurs, même une fois pourvu de lettres de marque en bonne et due forme et de canons pour votre ou vos bateaux, le jeu ne devient pas spécialement passionnant pour autant. Les combats navals sont amusants un moment mais pas de quoi sauter au plafond, pas de quoi baser tout un jeu là-dessus...

Au cours des combats, vous avez la possibilité de couler l'ennemi à coups de canon,
ou de l'aborder pour pouvoir piller le navire, voire l'intégrer à votre flotte.


Ce qui est dommage c'est qu'à mon avis, le jeu a quand même des bases suffisantes pour qu'on puisse penser que quelques petits changements auraient pu le faire passer de "pas franchement atroce, mais raté" à "pas vraiment un grand titre, mais un chouette petit jeu". Ne serait-ce que permettre au joueur de démarrer la partie avec un navire prêt au combat, plutôt que de devoir dilapider tout son maigre pactole de départ dans quelques canons et un équipage tout ça pour se prendre rapidement une sévère branlée. Ou rendre les activités commerciales plus lucratives et moins monotones, et l'interface moins lourdingue, afin d'accélérer le rythme du jeu. Au lieu de ça, il faut se farcir de constants va-et-vient sur la carte et dans les menus, passer son temps à remballer sa marchandise pour aller la vendre ailleurs parce que le prix pour tel produit a trop chuté là où l'on espérait l'écouler... Quant à faire construire ses propres installations, les problèmes de pénurie de main d'oeuvre et les sommes à investir ont de quoi décourager rapidement.

En cas d'abordage, il arrive que le capitaine adverse propose d'éviter un bain de sang
en réglant l'affaire entre gentlemen au cours d'un mini-jeu de duel vilain, basique et trop facile


Le genre "simulation de pirates et corsaires" manque vraiment cruellement de bons jeux (moi, même le remake de Sid Meier's Pirates! m'a vite gavé) et ce n'est hélas pas encore celui-ci, avec son potentiel gâché, qui comblera les attentes des amateurs frustrés. Certes nettement moins mauvais que l'add-on de The Guild 2 consacré aux pirates, il se révèle vite trop limité et lassant et on lui préférera finalement un bon vieux Sea Dogs, à condition bien sûr de réussir à en trouver un exemplaire. Néanmoins, son très faible prix et la relative rareté du genre pourront amener les plus mordus de gestion et de flibuste à une certaine indulgence.
par Toxic publié dans : Test (PC) communauté : CULTURE JEUX VIDEO
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Mardi 25 mars 2008
Deux jours de suite qu'il n'y a plus de nouveau test ici après trois semaines de mise à jour quotidienne du site, ça craint. Et le pire c'est que je suis en vacances depuis samedi et que j'espérais avoir plus de temps libre pour jouer et écrire, et en fait c'est raté.

Je mets quand même ceci en ligne aujourd'hui parce que je voulais vous poser une question, mes chers lecteurs : dans la mesure où, contre toute attente, c'est le test de Total Extreme Wrestling 2007 qui a été l'article le plus consulté ici (et de très loin), je me demandais si par hasard vous aviez été nombreux à essayer la démo voire à acheter la version complète, et si oui, j'aimerais savoir si par hasard vous seriez intéressé par un petit guide de jeu (ouais je repompe l'idée du guide de jeu à mon estimé confrère de PC Pizza).

Alors pour une fois, ne faites pas les timides, soyez un peu plus nombreux à vous exprimer que d'habitude, que je sache si je dois plutôt me concentrer sur les prochains tests (je sais que certains voulaient voir Guild Wars ici, ça vient, ça vient) ou si ça vaut le coup de consacrer du temps à la rédaction d'un guide de jeu.
par Toxic publié dans : Actualités et couillonnades diverses
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Lundi 24 mars 2008
Pour aujourd'hui normalement, je devais tester du lourd, du pas banal, du magnifique jeu de daube à 2 € pour solderie : rien moins que Zoom : Mission Paparazzi, jeu allemand distribué chez nous par Nobilis, et avec des mots comme "jeu allemand" et "Nobilis" dans la même phrase, c'est dire si la qualité promettait d'être au rendez-vous. Le dos de la jaquette nous menaçait même d' "une bonne dose d'humour", ce qui, venant de la part de nos chers voisins d'outre-Rhin, et sans anti-germanisme primaire de mauvais aloi, est souvent signe d'une attaque sur nos zygomatiques d'une subtilité kolossale. D'ailleurs le texte de la jaquette commence par "paparazzi... mais presque !", signe qu'on va bien rigoler avec ce jeu.

Malheureusement et alors que je me réjouissais déjà de tester un petit nanar vidéoludique bien craignos, mon ordi a refusé de me laisser y jouer, sans doute dans un réflexe d'autodéfense. Dès que je lance la 1ère mission, boom, redémarrage de la machine en plein écran de chargement. Je ne sais pas si c'est le jeu lui-même qui est foireux, de toutes façons il n'y pas de patch, ou si c'est juste une des facéties dont mon PC est coutumier, toujours est-il qu'après plusieurs essais s'étant tous soldés par un reboot intempestif, et après plusieurs tentatives pour mettre à jour le pilote de ma carte graphique des fois que le problème vienne de là, tentaive infructueuse parce que ma machine est VRAIMENT bien pourrie et que l'installation du nouveau driver refuse de se lancer, j'ai fini par abandonner pour cette fois-ci.

Alors voilà, le jeu reste sur ma pile "à tester" parce que j'ai quand même l'espoir de voir un jour à quoi une connerie pareille peut ressembler pour pouvoir vous en parler ensuite ici, mais évidemment ce ne sera pas pour ajourd'hui. En attendant donc, pas de nouveau test dans l'immédiat, vous n'avez qu'à aller rejouer à ce truc qui est sans doute tout aussi con mais mieux foutu que le jeu auquel vous avez échappé :


par Toxic publié dans : Actualités et couillonnades diverses
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Dimanche 23 mars 2008
Si vous venez régulièrement ici, vous avez peut-être déjà lu le test de Europa 1400 : Les Marchands du Moyen Âge. Eh bien, comme son titre ne l'indique pas très bien, The Guild 2 en est la suite, et cette version "Gold" y adjoint l'add-on Pirates of the European Seas, sorti opportunément pour profiter du retour à la mode de nos amis à bandeau sur l'oeil et jambe de bois initié par Disney et Johnny Depp.

Je n'avais pas détesté Europa 1400, je trouvais même le concept intéressant, et le jeu plein de bonnes idées, même s'il se révélait plombé par des mécanismes lourdingues et monotones qui le rendaient vite très chiant. Du coup, j'espérais que cette suite, ou plutôt ce remake, parviendrait à corriger ces gros défauts et à mieux exploiter son originalité...

Le didacticiel donne malheureusement l'impression que le jeu n'a pas beaucoup changé en 4 ans, impression hélas confirmée quand on se lance dans une vraie partie. Les graphismes ont été améliorés mais le résultat n'est pas bien beau pour autant (les personnages, notamment, ont toujours des gueules atroces), et le gameplay est identique à quelques petites différences près, différences pas toujours bienvenues d'ailleurs (par exemple, vous ne pouvez plus avoir qu'un seul enfant à la fois !). On se créé un personnage, on répartit quelques points entre différentes caractéristiques (charisme, marchandage, constitution...), on choisit un corps de métier, et c'est parti pour une vie dédiée à l'enrichissement par le biais d'un travail répétitif.

Construction d'un établissement, achat de matières premières, fabrication et vente de différents produits, recherche d'un conjoint pour fonder une dynastie, tentatives d'ascension politique en parallèle à la gestion de son commerce, amélioration des compétences au fur et à mesure que le personnage accumule des points d'expérience, amélioration des lieux d'habitation et production grâce aux bénéfices... C'est la même chose qu'avant, et ça aurait pu être vachement bien, si les développeurs s'étaient donné la peine de bosser à autre chose qu'à la modernisation des graphismes depuis Europa 1400.

L'écran de création de personnage, pour façonner votre avatar moche à votre goût

Le novice n'ayant jamais joué à l'épisode précédent pourra peut-être se laisser quand même séduire quelques temps par la fausse richesse du gameplay qui propose donc de gérer vie privée, vie professionnelle et vie politique d'un personnage au moyen-âge, tel un mix improbable des Sims, de Capitalism et d'Anno, tandis que celui qui, comme moi, s'est farci Europa 1400 ne pourra que se lasser très vite et se désoler devant ce potentiel une nouvelle fois gâché. J'ai même l'impression que l'interface s'est encore alourdie sans donner pour autant plus de profondeur au jeu, comme si les braves teutons de 4HEAD Studios voulaient absolument s'assurer que seuls les plus acharnés des masochistes s'infligent leur nouveau bébé.

La place du marché, où vous devrez constamment envoyer vos charettes se réapprovisionner.

Avant de conclure, parlons quand même un peu de la fooooormidable innovation apportée par l'add-on "Pirates-des-pas-Caraïbes" : un nouveau choix de carrière dans la voie des "filous", la piraterie. On installe un PC dans la cave de sa maison, on commence à télécharger des mp3 et des DivX de n'importe quoi à longueur de journée, et le jour où on se fait prendre, on invoque le droit au libre partage de l'Art et de la Culture pour justifier de la présence des oeuvres complètes de Florent Pagny et Michael Bay en fichiers illégaux sur son disque dur. Ah, non, je confonds avec le piratage. La nouvelle profession offerte par l'add-on est en gros une version maritime du voleur, le métier le plus naze du jeu de base. Ne vous attendez pas à vivre de trépidantes aventures au grand large à la poursuite de fabuleux trésors, ici le pirate doit se contenter d'envoyer une misérable coque de noix caboter près de riants ports de la mer du Nord dans l'espoir de croiser des bateaux marchands à piller ; manque de pot, comme les côtes grouillent de navires hostiles, vous aurez du mal à dérober la moindre cargaison avant l'arrivée d'une flotte entière de renforts ennemis, ce qui a tôt fait de rendre l'activité de pirate encore moins passionnante que celle de tailleur ou de cureton...

Les bateaux peuvent se traverser les uns les autres,
le genre de beau bug qui témoigne parfaitement de la réussite de l'add-on


Bref, si vraiment le concept hybride du jeu vous paraît tout de même intéressant, je vous suggère plutôt de vous tourner vers le précédent épisode, à la fois parce que vous le trouverez pour dix fois moins cher (The Guild 2 Gold Edition est encore vendu 30 euros au moment où je vous écris) et parce qu'en définitive, même s'il est un peu plus moche il est moins pénible à jouer, grâce à une interface un poil plus ergonomique.
par Toxic publié dans : Test (PC) communauté : CULTURE JEUX VIDEO
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Samedi 22 mars 2008
undefinedA l'instar de Pac Man, Space Invaders ou Frogger, Defender of the Crown est un de ces anachronismes qui ne peuvent pas mourir malgré leur totale obsolescence dans le monde du jeu actuel. Il se trouvera toujours un éditeur pour, périodiquement, redéterrer la licence et tenter une nouvelle réactualisation ; alors parfois, les supermarchés arrivent quand même à écouler quelques brouettes de Frogger, mais dans le cas de DotC, le destin est toujours le même : être ignoré ou éreinté par les magazines et finir dans le bac de soldes en attendant la prochaine résurrection, tel un Chucky vidéoludique.

Hé, à ce propos, quand est-ce qu'un éditeur de jeux de chie va se décider à acheter la licence Chucky pour en faire un jeu raté ? Ils ont bien sorti Reservoir Dogs, Scarface et Le Parrain de la naphtaline, il y a même un Inspecteur Harry en développement, pourquoi pas transformer Chucky aussi en jeu minable ?

Mais je m'égare. Je vais pas vous re-raconter l'histoire de ma relation avec Defender of the Crown, vous l'ayant déjà relatée lors du test de la version Game Boy Advance de ce jeu de légende, mais il est évident que je n'allais pas résister le jour où j'ai déniché cette version de 2004 pour moins d'1 €. Au passage, signalons aux distraits qu'il ne s'agit pas de la nouvelle nouvelle version de Defender of the Crown vendue depuis quelques mois en magasins pour 30 €.

Dès la page de titre, le nostalgique ne pourra qu'être ému en entendant une version, fidèle mais évidemment réorchestrée pour profiter des possibilités sonores des machines modernes, du thème bien connu du jeu. Le scénario a un peu changé mais reste centrée sur les intrigues politique de l'Angleterre du XIIème siècle : le roi Richard est prisonnier en Autriche, le prince Jean a pris sa place, plusieurs seigneurs s'opposent à cette succession, Robin des Bois va aider l'un d'eux à empêcher que le pays ne reste entre de mauvaises mains tout en oeuvrant pour la libération de l'inventeur du camembert qui porte encore aujourd'hui son nom. Ce point de départ établi, on constatera que ce nouveau Defender of the Crown n'est certes pas tout à fait un portage de l'original, mais qu'il n'est pas tout à fait un nouveau jeu non plus, tant il est largement basé sur son illustre modèle.

Une flèche c'est plus lent qu'une balle, alors comme dans Space Invaders,
il faut penser à ne pas tirer là où se trouve l'adversaire,mais là où il se dirige


Comme précédemment, le jeu se joue au tour par tour et se décompose en diverses phases. Ici ça démarre par de l'inédit : du tir à l'arc ! Pour un jeu qui a toujours mis Robin des Bois en scène, il était temps. Perché sur un arbre, Robin fait pleuvoir les flèches sur une caravane de marchands afin de subtiliser l'argent qu'ils transportent. La première impression n'est malheureusement pas super favorable dans la mesure où la visée est difficile, et cette première minute de jeu (oui, parce que c'est court) frustrante.

La traditionnelle épreuve du tournoi de chevalerie

Ca continue avec une  mini-campagne didacticielle qui vous expliquera le déroulement de la partie et les différents mini-jeux, qui sont ici chacun lié à un personnage en particulier : pour la phase de combat à l'épée, c'est Robin qui se faufile dans les châteaux pour y dérober des trésors ; pour les batailles, c'est Petit-Jean qui mène la troupe ; pour les tournois, Wilfred d'Ivanohé le chevalier s'y colle ; enfin, Marianne est l'espionne de service, Frère Tuck collecte la rançon pour faire revenir Richard Coeur-de-Lion au pays et Will Scarlet gère vos finances. Chacune de ces différentes partie est une version légèrement modernisée de ce que l'on pouvait faire avant mais disons que le vieil habitué ne sera pas trop dépaysé, tandis que le petit nouveau s'ennuiera peut-être vu que le gameplay ne s'est pas beaucoup enrichi en 20 ans.

Lors des sièges, vous avez un temps limité pour ouvrir une brèche
dans au moins l'une des quatre faces de la muraille à coups de catapultes.

Quand c'est fait, vous pouvez envoyer votre troupe à l'assaut de la forteresse,
par le biais d'un menu qui nous offre un grand moment de traduction pourrie,
puisque "Storm Castle" (attaquer le château) y devient
un involontairement comico-poétique "Château de Précipitations".


Certes, il y a de nouveaux mouvements disponibles pour les combats singuliers, et les sièges de château à la catapulte sont un poil plus dynamiques et intéressants, mais dans l'ensemble, ça reste ce que le jeu a toujours été : une compilation de petites épreuves basiques et pas toujours passionnantes, sur fond de conquête du territoire à la Risk. La partie la plus pourrie de l'époque, le combat "stratégique", est d'ailleurs restée la plus pourrie même si peut-être celle qui a le plus changé, c'est dire l'effort colossal qui a été fait pour améliorer cette chère antiquité...

Le scénario vous fait parfois affronter un "boss" en duel

Finalement, la plus grosse différence entre cette réactualisation et son ancêtre est sans doute une place plus importante laissée à l'intrigue, puisque pas mal de dialogues et diverses scènes cinématiques viennent ponctuer la partie. Parmi les autres changements assez nets, les territoires à conquérir rapportent tous autant d'argent et il n'y a plus de limite au nombre d'hommes recrutables sur chacun, mais en revanche, certains territoires particuliers peuvent vous fournir des bonus (diminution du coût de construction des châteaux, ou du coût de recrutement de divers types de soldats), les territoires côtiers sont susceptibles d'être envahis par les Français... Mais dans l'ensemble, les mécanismes du jeu resteront très familiers aux fans de l'original : déplacement sur la carte au tour par tour, conquête des comtés un par un, possibilité de prendre un territoire à l'adversaire en remportant un tournoi, de renflouer son trésor en envoyant Robin se servir dans les coffres des autres seigneurs...

Comme dans toute bonne modernisation révisionniste d'une histoire ancienne,
le héros devient un djeunz marrant à bouc, et l'héroïne une femme déterminée
pourvue des lèvres et des seins de Lara Croft.


Et le pire, ben... le pire, c'est que pour le vieux con nostalgique, ça fonctionne pas mal finalement. Ceux qui ont apprécié les premières versions de Defender of the Crown au siècle dernier trouveront sans doute comme moi dans celle-ci de quoi se laisser à nouveau entraîner avec un certain plaisir coupable dans cette conquête de l'Angleterre, au moins pour quelques heures. Malgré la répétitivité des épreuves et le manque de profondeur de l'ensemble, malgré la déception des batailles sans intérêt, il reste un côté "jeu de plateau stratégique" pas complètement inintéressant.

La carte 2D "à l'ancienne" permet de surveiller la progression des adversaires entre deux tours.
Dommage que les déplacements du joueur doivent forcément se faire sur une carte 3D
vue à ras-le-sol même en dézoomant au maximum


Alors il faut être honnête quand même : malgré la volonté de séduire un public
jeune, avec une sortie console (le jeu est également dispo sur PS2 et XBox, et les menus de la version PC n'ont même pas été adaptés, on y proposera au joueur de configurer sa "manette"), avec son héros barbichu, son héroïne décolletée et une légère modernisation du gameplay et des graphismes, c'est en définitive uniquement aux nostalgiques que le jeu s'adresse, ceux qui découvraient leur premier jeu de stratégie/gestion dans les années 80/90 avec ce titre phare de l'Amiga, et pourront espérer s'amuser encore un peu en y jouant sans regretter les quelques centimes déboursés à l'achat. Il est quand même dommage que Cinemaware n'ait pas fait plus d'efforts pour rafraîchir et approfondir le concept de base et n'ait pas ajouté un mode multijoueurs qui aurait pu largement allonger la durée de vie. Du coup, pour ceux qui n'ont jamais vécu dans leur jeunesse les aventures des personnages de Sir Walter Scott sur un écran d'ordi ou de console, ou connaissent mais n'ont jamais aimé Defender of the Crown, je conseillerais plutôt d'éviter ce titre moyenâgeux pour se tourner vers de la stratégie au tour par tour plus riche (et pas chère non plus) comme un Heroes of Might & Magic V.


par Toxic publié dans : Test (PC) communauté : CULTURE JEUX VIDEO
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Vendredi 21 mars 2008

undefinedLes jours où je doute du bien-fondé de l'existence d'un site qui ne chronique quasiment que des jeux ratés et médiocres parce que c'est généralement ce qui atterrit dans les bacs de soldes, je me souviens que c'est dans des collections en pochette carton à 10 F/2 € que j'ai découvert quelques grands titres comme Fallout ou quelques jeux qui à défaut d'être géniaux se sont révélés originaux et sympathiques comme Nocturne ou Die by the Sword. Si je vous parle de ça, c'est non seulement pour vous dire "Allez les gars, restez, il finira bien par y avoir un bon jeu sur ce site !", mais aussi parce que c'est grâce à une réédition cheapos comme ça que j'ai pu découvrir Railroad Tycoon II sur lequel j'ai passé une quantité d'heures impressionnante, et que le Railroads qui nous intéresse aujourd'hui en est évidemment un cousin, lui aussi vite condamné au rayon des "trucs dont personne ne veut, même bradé à 3 euros".

Est-ce censé être un Railroad Tycoon 4 non-officiel ? Un remake du 1er Railroad Tycoon comme il y a eu un remake de Pirates! du même Sid Meier ? C'est un peu flou mais toujours est-il que le concept reste le même : dans la peau d'un magnat du rail, vous devrez établir le meilleur réseau ferroviaire d'une région ou d'un pays donné. Vous placez les voies, vous construisez les gares, vous achetez des locomotives et vous organisez les trajets en fonction des besoins des différentes villes que vous décidez de relier. On démarre petit en se contentant de convoyer passagers et courrier entre deux villes proches, puis on étend son réseau et on diversifie ses cargaisons, on achemine des matières premières vers les usines qui les transforment et on transporte les produits finis vers les villes qui en ont besoin. Pour augmenter vos bénéfices vous pouvez même acheter les usines en question ; si vous les approvisionnez bien et que les villes que vous desservez leur achètent beaucoup de marchandises, ça peut devenir une source d'argent secondaire bien juteuse.


Les nombreuses petites icônes permettent de voir en un clin d'oeil
tous les besoins et toutes les exportations d'une ville

Voilà, là mine de rien je viens de vous résumer à peu près tout le jeu. Il y a quelques petits à-côtés, comme les "missions" données par les maires de certaines villes (Untel veut juste que son bled soit raccordé, Machin voudrait qu'on lui livre 10 wagons d'acier...) qui peuvent vous rapporter une belle prime, les objectifs liés aux différentes cartes (relier Washington à New York sur la carte du Nord-Est des Etats-Unis par exemple), la possibilité d'acheter des brevets vous permettant de diminuer vos coûts ou d'améliorer les performances de vos trains dans différents domaines, mais le gros du jeu consiste donc à faire circuler le cheval de fer, comme amaient à l'appeler ces imbéciles de Peaux-Rouges, à travers la carte que vous avez choisie en accumulant le plus d'argent au passage. Bref, un Railroad Tycoon classique, qui ne dépaysera pas les habitués, et fera sans doute chier ceux que l'idée de jouer au tchou-tchou sur ordi rebute ou ceux qui détestent les jeux de gestion.

Alors le problème, c'est que des Railroad Tycoon, il y en a déjà 3 ; qu'apporte donc celui-ci que n'auraient pas ses prédécesseurs ? Eh bien, pour le meilleur et pour le pire, il apporte une certaine simplification, pour rendre le concept accessible à un plus large public. Par exemple, en début de partie, vous n'avez plus à créer votre entreprise, elle est déjà prête, vous pouvez commencer tout de suite à poser des voies. Ou encore, pour améliorer une gare, plus besoin d'acheter séparément divers nouveaux équipements, vous cliquez sur "améliorer" et elle passe au niveau suivant. Ceux qui n'ont pas trop envie de se casser la tête sur la partie "gestion" du jeu et veulent se concentrer sur la partie "je me construis le super train électrique que j'ai jamais pu avoir quand j'étais gosse" seront sans doute satisfaits, mais il faut reconnaître que ce genre de petites choses mises bout-à-bout fait finalement perdre au gameplay pas mal de la profondeur qu'il avait dans Railroad Tycoon II.

Encore un défaut assez gênant :
même en dézoomant au maximum, la zone visible reste vraiment très réduite.
Faute d'une meilleure vue d'ensemble de la région, difficile parfois de bien organiser son expansion.

Et le pire c'est que malgré cette simplification, le jeu pourra quand même rebuter le casual gamer à cause de son plus gros défaut : un système de pose de voies qui paraît simple et pratique au début et se révèle en fait assez vite complètement con et mal foutu. En effet, il est désormais impossible de poser directement des voies doubles : vous devez poser une voie simple d'abord, puis utiliser l'outil "voie double" pour lui ajouter une soeur jumelle. Déjà c'est un peu idiot quand on pense que, même si c'est plus coûteux, il est de toutes façons beaucoup plus pratique de poser des voies doubles presque partout, mais ça devient rageant quand on constate qu'on ne peut pas croiser les voies doubles, ce qui obligera bien souvent à construire des voies triples, quadruples, ou des ponts, afin d'éviter les bouchons, tout ça parce que le concept de "rails avec des aiguillages" semble avoir échappé aux développeurs. Il faut alors choisir entre engloutir des fortunes pour multiplier les voies (bonjour la facture quand il y a un tunnel ou un pont), regarder son trafic se bloquer toutes les vingt secondes, ou limiter au maximum sa flotte de locomotives pour éviter qu'elles n'encombrent vos rails, les trois solutions étant aussi frustrantes les unes que les autres.

Génial, je voulais connecter Los Angeles à San Diego et au lieu de ça,
le hasard me contraint à démarrer dans le trou-du-cul de l'Arizona.

On regrettera également que le jeu vous force à démarrer votre réseau sur le 1er morceau de ligne déjà construit en début de partie, au lieu de vous laisser vous installer où vous le souhaitez, puis vous oblige à raccorder tout nouveau bout de rail à ceux déjà posés. Impossible de créer séparément une ligne reliant la ville A à la ville B et une deuxième reliant la ville C à la ville D ; vous n'aurez pas d'autre choix que de relier A à B puis B à C et C à D. Là encore, ça permettra sans doute aux débutants d'éviter de s'éparpiller, mais quand on a un certain nombre d'heures de Railroad Tycoon II sous le capot, on est sacrément déçu d'être ainsi bridé.

Un exemple de situation qui donne envie de balancer le jeu aux orties :
l'adversaire, qui démarrait mieux placé sur la carte, a ainsi pu s'installer le 1er sur la zone la plus intéressante.
Bloqué à l'Est dans le désert, le joueur n'a plus qu'à crever.

Et le jeu souffre encore de pas mal d'autres défauts et lacunes ; le nombre de locos disponibles n'est pas franchement spectaculaire (plus de Shinkansen par exemple et peu de trains modernes en général), tout comme le nombre de cartes. Et sur une carte comme la France, la distance entre deux villes est parfois si petite, et l'échelle si peu respectée, qu'il arrive que la longueur d'un train couvre déjà la moitié du trajet, si ce n'est plus. Les voyageurs du wagon de queue de votre Paris-Dijon seront toujours au départ que ceux du wagon de queue seront déjà à destination, ça fait un peu crétin quand même.

Parmi les quelques éléments bien conçus du jeu,
la carte qui permet d'organiser ses lignes est claire et pratique.

A côté de ça, il faut reconnaître que le jeu est mignon comme tout et que, passé l'agacement face à l'abâtardissement de ce jeu de légende et les problèmes de double-voies, on pourra quand même se laisser prendre au jeu et passer quelques bonnes heures à monter son réseau et à le regarder fonctionner : le concept garde quand même partiellement son charme, son côté hypnotique. Mais au final, jouer à Sid Meier's Railroads! donnera surtout au fan l'envie de se réinstaller Railroad Tycoon II qui, s'il n'est pas aussi beau (et possède quelques options intéressantes en moins, comme la possibilité de construire des tunnels), offre bien plus de liberté, de richesse et de profondeur. Néanmoins, pour ceux qui n'arriveraient pas à dénicher l'antique titre de Gathering of Developers (qui va quand même sur ses 10 ans), pour son prix désormais dérisoire Sid Meier's Railroads! n'est quand même pas un si mauvais investissement.
par Toxic publié dans : Test (PC) communauté : CULTURE JEUX VIDEO
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